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Nathalie Wulfert, Natacha pour les intimes, était une femme pour laquelle, selon un contemporain, un homme aurait pu « tout oublier et renoncer à tout ». En la voyant, le grand-duc Michel Alexandrovich, frère du tsar Nicolas II, en tomba éperdument amoureux. Il lui fit la cour, bien qu’elle fût divorcée et remariée avec l’un des officiers du régiment où il servait. Pour lui, elle divorça une seconde fois et accepta une vie de maîtresse entretenue qui ne lui convenait guère et lui valut la malveillance et l’hostilité de la Cour. Pour elle, il oublia ses devoirs dynastiques afin de l’épouser secrètement, malgré la surveillance policière dont son frère les entourait. Et seules les balles des Bolchéviques eurent raison de leur amour.
Rosemary et Donald Crawford nous content cette romance à travers la correspondance intime de Michel et Natacha. Des centaines de lettres qui évoquent leur bonheur et leur désespoir et nous entraînent à travers toute l’Europe. Car cet ouvrage est également une narration saisissante des dernières années de la Russie impériale. On y suit la Première Guerre mondiale ainsi que la révolution qui entraînera la chute de Nicolas II et son abdication en faveur de son frère, qui ne régna qu’une seule journée.
Écrites entre 1900 et 1949, les nouvelles réunies dans ce recueil nous projettent dans un univers où la nature imprime aux hommes ses paradoxes et ses débordements. Pris dans la tourmente de la guerre, dévorés par les passions amoureuses ou en proie aux souvenirs cruels, les personnages de Bounine affrontent les épreuves par le biais d’un imaginaire incandescent. Leur sincérité et leur force d’âme nous les rendent étonnamment proches dans leur étrangeté même. Leur solitude est un exil intérieur, miroir de la condition de l’auteur.
Guerre et paix s’entremêlent dans ce roman de Vladimir Volkoff comme la mort et l’amour. Le vide intérieur des héros se heurte à l’horreur de la torture, donnant à ce conte cruel une force inoubliable.
Printemps mortel relate les amours tragiques d’un jeune Hongrois du début du siècle. Ardent et romantique, il s’éprend d’Edit, fille d’un général de l’armée. Se croyant trahi, il se livre alors au démon du jeu en dilapidant sa fortune. Mais alors qu’il renoue avec l’espoir et le bonheur de vivre, nés d’une nouvelle rencontre et d’un mariage imminent, une lettre d’Edit vient tout bouleverser.
Voici livrées, dans ce bref roman de Lajos Zilahy, les passions violentes, les extases et le désespoir à la veille de l’effondrement de l’Empire austro-hongrois. La détresse et la mélancolie du héros sont aussi celles d’un peuple qui regarde son âge d’or s’éloigner derrière lui.
Les deux histoires d’aventure de Romans caucasiens, de l’incomparable Alexandre Dumas, sont ancrés dans la réalité historique des guerres caucasiennes. Au cœur d’un pays enchanteur mais menaçant, des héros téméraires et ténébreux sont prêts à tous les excès. Qu’ils soient pour une belle aux yeux de braise ou par amour de la liberté.
« Même en se faisant « oriental », Dumas montre ici qu’il reste un romantique impénitent, fasciné par la passion et le crime », écrit Dominique Fernandez dans sa préface. Restés inédits depuis plus d’un siècle, La Boule de neige et Sultanetta dévoilent une facette sans doute peu connue d’Alexandre Dumas, mais qui confirme son immense talent de conteur.
Xavier de Maistre met ici en scène Prascovie, qui vit dans les confins de la Sibérie. Modeste et illettrée comme la plupart des paysans, elle aurait bien oublié ses origines aristocratiques si ses parents, qu’elle aime tendrement, ne se mouraient pas de chagrin dans leur masure glacée. Injustement condamnés à un terrible exil, ils ne peuvent accepter de payer depuis tant d’années pour une faute qu’ils n’ont pas commise. Animée d’une inébranlable foi enfantine, Prascovie se met un jour en tête de partir à pied pour Saint-Pétersbourg afin de demander au tsar en personne la grâce de ses parents. Cette incroyable traversée de la Russie éternelle verra aussi l’accomplissement d’une quête spirituelle.
Après un an d’emprisonnement politique au début des années 1930, un jeune écrivain entreprend un long et salutaire voyage vers ses origines. Ce retour à la liberté est l’occasion d’une promenade à travers l’Europe centrale, dans les miettes du défunt Empire austro-hongrois. Il redécouvre ainsi Zagreb, Dubrovnik, Fiume… Entremêlant passé et présent, François Fejtö croque avec une tendresse malicieuse et nostalgique tout à la fois des portraits d’êtres aimés ou croisés au hasard.
Roman-confession, Profil bas est aussi un aveu à la fois douloureux et drôle dans lequel l’auteur confronte son passé à sa vie actuelle. Catherine est une femme qu’il a connue à son arrivée en France vingt ans auparavant. Cette Basque extravagante reparaît sans crier gare, après une longue absence, avec un coup de fil inattendu. Le rendez-vous mystérieux qu’elle lui fixe dans un café de Belleville marque le début d’un suspense haletant. Le narrateur essaie de résoudre l’énigme posée par cette femme qu’il avait autrefois désirée. Il se penche alors sur sa propre vie et nous entraîne dans un tourbillon de situations tantôt grotesques, tantôt tragiques.
Ce roman à la construction résolument moderne est une forme d’autoportrait qui ne dit pas son nom. Le grand auteur qu’est Paul Goma se livre ici à cet exercice périlleux avec un courage étonnant et une hargne littéraire roborative
Joyaux de la photographie et testament des photographes, Les matins du monde sont unies par des images de l’heure la plus magique de la journée, au gré des fuseaux horaires.
C’est un hymne visuel à la majesté de la Terre, une ode à la foisonnante harmonie du monde, à l’amour émerveillé de la nature.
La vérité du « Soleil des morts » est telle qu’elle déborde le cadre de la littérature. – Alexandre Soljenitsyne
Tandis qu’en 1960 la guerre fait rage en Algérie, un étudiant parisien dérobe la grenade de son sergent instructeur. Il la transmet aussitôt à un réseau d’activistes indépendantistes. L’arme passe alors de main en main, au rythme d’une intrigue haletante qui nous mène de la métropole à Alger. Ce roman à suspens de Vladimir Volkoff nous plonge avec une rare acuité dans les passions meurtrières qui ont déchiré la France et l’Algérie.
En 1826, la France est ruinée par les campagnes napoléoniennes et la Russie apparaît comme un pays de cocagne. En quête de gloire et de fortune, Grisier, un maître d’armes français part donc pour Saint-Pétersbourg. Après un voyage éprouvant, il se lie d’amitié avec Louise Dupuis, une modiste française expatriée, ainsi que son amant le comte Alexis Vaninkoff, jeune lieutenant dans les chevaliers gardes de l’empereur.
A la mort de l’empereur Alexandre, des conspirateurs, avec lesquels le comte Alexis s’est laissé entraîner par désoeuvrement, profitent du trouble faisant suite à la renonciation à la couronne de Constantin au profit de Nicolas, son jeune frère, pour essayer d’instaurer une république. Cependant, mal préparé, ce complot appelé la conspiration des décembristes, est un échec. Tous les protagonistes sont arrêtés et le comte Alexis est condamné à l’exil perpétuel en Sibérie. S’ensuivent des ennuis inattendus pour notre maître d’armes.À la croisée de ces destinées, périls et prouesses, complots abjects et intrigues amoureuses se succèdent sous la plume d’Alexandre Dumas. Ce roman est l’un des premiers de l’écrivain, mais l’on reconnaît déjà son style si palpitant.
Les Chrétiens du monde représente l’aboutissement d’un travail photographique commencé à la chute du mur de Berlin. Douze ans plus tard, Alfred Yaghobzadeh offre un témoignage unique sur les chrétiens et les expressions de la chrétienté dans le monde. Une plongée dans la vie des peuples rythmée par la foi. De la Russie à l’Éthiopie, de la Pologne au Pakistan, du Liban à l’Espagne, en passant par Cuba, le Tadjikistan, les Philippines, ou encore la Terre Sainte, l’auteur nous invite à un voyage spirituel et culturel à travers vingt-sept pays.
Chrétien iranien, Alfred Yaghobzadeh est à la fois reporter et coloriste de réputation internationale. Il atteste dans cet ouvrage ambitieux et d’une saisissante beauté, de l’étonnante variété du christianisme. Il en montre ainsi plusieurs facettes. Des fastes de l’orthodoxie russe à la retenue mystique des coptes d’Égypte. De l’exubérance des catholiques philippins à la pauvreté biblique des monophysites d’Éthiopie. Il entraîne d’autant plus sur un chemin inattendu de la découverte du monde dans sa diversité avec des images captivantes.
Débarrassé de tout moralisme pesant, « La fosse aux filles » provoquera un immense scandale lors de sa sortie en 1915.
Dans une ville méridionale de la Russie, un quartier porte le nom de « Faubourg des voituriers » (Iamskaïa Sloboda, en abrégé « La Fosse »). Mais l’arrivée du chemin de fer à la fin du XIXe siècle a révolutionné les transports. Les voituriers ont disparu. Le quartier, qui était déjà un centre d’ivrognerie et de débauche, devient alors un centre de la prostitution, qui a complètement envahi le faubourg.
Ce roman réaliste établira Alexandre Kouprine comme l’une des principales figures de la littérature humaniste russe du XXe siècle
Chef-d’œuvre de la littérature russe, Poltava fait l’éloge de la plus prestigieuse des batailles remportées par Pierre-le-Grand. En 1709, elle ouvrit en effet à la Russie les portes du cercle restreint des grandes puissances européennes. Cinq ans plus tard, Alexandre Pouchkine, poète fougueux et épris de justice, s’oppose ouvertement à la monarchie et écrit Le Cavalier de bronze. Il dénonce le rêve mégalomaniaque de Pierre-le-Grand qui construisit la ville impériale un siècle plus tôt, au mépris du peuple.