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Publiés aux éditions des Syrtes
  Georges Kordis est depuis plusieurs décennies l’un des meilleurs iconographes du monde orthodoxe. Cet ouvrage magistral fait d’ailleurs depuis longtemps autorité et a déjà été traduit en cinq langues. Il présente une synthèse de la compréhension et de l’expérience de Georges Kordis. Il ne se propose pas seulement comme un manuel permettant aux iconographes d’apprendre ou de perfectionner leur art, mais comme le moyen, pour tous ceux qui s’intéressent à l’icône, de comprendre en profondeur la façon dont sont élaborées les meilleures icônes pour réaliser au mieux les buts qu’elles poursuivent, dans une perspective où l’art est au service de la spiritualité. La parution de ce livre original et fort est donc un événement de première importance, dans un domaine où rien d’équivalent n’avait encore été publié.  

 

OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN FORMAT DE POCHE ICI
Réédition agrémentée de textes de Vassili Rozanov et Alain Besançon

En 1890, le marxiste Georges Plekhanov notait combien fut réelle l’influence de Nikolaï Tchernychevski, et de son Que faire?  – écrit et publié en 1863 – sur des générations de révolutionnaires russes. « Qui n’a lu et relu ce livre fameux ? Qui n’a subi son attrait et son influence bénéfique, qui ne s’est purifié, amélioré, fortifié, enhardi ? Qui, après avoir lu ce roman, n’a réfléchi sur sa propre vie? N’a pas soumis ses propres aspirations et inclinations à un examen rigoureux ? Nous en avons tiré la force morale et la foi en un avenir meilleur. »

Rééditer Que faire? aujourd’hui c’est permettre de retrouver ces années 1850-1860, une période charnière où émerge en Russie l’intelligentsia, un nouveau groupe social ouvert à la pensée politique occidentale, tout en restant arc-bouté sur les refus slavophiles envers la culture libérale bourgeoise européenne. À l’évidence, ce roman politique est un marqueur dans l’histoire du bolchevisme.

On connaît d’ailleurs son impact sur la structure mentale du jeune Lénine et toute la vie intellectuelle de la Russie pré-révolutionnaire. « Que faire? » témoigne en outre d’une ébauche de rapprochement entre les trois éléments fondamentaux de l’orthodoxie communiste. A savoir la promesse de perfection contenue dans l’utopie d’un côté, la violence rédemptrice de l’autre et enfin la sacralisation de la connaissance du mouvement historique et de ses lois. C’est aussi un plaidoyer pour l’émancipation féminine, à travers le personnage de Véra, engagée sur le chemin de la liberté pour échapper à sa famille

   

 

En 1941, Eugenio Corti (1921-2014) est envoyé, à sa demande, sur le front russe. Ce jeune officier d’artillerie est affecté au Trente-cinquième corps d’armée, l’un des trois corps de l’Armée italienne de Russie qui comprend à l’époque plus de 200 000 hommes.

Les cent lettres qu’Eugenio Corti envoie à sa famille, rassemblées dans ce livre posthume, couvrent la période juin 1942-janvier 1943. On y lit l’arrivée sur le front russe ; les deux avancées des Allemands pendant l’été et l’automne 1942, qui déplacent le front sur le Don ; la formidable offensive russe de décembre. Déclenchée le 16 décembre 1942, elle enferme le Trente-cinquième corps d’armée dans une gigantesque poche. Contraintes de se replier, les unités italiennes et allemandes entament une retraite qui ne prendra fin, pour les rares survivants, dont Corti, que le 17 janvier. Mais à partir du 13 décembre 1942, Corti se tait. C’est ce silence « en creux » qui, paradoxalement, témoigne du terrible drame vécu par les soldats des deux camps. Le journal La Plupart ne reviendront pas (1947) rendra compte de ces tragiques journées de marche et de combats.

Je reviendrai n’est cependant pas qu’un journal de guerre. Les lettres de Corti, qui doivent tenir compte de la censure militaire et de la censure que l’auteur s’impose dans cette correspondance adressée à sa famille, nous renseignent ainsi sur la vie au front d’un jeune officier. Mais elles donnent surtout la mesure de la dimension éthique de l’engagement de Corti. De même que son intérêt pour les populations civiles qui, en dépit de l’oppression qu’elles subissent, ont gardé la foi en l’homme et la foi chrétienne.

« Je reviendrai. » L’assurance avec laquelle Corti affirme qu’il reviendra du front n’est ni de l’inconscience ni de l’orgueil. Elle traduit en effet sa confiance en une mission à accomplir dans la vie ; ce sera sa vocation d’écrivain, qui va précisément naître en Russie.    

 

OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN  POCHE ICI

Paru en 1870, le roman de Nikolaï Leskov À couteaux tirés décrit, sur fond de trame policière, la décomposition d’une société au bord de ce qu’il a appelé « un cataclysme inéluctable ».  De même, déjà  lors de la révolution de 1905, Léon Bakst illustrait dans son tableau Terror Antiquus la chute imminente de l’Empire. Mais le cataclysme inéluctable prédit par Leskov sera la révolution de 1917. On voit aisément le côté visionnaire du romancier.

Par l’acuité de son observation, Leskov apporte un éclairage singulier sur le nihilisme d’une époque qui rappelle étrangement la nôtre.

Ce roman méconnu, maudit dès sa parution, a longtemps été interdit par la censure soviétique. Il a en effet récemment été redécouvert  dans l’édition russe. Sa traduction comble assurément une lacune dans notre connaissance à la fois de l’histoire et de la littérature russes.

Il s’agit d’une œuvre littéraire brillante, à plusieurs strates. Et dont la clef est une vision du monde qui décèle, dans les convulsions du présent, les prémisses de l’avenir. Celui de notre monde, dont la faillite trouve sa source dans une transmutation des valeurs analogue à celle que Leskov a décryptée dans son roman.

 

Préface de Zakhar Prilépine pour la réédition
Publié d’abord dans des revues littéraires en 2003 et 2004, Pathologies a été connu du grand public grâce à sa publication sur Internet. Il a également été salué à l’unanimité par plusieurs vétérans de la guerre, ainsi que par la critique littéraire, avant même sa parution sous forme de livre. Un détachement militaire russe est envoyé à Groznyï et prend ses quartiers dans une école abandonnée. Parmi eux, Egor Tachevski qui trompe la peur, l’ennui et la mort en se replongeant dans ses souvenirs. Il revit son enfance et surtout à son histoire d’amour avec Dacha. Le soldat ne se fait pas d’illusions au milieu de ce carnage : c’est une injustice pour tout un peuple, une boucherie, et s’il ne tue pas le premier, il sera tué à son tour… D’ailleurs le premier coup tiré engendre une riposte, le premier camarade tué est vengé par l’exécution des Tchétchènes. C’est un engrenage. Pendant que la violence va crescendo, la jalousie est omniprésente dans la relation d’Egor et de Dacha.

Zakhar Prilepine est né en 1975 dans un petit village près de Riazan. En 1996 et 1999, durant les deux guerres en Tchétchénie, il est mobilisé puis volontaire. Quatre ans après, il écrit son premier roman publié en Russie, Pathologies. Prilepine n’explique pas ce conflit. Il le décrit de l’intérieur avec justesse, à travers des images fortes et une langue concise. Le public français a été le premier à découvrir ce roman en 2007 aux éditions des Syrtes.

Lauréat de nombreux prix littéraires, Zakhar Prilepine a vu ses œuvres traduites dans une vingtaine de langues. Plusieurs de ses romans sont aussi adaptés au théâtre et au cinéma.

Pathologies a reçu en 2008 le Prix Russophonie pour la meilleure traduction du russe vers le français.

 
Entretiens avec Gérard Conio
Béni soit l’exil ! Un titre énigmatique pour un livre-confession retraçant le parcours de Vladimir Dimitrijević (1934-2011), fondateur des éditions L’Âge d’Homme, passeur de culture et, avant tout, homme engagé et visionnaire. De 1996 à 2011, année de sa mort accidentelle, Vladimir Dimitrijević et Gérard Conio ont eu de longs entretiens qu’ils ont décidé d’enregistrer. Leurs discussions à bâtons rompus portaient sur le coeur de leur métier et de leur vie, la littérature, mais aussi sur la vision du monde très particulière de Vladimir Dimitrijević. Fuyant la Yougoslavie communiste, Vladimir Dimitrijević arrive en Suisse en 1954. Après avoir été ouvrier d’usine puis libraire, il fonde en 1966 les éditions L’Âge d’Homme. Ses premières publications dessineront la colonne vertébrale de son métier d’éditeur : Aimé Pache, peintre Vaudois de Charles-Ferdinand Ramuz, et Pétersbourg d’Andreï Biely. Orient et Occident, racines et avant-garde. Ces entretiens abordent des sujets aussi variés que le phénomène communiste, la crise de la société occidentale, le rôle fondamental du livre dans le combat pour la liberté. Grâce à sa vision du métier d’éditeur, nourri à la source vivifiante de la littérature universelle, Vladimir Dimitrijević a offert aux lecteurs une vision radicalement différente, voire révolutionnaire, de l’écriture, développant une pensée condensée que Gérard Conio, par ses questions et ses réflexions, a permis de formuler. Bien plus qu’un livre d’entretiens, Béni soit l’exil ! est un témoignage sur l’oeuvre des écrivains publiés par Vladimir Dimitrijević (Alexandre Zinoviev, Milos Tsernianski, Paul Florensky, Vladimir Volkoff, Georges Haldas, Stanisław Witkiewicz, Ivan Gontcharov et tant d’autres), sur la représentation des chimères du monde contemporain, sur les engagements d’un homme qui, se consacrant corps et âme au métier littéraire, a marqué par son univers riche et multiple des générations de lecteurs en leur faisant découvrir le vaste archipel de la littérature slave et de l’orthodoxie.    
ÉPUISÉ
Préface de Dominic Lieven
« Si la France n’a pas été effacée de la carte de l’Europe, c’est avant tout à la Russie que nous le devons», déclare le Maréchal Foch à la fin de la Première Guerre mondiale. Qui s’en souvient aujourd’hui ?
Nicolas II décrète en juillet 1914 une mobilisation générale et engage sept millions d’hommes aux côtés de la France. Son armée est une des meilleures et attaque le front est, affolant l’état-major allemand qui déplace des troupes du front ouest en renfort (permettant le « miracle » de la Marne et de ses taxis).
L’industrie russe, à la traîne de l’industrie allemande, compense par de très lourdes pertes humaines son infériorité en équipements. Les soldats récupèrent les armes de leurs camarades morts, les combats se poursuivent à la baïonnette, au couteau, et même à mains nues. Cette hécatombe permet malgré tout d’affaiblir les Allemands, qui proposent une paix séparée à Nicolas II : elle est rejetée et la boucherie se poursuit.
En 1916, à Verdun commence l’offensive de la Somme, le front est est alors relativement épargné. Les Russes en profitent pour s’approvisionner et s’équiper, puis lancent deux offensives décisives en Bessarabie et dans le Caucase. L’espoir revient enfin pour les Alliés.
Mais arrivent 1917 et l’abdication de Nicolas II. Les soldats qui avaient combattu pour la Patrie, Dieu et le Tsar sont perdus. Le gouvernement provisoire proclame sa volonté de poursuivre la guerre, tout en donnant des ordres incohérents. L’armée est détruite de l’intérieur. Pour l’auteur, « la révolution n’est pas une conséquence d’une prétendue défaite militaire ; la révolution serait plutôt la cause première de la destruction de l’armée ».
Alors que les commémorations du 11 novembre 2016 ont rendu un hommage historique aux soldats russes, morts aux côtés des soldats français, l’ouvrage de Serge Andolenko tente de soigner une amnésie générale en démontrant le rôle oublié de la Russie impériale pendant la Première Guerre mondiale.  

Dix ans après son arrivée à Paris, la grande satiriste et humoriste russe Nadejda Alexandrovna Lokhvitskaïa, plus connue sous le nom de Teffi (Saint-Pétersbourg 1872 – Paris 1952) relate dans cet ouvrage son extraordinaire traversée de la Russie en pleine révolution. Sa prose toute en finesse dépeint, avec retenue, humour et délicatesse, le périple invraisemblable d’une troupe d’artistes quittant Moscou pour se produire en Ukraine, puis à Odessa, avant de fuir le pays dévasté.

Davantage qu’un reportage sur les événements tragiques d’un empire en décomposition, ce livre, véritable roman, est une allégorie poétique de l’exil, émaillée de portraits inoubliables. Les lecteurs se souviendront avec tendresse de ce périple.

Il s’agit en effet d’une oeuvre unique, une vision féminine, intime, lucide et drôle d’une tragédie au retentissement universel.

À Novorossiisk, tandis que le bateau qui l’emmène à Constantinople s’éloigne du quai, Teffi fixe sa patrie perdue. «De mes yeux grand ouverts jusqu’à être glacés. Je regarde. Sans bouger. J’ai transgressé ma propre interdiction. Je me suis retournée. Et voilà que, comme la femme de Loth, je me suis figée. Pétrifiée jusqu’à la fin des siècles, je verrai ma terre s’éloigner doucement, tout doucement.»

         

 

  Les deux récits présentés ici retracent les voyages que Boris Zaïtsev fit sur le Mont Athos et à Valaam, en 1927 et 1935. Ce livre est empreint de la touche mystique et poétique qui fait le charme et la marque de l’écriture de Boris Zaïtsev, tout en procédant à une réflexion abordable des grands thèmes de la spiritualité orthodoxe. La dimension poétique laisse penser que ces deux joyaux littéraires, Le Mont Athos et Valaam, ne vieilliront pas. De même, l’intérêt du projet littéraire lui-même ne faiblira jamais. C’est un texte finement rédigé et sans prétentions théologiques, accessible à tout lecteur.

Les éditions des Syrtes lancent une nouvelle collection de livres de poche
Pour donner une deuxième vie à nos titres anciens ou épuisés, une collection de poche semblait tomber sous le sens. Nous en sommes déjà à treize titres. A vos lectures! La vie de l’archiprêtre Avvakum par lui-même Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre, de Camil Petrescu La Terreur rouge en Russie (1918-1924), de Sergueï Melgounov Nina Schenk von Stauffenberg, un portrait, de Konstanze von Schultess Journal (1867), d’Anna Dostoïevski Poltava, suivi du Cavalier de bronze, d’Alexandre Pouchkine Le baron Ungern, khan des steppes, de Leonid Youzefovitch En escarpins dans les neiges de Sibérie, de Sandra Kalniete À la conquête du Caucase, Eric Hoesli Mères, Théodora Dimova Le Maître d’armes, Alexandre Dumas Correspondance (1922-1936), Marina Tsvetaeva et Boris Pasternak
  Trois générations de femmes parlent à bâtons rompus, se confient et racontent leur pays…

En toile de fond de leurs récits de vies ordinaires, c’est l’histoire de la Russie qui défile. L’immense Union soviétique, le chaos libéral des années 1990 et la Russie de Poutine.

Plus concrètement, elles parlent de petites filles, de femmes et de grands-mères qui ont vécu dans différentes Russies. Et au-delà, ce sont des hommes dont elles parlent le plus, et le regard qu’elles posent sur eux, que ce soit un mari, un père, est révélateur et sans appel. Pour citer l’une d’elles : « L’homme est la tête, et la femme est le cou, la tête ne bouge que grâce au cou qui la commande. »

Voici des portraits intimes qui révèlent des héroïnes aux vies bigarrées mais qui se ressemblent. On découvre donc des femmes fortes, battantes, féminines et maternelles, qui s’opposent tristement à un modèle masculin souvent trop dégradé à leurs yeux… Le mot « Amour » n’apparaissant nulle part… Leur donner la parole a semblé important à l’auteur, à cause de la place prégnante de la femme en Russie. C’est en effet un pilier autant de la famille que de la société. Et leur donner la parole est important surtout parce qu’elles n’ont jamais été entendues.

Journaliste, Maureen Demidoff a vécu à l’étranger plus de dix ans dont huit ans à Moscou. Elle y a rencontré des femmes de tous milieux et horizons. Avec ce livre, elle a voulu comprendre comment trois générations d’individus peuvent aujourd’hui vivre ensemble en ayant vécu dans « trois Russies différentes », avec des idéologies et des valeurs opposées, sans se douter que le thème du vivre ensemble serait élargi à la relation complexe entre les hommes et les femmes de Russie.

La Tête et le cou a été sélectionné pour le Grand Prix des Lectrices Elle 2018.

       

 

Le 26 janvier 1930, enlevé en plein Paris par des agents soviétiques, disparut à jamais le général Koutiepov. Il était le chef de l’Union militaire générale russe (ou ROVS), la plus importante des organisations d’anciens combattants russes émigrés. Il fut remplacé par le général Miller. La même année, le 10 septembre, fut également recruté par les services secrets soviétiques le plus brillant de leurs agents infiltrés chez les Russes blancs, le général Skobline – aux yeux de beaucoup exemple idéal du chef blanc héroïque. Skobline reçut pour mission d’accéder à des fonctions de responsabilité dans la ROVS et d’amplifier en sous-main les conflits entre ses principaux responsables. Le 22 septembre 1937, avec la participation de Skobline, Miller était à son tour enlevé à Paris. Il fut ensuite détenu à la prison du NKVD à Moscou et exécuté le 11 mai 1939. Ce livre de Nicolas Ross, écrit d’une plume légère et qui fait suite à son Koutiepov publié par les éditions des Syrtes en 2016, décrit les dernières péripéties du combat des Russes blancs en ces années d’avant-guerre. Alors qu’ils n’avaient pas encore perdu l’espoir de combattre en Russie l’ennemi bolchevique et de revenir un jour, vainqueurs, dans leur patrie bien-aimée.  

         

 

OUVRAGE ÉPUISÉ MAIS DISPONIBLE EN FORMAT DE POCHE ICI
  Paru à Berlin en 1921-1922, De l’aigle impérial au drapeau rouge rencontra dès sa parution un immense succès littéraire dans l’émigration russe. Dans un style flamboyant, le livre décrit la vie en Russie depuis le début du règne de Nicolas II jusqu’à la fin de la guerre civile. L’art de Krasnov fait penser à un roman-feuilleton, à l’image de ses prédécesseurs français du XIXe siècle, notamment Alexandre Dumas. Grâce à de nombreux rebondissements et coups de théâtre, l’auteur nous plonge dans le bruit et la fureur de temps devenus lointains. Il décrit la fin d’une époque, n’épargnant au lecteur aucune cruauté de la Grande Guerre, de l’agonie de la Russie impériale et de la terreur tchekiste. Son style mêle brillamment mélancolie et sentimentalisme, courage et euphorie en même temps qu’abattement et recherche du tragique. Tout cela donne au livre une âme éminemment russe et en fait une grande réussite littéraire.  
       

 

L’émigration ou la mort : c’est le choix qui se présente à l’intelligentsia russe au lendemain du coup d’État bolchevik d’octobre 1917. Emporté par le tourbillon de l’histoire avec des millions de ses semblables qui, comme lui, avaient accueilli avec bienveillance la révolution pacifique et libérale intervenue quelques mois plus tôt, l’un des personnages de Suicide s’interroge : « Sommes-nous coupables ? » Embrassant plus de deux décennies de l’histoire russe et européenne (de 1903, année de naissance du parti bolchevik, à 1924, année de la mort de son chef), Suicide mêle habilement des personnages de fiction à des figures historiques telles que Vladimir Lénine, véritable fil conducteur du roman, mais aussi l’industriel et mécène russe Savva Morozov, l’empereur d’Allemagne Guillaume II, le monarque autrichien François-Joseph et bien d’autres encore. Tous portent une part de responsabilité dans le suicide de l’Europe et de la Russie en ce début du XXe siècle. Roman bilan sur les bouleversements historiques de 1917, Suicide décrit, à travers le destin des époux Lastotchkine et de leurs proches, comment l’établissement d’une justice sociale par la violence porte en lui les germes des tragédies. Ivan Bounine, lauréat du prix Nobel de littérature en 1933, l’a proposé à maintes reprises pour cette prestigieuse distinction. Suicide (1956), son dernier roman, est traduit ici pour la première fois en français.
       

 

Depuis le meurtre de Raspoutine jusqu’à l’abdication de Nicolas II, ce livre retrace le processus révolutionnaire en 1917 à Petrograd. Il commence en février pour aboutir en octobre à la prise du pouvoir par les bolcheviques et l’instauration d’un régime de terreur en Russie.  Grâce à une abondante documentation, s’inspirant de quantité de sources souvent inédites dans l’historiographie francophone et de témoignages directs, François Antoniazzi reconstitue le fil des événements qui ont conduit à la chute de la monarchie russe. Appelé à devenir une référence dans la bibliographie francophone, 1917 à Petrograd est une étude historique foisonnante qui se lit comme une œuvre de fiction, mais aussi une analyse psychologique des principaux protagonistes, monarchistes comme bolcheviques, ayant présidé au destin tragique de la Russie au début du XXe siècle.  
       

 

Avant-propos de Bernard Le Caro
Si les divergences principales entre l’Orthodoxie et les confessions occidentales sont aujourd’hui connues d’un assez large public, leurs racines et leurs implications sur la vie spirituelle sont souvent ignorées. C’est cette lacune que vient compléter le présent ouvrage. C’est aussi une histoire spirituelle succincte de la France, vue par un orthodoxe. Ainsi qu’une réflexion profonde et ouverte sur les problèmes actuels de l’Église orthodoxe. La sincérité et la profondeur de la démarche du père Placide, sa connaissance approfondie de la tradition spirituelle et théologique occidentale, et son expérience de l’Orthodoxie vécue en son cœur, donnent à sa parole une autorité unique.
Né en 1926 à Issy-les-Moulineaux, le père Placide est moine et théologien orthodoxe renommé. Il a également fondé les monastères de Saint-Antoine-le-Grand à Saint-Laurent-en-Royans (Drôme) et de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu à Solan (Gard). Ils dépendent tous deux du monastère de Simonos Petras sur le Mont Athos. Le père Placide est l’auteur de nombreux ouvrages sur la vie spirituelle et traducteur de textes liturgiques et patristiques fondamentaux. Décédé en janvier 2018, il est enterré au monastère de Saint-Antoine-le-Grand.