L’amitié entre Marina Tsvetaeva et Anna Teskova débute en 1922, lorsque cette dernière invite Marina à une soirée littéraire. Ces lettres témoignent des dix-sept années d’exil de la voix poétique la plus déchirante du XXe siècle. Marina y dit l’amour et la poésie, le maternel et le féminin, la nostalgie, l’arrachement et la solitude, sa foi dans la vie et dans l’homme. De l’infiniment petit à l’infiniment grand, on la suit dans la démesure et l’on perd le souffle devant cette prodigieuse capacité à conjuguer à tous les temps et à tous les modes le verbe aimer.
Au cours de l’été 2001, Wladyslaw Zawistowski, poète et dramaturge polonais, découvre dans le grenier de la maison de sa grande mère, Nathalia, douze longues lettres que lui a envoyées Marina Tsvetaeva entre 1934 et 1939, alors qu’elle vivait à Paris.
Les lettres en disent long sur la poétesse mais également sur sa correspondante, une enseignante de Vilnius. Elles éclairent souvent de manière crue des zones d’ombre de Marina Tsvetaeva. Celle-ci a fait fi de toute pudeur : tout peut se dire à une parente lointaine, inconnue. L’âme, la politique, la famille, mais aussi ses préoccupations terre à terre et domestiques, … Et tout ce qui se dit est absolument bouleversant.
Dans la courte vie du poète Nicolaï Gronski, sa rencontre avec Marina Tsvetaeva a laissé une trace lumineuse. « J’avais été son premier amour et lui mon dernier… » dira Tsvetaeva après la mort de Gronski en décembre 1934. La correspondance durera trois mois pendant l’été 1928 et elle est remarquable. C’est l’unique correspondance à deux voix conservée dans les archives de Tsvetaeva. Un temps, elle a pensé écrire un roman à partir de cette correspondance, Lettres d’un été, resté sans suite.
La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XXe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Exceptionnelle, elle l’est d’ailleurs doublement, cette relation épistolaire entre poète soviétique et poète de l’émigration, à l’heure où, après une phase de liberté surveillée où les échanges étaient encore possibles, la culture russe se scinde en deux – et ceci pour toute la durée de l’expérience soviétique.
Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s’étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n’est qu’en 1922 qu’ils se sont véritablement découverts au travers de leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont ainsi entretenu une correspondance d’une densité extrême et d’une intensité rare dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie, sur fond d’époque historique et d’histoire littéraire. Plus des trois quarts de ces lettres échangées entre ces deux êtres radicalement différents sont inédits. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu’à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement.
Le Cahier rouge (2011) Les Carnets (2008) Lettres du grenier de Wilno (2004) Correspondances avec Nicolas Gronski, 1928-1933 (2005) Lettres à Anna (2003) Poésie lyrique 1912-1941 (2015): édition bilingue en deux volumes, Poèmes de Russie (1912-1920) et Poèmes de maturité (1921-1941), et en coffret.
Le Cahier rouge: un simple cahier d’écolier sauvegardé par miracle qui accompagna Marina Tsvetaeva dans un moment décisif de sa vie à Paris, en 1932-1933. Il aurait dû disparaître, étant donné les circonstances mouvementées de son existence et de l’époque. Mais elle le confia à un ami avant de quitter la France et de repartir en URSS en 1939. Un cahier inédit où l’on peut lire à livre ouvert le déroulement de sa création poétique. Où l’on observe le poète à sa table de travail écrivant, cherchant et trouvant, tantôt sous le coup de l’inspiration, tantôt dans une endurante patience, le verbe poétique ; où l’on découvre enfin l’écriture en français d’une poétesse russe qui aurait pu devenir poétesse française.
Ce cahier célèbre aussi deux géants de la poésie, Pasternak et Maïakovski, les amours féminines, les passions charnelles, le bonheur du conte et de l’enfance perdue, tous les démons et les délices de l’imagination. Une histoire de la création sur un fond idéologique et politique qui déchira le siècle. Une époque terrible, où il est question de survie, où le crime totalitaire est irrémédiable, qui voit la fin de toute espérance, la disparition de la génération des poètes de l’Âge d’argent, la mort de la poésie.
Du même auteur aux Éditions des Syrtes: Correspondance avec Boris Pasternak, 1922-1936 (2005) Cet été-là, correspondance avec Nicolas Gronski – 1928-1933 (2005) Les Carnets (2008) Lettres à Anna (2003) Lettres du grenier de Wilno (2004) Poésie lyrique, 1912-1941 (2015). Édition bilingue en deux volumes: Poèmes de Russie, 1912-1920 et Poèmes de maturité (1921-1941), et en coffret.
Fils de la poétesse russe Marina Tsvetaeva, Gueorgui Efron, affectueusement surnommé Murr par sa mère, est un adolescent cultivé et éveillé. Il livre dans son Journal un témoignage poignant sur les années qu’il a passées en URSS entre 1939 et 1944.
Entre soucis d’adolescents, réflexions sur la situation politique en Europe et quotidien d’un citoyen soviétique, ce Journal plonge le lecteur dans la réalité implacable de ce pays avant et durant la guerre. Murr commence ainsi à tenir son Journal dès son arrivée en URSS. Les dernières notes datent d’août 1943, quelques mois avant sa mort. Ce document relate le destin d’un adolescent happé par la terreur stalinienne et les années de guerre. Ce sont aussi les derniers moments et la fin tragique de Marina Tsvetaeva.
La première partie nous plonge dans la réalité soviétique la plus ordinaire et la plus brutale qui soit. Le lot commun de millions de Soviétiques. Murr l’observe et l’analyse au fur et à mesure qu’il la subit : files d’attente au guichet des prisons pour déposer des colis, s’enquérir du sort de Sergueï et Ariadna, méandres de la bureaucratie carcérale, difficultés pour se loger, se nourrir, trouver de l’argent, s’inscrire à l’école, etc.
La seconde partie s’ouvre sur la terrible année 1941. C’est l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, l’évacuation précipitée en Tatarie, puis le suicide de Tsvetaeva. Murr, devenu orphelin, désormais livré à lui-même, commence une vie errante et incertaine. Affaibli par la maladie, tourmenté par la faim devenue obsessionnelle, isolé et sans argent, il n’échappera pas à la mobilisation.
Traduit du russe par Simone Goblot
Marina Tsvetaeva, ma mère rassemble des souvenirs de la petite fille puis de l’adolescente à travers les errances de sa mère. C’est une Tsvetaeva prise dans la vie de tous les jours, celle qui consiste à trouver de quoi manger, de quoi se chauffer, de quoi se vêtir. Ariadna assiste à son travail, à ses rites, à ses habitudes, à ses angoisses face à la création, à la poésie. Elle évoque des bouleversements incessants, des changements de domicile comme de pays ; les villes, les maisons et les gens se succèdent et se superposent. Elle balaie les ombres qui planent sur le personnage de Marina, décrit des périodes et des rencontres, traque les gestes, les regards, les réactions. C’est aussi toute une Russie sur le point de devenir URSS que nous dévoile Ariadna Efron, animée par certains des plus grands esprits de l’époque, intellectuels et artistes : un milieu incroyable, un peu irréel, dans lequel la fille de Marina Tsvetaeva a baigné si longtemps.
Et le portrait qui ressort de ces pages est à l’image de leur relation : tendre, complice, admiratif mais sans l’ombre d’une concession. Un livre essentiel pour une connaissance intime de Marina Tsvetaeva.
Poèmes de maturité font suite à ses poèmes de Russie. Après la révolution de 1917 et son exil vers l’Europe, Marina Tsvetaeva poursuit une vie difficile. Une réflexion philosophique enrichit les rythmes, des questions métaphysiques se posent auxquelles il est inhabituel d’apporter une réponse poétique. Mais Tsvetaeva emprunte justement cette voie, car selon ses propres paroles, elle ne sait rien faire d’autre qu’écrire. Elle va continuer à composer des poèmes, fidèle à son devoir de création, jusqu’à aux derniers retranchements en URSS où son destine tragique la rattrape.
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Correspondance 1922-1936: Boris Pasternak (2005) Cet été-là – correspondance 1928-1933: Nicolas Gronski (2005) Le Cahier rouge (2011) Les Carnets (2008) Lettres à Anna (2003) Lettres du grenier de Wilno (2004) Poésie lyrique 1912-1941 (2015): édition bilingue en deux volumes, Poèmes de Russie (1912-1920) et Poèmes de maturité (1921-1941), et en coffret.
Les Poèmes de Russie (1912-1920) rassemblent la totalité des poèmes qui nous sont parvenus de Marina Tsvetaeva, depuis le premier recueil jusqu’aux adieux à sa Russie natale.
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Ce coffret comprend les deux volumes de l’édition bilingue dédiée à la poésie lyrique de Marina Tsvetaeva: Poèmes de Russie (1912-1920) et Poèmes de maturité (1921-1941).
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Correspondance 1922-1936: Boris Pasternak (2005) Cet été-là – correspondance 1928-1933: Nicolas Gronski (2005) Le Cahier rouge (2011) Les Carnets (2008) Lettres à Anna (2003) Lettres du grenier de Wilno (2004)