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exil
Publiés aux éditions des Syrtes
ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.

Alors que les autorités soviétiques, occupent le territoire de Lettonie depuis un an, elles organisent en juin 1941 l’une des plus meurtrières vagues de répression dans le pays. C’est le début de l’horreur pour des dizaines de milliers d’innocents. Ils disparaissent ainsi, sans laisser de traces, dans les immenses étendues de la Sibérie. La famille de Sandra Kalniete ne sera pas épargnée. Sa mère, Ligita, a quatorze ans lorsque, le 14 juin 1941, elle et ses parents sont amenés. Son grand-père Janis mourra dans l’enfer des camps.

Née au camp où ses parents se sont rencontrés, Sandra est rentrée dans son pays à cinq ans, en 1957. En escarpins dans les neiges de Sibérie raconte l’histoire bouleversante de sa famille et, à travers elle, celle de tout un peuple.

Préfacé par Simone Weil

Cet ouvrage inédit d’Alain Vincenot est un recueil d’une vingtaine de témoignages d’enfants juifs arrachés à la barbarie nazie, parmi les 60 000 qui ont été sauvés sur les 72 000 vivant en France à la fin des années 1930.

Je veux revoir maman ! sonne comme un leitmotiv, une parole sans cesse répétée par des petits êtres arrachés à leurs parents. Ces êtres qui, dans l’insouciance de l’enfance traverseront, malgré tout, la guerre. À travers leurs histoires, ces enfants devenus adultes expriment avec émotion leur souffrance toujours vivace. Mais aussi la grande part d’amour qui les lie à jamais à ceux qui leur ont permis de vivre et de donner la vie à leur tour.

 

Au dire de Martin Smaus, cette histoire puise sa source dans son émerveillement face au monde des Tziganes et sa fascination pour des gens qui n’ont pas encore oublié qu’eux aussi ont jadis été enfants, et qui arrivent encore à chercher et à rêver. Mais elle devient universelle face aux êtres marginaux qu’elle dépeint, tant elle saisit la profondeur de leur âme.

L’histoire tragique d’Andrejko, arraché à son hameau et plongé dans le monde des voleurs à Prague, se double, en filigrane, de celle de son peuple. Les Dunka vivent au gré des changements politiques. Ils fuient les nazis puis les Russes. Déplacés de force, ils paient un lourd tribut à l’Histoire dans leur propre chair. Devenu voleur hors pair, Andrejko connaît l’injustice et la haine des gadjé, parfois aussi celle des siens. Il passe de Prague à Plzeň, de la maison de correction à la prison. Lorsqu’il ne se réfugie pas dans sa campagne natale avec sa jolie cousine. Il tente de s’adapter à la société, de retrouver ses racines tziganes, de placer certaines valeurs morales au-dessus de l’argent. Mais il finit seul et le lecteur est aussi libre que lui d’imaginer la suite… 

Petite, allume un feu… est un éloge du sentiment de liberté, une célébration de la quête, à travers l’expérience de la découverte tout comme de la perte. C’est aussi un hymne d’amour au romani chib. Cette langue chargée d’émotion et de violence, émaillée de tout l’imaginaire des croyances populaires. Le destin d’Andrejko porte en lui le sublime et le tragique, dans une prose qui ne saurait laisser indifférent, tant par son réalisme que par sa poésie profonde.

Traduit du macédonien par Clément d’Içartéguy Avant-propos d’Edgar Morin. Postface d’Eric Faye

L’exil hante la vie et l’œuvre de Luan Starova. Le Chemin des anguilles évoque une tragédie séculaire. Celle des peuples aux destins constamment déchirés, des familles déracinées aux espérances toujours contrariées», écrit Maurice Druon. Luan Starova fait ainsi partie des sages des Balkans qui écoutent et transmettent cette douleur en la transformant en chant.

Le roman tourne autour de la figure du Père. Tel le «gardien » de la bibliothèque familiale, il incarne tout à la fois mémoire, expérience et histoire. Revenu de Constantinople, il se retrouve au bord du Lac, près loin de l’embouchure et de la source du fleuve. Ce Lac devient ainsi progressivement un personnage à part entière du livre. À l’image de ce Lac, le Père se trouve à la tête d’une famille, toujours venue de quelque part et retournant quelque part. Ses livres sont écrits dans tous les alphabets, ses cartes géographiques sont de toutes les couleurs, et sur le globe rapporté de Constantinople – on peut suivre les mouvements des anguilles.

Quel est ce chemin qui n’est ni une initiation, ni un pèlerinage, ni même une émigration, mais la pénible conquête d’une vie? Le Chemin des anguilles devient « non seulement une merveilleuse œuvre littéraire mais aussi un livre d’une poétique historique et d’une dimension mythique » (Edgar Morin).

L’église orthodoxe Saint-Alexandre-Nevski de la rue Daru pointe ses cinq flèches aux coupoles dorées dans le ciel du quartier de l’Étoile. Consacrée en 1861, elle avait été bâtie dans un quartier choisi en fonction de sa commodité pour les touristes fortunés et les diplomates russes de l’époque. Mais c’était la seule église russe de Paris et les émigrés des années 1920, pourtant installés en majorité dans des arrondissements éloignés et dans les proches banlieues de l’ouest parisien, la fréquentèrent en masse. Bousculant dans ses habitudes son clergé d’ancien régime, ils transformèrent en église paroissiale débordante d’activités cette chapelle d’ambassade assoupie.

En effet, la révolution de 1917 chasse de Russie entre huit cent mille et un million de personnes, appartenant pour la plupart à l’élite culturelle, scientifique, militaire et religieuse. Si les Russes se dispersent dans le monde entier, c’est la France qu’ils choisissent comme pays de ralliement, et Paris devient leur capitale incontestée. La Russie « hors frontières » offre ainsi la diversité d’un corps national complet. On y retrouve autant des rescapés de la famille impériale que des Cosaques du Don; de même que des grands intellectuels ou des anciens cadres administratifs et politiques.
La religion orthodoxe constitue donc pour ces émigrés un refuge. Elle leur permet de ne pas être totalement coupés de leurs racines et de leur pays natal.
Nicolas Ross décrit ces douloureuses années d’exil où la vie des émigrés s’organise autour de Saint-Alexandre-Nevski. Comment et pourquoi le métropolite Euloge choisit cette église pour en faire sa cathédrale; le portrait de chacun des membres du clergé qui ont consacré leur vie aux paroissiens démunis; la composition des chœurs et leur spécificité; le dévouement des membres du conseil paroissial. Il présente également les fidèles de la rue Daru. Dans leur pratique ordinaire, mais aussi dans les grandes occasions qui, telle la nuit pascale, attiraient de véritables marées humaines dans les rues environnantes.  
Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
Aux sources de l’émigration russe blanche (2011) Koutiepov (2016) La Crimée blanche du Général Wrangel (2014) De Koutiepov à Miller, le combat des Russes blancs (2017)

Publié sous la direction de Georges Nivat

Ebranlés par L’Archipel du Goulag, des millions de lecteurs ont suivi avec passion la lutte solitaire Alexandre Soljenitsyne contre un empire qui semblait établi pour un bon millénium. Le présent livre rend compte des multiples facettes de ce géant de l’écriture. Ce catalogue d’exposition rassemble des études d’ensemble, articles ciblés (la réception de l’écrivain, les biographies qui lui ont été consacrées) et témoignages (ses deux principaux traducteurs, son éditeur en russe, son agent littéraire mondial, le compositeur Gilbert Amy, sa dernière biographe). Il compte également des inédits : plusieurs lettres dont l’émouvante lettre à Spiridon (le concierge de la charachka), une longue lettre à Lydia Tchoukovskaïa, des fragments du Journal R-17, trois textes qui sont des lectures faites par Soljenitsyne : Mon Lermontov, Ivan Chmeliov et son Soleil des morts, Le Pétersbourg d’Andreï Biely.

Aux sources de l’émigration russe blanche retrace les premiers pas de l’exode des Russes blancs, leurs combats et leurs motivations.

Le 22 novembre 1920, deux vapeurs russes, le Kherson et le Rion, commencent à débarquer les premiers contingents de l’armée du général Wrangel évacuée de Crimée, dans le port de la petite ville de Gallipoli, à l’entrée de la mer de Marmara.

Cet épisode, à première vue insignifiant dans la perspective de la « grande histoire », fut, peut-être plus qu’aucun autre, l’événement fondateur des quatre-vingt-dix années d’existence des Russes blancs en exil. Environ cinquante mille personnes s’installent dans des camps de fortune sur l’île grecque de Lemnos, à Bizerte en Tunisie et dans la péninsule de Gallipoli. Toutes les couches sociales sont représentées, désormais unies dans le même dénuement. Ces hommes ont un même rêve : le retour prochain au pays, les armes à la main. Mais ce retour se fait attendre et la vie s’organise dans la durée, avec les moyens du bord.

À partir de 1921, et en raison de la pression internationale, les camps sont évacués et les hommes dispersés dans les Balkans. Ensuite d’autres pays, qui offrent de meilleures conditions de travail, les accueilleront. La France, manquant de main-d’œuvre industrielle après la Grande Guerre, sera l’une de leurs principales destinations. Fondé sur des sources peu connues en France et illustré d’un grand nombre de photos inédites, cet ouvrage de Nicolas Ross présente de manière vivante le combat et l’exode fondateur de la Russie blanche. Il restitue ainsi la mémoire de ces hommes restés fidèles aux valeurs ancestrales de leur pays.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
Koutiepov (2016) De Koutiepov à Miller, le combat des Russes blancs (2017) La Crimée blanche du Général Wrangel (1920) (2014) Saint-Alexandre-Nevski – centre spirituel de l’émigration russe (2011) Saint-Serge de Colombelles (2019) De Hitler à Staline (2021)  
Traduit du roumain par Laure Hinckel et Marily le Nir

Le Livre des chuchotements s’ouvre sur une rue arménienne de Focşani, à l’est de la Roumanie. « Je suis vieux, et toi, tu es un enfant. Mais, regarde, le sang est aussi vivant chez toi que chez moi. C’est ça, l’amour de la vie. » Ainsi parle grand-père Garabet, figure tutélaire qui incarne toute la sagesse et la mémoire des Arméniens de Varujan Vosganian.

Dans l’odeur du café fraîchement torréfié, un enfant écoute passionnément les récits des adultes réunis sous l’abricotier. Chronique pleine de couleurs, de senteurs, de poésie, mais aussi de douleur. Car elle rappelle la dure réalité qu’ont vécue plusieurs générations d’Arméniens ballottés par les exils. Des plateaux de l’Anatolie aux terribles cercles de la mort dans le désert de Deir-ez-Zor, de Constantinople à la Roumanie des années 1960. Avec le talent d’un conteur oriental, Varujan Vosganian reconstitue la vie de ses parents, aïeux et voisins arméniens. Il leur donne ainsi un supplément d’être et de reconnaissance. C’est sans doute un des textes roumains les plus forts publiés après la chute du communisme. De même que probablement la plus précieuse reconquête de la mémoire et de l’histoire moderne des Arméniens.

Nicolas Ross s’attache ici au général Piotr Nikolaïevitch Wrangel qui fut, entre avril et novembre 1920, le chef suprême civil et militaire du dernier gouvernement blanc qui, en Crimée, s’opposait à l’avancée inéluctable de l’Armée rouge. L’État créé par Wrangel avait tenté de survivre à une époque qui lui était peu favorable. Il appelait la paysannerie russe à lutter à ses côtés, alors que celle-ci rêvait à une vie paisible après trois années de révolution et de guerre civile. Les pays européens, sortis épuisés de la Première Guerre mondiale, cherchaient à éviter tout ce qui aurait pu les replonger dans une aventure militaire. Wrangel continuait à faire la guerre alors qu’en Europe on ne parlait que de paix. Il refusait tout compromis avec les bolcheviques, alors que le gouvernement britannique tentait d’établir des relations commerciales avec l’État soviétique. Cependant, le bilan du général Wrangel reste exceptionnel. Il a redonné le moral et une discipline à ses troupes, les transformant en une véritable armée. Il a mené avec succès une réforme paysanne remarquable et une refonte des institutions locales réfléchie et équilibrée. Il a assuré le ravitaillement à une Crimée surpeuplée, saturée de réfugiés civils et militaires. Il a obtenu la reconnaissance de facto de son gouvernement par la France. Et enfin, et c’est probablement son plus grand exploit, il a réussi, alors que tout semblait perdu, à organiser l’évacuation de près de 150 000 civils et militaires, qui lui avaient confié leur existence. Ils ont pu ainsi échapper aux massacres de masse qui se sont déchaînés en Crimée après l’arrivée des bolcheviques et trouver refuge dans cet « exil », dont ils constitueront l’élément le plus caractéristique.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes: Aux sources de l’émigration russe blanche (2011) Saint-Alexandre-Nevski – centre spirituel de l’émigration russe (2011) La Crimée blanche du général Wrangel (2014) Koutiepov, le combat d’un général blanc: de la Russie à l’exil (2016) De Koutiepov à Miller, Le combat des Russes blancs (2017) ls ont tué le tsar, les nouveaux racontent (2018) Saint-Serge de Colombelles (2019) De Hitler à Staline (2021)

Le général Koutiepov (1882-1930) occupe dans la mémoire de l’émigration russe blanche une place bien à lui, à la fois unique et presque banale. Simplicité, rigueur morale, courage, intelligence immédiate des situations et des faits concrets, autorité naturelle, constance, honnêteté scrupuleuse, amour viscéral du peuple russe, fidélité aux valeurs éternelles de la Russie… Sa personnalité semble aussi largement se retrouver dans le type caractéristique de l’officier russe. Amoureux d’une patrie idéale, il est en fait proche de son peuple et de ses hommes. Ce général est prêt à servir son pays avec simplicité et abnégation. La grande littérature russe, depuis Pouchkine, fourmille d’ailleurs de personnages qui rappellent Koutiepov.

L’un des agents soviétiques qui avaient participé à son enlèvement en janvier 1930 lui a d’ailleurs rendu un bel hommage en affirmant qu’il était le « principal générateur d’idées et le chef incontesté des officiers de l’émigration, surtout des plus jeunes. C’était une idole pour la jeune génération des officiers blancs ».

Nicolas Ross, spécialiste de l’histoire russe, fait ainsi revivre sous sa plume cette figure incontournable d’une période charnière de la Russie.

Extrait: cliquez ici

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
Aux sources de l’émigration russe blanche (2011) La Crimée blanche du Général Wrangel  (2014) Saint-Alexandre-Nevski: centre spirituel de l’émigration russe (2011) De Koutiepov à Miller, le combat des russes blancs (2017)

Au début du XVIIe siècle, la Moscovie, sortie du temps des troubles, connaît un extraordinaire mouvement de réformes. Le nouveau patriarche Nikon se lance dans une transformation brutale de l’Église, suscitant de nombreuses protestations et aboutissant au schisme entre « vieille » et « nouvelle » foi, en 1667. Le représentant et héros de la vieille foi c’est Avvakum, né en 1620 dans la région de Nijni Novgorod, curé de campagne, archiprêtre, intraitable et tolérant, prophète et père de famille. Avvakum condamne les premières mesures de Nikon. Il est exilé en Sibérie, affecté à une troupe brutale chargée de conquérir le fleuve Amour, confronté en permanence à la mort. Il y restera onze ans et en 1664 il est rappelé à Moscou par le tsar Alexis. Déporté de nouveau, traîné de geôle en geôle, relégué à l’extrémité de la Russie, il sera brûlé vif au bord de l’Océan glacial, en 1682. Pendant tout ce temps, il prêche, écrit, se fait le porte-parole de la vieille foi. Avvakum est un extraordinaire écrivain. Sa Vie, composée par lui-même, est le chef-d’œuvre unique de toute la littérature russe avant le XIXe siècle. Écrite dans sa geôle de Poustozersk, La Vie représente à la fois la fin du Moyen-Âge et une extraordinaire naissance de la prose russe moderne parce qu’elle bouscule les genres, opère des renversements stylistiques et spirituels très modernes. On y voit directement agir, parler, penser les Russes d’avant Pierre le Grand : Avvakum lui-même, le tsar Alexis, son confesseur Stepan, le patriarche Nikon. On y suit, par le Baïkal et l’Angara, la première expédition sur l’Amour, avec Pachkov, féroce conquistador dont Avvakum est à la fois l’aumônier et la victime. Tout cela dans une atmosphère savoureuse de miracles, d’observations précises et de bon sens paysan. Ce texte, traduit du vieux russe, est un document essentiel pour tout curieux des choses russes, mais aussi pour l’historien des découvertes et pour l’ethnographe, pour l’historien de la religion, pour le psychologue et pour l’historien de la civilisation. Mais La Vie a de quoi étonner et captiver bien d’autres lecteurs. Elle est écrite dans une langue imagée et personnelle dont l’imprévu se dispute parfois la rudesse. La postérité de La Vie d’Avvakum est importante dans la culture russe; en 1872, Moussorgski s’en inspire pour son opéra La Khovanchtchina; le personnage de l’archiprêtre Touberozov des Gens d’Église de Nikolaï Leskov fait penser à Avvakum; Merejkovski écrit tout un poème inspiré par Avvakum en 1883, tandis qu’en 1900, Gorki voulait que La Vie entre dans les programmes scolaires.
Syrtes aristocratie extermination Russie révolution
  Le Monde d’avant, les derniers jours de l’aristocratie russe raconte par le menu détail l’histoire des « perdants » de la révolution russe. En effet, le destin de la noblesse, c’est-à-dire la destruction de cette classe sociale (environ 2 millions de personnes) est l’un des aspects ignorés de la révolution bolchevique et l’une de ses tragédies. C’est ce manque qu’a souhaité combler l’historien américain Douglas Smith.Cette destruction préfigure celle d’autres groupes sociaux en Russie au cours des années suivantes. On découvre donc comment l’élite russe a été privée de ses biens et presque entièrement détruite au cours de la période comprise entre 1917 et la Seconde Guerre mondiale : la révolution de Février, le coup d’État bolchevique, la guerre civile, la nouvelle politique économique (NEP) et l’ère stalinienne. L’historien a choisi comme fil conducteur la vie des familles Cheremetiev et Golitsyne sur plusieurs générations, car leur expérience et leurs manières de réagir aux événements sont représentatives de ce qu’ont vécu les nobles dans leur majorité. Les deux familles appartenaient à la frange la plus élevée de la noblesse, l’aristocratie ; l’une et l’autre avaient un passé ancien et respecté ; toutes deux ont terriblement souffert pendant la révolution et ont été divisées, certains de leurs membres quittant définitivement la Russie. Smith décrit des opinions parfois divergentes au sein même de ces familles concernant l’état de la société et de la politique russes, ainsi que la nécessité – ou le caractère inévitable – de la révolution.  Ces deux familles ont par ailleurs laissé une masse considérable de lettres, de journaux personnels, de livres de souvenirs inédits qui constituent les sources indispensables pour raconter cette histoire d’une manière complète, exacte et irréfutable.
Aussi disponible en livre électronique
 
Après la parution remarquée des Poèmes de Russie (1912-1920), cette édition en bilingue reprend en format de poche les Poèmes de maturité (1921-1941) de Marina Tsvetaeva. Les deux volumes rassemblent la création lyrique des dix-sept années d’exil de la poétesse, depuis le moment où elle a quitté son pays en 1922 et jusqu’à sa mort en 1941, de retour en URSS.  En février 1923, à Berlin, Tsvetaeva publie Le Métier, poème qui représente un tournant dans sa création. Écrit sous la forme d’un dialogue poétique avec son lecteur, le thème général demeure la solitude dans le contexte de l’attachement à son pays. Les thèmes lyriques habituels – l’amour, la mort, la poésie – sont toujours présentés avec, en arrière-plan, une perspective philosophique qui pose la question du sens de la vocation poétique et de la vie. Au bout de quelques années en Occident, Tsvetaeva va composer un nouveau recueil poétique, Après la Russiepublié à Paris en 1928. Elle revient à ses thèmes lyriques et philosophiques favoris : Dieu, la vocation du poète, le temps et l’éternité, la grisaille du quotidien, l’amour et les questions sur son propre destin. Tsvetaeva voulait en faire un bilan des années de jeunesse fougueuse et d’approfondissement de sa maturation.  D’autres poèmes moins connus, souvent liés à l’exil et à son entourage viennent enrichir ce recueil. Le retour au pays ne lui apportera que malheur et déceptions. Les poèmes de la fin révèlent une Tsvetaeva toujours amoureuse et toujours extrême dans son aspiration vers l’absolu et la transcendance, mais le désespoir est déjà vivement ressenti.