La Sonate à Kreutzer: une affaire de famille ? Dès sa parution, en 1891, elle a déchaîné les passions, et les réponses littéraires de sa femme et de son fils rassemblées ici révèlent, de manière éclatante, les conséquences profondes de la crise morale et spirituelle de Léon Tolstoï, au cœur même de sa famille. De tous les ouvrages de Tolstoï, La Sonate à Kreutzer est sans doute celui qui dévoile, de la façon la plus remarquable, les paradoxes de son œuvre et de sa personnalité. Jusqu’à la dernière ligne transparaissent le dégoût pour le mariage qui n’est que de la « prostitution légalisée », la haine des femmes « qui se vengent de nous en agissant sur nos sens», sa conviction que, pour obéir à la volonté de Dieu, l’homme doit s’abstenir de procréer.
Sa femme, Sofia Andreïevna, qui copie le manuscrit, éprouve, en le lisant, autant de fascination que d’horreur. Sa vengeance restera cachée. Peu connu, même en Russie, À qui la faute? révèle un talent littéraire nourri par un besoin d’expression personnelle et de justification. Écrit entre 1895 et 1898, Romance sans paroles répond également à une blessure. La mort à l’âge de sept ans de son dernier enfant. Il reflète par ailleurs sa fascination pour la musique, incarnée par le compositeur Sergueï Taneïev. La musique devient pour Sofia Tolstoï l’unique moyen de reprendre goût à la vie. Quelques années plus tard, Léon Tolstoï fils prend lui aussi la plume pour exprimer sa vision du couple.
Désormais, La Sonate à Kreutzer devient une affaire de famille. Dans Le Prélude de Chopin, le fils développe l’idée qu’un mariage précoce et pur, où les deux époux ne font qu’un seul être, est un bien qu’il ne faut surtout pas fuir. Que l’aspiration à la chasteté absolue de l’humanité démontrée dans La Sonate à Kreutzer n’a aucun sens, car elle mène à l’extinction du genre humain. « Le lien conjugal toujours puissant […] illustre le fameux paradoxe d’Oscar Wilde : loin de s’inspirer de la réalité des relations conjugales entre Léon et Sofia Tolstoï, la fiction de La Sonate à Kreutzer a fini par les influencer », conclut Michel Aucouturier, auteur de la préface.
Paru en 1974, Le Printemps s’amuse explore des thèmes universels et intemporels qui trouvent un écho indéniable dans le monde d’aujourd’hui, tout en provoquant un véritable plaisir de lecture et de découverte littéraire. Une pépite à lire dans la série « Joyaux oubliés ».Le lecteur suit Diouchka, treize ans, dont la vie bascule lorsqu’il découvre un amour naissant pour sa camarade de classe Rimka et devient témoin et victime de la cruauté du jeune Sanka. Diouchka est tiraillé entre des sentiments inconnus jusqu’alors et l’aversion pour la brutalité. Ce récit initiatique émouvant et lyrique explore la transition douloureuse de l’enfance à l’adolescence, interroge la frontière entre le bien et le mal et illustre la complexité des relations humaines.
En 1893, Ivan Bounine, futur prix Nobel de littérature, rencontre Léon Tolstoï, à l’apogée de sa célébrité. Grand admirateur de son aîné, Bounine considère que toute la vie de Tolstoï n’a été qu’une recherche de la « délivrance », de la « fusion dans le divin ». Ce sont les contours de cette quête que dessine Ivan Bounine dans un récit composé entre 1927 et 1937 et qui se situe entre témoignage, biographie psychologique et lecture amoureuse.
La Délivrance de Tolstoï n’est ni une critique de l’œuvre, ni des mémoires, mais une exploration passionnée et intime de la vie de Tolstoï. À travers souvenirs et témoignages, Bounine révèle les multiples facettes de Tolstoï, tout en reflétant ses propres obsessions sur la vie et la mort.
Poète, prosateur et essayiste, Ivan Bounine (1870-1953) a été le premier écrivain russe à recevoir le prix Nobel de littérature (1933). Auteur d’une œuvre prolifique, maître de la nouvelle, il demeure un classique de la littérature russe. Résolument antibolchevique, Bounine quitte son pays et arrive en France en 1920, où il devient l’une des figures de proue des écrivains de l’émigration russe.