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Littérature
Publiés aux éditions des Syrtes
Préface de Nancy Huston
Le recueil de nouvelles Une nuit en Acadie a été rédigé en 1897. L’écrivaine plonge ainsi le lecteur dans le Sud des Etats-Unis. On évolue entre le monde des blancs, celui des noirs et des créoles. On y découvre un folklore et une image de la vie insoupçonnés. « Outre un portrait extrêmement précis et nuancé d’un monde révolu, on appréciera dans ce recueil la force et la variété des portraits de femmes. Par leur capacité de reconnaître en elles la passion ou de s’abandonner au bonheur des sens, les héroïnes de ces nouvelles de Kate Chopin préfigurent la merveilleuse Edna Pontellier de L’Eveil (…); ce sont elles qui, chaque fois, décident, bougent, se déclarent, s’arrachent l’initiative, font changer le cours de événements… de même que leur auteur, bien qu’elle ait payé le prix fort, a infléchi par son geste courageux l’histoire des lettres et des mœurs américaines ». Extrait de la préface de Nancy Huston.      

Tandis qu’en 1960 la guerre fait rage en Algérie, un étudiant parisien dérobe la grenade de son sergent instructeur. Il la transmet aussitôt à un réseau d’activistes indépendantistes. L’arme passe alors de main en main, au rythme d’une intrigue haletante qui nous mène de la métropole à Alger. Ce roman à suspens de Vladimir Volkoff nous plonge avec une rare acuité dans les passions meurtrières qui ont déchiré la France et l’Algérie.

 
OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.

En 1826, la France est ruinée par les campagnes napoléoniennes et la Russie apparaît comme un pays de cocagne. En quête de gloire et de fortune, Grisier, un maître d’armes français part donc pour Saint-Pétersbourg. Après un voyage éprouvant, il se lie d’amitié avec Louise Dupuis, une modiste française expatriée, ainsi que son amant le comte Alexis Vaninkoff, jeune lieutenant dans les chevaliers gardes de l’empereur.

A la mort de l’empereur Alexandre, des conspirateurs, avec lesquels le comte Alexis s’est laissé entraîner par désoeuvrement, profitent du trouble faisant suite à la renonciation à la couronne de Constantin au profit de Nicolas, son jeune frère, pour essayer d’instaurer une république. Cependant, mal préparé, ce complot appelé la conspiration des décembristes, est un échec. Tous les protagonistes sont arrêtés et le comte Alexis est condamné à l’exil perpétuel en Sibérie. S’ensuivent des ennuis inattendus pour notre maître d’armes.

À la croisée de ces destinées, périls et prouesses, complots abjects et intrigues amoureuses se succèdent sous la plume d’Alexandre Dumas. Ce roman est l’un des premiers de l’écrivain, mais l’on reconnaît déjà son style si palpitant.

 
EN RÉIMPRESSION

Débarrassé de tout moralisme pesant, « La fosse aux filles » provoquera un immense scandale lors de sa sortie en 1915.

Dans une ville méridionale de la Russie, un quartier porte le nom de « Faubourg des voituriers » (Iamskaïa Sloboda, en abrégé « La Fosse »). Mais l’arrivée du chemin de fer à la fin du XIXe siècle a révolutionné les transports. Les voituriers ont disparu. Le quartier, qui était déjà un centre d’ivrognerie et de débauche, devient alors un centre de la prostitution, qui a complètement envahi le faubourg.

Ce roman réaliste établira Alexandre Kouprine comme l’une des principales figures de la littérature humaniste russe du XXe siècle

 
ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI. Préface de Dominique Fernandez

Chef-d’œuvre de la littérature russe, Poltava fait l’éloge de la plus prestigieuse des batailles remportées par Pierre-le-Grand. En 1709, elle ouvrit en effet à la Russie les portes du cercle restreint des grandes puissances européennes. Cinq ans plus tard, Alexandre Pouchkine, poète fougueux et épris de justice, s’oppose ouvertement à la monarchie et écrit Le Cavalier de bronze. Il dénonce le rêve mégalomaniaque de Pierre-le-Grand qui construisit la ville impériale un siècle plus tôt, au mépris du peuple.

ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.

Alors que les autorités soviétiques, occupent le territoire de Lettonie depuis un an, elles organisent en juin 1941 l’une des plus meurtrières vagues de répression dans le pays. C’est le début de l’horreur pour des dizaines de milliers d’innocents. Ils disparaissent ainsi, sans laisser de traces, dans les immenses étendues de la Sibérie. La famille de Sandra Kalniete ne sera pas épargnée. Sa mère, Ligita, a quatorze ans lorsque, le 14 juin 1941, elle et ses parents sont amenés. Son grand-père Janis mourra dans l’enfer des camps.

Née au camp où ses parents se sont rencontrés, Sandra est rentrée dans son pays à cinq ans, en 1957. En escarpins dans les neiges de Sibérie raconte l’histoire bouleversante de sa famille et, à travers elle, celle de tout un peuple.

ÉPUISÉ. À PARAÎTRE EN POCHE.

Publié pour la première fois en français et dans son intégralité, la correspondance complète et inédite de Søren Kierkegaard est un document singulier. Les lettres, à ses amis ou sa fiancée dévoilent des aspects méconnus de l’un des philosophes majeurs du XIXe siècle.

A la fois véritable texte littéraire et mise en œuvre concrète de ses idées philosophiques, cette correspondance éclaire sous un jour nouveau la relation toute particulière entre l’homme et son œuvre. Elle constitue également l’illustration vivante de la singularité de l’approche du philosophe danois. Chaque lettre est ainsi traversée par l’inlassable travail de l’esprit pour coïncider avec lui-même, dans l’ouverture à l’autrui. De même, elles remettent sur le métier la difficile question de l’aide qu’un individu peut et doit apporter à l’autre.

 

Février 1917: l’empire russe est paralysé par une grève générale, le peuple est dans la rue et la dynastie des Romanov vit ses derniers jours. Monarchiste convaincu, mais conscient du fossé qui existe entre ses idéaux politiques et les faiblesses de la monarchie, Vassili Choulguine est chargé par le gouvernement provisoire de prier le tsar d’abdiquer.

Témoin et acteur direct des événements tragiques qui ont conduit le pays au chaos, il décrit, d’une plume acéré, le pogrom juif de Kief en 1905, Raspoutine et son entourage et, enfin, l’abdication de Nicolas II. Ecrit sous forme de chroniques quotidiennes, ce récit surprend par sa force et plonge le lecteur au cœur d’une période qui a bouleversé le destin de tout un peuple.

EN RÉIMPRESSION.

L’amitié entre Marina Tsvetaeva et Anna Teskova débute en 1922, lorsque cette dernière invite Marina à une soirée littéraire. Ces lettres témoignent des dix-sept années d’exil de la voix poétique la plus déchirante du XXe siècle. Marina y dit l’amour et la poésie, le maternel et le féminin, la nostalgie, l’arrachement et la solitude, sa foi dans la vie et dans l’homme. De l’infiniment petit à l’infiniment grand, on la suit dans la démesure et l’on perd le souffle devant cette prodigieuse capacité à conjuguer à tous les temps et à tous les modes le verbe aimer.

 

Au cours de l’été 2001, Wladyslaw Zawistowski, poète et dramaturge polonais, découvre dans le grenier de la maison de sa grande mère, Nathalia, douze longues lettres que lui a envoyées Marina Tsvetaeva entre 1934 et 1939, alors qu’elle vivait à Paris.

Les lettres en disent long sur la poétesse mais également sur sa correspondante, une enseignante de Vilnius. Elles éclairent souvent de manière crue des zones d’ombre de Marina Tsvetaeva. Celle-ci a fait fi de toute pudeur :  tout peut se dire à une parente lointaine, inconnue. L’âme, la politique, la famille, mais aussi ses préoccupations terre à terre et domestiques, … Et tout ce qui se dit est absolument bouleversant.

 
EN RÉIMPRESSION.

Nous sommes en 1923 ; la guerre est finie. Las d’avoir à fabriquer des tuniques militaires, le tailleur Fokine quitte sa Sibérie natale à la recherche d’une nouvelle mode. Il traverse alors l’Europe et rencontre dans des circonstances burlesques des personnages douteux. Un contrebandier, un apprenti tailleur, un curé coquin, et Véra qui le quittera pour le premier venu. Tour à tour marchand de bonheur, agent bolchevique ou antisoviétique, il observe les travers des gens, châtie les idiots, mais prend aussi des coups. Lyrique et gouailleur, amoureux et grivois, Fokine imaginé par Vsevolod Ivanov est un héros picaresque qui n’épargne personne, ni la Russie communiste ni l’Occident, dans une bonne humeur jubilatoire.

Ilf et Petrov, ou le « brave soldat Chveik » de Jaroslav Hasek ne sont pas loin!

Tel un tableau, une scène muette, l’image de la porte fermée poursuit la petite écolière soviétique Victoria. Empêtrée dans une existence incompréhensible et déroutante, qu’elle décrypte à sa manière, l’enfant est témoin sans le savoir de grands événements, la terreur stalinienne, la guerre. L’Histoire lui offre sa face grise, quotidienne, ou l’autre, absurde et dérisoire. Les adultes font et disent des choses incompréhensibles. Ils recouvrent la réalité de mots trompeurs. Pour grandir, Victoria doit apprendre leur langage et, parfois même, d’autres langues. Car de porte en porte, de perte en perte, son destin la mène de Moscou jusqu’en Ouzbékistan.

Ainsi, peu à peu, le monde s’ouvre à elle, dans toute sa beauté, dans toute son horreur. C’est l’histoire d’une survie qui ne va point sans l’art que nous raconte Mariana Kozyrieva. Lorsque rien ne va plus, Victoria se met à réciter de la poésie. Les vers ont une force magique quand, perçant la monotonie et la misère des jours, ils font apparaître des êtres proches que l’on croyait disparus, ou font surgir des justes. Il y en aura toute une galerie dans ce texte riche en portraits. Grâce à eux, Victoria traversera les épreuves. Chaque fois qu’un être lui ouvrira sa porte, il disparaîtra. Mais chaque fois, Victoria réinventera le monde.

Autour d’un samovar, un homme raconte les aventures d’un jeune ingénieur Allemand venu en Russie pétri d’illusions mais extrêmement volontaire. Le lecteur suit ainsi les pérégrinations d’Hugo Pectoralis dans une histoire ponctuée de rebondissements à répétition et toute tendue vers le suspense. Le héros débarque dans un petit village reculé de la campagne russe. Il y est chargé de moderniser une grosse exploitation agricole en introduisant des méthodes novatrices de travail. Doté d’un volonté de fer, il apprend le russe en six mois, grimpe dans la hiérarchie, déterminé à imposer sa vision du monde qui, pense-t-il, améliorera le sort des paysans et générera des profits à l’entreprise. Mais, projeté dans l’univers inconnu de la Russie profonde, prisonnier de sa vanité et de son entêtement, Pectoralis s’enlise. Il connaît rapidement des démêlés avec Safronytch, un brave paysan veule et ivrogne qui, involontairement, le conduit à sa perte. Car les moujiks l’observent, incrédules, le narguent, jusqu’à ce qu’il devienne la risée du village tout entier. Composé de petites saynètes, le récit dépeint avec force détails le personnage d’Hugo et sa volonté de fer, un trait de caractère qui revient comme un leitmotiv.

L’ambiance des campagnes russes et de la petite industrie plonge le lecteur dans l’atmosphère particulière des grands classiques russes. La force du livre est celle du skaz, histoire narrée par des grands conteurs qui expliquent leur vision du monde. À partir d’un rien, Leskov développe tout un univers qu’il dépeint avec subtilité tout en gardant en tête ce qu’il veut démontrer : la volonté de fer des Allemands ne dépasse pas le patriotisme russe. Ce récit ressemble à une fable, avec son lot d’images et sa morale finale.

Le grand écrivain se montre léger et facétieux, tout en gardant un arrière-fond empreint d’une sourde gravité.

Chronique nostalgique de l’âme russe, ténébreuse et lumineuse à la fois, Soukhodol est la saga des Khrouchtchev, petite noblesse de province derrière laquelle se dissimule la famille de l’auteur. Le regard de Bounine se pose avec un calme impitoyable sur un monde en déclin. Dans une langue précise et mélodieuse, hommes et nature composent un poème qui dégage une sobre magie empreinte de spiritualité, où se croisent Natalia, servante et « mémoire » de cette famille, Piotr Petrovich, son amour secret, ou Tante Tonia, qu’un amour déçu a enfermée dans la folie. Car « à Soukhodol, l’amour était singulier, la haine aussi ». 

   
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Postface de Mikhaïl Lepekhine

C’est là l’œuvre d’une vie, celle de Boris Chiriaev. Cet intellectuel moscovite fait mémoire de ses sept années de travaux forcés aux îles Solovki, archipel situé dans les eaux glacées de la mer Blanche, au large des côtes de Carélie. Une « chronique des temps de naufrage » qu’il commencera à écrire au camp et poursuivra pendant vingt-cinq ans. Chiriaev arrive donc aux Solovki en 1923. Le monastère de l’archipel Solovki, symbole du monachisme orthodoxe, était devenu, après 1917, un bagne au régime dur où régnait l’arbitraire.

On assiste, avec Chiriaev, à la naissance du système concentrationnaire soviétique et du premier camp de travaux forcés. On découvre ainsi les balbutiements de ce qui allait devenir le symbole même de la répression bolchevique. Car les autorités n’avaient pas encore compris les avantages économiques du travail forcé.

Mais Boris Chiriaev, au milieu de cette désolation, voit poindre la lueur d’une veilleuse que rien ne peut éteindre. Il s’agit de celle du dernier ascète des Solovki qu’il a surpris en prière dans sa hutte au fond des bois, celle aussi d’une baronne qui sacrifiera sa vie pour soigner les malades du typhus, ou celle de cette communauté de vieux-croyants qui, persécutés par le nouveau pouvoir, mourront aux Solovki dans la plus absolue dignité. Les Solovki étaient un Golgotha, nous dit l’auteur, mais sur elles brillait aussi la lumière de l’Esprit.

Sans jamais départir de la distance que créent l’humour et l’absurde, Frigyes Karinthy offre au lecteur dans ce recueil, un festival de drôlerie, oscillant entre exaspération et admiration, entre affection et moquerie sur le mystère féminin et les relations hommes/femmes. Un brin misogyne, il analyse au scalpel et à la loupe les ressorts de la cruauté humaine et les mesquineries individuelles.

Critique aigu des imperfections humaines, il peut se montrer indulgent ou compréhensif envers ses héros, mais il traque leurs travers : « beauté physique », « la femme qui zézaye » ou « polygamie ». Ou la belle qui décide que « la mort est tout de même la meilleure cure d’amaigrissement », tandis qu’Alàdar vit dans un harem dont les femmes sont reines et les hommes leurs serviteurs. Il se montre féroce lorsque la psychanalyse s’en mêle : Marie-Anne, pauvre héroïne, amoureuse de Mérimé, l’amant du pôle Nord est ridiculisée devant son enfant qui mord le chien enragé ou le mari cocu se jetant par la fenêtre. Les relations hommes / femmes ont évolué ces cinquante dernières années, mais la vision de Frigyes Karinthy transcende ces transformations, allant toujours à l’essentiel sans avoir l’air d’y toucher. La Ballade des hommes muets est une musique dont les paroles ne demandent pas de réponse, mais dont les hommes comprennent la mélodie.