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Ivan BOUNINE

Ivan Bounine (1870-1953) était un poète, prosateur, essayiste et grand voyageur. Il fut également le premier écrivain russe à recevoir le prix Nobel de littérature (en 1933). Antibolchevique, Bounine quitta la Russie soviétique en 1920 et devint l’une des figures de proue des écrivains de l’émigration russe en France.
Sa plume a formée une œuvre abondante, dont Les Pommes d’Antonov (1900), Le Village (1909), Le Calice de la vie (1913), Le Monsieur de Saint Francisco (1915) ou La vie d’Arseniev (1930), marquée par la puissance d’évocation, la rigueur, la concision et la beauté.
Le regard lucide porté par Ivan Bounine sur ses contemporains en a fait un incontournable classique de la littérature russe. Il se place ainsi dans la lignée de Tolstoï, de Tourgueniev ou de Tchekhov, l’un de ses plus grands amis. Opposés à la modernité et l’avant-garde, les textes de Bounine revendiquent une culture littéraire classique. Rapproché du réalisme, l’écrivain se veut notamment le chantre de la nature et le peintre exhaustif de la Russie de sa jeunesse, dont il ressuscite le folklore et les traditions agricoles
En 2015, Nikita Mikhalkov a par ailleurs réalisé Coup de soleil, adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme d’Ivan Bounine.  Le film a été nominé aux Oscars dans la catégorie « Meilleur film en langue étrangère ».

 

Publiés aux éditions des Syrtes

En « mer », en « forêt », dans la « brume ». La destinée humaine ressemble aux intempéries violentes des landes russes, secouée par les jours de fête et de deuil. La nuit, dans sa dimension sacrée mais physique, devient véritablement le leitmotiv de ce livre d’Ivan Bounine : un rêve d’opulence dans une enveloppe de misère infinie.

À travers neuf nouvelles, le tempo du nocturne scande l’amour et la mort vers une ascension qui s’accomplira dans le récit final. La Nuit, qui donne le titre au recueil, est un véritable chef-d’œuvre. Tout ici s’oppose, tels le jour et la nuit, mais tout se fond et se confond comme au crépuscule. Même le bonheur ne se distingue plus nettement du malheur, que souvent il annonce. « Je songe encore comme je suis malheureux, combien ce bonheur me tourmente, auquel il manque toujours quelque chose. »

 

Écrites entre 1900 et 1949, les nouvelles réunies dans ce recueil nous projettent dans un univers où la nature imprime aux hommes ses paradoxes et ses débordements. Pris dans la tourmente de la guerre, dévorés par les passions amoureuses ou en proie aux souvenirs cruels, les personnages de Bounine affrontent les épreuves par le biais d’un imaginaire incandescent. Leur sincérité et leur force d’âme nous les rendent étonnamment proches dans leur étrangeté même. Leur solitude est un exil intérieur, miroir de la condition de l’auteur.

 

Chronique nostalgique de l’âme russe, ténébreuse et lumineuse à la fois, Soukhodol est la saga des Khrouchtchev, petite noblesse de province derrière laquelle se dissimule la famille de l’auteur. Le regard de Bounine se pose avec un calme impitoyable sur un monde en déclin. Dans une langue précise et mélodieuse, hommes et nature composent un poème qui dégage une sobre magie empreinte de spiritualité, où se croisent Natalia, servante et « mémoire » de cette famille, Piotr Petrovich, son amour secret, ou Tante Tonia, qu’un amour déçu a enfermée dans la folie. Car « à Soukhodol, l’amour était singulier, la haine aussi ». 

   

Coup de Soleilqui donne son titre au recueil, raconte la rencontre d’un homme et d’une femme sur un bateau qui remonte la Volga. Elle, mariée et mère, rentre chez elle après avoir passé l’été à Anapa. On ne sait rien de l’itinéraire du personnage masculin, officier et célibataire. Ils se voient pour la première fois sur ce bateau et, irrésistiblement atterris l’un par l’autre, décident brusquement d’en descendre pour passer la nuit dans la ville où il s’apprête à Faure halte. Cette nuit restera à jamais dans les souvenirs de l’homme qui tombe alors follement amoureux. Mais la femme le quitte au matin sans même lui avoir donné son nom. 

Un voyage en train dans la lumière flamboyante des Alpes-Maritimes, des réflexions en filigrane sur la Russie passée et présente, une sordide affaire de meurtre, l’histoire d’amour tragique – car chez Bounine l’amour et la mort sont inséparables – entre un jeune officier et une actrice: ces nouvelles ont été rédigées entre 1925 et 1926 en France, où l’auteur avait trouvé refuge.

La force poétique qui se dégage de ce recueil ne transfigure pas le réel mais le rend magique. On retrouve chez Bounine des personnages passionnés, qui vivent aussi intensément le bonheur que la peur, la foi que le désespoir sans issue. Et la douce musique de la nostalgie relie l’auteur « d’un lien tendre et pieux à sa lignée, au monde lointain et plein de charme » de sa jeunesse et de son pays perdu. 

 
Cet ensemble de 36 nouvelles de l’écrivain russe Ivan Bounine, prix Nobel de littérature 1933, réunit, en format de poche, les 4 volumes parus aux éditions des Syrtes: La Nuit en 2000, Les Pommes Antonov en 2002, Soukhodol en 2005 et Coup de soleil en 2014; il est en outre accompagné d’une nouvelle inédite, Une passion. Plusieurs traducteurs ont contribué à ce recueil : Boris de Schlœzer, Claire Hauchard, Madeleine Lejeune et Joëlle Dublanchet. Échelonnées entre 1900 et 1949, les nouvelles couvrent des périodes très différentes de la vie de Bounine. Qu’elles soient écrites en Russie ou en exil, à Paris ou dans les Alpes maritimes, elles dépeignent dans leur grande majorité la Russie, dont il a été un chantre bouleversant. Une passion, la nouvelle inédite qui accompagne cette publication, fait partie des écrits de jeunesse de Bounine (1886-1887). Elle raconte l’histoire du cruel féminicide d’une jeune fille de dix-huit ans dont le cœur balance, pour son malheur, entre l’ennui de la vie à la campagne et les premiers émois amoureux.
« Je suis né et j’ai grandi tout à fait en plein champ, dans une étendue que l’homme européen ne saurait même se représenter. En vérité, un immense espace, sans limites ni frontières, m’environnait : où s’achevait vraiment notre propriété, et où commençait ce champ illimité dans lequel elle se fondait ? De toute façon, champ et ciel étaient tout ce que je voyais. » 

En 1893, Ivan Bounine, futur prix Nobel de littérature, rencontre Léon Tolstoï, à l’apogée de sa célébrité. Grand admirateur de son aîné, Bounine considère que toute la vie de Tolstoï n’a été qu’une recherche de la « délivrance », de la « fusion dans le divin ». Ce sont les contours de cette quête que dessine Ivan Bounine dans un récit composé entre 1927 et 1937 et qui se situe entre témoignage, biographie psychologique et lecture amoureuse.
La Délivrance de Tolstoï n’est ni une critique de l’œuvre, ni des mémoires, mais une exploration passionnée et intime de la vie de Tolstoï. À travers souvenirs et témoignages, Bounine révèle les multiples facettes de Tolstoï, tout en reflétant ses propres obsessions sur la vie et la mort.

Poète, prosateur et essayiste, Ivan Bounine (1870-1953) a été le premier écrivain russe à recevoir le prix Nobel de littérature (1933). Auteur d’une œuvre prolifique, maître de la nouvelle, il demeure un classique de la littérature russe. Résolument antibolchevique, Bounine quitte son pays et arrive en France en 1920, où il devient l’une des figures de proue des écrivains de l’émigration russe.