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histoire
Publiés aux éditions des Syrtes
Hitler Staline émigration russe Syrtes
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’émigration russe en Europe offrait une diversité politique importante avec cependant une seule constante : le rejet du bolchevisme. Le déclenchement du conflit allait constituer une très rude épreuve et la question essentielle concernera l’attitude à adopter dans la guerre. Qui soutenir? Qui combattre? Les options étaient variées : depuis l’engagement dans la Résistance, en passant par l’union de tous les Russes dans la défense de la patrie jusqu’à la lutte contre le bolchevisme auprès d’Hitler sous uniforme allemand. Nicolas Ross analyse ce panorama dans toute sa complexité et ce qui en ressort est la difficile conclusion que pour tous les camps, l’histoire s’est terminée dans la désillusion et la tragédie.

Le Livre des nombres est un roman monumental, à la fois fresque historique, saga familiale et monographie d’un village d’Europe centrale. Il embrasse un siècle de l’histoire mouvementée de la Transylvanie, ballottée entre l’Empire austro-hongrois, la Hongrie puis la Roumanie, tragiquement secouée par l’instauration du régime communiste. Le lecteur est plongé dans l’entreprise d’un auteur qui tente d’écrire la chronique de sa famille. Il s’y emploie en interrogeant ses proches, en feuilletant des albums de photographies, en fouillant dans les archives de la police secrète, en lisant des Mémoires ou en écoutant des bandes magnétiques ; mais aussi en faisant appel à son imaginaire capable de toutes les transgressions. Peu à peu, devant ses yeux, se tisse ainsi l’épopée de deux familles apparentées, sur quatre générations, qui trouve des échos incessants dans le présent. Grâce à une construction littéraire magistrale, les disparus se racontent autant que les survivants ou leurs descendants. Et leur parole recompose la mémoire collective et un arbre généalogique séculaire, bien ancré dans la terre, dont les branches déploient des noms que l’Histoire n’a pas retenus.
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Soloviov et Larionov est le premier roman de Evgueni Vodolazkine, son quatrième livre traduit en français. Soloviov est un jeune historien qui rédige une thèse sur la vie de Larionov. Il cherche à comprendre pourquoi ce général de l’Armée blanche, une fois tombé aux mains des Rouges, non seulement n’a pas été exécuté, mais a même reçu une pension des Soviétiques. Parti à Yalta sur les traces de son héros, Soloviov est précipité dans une cascade d’événements rocambolesques. Mais, à peine le lecteur est-il tenté de croire que ce qui est relaté est véridique, ou inspiré de faits historiques réels, qu’il se heurte aux commentaires loufoques et aux notes pseudoscientifiques parsemés par l’auteur. Par cette sorte de mise en abîme, Vodolazkine réussit donc le tour de force d’égarer le lecteur entre réalité et fiction et de transformer son roman en un habile jeu historique et scientifique, le tout avec humour et une autodérision pleine de tendresse. Vodolazkine offre un roman décalé et plein d’humour, qui se moque avec tendresse du sérieux du monde universitaire, et où sont déjà présentes toutes les caractéristiques de ses œuvres ultérieures : un style parfaitement maîtrisé, une intrigue prenante, des personnages attachants, complexes et entiers à la fois, ainsi qu’une réflexion sur le temps qui déstabilise le lecteur. Une couverture originale de Plonk & Replonk Zbigl!
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Du même auteur aux éditions des Syrtes
L’Aviateur (2019) Brisbane (2020) Les Quatre vies d’Arseni (2020, Syrtes Poche)
Le journaliste et conteur d’exception Eric Hoesli développe l’histoire du Caucase, considéré comme l’une des zones géopolitiques les plus sensibles du globe. Plusieurs conflits (Tchétchénie, Nagorny Karabakh, Abkhazie, Ossétie du Sud) s’y déroulent aujourd’hui. La région est victime de l’affrontement entre plusieurs États (Arménie –Azerbaïdjan, Russie – Géorgie), et de l’intervention de puissances extérieures. Depuis quelques années on y constate aussi l’apparition de courants islamistes fondamentalistes, l’explosion du grand banditisme, et le retour de revendications nationales ou ethniques. La découverte de nouvelles réserves de pétrole et de gaz a en outre aiguisé l’appétit des grandes puissances. Rien de tout cela n’est nouveau. Depuis deux siècles, les principales puissances politiques et militaires du monde se livrent dans la région à une guerre d’influence qui a parfois pris des allures discrètes, voire inattendues, mais qui a souvent débouché sur des conflits armés, accompagnés à l’occasion de déportations ou de génocides. L’expansion russe, le « Grand Jeu » (ou la guerre froide que la Grande-Bretagne et l’empire russe se sont livrés durant tout le XIXe siècle), les tentatives de conquête du massif par l’Allemagne ou la bataille politique et économique pour le contrôle du pétrole : autant de processus marquants qui ont eu le Caucase pour décor. Le récit de cette fantastique épopée est l’objet de cet ouvrage. L’histoire de la conquête du Caucase donne les clés nécessaires à la compréhension des enjeux et des problèmes que connaît la région aujourd’hui. Le récit vivant est préféré à la synthèse. Même si la rigueur la plus stricte et l’honnêteté intellectuelle ont fondé tout le travail d’une dizaine d’années réalisé à cette occasion.
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Du même auteur aux éditions des Syrtes
L’Épopée sibérienne (2018)
Syrtes guerre froide Ross émigration russe
Le dernier volet de la série autour de l’émigration russe blanche
Si Entre Hitler et Staline évoquait le difficile choix des Russes blancs et des Soviétiques dans l’espace européen durant la Seconde Guerre mondiale, Au cœur de la guerre froide poursuit l’exploration de l’histoire de l’émigration russe à un moment d’extrême tension mondiale. Vie politique intense, activités sociales et culturelles variées, associations religieuses, organisations humanitaires, mouvements de jeunesse, publications, radios en langue russe : tout un ensemble d’éléments ont contribué à la survie de cette vie communautaire spécifique. Largement impliquée dans le processus de renaissance des valeurs traditionnelles de son pays perdu, l’émigration russe a contribué à la chute de l’URSS. Cet ouvrage regroupe près de 40 pages d’illustrations sur cette période
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Saint-Alexandre-Nevski, centre spirituel de l’émigration russe (2011) Aux sources de l’émigration russe blanche (2011) La Crimée blanche du général Wrangel (2014) Koutiepov, le combat d’un général blanc: de la Russie à l’exil(2016) De Koutiepov à Miller, Le combat des Russes blancs (2017) lls ont tué le tsar, les nouveaux racontent (2018) Saint-Serge de Colombelles (2019) Entre Hitler et Staline (2020)
Syrtes Pahor Slovénie Italie fascisme

Les quatorze nouvelles regroupées dans Arrêt sur le Ponte Vecchio sonnent, tels des éclats d’un miroir brisé reflétant les drames du XXe siècle, comme un appel au devoir de mémoire. Chacune d’entre elle correspond à un moment singulier de cette montée de la barbarie, du martyre des Slovènes dans l’Italie fasciste aux rescapés des camps de la mort.

D’inspiration autobiographiques, ces nouvelles font ainsi découvrir l’histoire slovène. La première partie se passe ainsi dans les années 1920. On y voit avec horreur la montée du fascisme et les chemises noires italiennes. La deuxième partie entraîne le lecteur vers les camps où Boris Pahor aura passé quelques temps. Alors que la troisième partie présente la ville de Trieste. Ce recueil est particulièrement exemplaire par la langue imagée de l’auteur, si belle et poétique.

Alors que l’atrocité et la cruauté des hommes sont la toile de fond de ce livre superbe, Boris Pahor ne cède jamais au désespoir, et nous livre un regard tour à tour désabusé, ironique ou tendre. Il aborde les relations entre Italiens et Slovènes, la cohabitation parfois difficile et surtout la façon d’envisager leur histoire commune. Une leçon d’humanité inoubliable.

Une île qui ne figure sur aucune carte géographique, dans aucun livre d’Histoire et qui fait l’objet d’une mystérieuse prophétie. L’histoire de cette île imaginaire est racontée par trois voix : celle de chroniqueurs qui donnent leur version des faits, et la double voix d’un couple princier qui les commente et rectifie, semant le doute sur la version officielle de l’histoire qui nous parvient. À la tête de l’île, les dirigeants se succèdent avec plus ou moins de bonheur, le pouvoir les métamorphose, certains perdent la raison, d’autres littéralement leur tête… Nous voici donc plongés, à la manière d’une chronique médiévale, dans plusieurs siècles de guerres, de trahisons, de révolutions, d’évolution et de perpétuelles transformations. Le passé et le présent, le réel et le fantastique s’interpénètrent habilement, et dans cette succession d’époques et de décideurs, le lecteur devenant le témoin privilégié de la « fabrique » de l’Histoire. Par la spontanéité avec laquelle il rapporte les événements extraordinaires, Evgueni Vodolazkine n’est pas sans rappeler Tolkien et sa Terre du milieu ; par son érudition, Le Nom de la rose et par sa drôlerie et son espièglerie, il se rapproche de Julian Barnes et de son Histoire du monde en 10 chapitres ½. Probablement le projet littéraire le plus ambitieux de Vodolazkine, Histoire de l’Île est un roman magistral, éclairant et percutant.
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