Partager
Russie
Publiés aux éditions des Syrtes
Les Cinq dépeint le monde perdu des Juifs d’Odessa du début du XXe siècle, dans toute sa couleur et sa vitalité, sa vulnérabilité historique et son éternel optimisme. L’histoire de la famille Milgrom se confond avec le destin de sa ville. Les cinq frères et sœurs, pris dans la tourmente, vivront, chacun à sa manière, la confusion et la décadence de ce monde qui disparaîtra bientôt dans les secousses de l’Histoire. Rarement l’amour d’une ville et le présage de sa fin ne se sont mariés de manière aussi poignante que dans ce merveilleux roman, dont certaines pages comptent parmi les plus belles de la littérature russe. La langue savoureuse et subtile, aux tournures baroques et empruntant au yiddish, au polonais ou à l’ukrainien, rattache Jabotinsky aux grands écrivains odessites.
Le Journal d’Anna Dostoïevski constitue, par sa constante véracité, un document unique sur la vie d’un couple. Torturé, malade, inquiet, puéril dans ses entêtements, haïssable dans ses mesquineries, Dostoïevski est là, extraordinairement vivant et proche. À travers cette bouleversante confidence à soi-même il apparaît plus simple, plus vrai, à la fois pitoyable et fascinant. Témoin chaleureux, toujours discret, jamais dupe, Anna Grigorievna renouvelle le genre impossible du journal intime avec un grand homme de mari à la clef. Ce n’est pas la moindre surprise qu’apporte le Journal : la très jeune secrétaire est, elle aussi, un écrivain. Paul Kalinine      
Demidov Goulag Amour Barbelés Camp
  Comme Doubar (éditions des Syrtes, 2021), ce recueil de cinq récits est consacré aux camps staliniens où l’auteur a passé quatorze ans de sa vie (1938-1952). Rescapé de la Kolyma, Demidov en a expérimenté et observé le fonctionnement dans ses infimes détails en tant qu’acteur et victime. Son expérience est divisée en séquences peuplées de personnages dont les situations illustrent toutes les facettes de la vie des camps. Il donne ainsi un tableau extrêmement précis de cet univers concentrationnaire. En tant que témoin fiable et impartial Demidov apporte ce qui n’est documenté par aucune archive historique : les sentiments, les émotions, les stratégies de survie… Ces récits constituent un témoignage littéraire de valeur inestimable non seulement sur les faits et les pratiques des camps, mais également, sur les particularités de l’imaginaire des bagnards. Malgré la dureté déshumanisante de la routine des camps, ils connaissent des sentiments forts, notamment l’amour. À travers cette mise en scène de l’extraordinaire, Demidov parvient à dire la terrible « banalité » du Goulag. La publication de ce recueil fait partie du projet de traduction intégrale de l’œuvre de Gueorgui Demidov aux éditions des Syrtes. Cette voix singulière – celle d’un véritable écrivain, égal de Varlam Chalamov et d’Alexandre Soljenitsyne – pourra ainsi retrouver sa place dans la littérature.  
Syrtes guerre froide Ross émigration russe
Le dernier volet de la série autour de l’émigration russe blanche
Si Entre Hitler et Staline évoquait le difficile choix des Russes blancs et des Soviétiques dans l’espace européen durant la Seconde Guerre mondiale, Au cœur de la guerre froide poursuit l’exploration de l’histoire de l’émigration russe à un moment d’extrême tension mondiale. Vie politique intense, activités sociales et culturelles variées, associations religieuses, organisations humanitaires, mouvements de jeunesse, publications, radios en langue russe : tout un ensemble d’éléments ont contribué à la survie de cette vie communautaire spécifique. Largement impliquée dans le processus de renaissance des valeurs traditionnelles de son pays perdu, l’émigration russe a contribué à la chute de l’URSS. Cet ouvrage regroupe près de 40 pages d’illustrations sur cette période
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Saint-Alexandre-Nevski, centre spirituel de l’émigration russe (2011) Aux sources de l’émigration russe blanche (2011) La Crimée blanche du général Wrangel (2014) Koutiepov, le combat d’un général blanc: de la Russie à l’exil(2016) De Koutiepov à Miller, Le combat des Russes blancs (2017) lls ont tué le tsar, les nouveaux racontent (2018) Saint-Serge de Colombelles (2019) Entre Hitler et Staline (2020)
Syrtes Tchekhov nouvelles larmes jeunesse

Les vingt-cinq nouvelles présentées dans Des larmes invisibles au monde ont été publiées par Anton Tchekhov entre 1883 et 1887 dans des revues humoristiques de l’époque. Certaines ont notamment fait partie de recueils (Contes de Melpomène, 1884, Nouvelles bariolées, 1886, et Dans la pénombre, 1887) qui ont eu un beau succès populaire. Un des meilleurs critiques de l’époque le remarque et lui propose un « vrai travail » littéraire. Tchékhov se consacre désormais à l’écriture.

Le lecteur devinera ici des larmes silencieuses, ces larmes invisibles qui vont tant caractériser toute l’œuvre de Tchekhov. Comme une vieille collection de photographies, elles nous apprennent bien des choses sur la société dans laquelle il vit. Ses personnages sont effectivement les champions de l’ennui et de l’échec, et leurs amours s’achèvent souvent en queue de poisson. Comme à son habitude, il maîtrise ses personnages, attachants autant que caricaturaux. Avec une sensibilité impressionniste, et avec aisance, il passe du petit notable cupide au pauvre qui joue le noyé pour gagner quelques kopecks, ou à l’amant hébergé par sa maîtresse sous les yeux de son mari.

 
Purextase Guelassimov rap Basta Rostov
Purextase plonge le lecteur dans l’underground des années 1990 et 2010, en Russie. C’est l’itinéraire émouvant et drôle, parfois désabusé et brutal de Tolian, alias Booster, alias Pistoletto. Célèbre rappeur russe il est en tournée en Allemagne en 2016 lorsqu’une rencontre inattendue le fait replonger dans son passé. On le retrouve dans les années 1990, dans le chaos et les trafics de Rostov-sur-le-Don, où le jeune homme se démarque par son goût et son talent pour le rap. Cette passion ne lui épargnera pas la dépendance et les errances. Mais la musique va l’aider à panser ses plaies, à trouver l’amour et la reconnaissance.  Inspiré par un personnage réel, le rappeur Basta, Purextase est aussi le roman d’une génération, présentée sans artifices, dans toute sa complexité et sa violence et qui évoque avec audace des sujets aussi tabous qu’universels.  Grâce à une écriture inventive, rythmée, cinématographique et poétique, Andreï Guelassimov offre un roman brillant sur la perte de soi, la possibilité d’une renaissance et sur le désir insatiable de vivre. 
Également disponible en livre électronique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
La Rose des vents (2021)
Écoutez la chanson de Basta qui a inspiré Guelassimov
https://www.youtube.com/watch?v=TrYDqioMU5M
 
Salnikov Petrov grippe alcool Ekaterinbourg
Un matin, à la fin du mois de décembre, Petrov, mécanicien et auteur raté de bande dessinée, se sent fiévreux et prend un remède alcoolisé contre la toux. En chemin vers le travail il est happé par Igor, son vieil ami spontané et incontrôlable, et les voilà qui enchaînent les verres de vodka dans un corbillard, autour d’un cercueil. Pendant ce temps, Petrova, son ex-femme, essaie de contenir une étrange spirale assassine qui l’assaille à la vue d’une goutte de sang… Après un profond sommeil provoqué autant par l’alcool que par la grippe, Petrov finit par rentrer auprès de son fils et de Petrova, désormais malades, eux aussi, de la grippe. Progressivement, les souvenirs d’enfance de Petrov ressurgissent aussi étranges que troublants. Le roman raconte quelques jours de la vie ordinaire des Petrov. À moins qu’il ne s’agisse d’une errance hallucinatoire dont le parcours est rendu flou par la fièvre et l’alcool ? La force de Alexeï Salnikov c’est de nous balader dans ce néant entre délire et réalité, entre roman policier et déambulation loufoque, avec un humour décapant et absurde jusque dans les moindres détails. Les Petrov, la Grippe, etc. c’est Andreï Kourkov et John Kennedy Toole qui se mettent à danser sous les applaudissements de Gogol et de Boulgakov.
Également disponible en version numérique.
 
Inspirés par le voyage d’Alexandre Dumas en Russie en 1858-1859, les Romans caucasiens font découvrir des terres méconnues, réputées dangereuses où rôdent brigands et rebelles. Entre le conte et le roman d’aventures, Sultanetta et La Boule de neige entraînent le lecteur au cœur d’un pays enchanteur mais menaçant, où des héros téméraires et ténébreux sont prêts à tous les excès pour une belle aux yeux de braise ou par amour de la liberté. Sous l’apparente simplicité des histoires d’amours contrariées, se cache toute la complexité de cette région à l’histoire tumultueuse. Restés inédits plus d’un siècle, exotiques à souhait, Les Romans caucasiens dévoilent une facette sans doute peu connue d’Alexandre Dumas, mais qui confirme son immense talent de conteur.  
Tandis qu’aux États-Unis la conquête de l’Ouest se poursuit inexorablement, les Empires russe et britannique se livrent une « guerre froide » en Extrême-Orient. Guennadi Nevelskoï, navigateur obstiné, poussé par une ambition effrénée, obtient l’autorisation officieuse du tsar de lancer une expédition dans cette région. Son but est de trouver une voie navigable sur la côte pacifique, à l’embouchure du fleuve Amour, face à l’île de Sakhaline. De cette histoire épique et méconnue, Andreï Guelassimov tire un scénario rocambolesque et savoureux. Sans dissimuler une certaine jubilation littéraire, il fait appel tour à tour à des intrigues invraisemblables, des espions écervelés, des bandits ou des mouchards qui s’affrontent dans un suspens où la satire et l’ironie frôlent souvent le lyrisme. Plongé au cœur de ces nombreuses péripéties, le lecteur a le sentiment de toucher du doigt ce qu’il faut d’efforts, d’ingéniosité, d’intrigues et de hasards pour parvenir à une décision politique et humaine capable d’influencer l’histoire du monde. Avec La Rose des vents Guelassimov choisit de rendre hommage au roman historique et d’aventures. Il revisite les lectures qui ont bercé son adolescence (et la nôtre !), se jouant des codes avec un plaisir facétieux.
Aussi disponible en grand format et en version numérique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Purextase, 2023  
Dans l’espace francophone Marina Tsvetaeva (1892-1941) est surtout connue par sa prose mais elle se considérait avant tout comme une poétesse et elle le demeure pour le public russe. Cette édition en bilingue reprend en format de poche la première partie de l’édition parue aux Syrtes en 2015. Il s’agissait d’une nouvelle traduction de la poésie lyrique de Marina Tsvetaeva, en grande partie inédite. Les deux volumes des Poèmes de Russie, (vendus séparément et ensemble sous coffret) rassemblent la création lyrique en Russie, jusqu’au moment où Tsvetaeva quitte son pays, en 1922. Certains d’entre eux avaient été publiés en recueils ou dans des revues, d’autres remplissaient ses nombreux cahiers de travail. En cette époque moscovite, Tsvetaeva écrit parfois plusieurs poèmes lyriques par jour et les murs de son logis reflètent sa recherche verbale : ils sont couverts de fragments de poèmes, de rimes, de phrases disparates. Cette période de vie, avant le départ pour l’Europe, est riche en événements personnels et historiques. Les poèmes reflètent les joies et les douleurs vécues en ces années difficiles : l’amour est un thème récurrent et l’auteur en décrit toutes les facettes avec une aisance déconcertante. Véronique Lossky, la traductrice de cet ensemble, a consacré sa vie à l’œuvre de Marina Tsvetaeva. C’est la première fois qu’elle s’est attelée avec brio à la traduction. Un double impératif a guidé son énorme travail : le premier, donner les recueils complets dans l’ordre de leur publication, ou de leur achèvement pour ceux qui n’ont pas été publiés; le second, restituer le lyrisme de la langue et son feu incandescent. Le pari, audacieux, a été salué unanimement par la presse.

La Sonate à Kreutzer: une affaire de famille ? Dès sa parution, en 1891, elle a déchaîné les passions, et les réponses littéraires de sa femme et de son fils rassemblées ici révèlent, de manière éclatante, les conséquences profondes de la crise morale et spirituelle de Léon Tolstoï, au cœur même de sa famille. De tous les ouvrages de Tolstoï, La Sonate à Kreutzer est sans doute celui qui dévoile, de la façon la plus remarquable, les paradoxes de son œuvre et de sa personnalité. Jusqu’à la dernière ligne transparaissent le dégoût pour le mariage qui n’est que de la « prostitution légalisée », la haine des femmes « qui se vengent de nous en agissant sur nos sens», sa conviction que, pour obéir à la volonté de Dieu, l’homme doit s’abstenir de procréer.

Réponses familiales

Sa femme, Sofia Andreïevna, qui copie le manuscrit, éprouve, en le lisant, autant de fascination que d’horreur. Sa vengeance restera cachée. Peu connu, même en Russie, À qui la faute? révèle un talent littéraire nourri par un besoin d’expression personnelle et de justification. Écrit entre 1895 et 1898, Romance sans paroles répond également à une blessure. La mort à l’âge de sept ans de son dernier enfant. Il reflète par ailleurs sa fascination pour la musique, incarnée par le compositeur Sergueï Taneïev. La musique devient pour Sofia Tolstoï l’unique moyen de reprendre goût à la vie. Quelques années plus tard, Léon Tolstoï fils prend lui aussi la plume pour exprimer sa vision du couple.

Désormais, La Sonate à Kreutzer devient une affaire de famille. Dans Le Prélude de Chopin, le fils développe l’idée qu’un mariage précoce et pur, où les deux époux ne font qu’un seul être, est un bien qu’il ne faut surtout pas fuir. Que l’aspiration à la chasteté absolue de l’humanité démontrée dans La Sonate à Kreutzer n’a aucun sens, car elle mène à l’extinction du genre humain. « Le lien conjugal toujours puissant […] illustre le fameux paradoxe d’Oscar Wilde : loin de s’inspirer de la réalité des relations conjugales entre Léon et Sofia Tolstoï, la fiction de La Sonate à Kreutzer a fini par les influencer », conclut Michel Aucouturier, auteur de la préface.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
L’argent et le travail (2010)
Première biographie russe de Léon Tolstoï traduite en français, La Vie de Léon Tolstoï réussit le tour de force d’exposer la vie et l’œuvre du grand écrivain dans un format restreint, sans sacrifier la complexité de son héros, les sentiments controversés qu’il inspire ou les éléments de contexte nécessaires à la présentation de son propos.  Réservant une large part aux extraits choisis de sa prose, de son journal et de sa correspondance, Andreï Zorine donne à voir, dans un style fluide et sobre, un Tolstoï sans emphase ni spéculation. L’« expérience de lecture » qu’il propose, à la frontière de la biographie, du récit et de l’essai, éclaire le phénomène Tolstoï d’un jour nouveau. Elle amène Zorine à découvrir une profonde cohérence, un fil conducteur, dans son parcours de vie.  
C’est pétri d’illusions que l’ingénieur allemand Hugo Pectoralis arrive dans le gouvernement reculé de Penza, où des patrons anglais ont fondé une entreprise agricole moderne, destinée à donner des profits, mais aussi à apporter aux paysans une amélioration de leur sort, par la mécanisation des travaux et l’introduction de méthodes novatrices. Les machines sont allemandes et Pectoralis est prussien. Grâce à sa ténacité et à sa compétence, il gravira rapidement l’échelle sociale, mais, projeté dans l’univers inconnu de la Russie profonde et de ses habitants, un incident stupide provoquera sa chute. Il se dispute avec Safronytch, paysan veule, paresseux et ivrogne qui gagne son procès, mais meurt rapidement d’alcoolisme. Tous les deux sont des victimes : Pectoralis, l’Allemand imbu de sa supériorité nationale et de son savoir-faire, et Safronytch, héritier du laisser-aller général. Un récit en forme de charge qui, au-delà du comique, est une satire virulente des mœurs locales.
syrtes Mitrophane athos URSS voyage
En 1976, le père Mitrophane entreprend, avec 9 autres moines du Mont Athos, un voyage en URSS, et sa visite est la première d’un moine athonite depuis la révolution de 1917. Le moine décrit la vie de l’Église dans un contexte de militantisme athée et de persécution intense, inédite dans l’histoire chrétienne. Néanmoins, une minorité a su préserver sa foi, assurant la survie et la prospérité de l’Église orthodoxe. Ce livre offre un témoignage unique sur la vie de l’Église orthodoxe russe sous le régime soviétique. Ce récit spirituel puissant interroge aussi sur la préservation de notre vie intérieure et spirituelle dans une société qui semble avoir délaissé Dieu. Servies par un style vivant, les réflexions du moine Mitrophane enrichissent ce témoignage exceptionnel.  
conservatoire Rachmaninoff Paris Syrtes Barillot
LAURÉAT DU PRIX CONSUELO DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE 2025
  En 1924, compositeurs, chanteurs et danseurs, professeurs des Conservatoires de Moscou et de Saint-Pétersbourg, princes érudits ou simples anonymes fondent dans la Ville Lumière un nouveau conservatoire. Avec une idée fixe : perpétuer la tradition de l’École russe, l’héritage de leurs ancêtres, avec abnégation et panache. Au fil du temps, cette institution, qui a pris le nom du célèbre compositeur Serge Rachmaninoff en 1953, est devenue bien plus qu’un simple conservatoire : un centre culturel des Russes en exil en même temps qu’un lieu d’accueil véritablement fédérateur et emblématique de la capitale. L’épopée des personnages de ce récit, illustres ou oubliés, ressemble à un conte. Habile combinaison entre l’histoire de l’émigration russe et des fragments plus intimes de la vie du Conservatoire, le livre explore les moments marquants de son existence, tels que sa fondation, les concerts mémorables et les moments partagés par la communauté russe. Serge Rachmaninoff, Serge Prokofieff, Fiodor Chaliapine ou Serge Lifar – tous ces grands noms ont imprimé de leur personnalité et leur enseignement l’histoire de ce lieu. Avec de nombreux anonymes ils ont ainsi pu surmonter l’épreuve du déracinement et des difficultés de la vie. Dès le début, musiciens et danseurs de renommée mondiale se sont produits régulièrement, de Vladimir Horowitz en passant par Nathan Milstein, Gregor Piatigorsky ou, plus récemment, Evgeny Kissin et Nikolaï Lugansky. Un siècle plus tard, le Conservatoire russe reste un lieu vivant où des cours sont dispensés et qui accueille des rencontres musicales, littéraires et artistiques. Cet ouvrage est le fruit d’une exploration inédite des archives du Conservatoire Rachmaninoff, comprenant 30 000 partitions, dédicacées par de nombreuses personnalités artistiques telles que Darius Milhau, Francis Poulenc, Jules Massenet, Igor Stravinski, Anton Rubinstein, etc. Il contient également des centaines de photos, tableaux, lettres, télégrammes, poèmes, affiches de spectacles, dessins, cartes de membres, livres de compte, comptes rendus de réunions, laissez-passer, etc. Ces documents, regroupés dans 48 pages de cahiers photos, offrent un aperçu unique et captivant de l’histoire du Conservatoire, jusqu’alors inexplorée.
Après la parution remarquée des Poèmes de Russie (1912-1920), cette édition en bilingue reprend en format de poche les Poèmes de maturité (1921-1941) de Marina Tsvetaeva. Les deux volumes rassemblent la création lyrique des dix-sept années d’exil de la poétesse, depuis le moment où elle a quitté son pays en 1922 et jusqu’à sa mort en 1941, de retour en URSS.  En février 1923, à Berlin, Tsvetaeva publie Le Métier, poème qui représente un tournant dans sa création. Écrit sous la forme d’un dialogue poétique avec son lecteur, le thème général demeure la solitude dans le contexte de l’attachement à son pays. Les thèmes lyriques habituels – l’amour, la mort, la poésie – sont toujours présentés avec, en arrière-plan, une perspective philosophique qui pose la question du sens de la vocation poétique et de la vie. Au bout de quelques années en Occident, Tsvetaeva va composer un nouveau recueil poétique, Après la Russiepublié à Paris en 1928. Elle revient à ses thèmes lyriques et philosophiques favoris : Dieu, la vocation du poète, le temps et l’éternité, la grisaille du quotidien, l’amour et les questions sur son propre destin. Tsvetaeva voulait en faire un bilan des années de jeunesse fougueuse et d’approfondissement de sa maturation.  D’autres poèmes moins connus, souvent liés à l’exil et à son entourage viennent enrichir ce recueil. Le retour au pays ne lui apportera que malheur et déceptions. Les poèmes de la fin révèlent une Tsvetaeva toujours amoureuse et toujours extrême dans son aspiration vers l’absolu et la transcendance, mais le désespoir est déjà vivement ressenti.