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URSS
Publiés aux éditions des Syrtes
Traduit du letton par Velta Skujina

Alors que les autorités soviétiques, occupent le territoire de Lettonie depuis un an, elles organisent en juin 1941 l’une des plus meurtrières vagues de répression dans le pays. C’est le début de l’horreur pour des dizaines de milliers d’innocents. Ils disparaissent ainsi, sans laisser de traces, dans les immenses étendues de la Sibérie. La famille de Sandra Kalniete ne sera pas épargnée. Sa mère, Ligita, a quatorze ans lorsque, le 14 juin 1941, elle et ses parents sont amenés. Son grand-père Janis mourra dans l’enfer des camps.

Née au camp où ses parents se sont rencontrés, Sandra est rentrée dans son pays à cinq ans, en 1957. En escarpins dans les neiges de Sibérie raconte l’histoire bouleversante de sa famille et, à travers elle, celle de tout un peuple.

Traduit de l’anglais par Florence La Bruyère et Antonina Rounichou-Stretz

Chronique de la cour de Staline depuis sa consécration comme « chef suprême » en 1929 jusqu’à sa mort, ce livre est aussi une biographie de Staline à travers son entourage le plus proche. Tirant profit de l’ouverture récente de ses archives personnelles, Simon Sebag Montefiore reprend le cours des événements de 1929 à 1953 en se concentrant sur l’univers quotidien du pouvoir absolu et de ses protagonistes, mus par une fidélité parfois déconcertante envers le tyran géorgien. Par ce biais, il nous montre l’envers du décor. Principalement la progression de la terreur que Staline met en œuvre avec l’aide d’êtres obsédés par les rivalités permanentes et les désirs mesquins de jouir des moindres privilèges du pouvoir mais constamment angoissés par la peur de la disgrâce imprévisible qui signifiait toujours la mort

Existe aussi en livre de poche

Carrefour dangereux, le Caucase est aujourd’hui l’une des régions du monde les plus convoitées. De la Tchétchénie au Daghestan et à la Géorgie, il demeure un lieu de conflits et d’affrontements. Lutte pour le pétrole, montée de l’islamisme, rébellions armées et combats pour l’indépendance s’y concentrent. Ce massif montagneux marque la frontière de l’Europe avec l’Asie et le Moyen-Orient. Il est aussi le champ de bataille des années à venir. Depuis deux siècles, les grandes puissances politiques et militaires se livrent dans la région à une guerre d’influence. Qui a d’ailleurs souvent débouché sur des conflits armés, parfois accompagnés de génocides ou de déportations.

L’expansion russe, le « Grand Jeu » (la guerre froide à laquelle se sont livrés la Grande-Bretagne et l’Empire russe durant tout le XIXe siècle), les tentatives de conquête du massif par l’Allemagne ou la bataille politique et économique pour le contrôle du pétrole: autant de processus marquants dont le Caucase est le décor. Imams et chefs de guerre montagnards, otages célèbres, espions anglais et alpinistes de la Wehrmacht, agents de Staline ou pionniers du pétrole sont également les acteurs de cette histoire souvent tragique. À l’écart des idéologies et des partis pris, À la conquête du Caucase est un ouvrage inédit qui révèle sources et témoignages jamais exploités jusque-là. Cette épopée riche et vivante d’Eric Hoesli donne les clés d’une histoire qui ne s’achève pas à la dernière ligne de ce livre.

Du même auteur aux éditions des Syrtes
Postface de Georges Nivat
La rue Potapov, à Moscou : c’est l’adresse de l’appartement où Irina, petite fille de neuf ans a pour la première fois vu la silhouette du poète Boris Pasternak, lié à sa mère Olga Ivinskaïa par le grand amour que le monde entier allait découvrir en lisant Le Docteur Jivago. Irina Emelianova croisera d’autres figures légendaires : l’opiniâtre Ariadna Efron, la fille de Marina Tsvetaeva, survivante de quinze ans de camp après son retour d’émigration ; l’écrivain Varlam Chalamov, dont les Récits de la Kolyma ont gravé à jamais dans la prose russe toute l’horreur glacée de l’enfer sibérien. Autant de légendes qui s’ordonnent autour de celle du grand Boris Pasternak à qui les unit une admiration et une commune ferveur. Les épreuves vécues y sont racontées avec une sorte de légèreté : les grandes figures que l’auteur a croisées, en tout premier lieu sa mère, sont évoquées avec une admiration mêlée de tendresse et d’humour.
 
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À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’émigration russe en Europe offrait une diversité politique importante avec cependant une seule constante : le rejet du bolchevisme. Le déclenchement du conflit allait constituer une très rude épreuve et la question essentielle concernera l’attitude à adopter dans la guerre. Qui soutenir? Qui combattre? Les options étaient variées : depuis l’engagement dans la Résistance, en passant par l’union de tous les Russes dans la défense de la patrie jusqu’à la lutte contre le bolchevisme auprès d’Hitler sous uniforme allemand. Nicolas Ross analyse ce panorama dans toute sa complexité et ce qui en ressort est la difficile conclusion que pour tous les camps, l’histoire s’est terminée dans la désillusion et la tragédie.

Postface de Nikolaï Kirillovitch Golovkine
Conçu dans les années 1960 par Irina Golovkina et diffusé sous le manteau, Les Vaincus est publié pour la première fois en 1992 avant de connaître un immense succès. Roman de la tragédie russe après les événements de la dictature bolchevique, il évoque les derniers feux d’une noblesse héroïque et d’une intelligentsia idéaliste. Le lecteur suit les destins entrelacés d’une illustre famille et d’une foule de personnages dans leur quotidien harassant. Vente de maigres biens pour survivre, car le travail leur est interdit, assignation à résidence, prisons ou camps. Poursuivis par la Guépéou, exilés, persécutés, exécutés, aucun n’échappera au rouleau compresseur soviétique. Ce sont des individus aux abois, traqués par les dénonciations, les interrogatoires et les arrestations arbitraires. Mais Les Vaincus est aussi une sublime histoire d’amour, celle d’une princesse en haillons, et le lecteur, est emporté par l’émotion que suscite ce drame puissant. Cette saga fleuve remarquable et bouleversante est traduite ici pour la première fois en français.
  La Veilleuse des Solovki décrit la naissance du système concentrationnaire soviétique et du premier camp de travaux forcés, les balbutiements de ce qui allait devenir le symbole de la répression bolchevique; les autorités n’avaient pas encore compris les avantages économiques du travail forcé. Le témoignage de Chiriaev est exemplaire ; les « maladresses » du début ont cédé la place, à partir de 1925, à un système d’extermination par le travail. 15 000 à 20 000 prisonniers vivaient aux Solovki et 10 000 y mourraient chaque année, de scorbut, de faim ou de typhus. Chiriaev y décrit le travail forcé mais également la vie intellectuelle présente dans le camp à ses débuts. Sa grande force est de donner le premier rôle à l’homme qui, même dans les pires moments, peut rester un être humain.
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Le dernier volet de la série autour de l’émigration russe blanche
Si Entre Hitler et Staline évoquait le difficile choix des Russes blancs et des Soviétiques dans l’espace européen durant la Seconde Guerre mondiale, Au cœur de la guerre froide poursuit l’exploration de l’histoire de l’émigration russe à un moment d’extrême tension mondiale. Vie politique intense, activités sociales et culturelles variées, associations religieuses, organisations humanitaires, mouvements de jeunesse, publications, radios en langue russe : tout un ensemble d’éléments ont contribué à la survie de cette vie communautaire spécifique. Largement impliquée dans le processus de renaissance des valeurs traditionnelles de son pays perdu, l’émigration russe a contribué à la chute de l’URSS. Cet ouvrage regroupe près de 40 pages d’illustrations sur cette période
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Saint-Alexandre-Nevski, centre spirituel de l’émigration russe (2011) Aux sources de l’émigration russe blanche (2011) La Crimée blanche du général Wrangel (2014) Koutiepov, le combat d’un général blanc: de la Russie à l’exil(2016) De Koutiepov à Miller, Le combat des Russes blancs (2017) lls ont tué le tsar, les nouveaux racontent (2018) Saint-Serge de Colombelles (2019) Entre Hitler et Staline (2020)
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L’histoire vraie d’Adolphe Tolkatchev, espion soviétique Adolf Tolkatchev, citoyen soviétique ordinaire, est ingénieur à l’Institut de recherches sur les radars à Moscou. Il a accès à des informations ultrasecrètes et essentielles dans la course à l’armement entre les États-Unis et l’URSS. Déçu par le régime soviétique, il s’efforce de convaincre la CIA d’accepter sa collaboration. Ayant finalement pu offrir ses services, il photographie entre 1978 et 1985 des documents d’une immense valeur pour lesquels il reçoit de grosses sommes d’argent. Il devient ainsi l’espion le plus précieux pour la CIA de cette période de la guerre froide. Dénoncé par un ancien stagiaire de la CIA qui cherche à se venger, Tolkatchev est arrêté et exécuté pour haute trahison en 1986. Toutefois, sa postérité reste importante : en quelques années, il aura fourni aux états-Unis des informations tellement essentielles sur les systèmes d’armement, l’aéronautique et les radars qu’il aura permis d’influer le cours de la guerre froide et bien au-delà. S’appuyant sur des documents jusqu’alors secrets et sur des entretiens avec des témoins, David E. Hoffman dresse un portrait saisissant et sans précédent de Adolf Tolkatchev. Il peint également le dangereux travail des espions à la CIA et au KGB. Passionnant, imprévisible, au rythme enlevé mais extrêmement précis, L’Espion qui valait des milliards est un document brillant doublé d’un formidable récit d’espionnage.
Également disponible en livre numérique
 
Cette corde qui m’attache à la terre renferme tout un univers, celui d’un village moldave à l’époque soviétique, qui tient dans les paumes d’une petite fille.
Le monde que cette enfant découvre ne lui plaît pas du tout, ce qui la pousse à vouloir s’en échapper à tout prix. Tout ce qu’elle fait a donc pour but de préparer son départ pour le grand monde, celui de ses rêves : rédaction et distribution de billets amoureux en échange de quelques kopecks, vente de bouteilles de vin avec ajout d’une petite taxe pour ses économies… Son univers est peuplé de personnages fascinants tels que tante Muza, oncle Ștefan (qui a le regard de celui qui a fait la guerre), la vieille Dochia (la guérisseuse qui guérit les chagrins des autres avant de soigner le sien), nana Raia (la bibliothécaire dont toute la famille a été envoyée en Sibérie). La voix solaire et tempétueuse de la petite fille nous accompagne au fil des pages, et Lorina Bălteanu retranscrit admirablement la solitude, les angoisses et les réflexions obsessionnelles, à la fois naïves et matures de cette enfant. Un très beau roman d’apprentissage sur l’enfance, le passage à l’adolescence, la relation à la famille et à la communauté. Mais Cette corde qui m’attache à la terre est surtout un livre d’une grande sensibilité, qui porte en lui une petite musique profonde, drôle, délicate, inoubliable. Également disponible en livre numérique.
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En 1976, le père Mitrophane entreprend, avec 9 autres moines du Mont Athos, un voyage en URSS, et sa visite est la première d’un moine athonite depuis la révolution de 1917. Le moine décrit la vie de l’Église dans un contexte de militantisme athée et de persécution intense, inédite dans l’histoire chrétienne. Néanmoins, une minorité a su préserver sa foi, assurant la survie et la prospérité de l’Église orthodoxe. Ce livre offre un témoignage unique sur la vie de l’Église orthodoxe russe sous le régime soviétique. Ce récit spirituel puissant interroge aussi sur la préservation de notre vie intérieure et spirituelle dans une société qui semble avoir délaissé Dieu. Servies par un style vivant, les réflexions du moine Mitrophane enrichissent ce témoignage exceptionnel.  
Le monastère féminin de la Présentation de la Vierge au Temple d’Orel, fondé à la fin du XVIIe siècle, a longtemps été l’un des plus importants de Russie. Sa riche histoire est le reflet de la vie spirituelle de l’ensemble de l’Église orthodoxe russe. Il a été fermé par le pouvoir communiste en 1923, saccagé puis détruit ; les moniales et les prêtres ont connu la prison, la déportation ou la mort. Le monastère renaît à partir de 1993 et débute alors un minutieux travail de récupération de son histoire. C’est ainsi qu’émerge peu à peu la figure de mère Alexia, la dernière higoumène. L’artisan de cette reconstitution est le docteur Jean Liamine (1932-2024), petit-neveu français de l’higoumène, qui a exhumé et mis à la disposition des chercheurs ses riches archives familiales. L’étonnant parcours de mère Alexia (Alexandra Grigorievna Timacheva-Bering, 1866-1941) est celui d’une femme issue de la noblesse russe, enseignante et fondatrice d’un lycée pour filles à Moscou. Elle a prononcé ses vœux en 1917, après la mort de son fils, et en 1919 elle est nommée higoumène du monastère. Arrêtée plusieurs fois pour ses convictions religieuses, reléguée au Kazakhstan, elle meurt en prison en 1941. Son histoire, reconstituée à partir de ses lettres, carnets et documents judiciaires, photographies inédites ou souvenirs des derniers témoins, révèle une femme dont la foi est restée inébranlable face à la répression. Son destin se confond avec celui de nombreux martyrs, victimes de leur fidélité religieuse. Cet ouvrage permet aujourd’hui au lecteur d’entendre cette voix qui nous parvient avec toute sa puissance et sa conviction.
 

Leonid Youzefovitch présente ici le portrait d’un personnage de légende. Roman von Ungern-Sternberg, baron balte converti au bouddhisme. Général de l’armée blanche à trente-cinq ans, il est le dernier combattant à résister contre la marée révolutionnaire rouge qui submerge alors la Russie. Replié en Mongolie, il s’y taille un royaume en libérant le khutukhtu, « Dieu vivant » des Mongols, prisonnier des Chinois. C’est là que commence son règne de violence et que prend forme son rêve fou : reconstituer la horde d’or de Gengis Khan.

Personnage démesuré, être hors norme, Ungern ira ainsi au bout d’un destin aux dimensions shakespeariennes.

  Doubar et autres récits du Goulag est le premier recueil des trois tomes (actuellement en traduction) de Gueorgui Demidov, auteur oublié du Goulag, véritable écrivain, égal de Varlam Chalamov et d’Alexandre Soljenitsyne. Il est exceptionnel de découvrir une trace littéraire méconnue du Goulag. Tel est le cas des récits de Gueorgui Demidov, témoignages de ses quatorze années passées à la Kolyma, ce « pole de la férocité » de la géographie concentrationnaire soviétique pourtant riche en espaces inhospitaliers. « J’écris parce que je ne puis faire autrement ! » déclare-t-il, alors que ses récits circulent en samizdat. En effet, son témoignage ne peut pas voir le jour dans une URSS où, après une très superficielle déstalinisation, on enjoint l’oubli aux victimes des répression. Pire, ses manuscrits sont confisqués en 1980, et n’ont pu être récupérés par sa fille qu’en 1988, après la mort de l’auteur (1986). Ils n’ont été publiés en Russie qu’après la perestroïka. À la Kolyma, Demidov avait rencontré et côtoyé Varlam Chalamov, l’une des grandes voix du Goulag, alors infirmier à l’hôpital du camp, qui en a fait le personnage de son récit La Vie de l’ingénieur Kipreïev. Gueorgui Demidov est chroniqueur de l’ordinaire, maître du menu détail, qui saisit ses personnages à un moment exceptionnel de leur vie. Se dessinent ainsi quelques visages comme des emblèmes de cette vaste machine à broyer les humains qu’était le Goulag : un peintre qui, obsessionnellement, représente des scènes du camp, un enfant mort-né qui apporte malgré lui de la douceur et de l’espoir au prisonnier chargé de l’enterrer, un ancien chanteur qui ne chante plus que pour la mort, et même un gardien, victime en un sens de la folie meurtrière qui domine l’univers du Goulag. Les récits de Demidov donnent à voir la terrible tension entre la lutte pour la vie et les tentatives de préserver son humanité dans ces conditions. Le cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa s’est inspiré du récit « Deux procureurs » pour son film homonyme, en salles le 5 novembre 2025, en sélection officielle au Festival du film de Cannes.