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Publiés aux éditions des Syrtes

Les Abeilles de Delphes rassemble les pensées du philosophe Pierre Boutang. Le roman, la poésie, le théâtre, mais aussi la philosophie. De grands aînés comme Homère, Cervantès ou Pascal, des étrangers comme Dostoïevski, Faulkner, et Eliot, des Français et contemporains comme Maurras, Malraux, Blanchot. Voici, en une bibliothèque idéale, les lectures, les dialogues et les confrontations de Pierre Boutang qui fut, selon Georges Steiner, le penseur le plus étonnant et sans doute l’un des plus grands du siècle.

« Les Abeilles de Delphes » qui, selon Callimaque, puisent une eau pure dans la source sacrée nous précèdent et nous guident ainsi sur les chemins d’une culture intemporelle et croisant pourtant la plus saisissante des actualités. À la lumière de la chronique, les auteurs convoqués se révèlent, s’interpellent et s’édifient mutuellement. Rome répond à Athènes, Jérusalem n’est jamais loin, et la modernité toujours présente. Dans le lien secret de l’hellénisme à l’esprit français, c’est à la fois un traité des dieux, des muses et de la cité, un art poétique, une méthode du lire et du penser que livre ici, avec un bonheur et un style rare, Pierre Boutang.

 
OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.
Préface de Jacques Catteau

L’histoire de ma sœur est abord celle d’un sentiment. L’amour passionné que nourrit Kostia pour Katia, sa sœur de sept ans son aînée. C’est aussi le récit du destin poignant d’une femme forte. Et, à travers elle, l’auteur dresse un tableau de la vieille Russie, qui s’apprête en effet à voler en éclats. Des balbutiements de l’enfance jusqu’à l’épanouissement ultime de la mémoire, ce superbe roman de Michel Ossorguine se lit comme un poème en prose qui s’ouvrirait sur le ton mineur pour se clore dans la gravité.

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Les quatorze nouvelles regroupées dans Arrêt sur le Ponte Vecchio sonnent, tels des éclats d’un miroir brisé reflétant les drames du XXe siècle, comme un appel au devoir de mémoire. Chacune d’entre elle correspond à un moment singulier de cette montée de la barbarie, du martyre des Slovènes dans l’Italie fasciste aux rescapés des camps de la mort.

D’inspiration autobiographiques, ces nouvelles font ainsi découvrir l’histoire slovène. La première partie se passe ainsi dans les années 1920. On y voit avec horreur la montée du fascisme et les chemises noires italiennes. La deuxième partie entraîne le lecteur vers les camps où Boris Pahor aura passé quelques temps. Alors que la troisième partie présente la ville de Trieste. Ce recueil est particulièrement exemplaire par la langue imagée de l’auteur, si belle et poétique.

Alors que l’atrocité et la cruauté des hommes sont la toile de fond de ce livre superbe, Boris Pahor ne cède jamais au désespoir, et nous livre un regard tour à tour désabusé, ironique ou tendre. Il aborde les relations entre Italiens et Slovènes, la cohabitation parfois difficile et surtout la façon d’envisager leur histoire commune. Une leçon d’humanité inoubliable.

Une prison parisienne, à la Libération. Quatre détenus aux parcours contrastés y attendent leur condamnation. Le narrateur, commandant de la SS, cohabite avec un maquereau français rescapé du front russe, un pasteur luxembourgeois lâche délateur, et un vieux baron français prêt à sombrer dans la démence. À travers les rapports étranges qui se nouent entre ses anti-héros, Andrzej Kusniewicz pose la question : « Comment devient-on un salaud ? » Comme la symphonie éponyme, Eroica se mue ainsi en marche funèbre pour une Europe engloutie.

Précédé de « E.R. Curtius », par Charles du Bos

Voici une merveille de composition, bien dans la manière de Balzac. Quatorze grands chapitres se développent selon une architecture concentrique. Chacun d’eux correspond à une strate essentielle de la nature de l’auteur de La Comédie humaine. De chapitre en chapitre, les correspondance s’enrichissent réciproquement et se multiplient, rendant enfin à l’œuvre de Balzac sa profondeur, sa plénitude et son unité. Paru en 1923, le Balzac de Ernst Robert Curtius prend seulement aujourd’hui sa véritable dimension: cette évocation nous fait pénétrer dans la forge du plus prodigieux Vulcain que compte la littérature universelle.

Préface de François Fejtö

Ce roman d’András Hevesi met en scène Goeorges, un jeune Hongrois arrivé à Paris en 1924 pour achever ses études. Il découvre alors la ville avec des yeux neufs et une certaine innocence. C’est dans la capitale cosmopolite des lendemains de la Grande Guerre qu’il va faire son éducation sentimentale et intellectuelle. Parti en quête de cette indéfinissable ambiance française qui semble lui échapper, deux personnages vont bouleverser sa vie. Turauskas, tourmenté et marginal, ainsi que Méla, belle étudiante dont il veut faire sa femme sans vraiment la désirer…

Préface de Michel Crépu

Dans Approximations, Charles Du Bos propose aux lecteurs un ensemble de ses études critiques. Il s’agit de l’expérience unique d’un homme pour qui la lecture et le commentaire forment un seul acte esthétique et spirituel. Relire Du Bos, c’est ainsi retrouver, au-delà des modes, la relation singulière que tout homme entretient avec l’œuvre d’art.

Du Bos est l’une des grandes figures de la tradition humaniste française.

En « mer », en « forêt », dans la « brume ». La destinée humaine ressemble aux intempéries violentes des landes russes, secouée par les jours de fête et de deuil. La nuit, dans sa dimension sacrée mais physique, devient véritablement le leitmotiv de ce livre d’Ivan Bounine : un rêve d’opulence dans une enveloppe de misère infinie.

À travers neuf nouvelles, le tempo du nocturne scande l’amour et la mort vers une ascension qui s’accomplira dans le récit final. La Nuit, qui donne le titre au recueil, est un véritable chef-d’œuvre. Tout ici s’oppose, tels le jour et la nuit, mais tout se fond et se confond comme au crépuscule. Même le bonheur ne se distingue plus nettement du malheur, que souvent il annonce. « Je songe encore comme je suis malheureux, combien ce bonheur me tourmente, auquel il manque toujours quelque chose. »

 
Précédé de « Alexandre Kouprine » par Ivan Bounine

C’est un jeune home de vingt-trois ans qui, en 1893, publie à Saint-Pétersbourg Clair-obscur. Kouprine y dénonce ainsi l’injustice de la condition féminine, l’hypocrisie des relations matrimoniales, héritage de la vieille Russie, celle d’avant l’abolition du servage, en 1861.

 
Préface de Stéphane Courtois

À sa sortie en Allemagne en 1987, ce livre a eu l’effet d’une bombe idéologique. Le nazisme, explique Nolte, doit avant tout être replacé dans le contexte d’une « guerre civile » inaugurée par Lénine en 1917, provoquant un séisme qui faillit emporter l’Europe jusqu’à la défaite d’Hitler en 1945. Par un mimétisme paradoxal, les régimes fasciste et nazi empruntèrent en effet au communisme ses méthodes pour mieux le combattre. Il existerait donc un « nœud causal » entre la révolution bolchevique et la naissance des fascismes. Nolte cherche à comprendre pourquoi la réaction antibolchevique d’Hitler a trouvé dans le mythe de la race l’unique réponse à l’internationalisme soviétique.

Schoenberg, à qui l’on demandait un jour s’il avait trouvé un élève de valeur aux États-Unis, répondit : « Oui, un seul : John Cage. Mais ce n’est pas un compositeur, c’est un inventeur de génie. » Douze ans après sa parution, cette autobiographie sous forme d’entretiens, réunis par l’essayiste Richard Kostelanetz, lui même critique musical et compositeur, est enfin disponible en français.

L’étendue des sujets abordés par John Cage (1912-1992) est à l’image de sa vie et de son œuvre. Découvreur de sons, inventeur du « piano préparé », conseiller musical fameux de la compagnie de ballets de Merce Cunningham. Mais il fut aussi un penseur pacifiste proche de l’anarchie, orientaliste néo-dada, champion d’échecs et spécialiste des champignons… Découpée en chapitres thématiques, cette somme fait découvrir une des figures les plus originales de la création musicale contemporaine.

Préface d’Alain Clerval

Le Roman d’aventure paraît dans les pages de la Nouvelle Revue Française en 1913. « Jamais je n’écrirai rien d’aussi bon », déclarait André Gide lorsque Jaques Rivière fit paraître cet essai. Dirigé contre le roman naturaliste et le roman d’analyse « à la française », aux personnages et à la psychologie figés, ce manifeste passionné, même s’il va jusqu’à poser en modèle Le Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas, n’est pas un plaidoyer pour le roman feuilleton. Mais, comme celui-ci, le « roman nouveau » qu’il appelle de ses vœux, devra avoir pour loi la liberté, l’inattendu.

L’auteur se laissera porter par ses personnages et son récit où règne la découverte de « tout ce qu’il y a de prodigieux dans l’univers ». Prophétique, alerte et véhément, cet essai n’a rien perdu de sa fraîcheur au XXIe siècle. Et l’invitation qu’il lance aux écrivains de se mettre « en état d’aventure » demeure aussi actuelle qu’en 1913.

De Felice offre ici une remarquable synthèse de sa méthode et passe en revue les principales interprétations fournies du début des années 20 à la fin des années 60. Aussi éloignée de ceux qui prononcent des jugements de valeur avant même de reconstituer une histoire, que d’une historiographie platement descriptive, De Felice illustre ici le propos d’Angelo Tasca: « pour nous, définir le fascisme c’est avant tout en écrire l’histoire », c’est-à-dire « en reconstruire la réalité et la dialectique dans le temps et l’espace ».

Traduit de l’italien par Georges Hérelle

Le Feu, publié en 1900, met en scène un héros nietzschéen, Stelio Effrena. Celui-ci vit au-delà de toute limite et de toute contrainte. Des motifs autobiographiques sont révélés: ceux de D’Annunzio dans sa relation avec la grande actrice de théâtre Eleonora Duse.

Poète nouveau en qui la jeunesse voit déjà un incomparable maître, dramaturge non encore affirmé qui s’élève en antagoniste idéal de Wagner, Stelio sait pouvoir obtenir de la grande tragédienne Foscarina, qui l’aime d’un amour absolu, une contribution essentielle à l’affirmation de son art. Tourmentée par la jalousie et par la pitié qu’elle ressent pour elle-même, la Foscarina s’apaisera dans le renoncement. Alors que pour Stelio, l’art, le rêve, le désir et la victoire sont la respiration même de la vie.

Traduit du russe par Flore de Lesquen et René Guerra Préface de René Guerra

L’Etoile bleue s’apparente à un roman initiatique. Alors qu’autour de lui les êtres s’abîment dans les passions matérielles, le jeune étudiant Alexis Christophorov, héros de ce roman de Boris Zaitsev, est un idéaliste en quête d’une liberté intérieure symbolique. L’œil fixé sur Vega, le diamant bleu de la constellation de la Lyre, il soutient que « n’est véritablement libre que celui qui a un esprit insouciant, sans attaches ». Seul, il semble percevoir la fragilité du monde insouciant qui l’entoure, prêt à s’envoler dans les ténèbres.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
Une maison à Passy (2014) Le Mont Athos et Valaam, pèlerinages d’un écrivain russe (2017)
Avant-propos de Jacques Catteau
Introduction d’Andreï Chichkine.

Dostoïevski, dont Nietzsche disait qu’il était « le seul qui lui ait appris quelque chose en psychologie » a considérablement influencé les romanciers du XXe siècle. Mais c’est un autre Dostoïevski que nous fait découvrir la lecture inspirée de Viatcheslav Ivanov. À travers les personnages et les leitmotiv de ses « romans-tragédies », il dévoile l’emprise des mythes anciens. Il éclaire la veine mystique qui traverse Crime et Châtiment, L’Idiot, Les Démons, et surtout Les Frères Karamazov.

Dans cet essai lumineux, Ivanov développe ainsi une réflexion profonde sur le sens de la souffrance, du péché et de la rédemption. Tout ce qui lie le destin de tous les hommes dans l’œuvre de Dostoïevski.