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Il a fallu quatorze ans, entre 1960 et 1974, à Mária Földes, pour écrire La Promenade, roman profondément autobiographique.
Sous la forme d’un monologue intérieur et de fragments narratifs, elle revient sur son enfance, la déportation, les traumatismes mais aussi le besoin de continuer à vivre. Des images surgissent, sans chronologie stable, comme des éclats de mémoire. Un simple détail du quotidien – un visage, une rue, un bruit – peut déclencher un retour brutal au passé. Au fil des lieux traversés, l’évocation d’Auschwitz, de la dictature communiste ou des pertes personnelles se fond dans un réseau mémoriel. Les événements reprennent corps avec une intensité saisissante, donnant à qui lit La Promenade la sensation d’avancer pas à pas au côté de la narratrice, en témoin silencieux de son errance intérieure.
Mária Földes (1925-1976) est une écrivaine juive hongroise originaire de Transylvanie, survivante de la Shoah. La Promenade, son roman autobiographique, a été publié en 1974, en langue hongroise. La même année, elle quitte la Roumanie pour l’Israël. Mária Földes met fin à ses jours en 1976.
Avec une préface signée par Ágnes Lev, la fille de Mária Földes.
Publié en 1905, Le Gouverneur de Leonid Andreïev met en scène un gouverneur de province, homme intègre et dévoué, qui, par peur et incompréhension, ordonne la répression sanglante d’une manifestation populaire, causant la mort de civils. Bouleversé par ce drame, il sombre dans une profonde détresse morale, tiraillé entre sa conscience et son devoir. Il subit la haine du peuple et se retrouve prisonnier d’un système qui le dépasse, illustrant la fatalité et l’impuissance de l’individu face aux forces sociales et historiques. Le style d’Andreïev est marqué par l’intensité émotionnelle et une atmosphère oppressante. À travers des images fortes, et un rythme haletant, Andreïev critique la brutalité du régime tsariste et interroge la solitude, la culpabilité et la tragédie du pouvoir.
Petite, allume un feu… retrace la vie du jeune Tzigane Andrejko, ballotté par l’Histoire et la misère, arraché à son village, survivant entre vols, prisons, foyers et pertes. L’histoire individuelle et familiale se double, en filigrane, de celle du XXe siècle, au gré des grands événements tragiques (Seconde Guerre mondiale, chute du communisme, partition de la Tchécoslovaquie) rapportés du point de vue des Tziganes. Errant entre Prague, Plzeň, Andrejko tente de s’adapter, de retrouver ses racines, mais finit seul, laissant la fin ouverte à l’imagination du lecteur. Ce roman est un hommage à la liberté, à la quête de soi, et une déclaration d’amour à la langue romani, alliant réalisme, poésie et émotion, entre sublime et tragique.
Finaliste du prix Wepler–Fondation La Poste, 2009.
Dans cet essai percutant et d’une grande clarté, Nikola Mirković dresse le portrait lucide d’un pays en proie au doute et en quête de sens. Puisant dans l’histoire, la philosophie, la culture, la politique et les valeurs universelles de liberté, de courage et d’excellence, l’auteur esquisse un chemin possible vers le renouveau grâce à un sursaut collectif. Il s’agit de comprendre les ressorts qui ont fait la grandeur de la France afin de mobiliser les forces, les vertus et les talents nécessaires pour affronter les défis d’un monde contemporain complexe et incertain. Si le passé éclaire le présent, c’est avant tout pour préparer un avenir audacieux. L’auteur en appelle à une France confiante, courageuse, capable d’innover, de transmettre, de créer, de protéger, d’instruire, et de maîtriser son destin, sans arrogance, mais avec une détermination sans faille.
Déclin et Renouveau est une lecture stimulante pour tous ceux qui refusent la résignation et croient encore en la force du collectif et en la grandeur d’un pays qui n’a jamais cessé de se réinventer. Un essai pour comprendre, espérer et agir.
Elemér Tábory, jeune homme bien né et brillant, mène une vie rêvée et prometteuse dans le domaine familial. Mais lorsqu’il s’endort, il laisse place à son alter ego, un misérable apprenti charpentier. Des sensations de déjà vu, des bribes de souvenirs sont les seuls signes de conscience de l’autre. Pourtant, au fil du récit, ces personnalités se rapprochent tant que la vie devient insoutenable, sans issue possible. Ainsi en va-t-il du calife des Mille et Une Nuits transformé en cigogne, qui a oublié la formule magique à prononcer pour redevenir un homme.
L’éternelle histoire du double prend ici une tournure psychopathologique et sociale dans la Hongrie post-impériale, afin d’interroger la morale, le bien et le mal. Paru en 1916, Calife-Cigogne est un roman d’une profonde perspicacité psychologique et d’une maîtrise littéraire frappante.
Mihály Babits (1883-1941) est une figure majeure de la littérature hongroise, poète, romancier et traducteur de grands auteurs européens. Également essayiste accompli, il a écrit une monumentale Histoire de la littérature européenne (1936). Référence de toute une génération, son œuvre n’a cessé de se renouveler.
Du même auteur aux éditions des Syrtes
L’Aviateur (2019) Brisbane (2020)