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Russie
Publiés aux éditions des Syrtes
Direction et appareil critique de Loïc Damilaville Préface d’Alexandre Jevakhoff
Le nom du général Broussilov reste attaché à la grande offensive russe de l’été 1916 qui porte son nom, ultime victoire de l’Armée impériale avant les révolutions de février et d’octobre 1917 qui emportèrent le régime et conduisirent la Russie à sortir de la guerre mondiale. Très populaire, il est l’un des généraux favorables à l’abdication de Nicolas II. En 1929 il publie des Mémoires couvrant la période 1914-1917, consacrés à la guerre et aux débuts de la révolution. À la fin, il fait allusion à une seconde partie qui devait toucher aux événements postérieurs. Mais cette suite n’avait jamais été publiée. Conservé à Prague avant la Seconde Guerre mondiale puis « confisqué » par les Soviétiques en 1945, le manuscrit original complet aurait pu être perdu à jamais s’il n’avait été fortuitement confié au général français Albert Niessel par la veuve du général Broussilov. De son propre chef, Niessel en avait effectué une traduction intégrale mais madame Broussilov exigea qu’il la tienne secrète au moins jusqu’en 1950. Cette pièce historique fut léguée au Service historique de la Défense à Paris par les héritiers du général Niessel après la mort de celui-ci, en 1955. C’est cette traduction qui est proposée au lecteur dans le présent volume, reprenant l’intégralité du manuscrit Broussilov ainsi que la période 1914-1917 déjà publiée en 1929.
Un éclairage nouveau
Le témoignage du général Broussilov sur les années 1917-1925 apporte un éclairage radicalement nouveau sur son parcours personnel au milieu du tumulte révolutionnaire. Broussilov se décrit comme un adversaire résolu du régime soviétique tout en n’épargnant pas ses critiques aux Blancs. Il attaque ouvertement Lénine, ce qui pousse Staline à « effacer » toute trace de Broussilov. Faisant revivre une époque troublée et méconnue par de multiples détails qui sont pour lui d’une brûlante actualité, le général lègue son manuscrit aux futures générations russes, confiant dans le fait que le régime bolchevique aura une vie éphémère. Un appareil critique rédigé par l’historien Loïc Damilaville a été ajouté à la traduction d’Albert Niessel, afin de permettre au lecteur de s’orienter parmi les personnages et les événements évoqués au fil du récit. Au travers de ce témoignage exceptionnel de l’un des principaux acteurs russes de la guerre mondiale, c’est toute une époque qui revit, des dernières décennies du régime tsariste jusqu’aux débuts douloureux de l’ère soviétique.  
Hitler Staline émigration russe Syrtes
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’émigration russe en Europe offrait une diversité politique importante avec cependant une seule constante : le rejet du bolchevisme. Le déclenchement du conflit allait constituer une très rude épreuve et la question essentielle concernera l’attitude à adopter dans la guerre. Qui soutenir? Qui combattre? Les options étaient variées : depuis l’engagement dans la Résistance, en passant par l’union de tous les Russes dans la défense de la patrie jusqu’à la lutte contre le bolchevisme auprès d’Hitler sous uniforme allemand. Nicolas Ross analyse ce panorama dans toute sa complexité et ce qui en ressort est la difficile conclusion que pour tous les camps, l’histoire s’est terminée dans la désillusion et la tragédie.

  Si Ceux du Donbass, paru en 2018 était une chronique des événements, un exercice littéraire proche de celui d’un mémorialiste où, de l’aveu même de l’auteur, son Donbass à lui restait hors-champ, Certains n’iront pas en enfer est un roman d’autofiction. Écrit et publié après le retour de Zakhar Prilepine du Donbass (en juillet 2018), il est marqué par un certain recul pris par rapport aux événements. Cela imprègne le récit d’une indéniable mélancolie et permet de magnifier la réalité pour donner une stature quasi-mythique à certains des personnages évoqués. Certains n’iront pas en enfer est donc inspiré d’une expérience personnelle, issue de l’engagement de Prilepine dans le conflit du Donbass. Prilepine offre ici un texte éclectique, impressionniste et littéraire qui nous permet de mieux comprendre les raisons de son départ pour le Donbass, son état d’esprit et ses occupations concrètes pendant les années de guerre. Il retrouve ici sa plume imagée et concise et une force d’évocation captivante. Comme chez son mentor Edouard Limonov, la prose romanesque est aussi le prétexte pour créer un double fantasmé et omniprésent. Prilepine donne la parole à Zakhar, son alter ego et narrateur. L’action se situe entre la fin de l’année 2015 et la mort d’Alexandre Zakhartchenko, chef de la République populaire de Donetsk (la DNR). Zakhar est alors conseiller de Zakhartchenko, et son bataillon devient l’une des composantes de la garde du dirigeant. Il jouit d’une position privilégiée et il est admis dans le cercle des associés les plus proches du chef. Zakhar raconte la vie de tous les jours des combattants à Donetsk, comme par exemple la tentative infructueuse de capturer un combattant ukrainien pour un échange de prisonniers. Il y a des descriptions hautes en couleurs de combats, mais aussi du quotidien dans les tranchées et durant les quelques moments de liberté. On en apprend également plus sur ses compagnons d’armes, pour lesquels Prilepine a souvent un grand attachement et respect, ainsi que sur son affection pour Zakhartchenko, qu’il considère affranchi et indépendant de Moscou. À ces réflexions politiques et parfois polémiques s’ajoutent des moments plus personnels, notamment lorsqu’il reçoit à Donetsk la visite du rappeur Husky, l’une des rares célébrités russes à soutenir activement les événements dans le Donbass, ou un dîner en compagnie de Monica Bellucci et d’Emir Kusturica lors d’une improbable escapade à Moscou.  
Dans De l’aigle impérial au drapeau rouge, roman-fleuve publié en 1921, Krasnov s’empare de l’histoire de la Russie de Nicolas II jusqu’à la fin de la dynastie des Romanov : guerre du Japon, Première Guerre mondiale, révolutions de Février et d’Octobre et la guerre civile. Cette grande saga raconte, à travers le destin du personnage central, Alexandre Sabline, celui d’un empire en voie de décomposition. Mêlant fiction et réalité, l’auteur, également acteur des événements, nous fait côtoyer les grandes figures de l’histoire russe de cette époque : Nicolas II et son épouse Alexandra, Raspoutine, Lénine, Trostki… et bien d’autres, qui, grâce à une intrigue habilement menée parsemée de coups de théâtre, des descriptions minutieuses et des dialogues finement ciselés font revivre les dernières années de l’autocratie russe.  
Un chef-d’oeuvre absolu de la littérature russe du XXe siècle et de la littérature de l’enfance Paru en 1917, Kotik Letaïev est une autobiographie poétique, épopée intérieure de l’enfance sur les trois premières années de la vie de son auteur, Andreï Biely. Le héros, Kotik (diminutif de Konstantin qui signifie également chaton) Letaïev est un enfant précoce qui, depuis son plus jeune âge est familiarisé avec les trésors de la culture. Un jour, poussé par une nostalgie toujours plus grande, il part vers l’inconnu. Le récit, à la première personne, a d’une part le charme naïf d’un discours enfantin au travers duquel se recompose la ville Moscou de la fin du XIXe siècle, et d’autre part l’inquiétant surréalisme d’un parcours initiatique conduisant sa victime par le dédale des mythes. Adepte de la théosophie de Steiner, l’écrivain, alors âgé de 35 ans, se sent revivre sa première naissance. Il couche cette expérience sur papier, avec comme résultat ce récit hors du commun, qui commence dès avant la naissance, dans le ventre de sa mère. Entre mythologies antiques et apprentissages prosaïques, l’exploration poétique du récit emprunte aussi bien à la spontanéité du langage enfantin qu’aux éblouissements imagés des mystiques et à la sémantique surréaliste. Kotik Letaïev devient le livre de chevet de la modernité russe, admiré par Pasternak, Nabokov ou encore Essenine. Dans ce poème radieux, Andreï Biely célèbre la mentalité d’un enfant qui s’ouvre à la vie et offre un chef-d’œuvre absolu de la « littérature de l’enfance », non sans rappeler Proust et Joyce dans les procédés littéraires. Le texte est accompagné d’une préface et d’une étude critique de Georges Nivat qui rassemble également en annexes des textes peu connus de Biely qui éclairent le lecteur sur l’oeuvre et l’auteur.
Du même auteur
Pétersbourg (2018)
Postface de Nikolaï Kirillovitch Golovkine
Conçu dans les années 1960 par Irina Golovkina et diffusé sous le manteau, Les Vaincus est publié pour la première fois en 1992 avant de connaître un immense succès. Roman de la tragédie russe après les événements de la dictature bolchevique, il évoque les derniers feux d’une noblesse héroïque et d’une intelligentsia idéaliste. Le lecteur suit les destins entrelacés d’une illustre famille et d’une foule de personnages dans leur quotidien harassant. Vente de maigres biens pour survivre, car le travail leur est interdit, assignation à résidence, prisons ou camps. Poursuivis par la Guépéou, exilés, persécutés, exécutés, aucun n’échappera au rouleau compresseur soviétique. Ce sont des individus aux abois, traqués par les dénonciations, les interrogatoires et les arrestations arbitraires. Mais Les Vaincus est aussi une sublime histoire d’amour, celle d’une princesse en haillons, et le lecteur, est emporté par l’émotion que suscite ce drame puissant. Cette saga fleuve remarquable et bouleversante est traduite ici pour la première fois en français.

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  Tout finit dans l’embourgeoisement, y compris les révolutions, et c’est la négation de l’esprit.
Chassé de Russie soviétique en 1922 avec une vingtaine d’écrivains et de savants, émigré en France, Nicolas Berdiaev (1874-1948) publie en russe, en 1926, cinq mini-essais traitant tous, de diverses façons, de « l’esprit bourgeois ». Pour le philosophe, « l’esprit bourgeois » est l’apanage des révolutionnaires comme des réactionnaires, des athées comme des croyants. Il finit toujours par s’imposer et a pour conséquence de rendre l’homme esclave des choses et de l’ensemble du monde visible. Alors vient le triomphe du petit bourgeois, « amateur de confort tant matériel que spirituel », qui « croit au bonheur enchaîné dans le fini ». Pour Nicolas Berdiaev, le monde objectivé, c’est le monde déshumanisé, qui fait fi de l’homme en tant que sujet existentiel. Le grand malheur, estime le philosophe, c’est que tout tend à l’objectivation : l’État, l’Église, Dieu, l’Esprit, la religion, la science, la technique, la philosophie. Tout devient objet sans lien intime avec la personne humaine – cette personne, « totalité de la pensée, du vouloir, des sentiments, de l’activité créatrice », que Berdiaev oppose à l’objectivation générale, pour éviter que ne s’organise « un règne de laideur ». De l’esprit bourgeois est le premier ouvrage de la série « Questions maudites », collection de textes de penseurs de toutes origines, dont les interrogations, même anciennes, se révèlent d’actualité en nos temps de doute profond. Cette collection est placée sous le double signe des éditions des Syrtes et des éditions L’Inventaire.
Publié en 1870, À couteaux tirés est un roman prémonitoire, « prologue d’un cataclysme inéluctable » incarné par les révolutions du siècle suivant. Entre roman policier et drame social, on y suit les nombreuses péripéties d’un groupe d’anciens nihilistes, devenus des êtres détestables cherchant à s’enrichir aux dépens des autres. Leskov dresse un portrait d’époque à travers une galerie de personnages hauts en couleurs : le propriétaire dépossédé pathétique et influençable, le nihiliste Gordanov reconverti en anarchiste manipulateur, la révolutionnaire idéaliste, l’usurier véreux, le pope bienveillant, le géant moujik à moitié fou, l’épouse de général machiavélique, vénale et cruelle, entourée de son escorte de ridicules admirateurs. Ce tourbillon de personnages liés par les affaires et les mesquineries sont propulsés dans de multiples épisodes. La force narrative de Leskov, les nombreux rebondissements et surtout la description prémonitoire de l’implosion d’une société au bord de la catastrophe en font un roman à part dans la littérature russe. Rarement portrait d’une société décomposée et moralement corrompue, qui ne montre plus de respect pour ses institutions et ses individus n’a été dressé avec autant de profondeur et d’acuité. Ce roman foisonnant et baroque frappe par son actualité à travers un éclairage sur la «Russie souterraine», celle qui annonce et prépare les révolutions du siècle suivant. Il est le pendant des Démons de Dostoïevski, autre grand roman antinihiliste.  
 
Préface de Monseigneur Antonio Mennini
Le livre du père Tikhon dresse un tableau vivant de l’univers méconnu et caché de la vie des moines en Russie dans la deuxième moitié du xxe siècle. C’est un éloge de la vie monastique, de ces humbles héros des temps modernes, dans leur lutte contre le mal et l’illusion. Il y a parmi eux des ascètes, des mystiques, des excentriques, des rusés… « Les hommes que j’évoque dans ce livre ne sont pas des saints et ne voudraient surtout pas être pris pour tels. Ils sont du monde sans être dans le monde. » Servi par un style plein de spontanéité et de simplicité, ce livre fourmille ainsi de détails croqués sur le vif, décrits avec finesse et humour. Une œuvre très personnelle, récit intime par les détails, et en même temps universelle par son message.  
Tandis qu’aux États-Unis la conquête de l’Ouest se poursuit inexorablement, les Empires russe et britannique se livrent une « guerre froide » en Extrême-Orient. Guennadi Nevelskoï, navigateur obstiné, poussé par une ambition effrénée, obtient l’autorisation officieuse du tsar de lancer une expédition dans cette région. Son but est de trouver une voie navigable sur la côte pacifique, à l’embouchure du fleuve Amour, face à l’île de Sakhaline. De cette histoire épique et méconnue, Andreï Guelassimov tire un scénario rocambolesque et savoureux. Sans dissimuler une certaine jubilation littéraire, il fait appel tour à tour à des intrigues invraisemblables, des espions écervelés, des bandits ou des mouchards qui s’affrontent dans un suspens où la satire et l’ironie frôlent souvent le lyrisme. Plongé au cœur de ces nombreuses péripéties, le lecteur a le sentiment de toucher du doigt ce qu’il faut d’efforts, d’ingéniosité, d’intrigues et de hasards pour parvenir à une décision politique et humaine capable d’influencer l’histoire du monde. Avec La Rose des vents Guelassimov choisit de rendre hommage au roman historique et d’aventures. Il revisite les lectures qui ont bercé son adolescence (et la nôtre !), se jouant des codes avec un plaisir facétieux.
Également disponible en version numérique
Dans le bref roman qu’est Le Bourg d’Okourov, c’est la vie dans la Russie provinciale qui est la cible de la plume acerbe de Maxime Gorki. Cette petite ville imaginaire, pensée par l’écrivain comme un creuset pour y placer ses personnages et en examiner le destin tragique, est partagée en deux par la rivière Poutanitsa : d’un côté les riches commerçants, les bourgeois et les notables, de l’autre, le faubourg où vivent les ouvriers et les humbles.  Depuis toujours, les habitants s’observent, les pauvres envient les riches et les riches se méfient des pauvres. Le seul endroit où tous se côtoient est la maison close, le « Paradis de Felitsiata ». Mais, en 1905, l’atmosphère se charge petit à petit des idées de « liberté », de « réformes », et les faubouriens sont séduits par les perspectives de changement, ce qui n’est pas sans avoir des conséquences sur le paisible bourg d’Okourov.  La langue de Gorki est savoureuse, à l’image de ses personnages : créative, riche, spontanée, parsemée de dictons, jurons et bons mots. Son talent littéraire s’illustre une fois encore grâce à ce récit vif, pittoresque, au langage dru et aux héros insolites. Mais Le Bourg d’Okourov se fait aussi bien l’écho des idées révolutionnaires de son auteur, de plus en plus proche des idées bolcheviques.
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Gorki et ses fils, correspondances (1901-1934)
Innokenti Platonov se réveille amnésique dans une chambre d’hôpital. Geiger, son médecin, lui apprend son nom et lui demande de consigner tout ce dont il pourra se souvenir. Il consigne donc dans un journal des fragments chaotiques de souvenirs: visages, images, histoires, odeurs. Peu à peu sa mémoire fait émerger la ville de Saint-Pétersbourg dans les premières années du XXesiècle. Il se remémore l’enfance et ses bonheurs, sa première jeunesse, les études, l’amour, la révolution dont il a subi d’emblée les contrecoups, et, enfin, le camp des Solovki. Et Platonov devine, petit à petit, atterré, qu’il est né en 1900 et s’est réveillé en 1999… À la sortie de l’hôpital une nouvelle vie l’attend. Tel Robinson Crusoé, le héros favori de son enfance, Platonov doit s’adapter dans un monde qui l’a abandonné derrière lui. Le présent tente d’assimiler les leçons du passé, de distinguer la faute du pardon et se diriger vers l’avenir. L’Aviateur de Evgueni Vodolazkine est un roman porteur de réflexions philosophiques profondes – le repentir, la responsabilité, la justice, l’histoire – dans lequel l’écriture fonctionne comme un liant dans un va-et-vient entre passé et présent.  La remémoration fragmentaire est un moteur puissant pour le lecteur. Une histoire bouleversante empreinte de nostalgie sur la mémoire et la culpabilité, sur un amour si puissant qu’il parvient à vaincre le chaos, et même la mort…
Également disponible en grand format et en version numérique.
Soloviov et Larionov est le premier roman de Evgueni Vodolazkine, son quatrième livre traduit en français. Soloviov est un jeune historien qui rédige une thèse sur la vie de Larionov. Il cherche à comprendre pourquoi ce général de l’Armée blanche, une fois tombé aux mains des Rouges, non seulement n’a pas été exécuté, mais a même reçu une pension des Soviétiques. Parti à Yalta sur les traces de son héros, Soloviov est précipité dans une cascade d’événements rocambolesques. Mais, à peine le lecteur est-il tenté de croire que ce qui est relaté est véridique, ou inspiré de faits historiques réels, qu’il se heurte aux commentaires loufoques et aux notes pseudoscientifiques parsemés par l’auteur. Par cette sorte de mise en abîme, Vodolazkine réussit donc le tour de force d’égarer le lecteur entre réalité et fiction et de transformer son roman en un habile jeu historique et scientifique, le tout avec humour et une autodérision pleine de tendresse. Vodolazkine offre un roman décalé et plein d’humour, qui se moque avec tendresse du sérieux du monde universitaire, et où sont déjà présentes toutes les caractéristiques de ses œuvres ultérieures : un style parfaitement maîtrisé, une intrigue prenante, des personnages attachants, complexes et entiers à la fois, ainsi qu’une réflexion sur le temps qui déstabilise le lecteur. Une couverture originale de Plonk & Replonk Zbigl!
Également disponible en version numérique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
L’Aviateur (2019) Brisbane (2020) Les Quatre vies d’Arseni (2020, Syrtes Poche)
  La Veilleuse des Solovki décrit la naissance du système concentrationnaire soviétique et du premier camp de travaux forcés, les balbutiements de ce qui allait devenir le symbole de la répression bolchevique; les autorités n’avaient pas encore compris les avantages économiques du travail forcé. Le témoignage de Chiriaev est exemplaire ; les « maladresses » du début ont cédé la place, à partir de 1925, à un système d’extermination par le travail. 15 000 à 20 000 prisonniers vivaient aux Solovki et 10 000 y mourraient chaque année, de scorbut, de faim ou de typhus. Chiriaev y décrit le travail forcé mais également la vie intellectuelle présente dans le camp à ses débuts. Sa grande force est de donner le premier rôle à l’homme qui, même dans les pires moments, peut rester un être humain.
Cet ensemble de 36 nouvelles de l’écrivain russe Ivan Bounine, prix Nobel de littérature 1933, réunit, en format de poche, les 4 volumes parus aux éditions des Syrtes: La Nuit en 2000, Les Pommes Antonov en 2002, Soukhodol en 2005 et Coup de soleil en 2014; il est en outre accompagné d’une nouvelle inédite, Une passion. Plusieurs traducteurs ont contribué à ce recueil : Boris de Schlœzer, Claire Hauchard, Madeleine Lejeune et Joëlle Dublanchet. Échelonnées entre 1900 et 1949, les nouvelles couvrent des périodes très différentes de la vie de Bounine. Qu’elles soient écrites en Russie ou en exil, à Paris ou dans les Alpes maritimes, elles dépeignent dans leur grande majorité la Russie, dont il a été un chantre bouleversant. Une passion, la nouvelle inédite qui accompagne cette publication, fait partie des écrits de jeunesse de Bounine (1886-1887). Elle raconte l’histoire du cruel féminicide d’une jeune fille de dix-huit ans dont le cœur balance, pour son malheur, entre l’ennui de la vie à la campagne et les premiers émois amoureux.
« Je suis né et j’ai grandi tout à fait en plein champ, dans une étendue que l’homme européen ne saurait même se représenter. En vérité, un immense espace, sans limites ni frontières, m’environnait : où s’achevait vraiment notre propriété, et où commençait ce champ illimité dans lequel elle se fondait ? De toute façon, champ et ciel étaient tout ce que je voyais. » 
Dans Méditations spirituelles, tout en s’appuyant sur les textes des Pères de l’Église, saint Ignace nous révèle sa propre exploration de l’âme humaine : une démarche qui peut s’appliquer à chacun de nous, suivant le dessein que Dieu nous a assigné. Grand spirituel et homme de prière, il nous offre des réflexions sur des thèmes variés : le repentir, la lecture de l’Évangile, la patience, le jeûne, la prière… mais aussi des textes de contemplation sur la beauté de la nature qu’il observe par la fenêtre de sa cellule de moine. La richesse de son écriture, la force de l’expression, le foisonnement d’images et de comparaisons, si caractéristiques de son style, sont indéniablement au service d’une pensée rigoureuse, d’une sobriété spirituelle exigeante et juste. En s’adonnant à la lecture de saint Ignace, on découvrira que l’on est en présence d’un immense auteur dont les écrits s’enracinent dans la plus pure tradition de la poésie lyrique religieuse qui nous vient du fond des siècles. Le lecteur contemporain sera étonné par la beauté du texte chez saint Ignace : une beauté qui, paradoxalement, n’est pas de nature émotionnelle. De même que saint Ignace fonde l’ensemble de son enseignement sur la « réalité expérimentée », de même il écarte par son écriture toute délectation ou rêveries trompeuses : on y retrouve seulement le souffle puissant de l’Esprit. Quels que soient les thèmes abordés par saint Ignace : la prière, la lutte contre les passions ou la mémoire vivante de la mort, toute son œuvre porte toujours le sceau de cette force originelle qui nous parvient à travers sa parole.