Les Abeilles de Delphes rassemble les pensées du philosophe Pierre Boutang. Le roman, la poésie, le théâtre, mais aussi la philosophie. De grands aînés comme Homère, Cervantès ou Pascal, des étrangers comme Dostoïevski, Faulkner, et Eliot, des Français et contemporains comme Maurras, Malraux, Blanchot. Voici, en une bibliothèque idéale, les lectures, les dialogues et les confrontations de Pierre Boutang qui fut, selon Georges Steiner, le penseur le plus étonnant et sans doute l’un des plus grands du siècle.
« Les Abeilles de Delphes » qui, selon Callimaque, puisent une eau pure dans la source sacrée nous précèdent et nous guident ainsi sur les chemins d’une culture intemporelle et croisant pourtant la plus saisissante des actualités. À la lumière de la chronique, les auteurs convoqués se révèlent, s’interpellent et s’édifient mutuellement. Rome répond à Athènes, Jérusalem n’est jamais loin, et la modernité toujours présente. Dans le lien secret de l’hellénisme à l’esprit français, c’est à la fois un traité des dieux, des muses et de la cité, un art poétique, une méthode du lire et du penser que livre ici, avec un bonheur et un style rare, Pierre Boutang.
Dans Approximations, Charles Du Bos propose aux lecteurs un ensemble de ses études critiques. Il s’agit de l’expérience unique d’un homme pour qui la lecture et le commentaire forment un seul acte esthétique et spirituel. Relire Du Bos, c’est ainsi retrouver, au-delà des modes, la relation singulière que tout homme entretient avec l’œuvre d’art.
Du Bos est l’une des grandes figures de la tradition humaniste française.
Schoenberg, à qui l’on demandait un jour s’il avait trouvé un élève de valeur aux États-Unis, répondit : « Oui, un seul : John Cage. Mais ce n’est pas un compositeur, c’est un inventeur de génie. » Douze ans après sa parution, cette autobiographie sous forme d’entretiens, réunis par l’essayiste Richard Kostelanetz, lui même critique musical et compositeur, est enfin disponible en français.
L’étendue des sujets abordés par John Cage (1912-1992) est à l’image de sa vie et de son œuvre. Découvreur de sons, inventeur du « piano préparé », conseiller musical fameux de la compagnie de ballets de Merce Cunningham. Mais il fut aussi un penseur pacifiste proche de l’anarchie, orientaliste néo-dada, champion d’échecs et spécialiste des champignons… Découpée en chapitres thématiques, cette somme fait découvrir une des figures les plus originales de la création musicale contemporaine.
Le Roman d’aventure paraît dans les pages de la Nouvelle Revue Française en 1913. « Jamais je n’écrirai rien d’aussi bon », déclarait André Gide lorsque Jaques Rivière fit paraître cet essai. Dirigé contre le roman naturaliste et le roman d’analyse « à la française », aux personnages et à la psychologie figés, ce manifeste passionné, même s’il va jusqu’à poser en modèle Le Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas, n’est pas un plaidoyer pour le roman feuilleton. Mais, comme celui-ci, le « roman nouveau » qu’il appelle de ses vœux, devra avoir pour loi la liberté, l’inattendu.
L’auteur se laissera porter par ses personnages et son récit où règne la découverte de « tout ce qu’il y a de prodigieux dans l’univers ». Prophétique, alerte et véhément, cet essai n’a rien perdu de sa fraîcheur au XXIe siècle. Et l’invitation qu’il lance aux écrivains de se mettre « en état d’aventure » demeure aussi actuelle qu’en 1913.
Joyaux de la photographie et testament des photographes, Les matins du monde sont unies par des images de l’heure la plus magique de la journée, au gré des fuseaux horaires.
C’est un hymne visuel à la majesté de la Terre, une ode à la foisonnante harmonie du monde, à l’amour émerveillé de la nature.
Les Chrétiens du monde représente l’aboutissement d’un travail photographique commencé à la chute du mur de Berlin. Douze ans plus tard, Alfred Yaghobzadeh offre un témoignage unique sur les chrétiens et les expressions de la chrétienté dans le monde. Une plongée dans la vie des peuples rythmée par la foi. De la Russie à l’Éthiopie, de la Pologne au Pakistan, du Liban à l’Espagne, en passant par Cuba, le Tadjikistan, les Philippines, ou encore la Terre Sainte, l’auteur nous invite à un voyage spirituel et culturel à travers vingt-sept pays.
Chrétien iranien, Alfred Yaghobzadeh est à la fois reporter et coloriste de réputation internationale. Il atteste dans cet ouvrage ambitieux et d’une saisissante beauté, de l’étonnante variété du christianisme. Il en montre ainsi plusieurs facettes. Des fastes de l’orthodoxie russe à la retenue mystique des coptes d’Égypte. De l’exubérance des catholiques philippins à la pauvreté biblique des monophysites d’Éthiopie. Il entraîne d’autant plus sur un chemin inattendu de la découverte du monde dans sa diversité avec des images captivantes.
Quand Marc Garanger choisit de franchir le rideau de fer et de pénétrer en URSS, en 1967, le monde vit les grandes heures de la guerre froide. Pour l’Occident, l’empire russe semble un bloc monolithique, fermé, inconnu, terrifiant. Pour Marc Garanger, c’est une partie de la terre qui s’entrouvre. Avec aussi ses multiples frontières et des paysages immenses. Il va ainsi tenter de partager l’histoire de quelques centaines de millions d’hommes, leurs passions, leurs mystères, qui peuplent ces terres.
L’album retrace l’histoire littéraire du XIXe siècle – le Siècle d’or russe – vu comme un cycle culturel. C’est avant tout le siècle de la renaissance – appelée « le miracle » de la littérature russe. Et l’auteur de ce miracle est sans aucun doute Alexandre Pouchkine. Grâce à lui, la littérature russe a acquis une « universalité » et a pu rejoindre la culture européenne. C’est pourquoi, le Siècle d’or commence avec lui et se termine à la mort d’un autre géant, Léon Tolstoï: les deux pôles entre lesquels oscille l’âme russe. À eux deux, ils illustrent le pouvoir de la littérature qui changea le regard de l’Europe sur un pays capable non seulement de prendre chez les autres peuples, mais aussi de donner, d’offrir de nouveaux repères spirituels, idéologiques et esthétiques.
Le livre reprend les éléments d’une exposition exceptionnelle organisée par la Fondation Martin Bodmer à Genève. Unique au monde, la fondation s’efforce de retracer l’histoire intellectuelle de l’humanité à partir des documents originaux. On trouve parmi ses trésors la Bible de Gutenberg, des manuscrits originaux de Dante, Goethe, Proust, Musil, et tant d’autres. Trésors du siècle d’or russe est toutefois bien plus qu’un catalogue d’exposition. C’est une composition originale dans laquelle se côtoient des documents d’archive et des textes de présentation d’une qualité exceptionnelle. Écrits par Georges Nivat – spécialiste incontestable de la culture russe – ils sont accompagnés par des éléments historiques et documentaires fournis par les meilleurs spécialistes russes.
Dans les années 1930, Gustavo Gili, un éditeur espagnol de Barcelone, confia l’illustration d’une édition de Don Quichotte pour bibliophiles à Alexandre Alexeïeff. Mais peu de temps après, l’Espagne était plongée dans la guerre civile et le projet d’édition fut abandonné. Pourtant, une moitié des cent cinquante illustrations avait déjà été réalisée. Les plaques de cuivre, dont le premier tirage n’a pas été réalisé du vivant de l’artiste, sont donc restées en sommeil pendant soixante-dix ans. Leur restauration permet d’offrir pour la première fois aux lecteurs la vision du Don Quichotte d’Alexandre Alexeïeff.
La connaissance de l’univers du goulag peut désormais prendre appui sur un document singulier: un album regroupant les dessins du gardien de camp Dantsig Baldaev. Loin de faire l’apologie des camps, cet ouvrage aborde les règles non écrites du goulag. En effet, le facsimilé original est accompagné d’une version traduite en français et de textes explicatifs de spécialistes des camps.
YOUth est la réunion du travail de seize jeunes photographes repérés sur le net aux quatre coins du globe. On découvre un échantillon des ressources créatives inépuisables découlant des nouveaux supports numériques, une plongée dans l’univers de ces jeunes photographes qui réinterprètent et réinventent leur réalité.
Le passage du blog-photo au livre s’est ainsi fait naturellement, par affirmation d’une nouvelle esthétique parallèle au blog.