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Catalogue

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Publiés aux éditions des Syrtes
L’ Esprit Saint est au cœur de la théologie orthodoxe et vivre dans l’Esprit représente la vocation de tout chrétien. Que se passe-t-il lorsque l’Esprit Saint vient habiter en nous ? La vie se révèle alors dans toute sa plénitude. Loin de nous conformer à un modèle extérieur, le Saint-Esprit nous fait devenir pleinement nous-mêmes. Il inaugure un nouveau mode d’être qui n’est autre que la transfiguration de la vie présente. Le métropolite Antoine développe dans le présent ouvrage les caractéristiques de cette vie nouvelle dans l’Esprit. Il se fonde non sur des raisonnements théologiques mais sur sa riche expérience personnelle. Pas à pas, au fil de ses exposés et des réponses aux questions de son auditoire, il nous propose un chemin pour accéder à la vie dans l’Esprit. Chemin marqué par l’amour authentique, où le Christ qui se donne à nous dans l’eucharistie — irruption du temps du Royaume dans notre chronologie — est à la fois le but et le compagnon de route. Nous découvrons également une prière composée par Mgr Antoine lors de cette rencontre ainsi qu’une homélie dite lors de l’office, ici retranscrite. La Vie dans l’Esprit est la dernière conférence (1973) donnée par Monseigneur Antoine Bloom entre 1968 et 1973 à l’abbaye bénédictine de Sainte-Gertrude à Louvain. Les enregistrements de ces retraites ont été retranscrits par une sœur de Sainte-Gertrude, sous forme de polycopiés, puis confiés à une personne qui les a ensuite fait parvenir aux éditions des Syrtes.
 
Cette corde qui m’attache à la terre renferme tout un univers, celui d’un village moldave à l’époque soviétique, qui tient dans les paumes d’une petite fille.
Le monde que cette enfant découvre ne lui plaît pas du tout, ce qui la pousse à vouloir s’en échapper à tout prix. Tout ce qu’elle fait a donc pour but de préparer son départ pour le grand monde, celui de ses rêves : rédaction et distribution de billets amoureux en échange de quelques kopecks, vente de bouteilles de vin avec ajout d’une petite taxe pour ses économies… Son univers est peuplé de personnages fascinants tels que tante Muza, oncle Ștefan (qui a le regard de celui qui a fait la guerre), la vieille Dochia (la guérisseuse qui guérit les chagrins des autres avant de soigner le sien), nana Raia (la bibliothécaire dont toute la famille a été envoyée en Sibérie). La voix solaire et tempétueuse de la petite fille nous accompagne au fil des pages, et Lorina Bălteanu retranscrit admirablement la solitude, les angoisses et les réflexions obsessionnelles, à la fois naïves et matures de cette enfant. Un très beau roman d’apprentissage sur l’enfance, le passage à l’adolescence, la relation à la famille et à la communauté. Mais Cette corde qui m’attache à la terre est surtout un livre d’une grande sensibilité, qui porte en lui une petite musique profonde, drôle, délicate, inoubliable. Également disponible en livre numérique.

Dans Voyage sentimental, après un an d’emprisonnement politique au début des années 1930, un jeune écrivain entreprend un long et salutaire voyage vers ses origines en Yougoslavie. Ce retour à la liberté est l’occasion d’une promenade à travers l’Europe centrale, dans les miettes du défunt Empire austro-hongrois. Il redécouvre ainsi Zagreb, puis Dubrovnik, Fiume, sur la côte d’Istrie et de Dalmatie jusqu’aux Bouches de Kotor. Entremêlant passé et présent, François Fejtö croque avec une tendresse malicieuse et nostalgique tout à la fois des portraits d’êtres aimés ou croisés au hasard. Voyage et souvenirs, passé et présent se succèdent au fil des pages organisées comme un journal de voyage. Volontairement lyrique, le livre révèle un aspect peu connu de cet éminent historien et analyste politique, à l’aurore de son talent.

Publié en 1935, il n’a été réédité en Hongrie qu’en 1989.

 
syrtes Mitrophane athos URSS voyage
En 1976, le père Mitrophane entreprend, avec 9 autres moines du Mont Athos, un voyage en URSS, et sa visite est la première d’un moine athonite depuis la révolution de 1917. Le moine décrit la vie de l’Église dans un contexte de militantisme athée et de persécution intense, inédite dans l’histoire chrétienne. Néanmoins, une minorité a su préserver sa foi, assurant la survie et la prospérité de l’Église orthodoxe. Ce livre offre un témoignage unique sur la vie de l’Église orthodoxe russe sous le régime soviétique. Ce récit spirituel puissant interroge aussi sur la préservation de notre vie intérieure et spirituelle dans une société qui semble avoir délaissé Dieu. Servies par un style vivant, les réflexions du moine Mitrophane enrichissent ce témoignage exceptionnel.  
Syrtes aristocratie extermination Russie révolution
  Le Monde d’avant, les derniers jours de l’aristocratie russe raconte par le menu détail l’histoire des « perdants » de la révolution russe. En effet, le destin de la noblesse, c’est-à-dire la destruction de cette classe sociale (environ 2 millions de personnes) est l’un des aspects ignorés de la révolution bolchevique et l’une de ses tragédies. C’est ce manque qu’a souhaité combler l’historien américain Douglas Smith.Cette destruction préfigure celle d’autres groupes sociaux en Russie au cours des années suivantes. On découvre donc comment l’élite russe a été privée de ses biens et presque entièrement détruite au cours de la période comprise entre 1917 et la Seconde Guerre mondiale : la révolution de Février, le coup d’État bolchevique, la guerre civile, la nouvelle politique économique (NEP) et l’ère stalinienne. L’historien a choisi comme fil conducteur la vie des familles Cheremetiev et Golitsyne sur plusieurs générations, car leur expérience et leurs manières de réagir aux événements sont représentatives de ce qu’ont vécu les nobles dans leur majorité. Les deux familles appartenaient à la frange la plus élevée de la noblesse, l’aristocratie ; l’une et l’autre avaient un passé ancien et respecté ; toutes deux ont terriblement souffert pendant la révolution et ont été divisées, certains de leurs membres quittant définitivement la Russie. Smith décrit des opinions parfois divergentes au sein même de ces familles concernant l’état de la société et de la politique russes, ainsi que la nécessité – ou le caractère inévitable – de la révolution.  Ces deux familles ont par ailleurs laissé une masse considérable de lettres, de journaux personnels, de livres de souvenirs inédits qui constituent les sources indispensables pour raconter cette histoire d’une manière complète, exacte et irréfutable.
Aussi disponible en livre électronique
 
Bulgarie au début du XXe siècle, une société pétrie de traditions, de superstitions et de conventions ancestrales. La jeune Miriam, fantasque, indépendante, un peu sorcière, aime Ahmed envers et contre tout. Elle décide de vivre avec lui, puis de le suivre à Istanbul au risque d’en payer le prix fort. Miriam doit se battre à chaque instant pour garder sa liberté : celle d’être une enfant libre et s’épanouir comme elle l’entend, puis comme femme, comme amoureuse et épouser qui elle entend – un homme aussi libre qu’elle –, enfin, comme mère. Mais, rattrapée par les préjugés, elle est confrontée à un choix impossible.
L’histoire racontée par Maria Kassimova-Moisset est celle de sa grand-mère et de son père, telle qu’elle lui a été racontée, telle qu’elle s’en souvient. La narration, qui s’attarde tour à tour sur les différents personnages, est entrecoupée par des dialogues dans lesquels l’autrice interpelle et questionne leurs actes. Créant ainsi un pont avec le lecteur du XXIe siècle.
L’écriture, sans pathos, dépeint avec sensibilité, empathie et poésie les détails du quotidien, regarde avec attention les visages, à la recherche de ce que l’on ne peut exprimer avec des mots. Rhapsodie balkanique est un roman poignant et universel sur les ravages de l’intolérance et l’arbitraire des choix. Un roman sur une femme qui incarne une génération désireuse de s’émanciper.
Également disponible en livre numérique
L’Homme qui apporte le bonheur, de l’écrivain zurichois Cătălin Dorian Florescu, est une saga qui se déroule sur deux continents et trois générations. Deux voix alternent pour raconter tour à tour l’histoire familiale de Ray à New York et celle d’Elena dans le delta du Danube, en Roumanie. La première déroule l’histoire d’un enfant des rues dans le New York du début du XXe siècle, où se bousculent les migrants chassés par la pauvreté et la famine d’Italie, d’Irlande ou d’Europe de l’Est. C’est un monde de débrouille, dans lequel un jeune orphelin gagne sa vie en vendant des journaux et en cirant des chaussures. Il rêve de devenir un grand chanteur, mais en attendant la gloire, il « apporte le bonheur » tantôt à ses amis, tantôt à des jeunes femmes paumées qui rêvent d’une vie meilleure. La deuxième voix emmène le lecteur dans un endroit méconnu, tout à l’est de l’Europe, le delta du Danube. Une région rude, soumise aux croyances et aux superstitions, dépendant du fleuve qui apporte aussi bien la vie que la mort. La narratrice revient sur les circonstances de la naissance et le destin tragique de sa mère, atteinte de la lèpre et qui est enfermée dans la dernière léproserie d’Europe, un lieu isolé, oublié de tous. Le récit à deux voix, les multiples rebondissements, l’écriture limpide, souvent d’une grande poésie font de L’Homme qui apporte le bonheur un roman à la fois bouleversant et lumineux.  Un hymne fulgurant à la grandeur de la vie et un voyage inoubliable !
Également disponible en livre numérique.
Le modèle suisse semble aujourd’hui en danger. Il subit des pressions de toutes parts, ce qui pourrait aboutir à la fin de la vocation historique de la Suisse. Depuis longtemps, le pays se distingue grâce à sa démocratie, son fédéralisme, sa neutralité et son multilinguisme. Avec détermination, la Suisse a mis en œuvre des idées politiques, souvent à contre-courant. Au XVIIIe siècle, Voltaire s’étonnait qu’elle ait pu se faire une place parmi les nations, bien qu’elle n’ait pas grand-chose à offrir… À part l’essentiel : la liberté.  L’Identité suisse au défi est un plaidoyer sans équivoque pour une certaine vision de la Suisse et pour la préservation de ses acquis historiques. Paul Widmer milite pour une plus grande fermeté dans l’affirmation de ses différences afin d’éviter tout alignement derrière des attentes non partagées par tous, en particulier concernant sa neutralité. Le modèle suisse devrait préserver et renforcer sa singularité sans que cela puisse nuire à l’individu ou à la collectivité.  Une réflexion pertinente, accessible et engageante sur l’identité et la place de la Suisse dans le monde.   
conservatoire Rachmaninoff Paris Syrtes Barillot
LAURÉAT DU PRIX CONSUELO DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE 2025
  En 1924, compositeurs, chanteurs et danseurs, professeurs des Conservatoires de Moscou et de Saint-Pétersbourg, princes érudits ou simples anonymes fondent dans la Ville Lumière un nouveau conservatoire. Avec une idée fixe : perpétuer la tradition de l’École russe, l’héritage de leurs ancêtres, avec abnégation et panache. Au fil du temps, cette institution, qui a pris le nom du célèbre compositeur Serge Rachmaninoff en 1953, est devenue bien plus qu’un simple conservatoire : un centre culturel des Russes en exil en même temps qu’un lieu d’accueil véritablement fédérateur et emblématique de la capitale. L’épopée des personnages de ce récit, illustres ou oubliés, ressemble à un conte. Habile combinaison entre l’histoire de l’émigration russe et des fragments plus intimes de la vie du Conservatoire, le livre explore les moments marquants de son existence, tels que sa fondation, les concerts mémorables et les moments partagés par la communauté russe. Serge Rachmaninoff, Serge Prokofieff, Fiodor Chaliapine ou Serge Lifar – tous ces grands noms ont imprimé de leur personnalité et leur enseignement l’histoire de ce lieu. Avec de nombreux anonymes ils ont ainsi pu surmonter l’épreuve du déracinement et des difficultés de la vie. Dès le début, musiciens et danseurs de renommée mondiale se sont produits régulièrement, de Vladimir Horowitz en passant par Nathan Milstein, Gregor Piatigorsky ou, plus récemment, Evgeny Kissin et Nikolaï Lugansky. Un siècle plus tard, le Conservatoire russe reste un lieu vivant où des cours sont dispensés et qui accueille des rencontres musicales, littéraires et artistiques. Cet ouvrage est le fruit d’une exploration inédite des archives du Conservatoire Rachmaninoff, comprenant 30 000 partitions, dédicacées par de nombreuses personnalités artistiques telles que Darius Milhau, Francis Poulenc, Jules Massenet, Igor Stravinski, Anton Rubinstein, etc. Il contient également des centaines de photos, tableaux, lettres, télégrammes, poèmes, affiches de spectacles, dessins, cartes de membres, livres de compte, comptes rendus de réunions, laissez-passer, etc. Ces documents, regroupés dans 48 pages de cahiers photos, offrent un aperçu unique et captivant de l’histoire du Conservatoire, jusqu’alors inexplorée.
Disponible également en version numérique
Pétersbourg, le chef-d’œuvre d’Andreï Biely et l’un des grands romans européens du XXe siècle, évoque les balbutiements de la révolution d’Octobre. Au centre du récit deux hommes, un père et son fils : Apollon Apollonovitch Ableoukhov, homme d’État occupant les plus hautes fonctions et Nikolaï Apollonovitch, étudiant en philosophie. Ce dernier a eu l’occasion de rencontrer des révolutionnaires (nous sommes en 1905) et reçoit l’ordre mystérieux de tuer son père. Il sort en plus d’une histoire d’amour malheureuse qui le pousse à des actes inconsidérés, intriguant et faisant peur en ville. Les mouchards et les agents doubles rôdent, rendant l’atmosphère encore plus trouble et fantastique… On parcourt la ville à cent à l’heure, et l’œil de Biely passe sur les choses sans jamais s’arrêter ; il lui arrive de trembler, de sortir du cadre, d’explorer les consciences des uns, l’inconscient des autres, et promener un regard prophétique sur l’Union soviétique… Inspiré par les événements de 1905 dans la capitale russe, écrit entre 1910 et 1913, publié en 1916 puis remanié en 1922, tout dans Pétersbourg est machination, suspense, effroi, infiltration, prémonition d’une apocalypse finale. Mais c’est aussi une épopée délirante, loufoque, grotesque, parfois à la limite du carnavalesque ; le plus souvent, simplement monstrueuse.
Après la parution remarquée des Poèmes de Russie (1912-1920), cette édition en bilingue reprend en format de poche les Poèmes de maturité (1921-1941) de Marina Tsvetaeva. Les deux volumes rassemblent la création lyrique des dix-sept années d’exil de la poétesse, depuis le moment où elle a quitté son pays en 1922 et jusqu’à sa mort en 1941, de retour en URSS.  En février 1923, à Berlin, Tsvetaeva publie Le Métier, poème qui représente un tournant dans sa création. Écrit sous la forme d’un dialogue poétique avec son lecteur, le thème général demeure la solitude dans le contexte de l’attachement à son pays. Les thèmes lyriques habituels – l’amour, la mort, la poésie – sont toujours présentés avec, en arrière-plan, une perspective philosophique qui pose la question du sens de la vocation poétique et de la vie. Au bout de quelques années en Occident, Tsvetaeva va composer un nouveau recueil poétique, Après la Russiepublié à Paris en 1928. Elle revient à ses thèmes lyriques et philosophiques favoris : Dieu, la vocation du poète, le temps et l’éternité, la grisaille du quotidien, l’amour et les questions sur son propre destin. Tsvetaeva voulait en faire un bilan des années de jeunesse fougueuse et d’approfondissement de sa maturation.  D’autres poèmes moins connus, souvent liés à l’exil et à son entourage viennent enrichir ce recueil. Le retour au pays ne lui apportera que malheur et déceptions. Les poèmes de la fin révèlent une Tsvetaeva toujours amoureuse et toujours extrême dans son aspiration vers l’absolu et la transcendance, mais le désespoir est déjà vivement ressenti.
Collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » dirigée par Jean-Claude Larchet
Ce volume de saint Nicolas Vélimirovitch (1880-1956) rassemble Pensées sur le bien et le mal et Leçons spirituelles (L’ABC de la vérité et L’ABC de la victoire), réflexions spirituelles brèves mais profondes qui explorent la nature fondamentale de l’existence.
Pensées sur le bien et le mal transcende le simple cadre éthique suggéré par son titre, embrassant des perspectives théologiques, cosmologiques, anthropologiques et psychologiques, toutes intrinsèquement liées à la quête spirituelle. L’auteur y manie avec habileté les oppositions et les paradoxes, dans le but de pousser le lecteur à la réflexion et le faire progresser dans sa compréhension du véritable sens de sa vie et du monde qui l’entoure.
Les deux œuvres qui constituent les Leçons spirituelles ont comme particularité de s’adresser directement au lecteur. La première a pour titre L’ABC de la vérité, car la vérité est le Christ lui-même et ne se trouve que dans la vie en Christ. Et si la seconde s’intitule L’ABC de la victoire, c’est parce que seuls le Christ et la vie chrétienne permettent de surmonter les difficultés et les obstacles que l’homme rencontre dans son existence, venant de l’intérieur de lui-même ou de son environnement.
Imprégnées de la conviction de la victoire ultime du fidèle, ces réflexions et conseils insufflent vigueur et espoir, baignés dans l’optimisme qui domine l’ensemble de l’oeuvre de saint Nicolas Vélimirovitch.
Préface de Geneviève Piron
Avec ce troisième opus, Merveilleuse planète, les éditions des Syrtes poursuivent leur importante entreprise de traduction de l’intégralité des récits du Goulag de Gueorgui Demidov. Depuis sa libération en 1951, après quatorze ans de détention, il se consacre à l’écriture, c’est-à-dire à la mise en pleine lumière de ce qu’a été l’enfer du Goulag : « Je veux apporter ma contribution en plantant un pieu dans le cœur et le souvenir du régime stalinien et de ses maudits suppôts. Je veux témoigner aux générations futures de ce passé abominable, ou plus exactement participer à l’écriture de ce réquisitoire. » En Russie, Merveilleuse planète a été édité en 2008, bien après la mort de l’auteur, par un éditeur spécialisé dans la publication des écrits des anciens détenus des camps. Si Gueorgui Demidov a choisi d’écrire non pas une autobiographie ou des mémoires, mais des récits et des nouvelles, ce n’est pas seulement pour évoquer diverses figures de l’univers du Goulag (politiques, droit-commun, gardiens), mais c’est aussi pour donner libre cours à son talent de conteur hors pair. Ses écrits sont faits de fragments, des histoires courtes où il est question de longues journées de travail, de faim, de froid, de surveillants hargneux et de chefs de camps mauvais, mais également de représentations théâtrales, d’opéra, de ténacité et d’espoir. Dans ces cinq récits, comme dans le reste de son œuvre, Demidov dissèque avec une précision quasi anatomique l’état de l’individu tombé dans des conditions inhumaines, mais qui ne se résigne nullement, cherchant et trouvant les moyens de survivre.  
Du même auteur
L’Amour derrière les barbelés (2022) Doubar et autres récits du goulag (2021)
Le monastère féminin de la Présentation de la Vierge au Temple d’Orel, fondé à la fin du XVIIe siècle, a longtemps été l’un des plus importants de Russie. Sa riche histoire est le reflet de la vie spirituelle de l’ensemble de l’Église orthodoxe russe. Il a été fermé par le pouvoir communiste en 1923, saccagé puis détruit ; les moniales et les prêtres ont connu la prison, la déportation ou la mort. Le monastère renaît à partir de 1993 et débute alors un minutieux travail de récupération de son histoire. C’est ainsi qu’émerge peu à peu la figure de mère Alexia, la dernière higoumène. L’artisan de cette reconstitution est le docteur Jean Liamine (1932-2024), petit-neveu français de l’higoumène, qui a exhumé et mis à la disposition des chercheurs ses riches archives familiales. L’étonnant parcours de mère Alexia (Alexandra Grigorievna Timacheva-Bering, 1866-1941) est celui d’une femme issue de la noblesse russe, enseignante et fondatrice d’un lycée pour filles à Moscou. Elle a prononcé ses vœux en 1917, après la mort de son fils, et en 1919 elle est nommée higoumène du monastère. Arrêtée plusieurs fois pour ses convictions religieuses, reléguée au Kazakhstan, elle meurt en prison en 1941. Son histoire, reconstituée à partir de ses lettres, carnets et documents judiciaires, photographies inédites ou souvenirs des derniers témoins, révèle une femme dont la foi est restée inébranlable face à la répression. Son destin se confond avec celui de nombreux martyrs, victimes de leur fidélité religieuse. Cet ouvrage permet aujourd’hui au lecteur d’entendre cette voix qui nous parvient avec toute sa puissance et sa conviction.