Zakhar Prilepine est né en 1975 dans un petit village près de Riazan. En 1996 et 1999, durant les deux guerres en Tchétchénie, il est mobilisé puis volontaire. Quatre ans après, il écrit son premier roman publié en Russie, Pathologies. Prilepine n’explique pas ce conflit. Il le décrit de l’intérieur avec justesse, à travers des images fortes et une langue concise. Le public français a été le premier à découvrir ce roman en 2007 aux éditions des Syrtes.
Lauréat de nombreux prix littéraires, Zakhar Prilepine a vu ses œuvres traduites dans une vingtaine de langues. Plusieurs de ses romans sont aussi adaptés au théâtre et au cinéma.
Pathologies a reçu en 2008 le Prix Russophonie pour la meilleure traduction du russe vers le français.
Dix ans après son arrivée à Paris, la grande satiriste et humoriste russe Nadejda Alexandrovna Lokhvitskaïa, plus connue sous le nom de Teffi (Saint-Pétersbourg 1872 – Paris 1952) relate dans cet ouvrage son extraordinaire traversée de la Russie en pleine révolution. Sa prose toute en finesse dépeint, avec retenue, humour et délicatesse, le périple invraisemblable d’une troupe d’artistes quittant Moscou pour se produire en Ukraine, puis à Odessa, avant de fuir le pays dévasté.
Davantage qu’un reportage sur les événements tragiques d’un empire en décomposition, ce livre, véritable roman, est une allégorie poétique de l’exil, émaillée de portraits inoubliables. Les lecteurs se souviendront avec tendresse de ce périple.
Il s’agit en effet d’une oeuvre unique, une vision féminine, intime, lucide et drôle d’une tragédie au retentissement universel.
À Novorossiisk, tandis que le bateau qui l’emmène à Constantinople s’éloigne du quai, Teffi fixe sa patrie perdue. «De mes yeux grand ouverts jusqu’à être glacés. Je regarde. Sans bouger. J’ai transgressé ma propre interdiction. Je me suis retournée. Et voilà que, comme la femme de Loth, je me suis figée. Pétrifiée jusqu’à la fin des siècles, je verrai ma terre s’éloigner doucement, tout doucement.»