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nouvelles
Publiés aux éditions des Syrtes
OUVRAGE ÉPUISÉ MAIS DISPONIBLE DANS LA COLLECTION SYRTES POCHE

Les quatorze nouvelles regroupées dans Arrêt sur le Ponte Vecchio sonnent, tels des éclats d’un miroir brisé reflétant les drames du XXe siècle, comme un appel au devoir de mémoire. Chacune d’entre elle correspond à un moment singulier de cette montée de la barbarie, du martyre des Slovènes dans l’Italie fasciste aux rescapés des camps de la mort.

D’inspiration autobiographiques, ces nouvelles font ainsi découvrir l’histoire slovène. La première partie se passe ainsi dans les années 1920. On y voit avec horreur la montée du fascisme et les chemises noires italiennes. La deuxième partie entraîne le lecteur vers les camps où Boris Pahor aura passé quelques temps. Alors que la troisième partie présente la ville de Trieste. Ce recueil est particulièrement exemplaire par la langue imagée de l’auteur, si belle et poétique.

Alors que l’atrocité et la cruauté des hommes sont la toile de fond de ce livre superbe, Boris Pahor ne cède jamais au désespoir, et nous livre un regard tour à tour désabusé, ironique ou tendre. Il aborde les relations entre Italiens et Slovènes, la cohabitation parfois difficile et surtout la façon d’envisager leur histoire commune. Une leçon d’humanité inoubliable.

En « mer », en « forêt », dans la « brume ». La destinée humaine ressemble aux intempéries violentes des landes russes, secouée par les jours de fête et de deuil. La nuit, dans sa dimension sacrée mais physique, devient véritablement le leitmotiv de ce livre d’Ivan Bounine : un rêve d’opulence dans une enveloppe de misère infinie.

À travers neuf nouvelles, le tempo du nocturne scande l’amour et la mort vers une ascension qui s’accomplira dans le récit final. La Nuit, qui donne le titre au recueil, est un véritable chef-d’œuvre. Tout ici s’oppose, tels le jour et la nuit, mais tout se fond et se confond comme au crépuscule. Même le bonheur ne se distingue plus nettement du malheur, que souvent il annonce. « Je songe encore comme je suis malheureux, combien ce bonheur me tourmente, auquel il manque toujours quelque chose. »

 
Traduit du russe, annoté et préfacé par Claire Hauchard

Écrites entre 1900 et 1949, les nouvelles réunies dans ce recueil nous projettent dans un univers où la nature imprime aux hommes ses paradoxes et ses débordements. Pris dans la tourmente de la guerre, dévorés par les passions amoureuses ou en proie aux souvenirs cruels, les personnages de Bounine affrontent les épreuves par le biais d’un imaginaire incandescent. Leur sincérité et leur force d’âme nous les rendent étonnamment proches dans leur étrangeté même. Leur solitude est un exil intérieur, miroir de la condition de l’auteur.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
La Nuit (2000) Soukhodol (2005) Coup de soleil et autres nouvelles (2014)
Traduit du russe par Léonid et Nata Minor Préface de Dominique Fernandez

Chef-d’œuvre de la littérature russe, Poltava fait l’éloge de la plus prestigieuse des batailles remportées par Pierre-le-Grand. En 1709, elle ouvrit en effet à la Russie les portes du cercle restreint des grandes puissances européennes. Cinq ans plus tard, Alexandre Pouchkine, poète fougueux et épris de justice, s’oppose ouvertement à la monarchie et écrit Le Cavalier de bronze. Il dénonce le rêve mégalomaniaque de Pierre-le-Grand qui construisit la ville impériale un siècle plus tôt, au mépris du peuple.

Traduit du russe par Jacques Imbert
Autour d’un samovar, un homme raconte les aventures d’un jeune ingénieur Allemand venu en Russie pétri d’illusions mais extrêmement volontaire. Le lecteur suit ainsi les pérégrinations d’Hugo Pectoralis dans une histoire ponctuée de rebondissements à répétition et toute tendue vers le suspense. Le héros débarque dans un petit village reculé de la campagne russe. Il y est chargé de moderniser une grosse exploitation agricole en introduisant des méthodes novatrices de travail. Doté d’un volonté de fer, il apprend le russe en six mois, grimpe dans la hiérarchie, déterminé à imposer sa vision du monde qui, pense-t-il, améliorera le sort des paysans et générera des profits à l’entreprise. Mais, projeté dans l’univers inconnu de la Russie profonde, prisonnier de sa vanité et de son entêtement, Pectoralis s’enlise. Il connaît rapidement des démêlés avec Safronytch, un brave paysan veule et ivrogne qui, involontairement, le conduit à sa perte. Car les moujiks l’observent, incrédules, le narguent, jusqu’à ce qu’il devienne la risée du village tout entier. Composé de petites saynètes, le récit dépeint avec force détails le personnage d’Hugo et sa volonté de fer, un trait de caractère qui revient comme un leitmotiv.

L’ambiance des campagnes russes et de la petite industrie plonge le lecteur dans l’atmosphère particulière des grands classiques russes. La force du livre est celle du skaz, histoire narrée par des grands conteurs qui expliquent leur vision du monde. À partir d’un rien, Leskov développe tout un univers qu’il dépeint avec subtilité tout en gardant en tête ce qu’il veut démontrer : la volonté de fer des Allemands ne dépasse pas le patriotisme russe. Ce récit ressemble à une fable, avec son lot d’images et sa morale finale.

Le grand écrivain se montre léger et facétieux, tout en gardant un arrière-fond empreint d’une sourde gravité.

Traduit du hongrois par Judith et Pierre Karinthy

Sans jamais départir de la distance que créent l’humour et l’absurde, Frigyes Karinthy offre au lecteur dans ce recueil, un festival de drôlerie, oscillant entre exaspération et admiration, entre affection et moquerie sur le mystère féminin et les relations hommes/femmes. Un brin misogyne, il analyse au scalpel et à la loupe les ressorts de la cruauté humaine et les mesquineries individuelles.

Critique aigu des imperfections humaines, il peut se montrer indulgent ou compréhensif envers ses héros, mais il traque leurs travers : « beauté physique », « la femme qui zézaye » ou « polygamie ». Ou la belle qui décide que « la mort est tout de même la meilleure cure d’amaigrissement », tandis qu’Alàdar vit dans un harem dont les femmes sont reines et les hommes leurs serviteurs. Il se montre féroce lorsque la psychanalyse s’en mêle : Marie-Anne, pauvre héroïne, amoureuse de Mérimé, l’amant du pôle Nord est ridiculisée devant son enfant qui mord le chien enragé ou le mari cocu se jetant par la fenêtre. Les relations hommes / femmes ont évolué ces cinquante dernières années, mais la vision de Frigyes Karinthy transcende ces transformations, allant toujours à l’essentiel sans avoir l’air d’y toucher. La Ballade des hommes muets est une musique dont les paroles ne demandent pas de réponse, mais dont les hommes comprennent la mélodie.

Traduit du russe par Lily Denis

Les vingt-cinq nouvelles présentées dans Des larmes invisibles au monde ont été publiées par Anton Tchékhov entre 1883 et 1887 dans des revues humoristiques de l’époque. Certaines ont notamment fait partie de recueils (Contes de Melpomène, 1884, Nouvelles bariolées, 1886, et Dans la pénombre, 1887) qui ont eu un beau succès populaire. Un des meilleurs critiques de l’époque le remarque et lui propose un « vrai travail » littéraire. Tchékhov se consacre désormais à l’écriture.

Le lecteur devinera ici des larmes silencieuses, ces larmes invisibles qui vont tant caractériser toute l’œuvre de Tchékhov. Comme une vieille collection de photographies, elles nous apprennent bien des choses sur la société dans laquelle il vit. Ses personnages sont effectivement les champions de l’ennui et de l’échec, et leurs amours s’achèvent souvent en queue de poisson. Comme à son habitude, il maîtrise ses personnages, attachants autant que caricaturaux. Avec une sensibilité impressionniste, et avec aisance, il passe du petit notable cupide au pauvre qui joue le noyé pour gagner quelques kopecks, ou à l’amant hébergé par sa maîtresse sous les yeux de son mari.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
Psychopathes, suivi de Règles du jeu à l’attention des écrivains novices (2010)  
Traduit du russe par Joëlle Dublanchet

Coup de Soleilqui donne son titre au recueil, raconte la rencontre d’un homme et d’une femme sur un bateau qui remonte la Volga. Elle, mariée et mère, rentre chez elle après avoir passé l’été à Anapa. On ne sait rien de l’itinéraire du personnage masculin, officier et célibataire. Ils se voient pour la première fois sur ce bateau et, irrésistiblement atterris l’un par l’autre, décident brusquement d’en descendre pour passer la nuit dans la ville où il s’apprête à Faure halte. Cette nuit restera à jamais dans les souvenirs de l’homme qui tombe alors follement amoureux. Mais la femme le quitte au matin sans même lui avoir donné son nom. 

Un voyage en train dans la lumière flamboyante des Alpes-Maritimes, des réflexions en filigrane sur la Russie passée et présente, une sordide affaire de meurtre, l’histoire d’amour tragique – car chez Bounine l’amour et la mort sont inséparables – entre un jeune officier et une actrice: ces nouvelles ont été rédigées entre 1925 et 1926 en France, où l’auteur avait trouvé refuge.

La force poétique qui se dégage de ce recueil ne transfigure pas le réel mais le rend magique. On retrouve chez Bounine des personnages passionnés, qui vivent aussi intensément le bonheur que la peur, la foi que le désespoir sans issue. Et la douce musique de la nostalgie relie l’auteur « d’un lien tendre et pieux à sa lignée, au monde lointain et plein de charme » de sa jeunesse et de son pays perdu. 

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
La Nuit (2000) Les Pommes Antonov (2001) Soukhodol (2005)
Une histoire d’amour madrilène en 1847

Théophile Gautier choisit ici l’Espagne colorée et pittoresque de ses rêves pour théâtre des tribulations amoureuses des personnages de Militona. Un téméraire hidalgo et un ténébreux torero vont s’affronter avec une passion tout hispanique pour les yeux d’une belle Andalouse. L’auteur livre ici belle histoire, romantique à sa façon, où l’amour va triompher de la violence.

Ce roman est initialement paru en feuilleton dans le quotidien La Presse du 1er au 16 janvier 1847.
Traduit du russe par Lily Denis

Publié à l’occasion des dix ans des Éditions des Syrtes, ce petit ouvrage propose un texte inédit d’Anton Tchékhov.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes: Des larmes invisibles au monde (2006)

 
Cet ensemble de 36 nouvelles de l’écrivain russe Ivan Bounine, prix Nobel de littérature 1933, réunit, en format de poche, les 4 volumes parus aux éditions des Syrtes: La Nuit en 2000, Les Pommes Antonov en 2002, Soukhodol en 2005 et Coup de soleil en 2014; il est en outre accompagné d’une nouvelle inédite, Une passion. Plusieurs traducteurs ont contribué à ce recueil : Boris de Schlœzer, Claire Hauchard, Madeleine Lejeune et Joëlle Dublanchet. Échelonnées entre 1900 et 1949, les nouvelles couvrent des périodes très différentes de la vie de Bounine. Qu’elles soient écrites en Russie ou en exil, à Paris ou dans les Alpes maritimes, elles dépeignent dans leur grande majorité la Russie, dont il a été un chantre bouleversant. Une passion, la nouvelle inédite qui accompagne cette publication, fait partie des écrits de jeunesse de Bounine (1886-1887). Elle raconte l’histoire du cruel féminicide d’une jeune fille de dix-huit ans dont le cœur balance, pour son malheur, entre l’ennui de la vie à la campagne et les premiers émois amoureux.
« Je suis né et j’ai grandi tout à fait en plein champ, dans une étendue que l’homme européen ne saurait même se représenter. En vérité, un immense espace, sans limites ni frontières, m’environnait : où s’achevait vraiment notre propriété, et où commençait ce champ illimité dans lequel elle se fondait ? De toute façon, champ et ciel étaient tout ce que je voyais. » 
Syrtes Tchekhov nouvelles larmes jeunesse

Les vingt-cinq nouvelles présentées dans Des larmes invisibles au monde ont été publiées par Anton Tchekhov entre 1883 et 1887 dans des revues humoristiques de l’époque. Certaines ont notamment fait partie de recueils (Contes de Melpomène, 1884, Nouvelles bariolées, 1886, et Dans la pénombre, 1887) qui ont eu un beau succès populaire. Un des meilleurs critiques de l’époque le remarque et lui propose un « vrai travail » littéraire. Tchékhov se consacre désormais à l’écriture.

Le lecteur devinera ici des larmes silencieuses, ces larmes invisibles qui vont tant caractériser toute l’œuvre de Tchekhov. Comme une vieille collection de photographies, elles nous apprennent bien des choses sur la société dans laquelle il vit. Ses personnages sont effectivement les champions de l’ennui et de l’échec, et leurs amours s’achèvent souvent en queue de poisson. Comme à son habitude, il maîtrise ses personnages, attachants autant que caricaturaux. Avec une sensibilité impressionniste, et avec aisance, il passe du petit notable cupide au pauvre qui joue le noyé pour gagner quelques kopecks, ou à l’amant hébergé par sa maîtresse sous les yeux de son mari.