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famille
Publiés aux éditions des Syrtes
DISPONIBLE EN SYRTES POCHE
Préface de Jacques Catteau

L’histoire de ma sœur est abord celle d’un sentiment. L’amour passionné que nourrit Kostia pour Katia, sa sœur de sept ans son aînée. C’est aussi le récit du destin poignant d’une femme forte. Et, à travers elle, l’auteur dresse un tableau de la vieille Russie, qui s’apprête en effet à voler en éclats. Des balbutiements de l’enfance jusqu’à l’épanouissement ultime de la mémoire, ce superbe roman de Michel Ossorguine se lit comme un poème en prose qui s’ouvrirait sur le ton mineur pour se clore dans la gravité.

Choix des documents, avant-propos et notes de Nicolas Ross
Traduction du russe des documents par Jean-Christophe Peuch
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 mourraient le tsar Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, dans la maison de l’ingénieur Ipatiev, où ils étaient détenus depuis le 30 avril. Contrairement à ce qu’on a pu croire, les exécutants et les complices de cet assassinat ont beaucoup parlé et beaucoup écrit, mais sous le sceau d’un secret rigoureusement gardé jusqu’aux dernières années de l’existence de l’URSS. Avant de donner la parole aux acteurs de ces événements, Nicolas Ross revient sur le massacre de la famille impériale, la disparition puis la réapparition de ses restes. Ce court récit facilite la lecture des seize témoignages qui suivent. Quatre des gardes rouges de la maison de l’ingénieur Ipatiev avaient été retrouvés et interrogés par les enquêteurs blancs dès 1918-1919, et leurs dépositions constituent les premiers documents publiés. En 1919 également fut rédigée par Iakov Iourovski, le dernier commandant de la maison Ipatiev et principal acteur de l’exécution de ses occupants, sa célèbre Note, qui ne fut révélée qu’en 1989 et qui connut rapidement une résonnance internationale. Après Iourovski, d’autres participants livrèrent leurs confidences, restées secrètes jusqu’à la fin du pouvoir communiste en Russie. Leurs témoignages sont ici aussi publiés. Mais les récits des assassins du tsar et leurs complices ne concernent pas uniquement l’exécution et l’inhumation improvisée des détenus de la maison Ipatiev. Ils racontent leur vie d’avant la révolution de 1917, leurs combats durant la guerre civile, jusqu’à la tragédie d’Ekaterinbourg. Ils y étaient tous volontaires et ont accompli leur mission en connaissance de cause. Leur personnalité et leur biographie éclairent leurs actions et leurs motivations. C’est pourquoi Nicolas Ross a veillé à rendre compréhensibles les documents livrés ici, en replaçant biographiquement chaque personne citée. En plus du récit de l’exécution de la famille impériale, ces textes dévoilent l’atmosphère lourde et éprouvante des derniers jours de Nicolas II et des siens. Ils illustrent, par ailleurs, le projet des dirigeants bolcheviques, qui avaient entrepris d’exterminer tous les Romanov. Il fallait, par ce sang, sceller une Russie du futur totalement coupée de ses racines historiques. Disponible également en version numérique
Un matin, à la fin du mois de décembre, Petrov, mécanicien et auteur raté de bande dessinée, se sent fiévreux et prend un remède alcoolisé contre la toux. En chemin vers le travail il est happé par Igor, son vieil ami spontané et incontrôlable, et les voilà qui enchaînent les verres de vodka dans un corbillard, autour d’un cercueil. Pendant ce temps, Petrova, son ex-femme, essaie de contenir une étrange spirale assassine qui l’assaille à la vue d’une goutte de sang… Après un profond sommeil provoqué autant par l’alcool que par la grippe, Petrov finit par rentrer auprès de son fils et de Petrova, désormais malades, eux aussi, de la grippe. Progressivement, les souvenirs d’enfance de Petrov ressurgissent aussi étranges que troublants. Le roman raconte quelques jours de la vie ordinaire des Petrov. À moins qu’il ne s’agisse d’une errance hallucinatoire dont le parcours est rendu flou par la fièvre et l’alcool ? La force de Alexeï Salnikov c’est de nous balader dans ce néant entre délire et réalité, entre roman policier et déambulation loufoque, avec un humour décapant et absurde jusque dans les moindres détails. Les Petrov, la Grippe, etc. c’est Andreï Kourkov et John Kennedy Toole qui se mettent à danser sous les applaudissements de Gogol et de Boulgakov.
Également disponible en version numérique
Siège Leningrad famine guerre Allemagne URSS
Préface de Sarah Gruszka
Iouri Ivanovitch Riabinkine a seize ans au début de l’invasion allemande et de l’opération Barbarossa, en juin 1941. Le 8 septembre il note dans son journal : « Oui, c’est le premier véritable bombardement de Leningrad. C’est la nuit du 8 au 9 septembre. Que cette nuit nous apportera-t-elle ? » C’est le point de départ du plus long et du plus terrible siège de l’histoire : des centaines de milliers d’habitants sont soumis au feu ennemi allemand durant neuf cents jours faisant, avec huit cents mille victimes dont l’écrasante majorité de famine. Au début de la guerre, les Riabinkine choisissent de rester à Leningrad. Souffrant de problèmes de vue et de pleurésie, Iouri n’a pas pu se porter volontaire pour le front. À l’automne 1941, sa mère lui conseille de s’inscrire dans une école spéciale de la marine, afin de pouvoir être évacué plus rapidement, mais Iouri échoue à l’examen médical. À la mi-décembre 1941, la famille est inscrite sur la liste des personnes qui doivent être évacuées entre le 15 et le 20 décembre, mais le départ ne peut avoir lieu, au grand désespoir de Iouri qui y entrevoit leur seule chance de survie. Le 3 janvier 1942, il écrit : « C’est presque la dernière note dans mon journal. J’ai bien peur qu’elle… que je ne pourrai même pas écrire le mot fin sur la dernière page. » Le 8 janvier 1942, sa mère et sa sœur sont évacuées vers Vologda. Malade et trop affaibli, Iouri reste à Leningrad. Le 26 janvier, Antonina, sa mère, meurt d’épuisement à la gare. Irina, encore vivante, est envoyée dans un centre d’accueil pour enfants. Elle a été recueillie en 1945 par sa tante mais le sort de Iouri Riabinkine est inconnu. Un document daté du 2 mars 1942 retrouvé en février 2021 dans les archives du Centre d’information du Département des affaires intérieures de Saint-Pétersbourg, atteste que Iouri était décédé à cette date. Malgré sa brièveté, le journal de Iouri Riabinkine, illustre le calvaire de la population pendant cet interminable siège. C’est aussi un écrit personnel d’un adolescent ordinaire dans des temps critiques.
Salnikov Petrov grippe alcool Ekaterinbourg
Un matin, à la fin du mois de décembre, Petrov, mécanicien et auteur raté de bande dessinée, se sent fiévreux et prend un remède alcoolisé contre la toux. En chemin vers le travail il est happé par Igor, son vieil ami spontané et incontrôlable, et les voilà qui enchaînent les verres de vodka dans un corbillard, autour d’un cercueil. Pendant ce temps, Petrova, son ex-femme, essaie de contenir une étrange spirale assassine qui l’assaille à la vue d’une goutte de sang… Après un profond sommeil provoqué autant par l’alcool que par la grippe, Petrov finit par rentrer auprès de son fils et de Petrova, désormais malades, eux aussi, de la grippe. Progressivement, les souvenirs d’enfance de Petrov ressurgissent aussi étranges que troublants. Le roman raconte quelques jours de la vie ordinaire des Petrov. À moins qu’il ne s’agisse d’une errance hallucinatoire dont le parcours est rendu flou par la fièvre et l’alcool ? La force de Alexeï Salnikov c’est de nous balader dans ce néant entre délire et réalité, entre roman policier et déambulation loufoque, avec un humour décapant et absurde jusque dans les moindres détails. Les Petrov, la Grippe, etc. c’est Andreï Kourkov et John Kennedy Toole qui se mettent à danser sous les applaudissements de Gogol et de Boulgakov.
Également disponible en version numérique.
 

La Sonate à Kreutzer: une affaire de famille ? Dès sa parution, en 1891, elle a déchaîné les passions, et les réponses littéraires de sa femme et de son fils rassemblées ici révèlent, de manière éclatante, les conséquences profondes de la crise morale et spirituelle de Léon Tolstoï, au cœur même de sa famille. De tous les ouvrages de Tolstoï, La Sonate à Kreutzer est sans doute celui qui dévoile, de la façon la plus remarquable, les paradoxes de son œuvre et de sa personnalité. Jusqu’à la dernière ligne transparaissent le dégoût pour le mariage qui n’est que de la « prostitution légalisée », la haine des femmes « qui se vengent de nous en agissant sur nos sens», sa conviction que, pour obéir à la volonté de Dieu, l’homme doit s’abstenir de procréer.

Réponses familiales

Sa femme, Sofia Andreïevna, qui copie le manuscrit, éprouve, en le lisant, autant de fascination que d’horreur. Sa vengeance restera cachée. Peu connu, même en Russie, À qui la faute? révèle un talent littéraire nourri par un besoin d’expression personnelle et de justification. Écrit entre 1895 et 1898, Romance sans paroles répond également à une blessure. La mort à l’âge de sept ans de son dernier enfant. Il reflète par ailleurs sa fascination pour la musique, incarnée par le compositeur Sergueï Taneïev. La musique devient pour Sofia Tolstoï l’unique moyen de reprendre goût à la vie. Quelques années plus tard, Léon Tolstoï fils prend lui aussi la plume pour exprimer sa vision du couple.

Désormais, La Sonate à Kreutzer devient une affaire de famille. Dans Le Prélude de Chopin, le fils développe l’idée qu’un mariage précoce et pur, où les deux époux ne font qu’un seul être, est un bien qu’il ne faut surtout pas fuir. Que l’aspiration à la chasteté absolue de l’humanité démontrée dans La Sonate à Kreutzer n’a aucun sens, car elle mène à l’extinction du genre humain. « Le lien conjugal toujours puissant […] illustre le fameux paradoxe d’Oscar Wilde : loin de s’inspirer de la réalité des relations conjugales entre Léon et Sofia Tolstoï, la fiction de La Sonate à Kreutzer a fini par les influencer », conclut Michel Aucouturier, auteur de la préface.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
L’argent et le travail (2010)
ÉPUISÉ – DISPONIBLE EN SYRTES POCHE
Bulgarie au début du XXe siècle, une société pétrie de traditions, de superstitions et de conventions ancestrales. La jeune Miriam, fantasque, indépendante, un peu sorcière, aime Ahmed envers et contre tout. Elle décide de vivre avec lui, puis de le suivre à Istanbul au risque d’en payer le prix fort. Miriam doit se battre à chaque instant pour garder sa liberté : celle d’être une enfant libre et s’épanouir comme elle l’entend, puis comme femme, comme amoureuse et épouser qui elle entend – un homme aussi libre qu’elle –, enfin, comme mère. Mais, rattrapée par les préjugés, elle est confrontée à un choix impossible.
L’histoire racontée par Maria Kassimova-Moisset est celle de sa grand-mère et de son père, telle qu’elle lui a été racontée, telle qu’elle s’en souvient. La narration, qui s’attarde tour à tour sur les différents personnages, est entrecoupée par des dialogues dans lesquels l’autrice interpelle et questionne leurs actes. Créant ainsi un pont avec le lecteur du XXIe siècle.
L’écriture, sans pathos, dépeint avec sensibilité, empathie et poésie les détails du quotidien, regarde avec attention les visages, à la recherche de ce que l’on ne peut exprimer avec des mots. Rhapsodie balkanique est un roman poignant et universel sur les ravages de l’intolérance et l’arbitraire des choix. Un roman sur une femme qui incarne une génération désireuse de s’émanciper
Bulgarie au début du XXe siècle, une société pétrie de traditions, de superstitions et de conventions ancestrales. La jeune Miriam, fantasque, indépendante, un peu sorcière, aime Ahmed envers et contre tout. Elle décide de vivre avec lui, puis de le suivre à Istanbul au risque d’en payer le prix fort. Miriam doit se battre à chaque instant pour garder sa liberté : celle d’être une enfant libre et s’épanouir comme elle l’entend, puis comme femme, comme amoureuse et épouser qui elle entend – un homme aussi libre qu’elle –, enfin, comme mère. Mais, rattrapée par les préjugés, elle est confrontée à un choix impossible.
L’histoire racontée par Maria Kassimova-Moisset est celle de sa grand-mère et de son père, telle qu’elle lui a été racontée, telle qu’elle s’en souvient. La narration, qui s’attarde tour à tour sur les différents personnages, est entrecoupée par des dialogues dans lesquels l’autrice interpelle et questionne leurs actes. Créant ainsi un pont avec le lecteur du XXIe siècle.
L’écriture, sans pathos, dépeint avec sensibilité, empathie et poésie les détails du quotidien, regarde avec attention les visages, à la recherche de ce que l’on ne peut exprimer avec des mots. Rhapsodie balkanique est un roman poignant et universel sur les ravages de l’intolérance et l’arbitraire des choix. Un roman sur une femme qui incarne une génération désireuse de s’émanciper.
Également disponible en livre numérique