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Catalogue

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Publiés aux éditions des Syrtes
« Vous avez sous les yeux le premier tome de mon livre, Officiers et poètes russes. Dans ce volume sont réunies les biographies de quelques littérateurs nés au XVIIIe siècle. L’aspect militaire de la biographie de la plupart des héros de ce livre a toujours occupé une position secondaire, contingente, quand il n’a pas été totalement ignoré. Cela, alors même que le littérateur russe de la période classique passait son temps à guerroyer ou, quand il n’y avait pas de guerre, demeurait sous les drapeaux, prêt à prendre les armes à toute heure du jour et de la nuit. » Zakhar Prilepine Une démarche originale et pertinente : dévoiler le lien entre la poésie de guerre (souvent abondante) des écrivains classiques russes et leurs réelles expériences militaires, aujourd’hui oubliées ou méconnues. À travers les portraits de Gavrila Derjavine, Alexandre Chichkov, Denis Davydov, Konstantin Batiouchkov, Piotr Viazemski, Alexandre Bestoujev-Marlinski, Piotr Tchaadaev et Alexandre Pouchkine, c’est le portrait littéraire et historique d’une époque, avec, de la part de l’auteur, de fréquents clins d’œil aux lecteurs et une grande proximité avec ses personnages.  
OUVRAGE ÉPUISÉ.
Au nord de Caen, sur la rive élevée de l’Orne, se dresse fièrement une petite église russe toute blanche, avec sa coupole bleue surmontée d’une croix à huit branches. C’est Saint-Serge de Colombelles, l’une des nombreuses églises orthodoxes fondées en France par les Russes ayant fui la terreur bolchevique et qui travaillaient dans les grandes entreprises industrielles de province. Consacrée en 1927, elle fut durant une quarantaine d’années le sanctuaire d’une importante communauté d’émigrés russes, pour la plupart ouvriers de la Société métallurgique de Normandie (la SMN), logeant dans les cités ouvrières de la région. Jusqu’aux années 1950, ils vécurent en vase clos en organisant une vie sociale active et variée. Cependant, leurs enfants s’assimilaient rapidement et restaient rarement fidèles aux valeurs spirituelles et culturelles de leurs aînés. Dans le respect de la tradition liturgique russe, les offices à l’église de Colombelles, désormais sous le double patronage de saint Serge de Radonège et de saint Vigor de Bayeux, se déroulent en français, langue naturelle d’une communauté devenue multiethnique. Mais c’est avant tout l’histoire particulière des Russes de Colombelles, avec ses joies et ses peines, ses conflits et ses réconciliations, que tente de raconter ce livre. L’église, bâtie de leurs mains et ornée par leurs soins, reste, de nos jours encore, le témoignage majeur de leur existence en exil.

Au début du XVIIe siècle, la Moscovie, sortie du temps des troubles, connaît un extraordinaire mouvement de réformes. Le nouveau patriarche Nikon se lance dans une transformation brutale de l’Église, suscitant de nombreuses protestations et aboutissant au schisme entre « vieille » et « nouvelle » foi, en 1667. Le représentant et héros de la vieille foi c’est Avvakum, né en 1620 dans la région de Nijni Novgorod, curé de campagne, archiprêtre, intraitable et tolérant, prophète et père de famille. Avvakum condamne les premières mesures de Nikon. Il est exilé en Sibérie, affecté à une troupe brutale chargée de conquérir le fleuve Amour, confronté en permanence à la mort. Il y restera onze ans et en 1664 il est rappelé à Moscou par le tsar Alexis. Déporté de nouveau, traîné de geôle en geôle, relégué à l’extrémité de la Russie, il sera brûlé vif au bord de l’Océan glacial, en 1682. Pendant tout ce temps, il prêche, écrit, se fait le porte-parole de la vieille foi. Avvakum est un extraordinaire écrivain. Sa Vie, composée par lui-même, est le chef-d’œuvre unique de toute la littérature russe avant le XIXe siècle. Écrite dans sa geôle de Poustozersk, La Vie représente à la fois la fin du Moyen-Âge et une extraordinaire naissance de la prose russe moderne parce qu’elle bouscule les genres, opère des renversements stylistiques et spirituels très modernes. On y voit directement agir, parler, penser les Russes d’avant Pierre le Grand : Avvakum lui-même, le tsar Alexis, son confesseur Stepan, le patriarche Nikon. On y suit, par le Baïkal et l’Angara, la première expédition sur l’Amour, avec Pachkov, féroce conquistador dont Avvakum est à la fois l’aumônier et la victime. Tout cela dans une atmosphère savoureuse de miracles, d’observations précises et de bon sens paysan. Ce texte, traduit du vieux russe, est un document essentiel pour tout curieux des choses russes, mais aussi pour l’historien des découvertes et pour l’ethnographe, pour l’historien de la religion, pour le psychologue et pour l’historien de la civilisation. Mais La Vie a de quoi étonner et captiver bien d’autres lecteurs. Elle est écrite dans une langue imagée et personnelle dont l’imprévu se dispute parfois la rudesse. La postérité de La Vie d’Avvakum est importante dans la culture russe; en 1872, Moussorgski s’en inspire pour son opéra La Khovanchtchina; le personnage de l’archiprêtre Touberozov des Gens d’Église de Nikolaï Leskov fait penser à Avvakum; Merejkovski écrit tout un poème inspiré par Avvakum en 1883, tandis qu’en 1900, Gorki voulait que La Vie entre dans les programmes scolaires.
Préface de Georges Nivat
« Où n’ai-je pas eu l’occasion d’aller ? Dans les forêts, dans les montagnes, dans les marais, dans les mines, dans la soupente du paysan… Et où que j’aie été, quoi que j’aie lu ou entendu, je me souviens de tout avec netteté. Il m’est venu l’idée d’écrire… et j’ai commencé à écrire “de mémoire comme à livre ouvert”… Voilà tout. » Melnikov nous apprend ainsi comment est née cette vaste fresque, considérée comme l’un des monuments de la littérature russe.
Pavel Melnikov-Petcherski décrit les mœurs des vieux-croyants riverains de la Volga au milieu du XIXe siècle. Il est allé lui-même aux sources, ses personnages sont peints d’après nature. L’abbesse Manefa et Flenouchka ont existé. Et Patap Maximytch a pour prototype un millionnaire de Nijni-Novgorod, protecteur du raskol, schisme qui éclata au XVIIe siècle, sous Alexeï, père de Pierre le Grand. L’ouvrage est composé comme un poème épique, séparé en chants. L’action se déroule entre Noël et la Pentecôte, et l’auteur y décrit les travaux de printemps où les usages chrétiens et païens sont curieusement mêlés. Les personnages sont hauts en couleur : privilégiés du raskol, paysans richissimes qui tiennent entre leurs mains toute la navigation de la Volga, abbés, maîtres de maison diligents, mais aussi artisans et paysans, abbesses et novices, et tout le peuple des errants, des vagabonds, des pèlerins, « n’ayant pas de ville dans le présent, cherchant celle des Temps à venir ». Tous ces destins s’enchevêtrent et là-dessus vient se greffer un poème de l’abondance, un hymne à l’amour, à la nature, à la joie de vivre.
traque
  La Traque est une histoire de chasse à l’homme et de persécution psychologique. En enquêtant sur un homme politique douteux, incarnation de la corruption et de tous les vices, le journaliste Anton Piaty devient la cible des hommes de main de l’oligarque. Ils ne reculeront devant rien dans leur minutieuse opération de déstabilisation, rien ne sera laissé au hasard : « Aucun excès de zèle : le harceler par la norme. Tout ce qui se produit habituellement dans ce pays doit lui arriver au quotidien. Des serveurs malpolis, des conducteurs qui pètent les plombs. On va développer sa paranoïa. Je propose de lui mettre le monde entier à dos. Ce n’est pas son corps qui doit être visé par nos mesures de rétorsion, mais son esprit. » Les intimidations, la manipulation, le harcèlement, tout doit rendre la vie du journaliste insupportable et le forcer à s’expatrier. Sacha Filipenko démonte un à un, avec virtuosité, tous les rouages de cette traque. Tantôt acteur, tantôt scruté par ses persécuteurs, son personnage devient ainsi le prototype du lanceur d’alerte obstiné dans ce mélange de fable politique universelle et de roman noir.
Également disponible en version numérique
Pastorale transsibérienne est l’histoire d’une fuite, dans un pays où la nature offre encore des espaces assez grands pour s’y réfugier ou s’y perdre. Au cœur de la Sibérie, Daniil Menchikov rencontre sur les bords du lac Baïkal un émule de l’écrivain Henry David Thoreau, gardien du silence et des oiseaux. L’exemple de cet homme, qui a su rester libre dans le système le plus hostile à l’individu, va donner à Daniil le courage de se révolter. Déserteur, rattrapé puis finalement chassé comme élément perturbateur le jeune homme achète un kayak et remonte le cours d’une rivière vers une contrée mythique, terre de la sagesse ancestrale. Confronté à lui-même et à l’immensité, ses pensées et son corps changent jusqu’à rêver de pouvoir se dissiper dans cette nature… « Il n’était plus le rameur qu’ilavait été. Il était pasteur désormais. Le pâtre de ses pensées dans la vastitude. »  
Par une nuit d’hiver, sur une côte sauvage du lac Baïkal, Michka tente d’échapper à ses poursuivants. Son peuple est celui des Évenks, de l’antique famille sibérienne des Toungouse. Le jeune fugitif a été élevé à l’école de la taïga par la chamane Katè, sa grand-mère, qui incarne la sagesse de la communion avec la nature, sait parler aux animaux et lire la forêt comme un livre… Le Cantique du Toungouse d’Oleg Ermakov  est une ode à la nature où la taïga enneigée est décrite avec beaucoup de poésie, dans une narration à la fois sobre, précise et très fluide. Le lecteur découvre Michka, le dernier représentant d’une ethnie ancienne et maître véritable de la taïga, qui n’a jamais fait sienne la civilisation du XXe siècle. Prisonnier car coupable tout désigné, il est pourtant tellement habile que, même grièvement blessé, il parvient à s’échapper sans laisser de traces. On découvre également que Michka a passé beaucoup de temps avec sa grand-mère, descendante d’une chamane, qui lui transmet un amour profond de la taïga, une compréhension instinctive de sa beauté, et une faculté de communiquer avec les animaux. Le roman est avant tout une déclaration d’amour pour le Baïkal et pour sa nature envoûtante.
 » Vous aimez Crime et châtiments, vous adorez Les frères Karamazov, vous jubilez devant Les démons ? Ce livre est fait pour nous. Un Dostoïevski qui aurait mangé Jack London dans une cuisine contemporaine. », Patrick Rijks, lecteur, Instagram.
Disponible également en version numérique
Michel Niqueux ramène à la mémoire la vie incroyable de Julia Danzas. « Le livre qu’on va lire opère une double résurrection : celle d’une femme russe du XXe siècle hors du commun et celle d’une œuvre méconnue », selon Étienne Fouilloux, le préfacier. Petite-nièce du témoin du duel de Pouchkine, née à Athènes en 1879, demoiselle d’honneur de la dernière impératrice de Russie, sous-officier d’un escadron de Cosaques pendant la guerre, bibliothécaire et moniale catholique dans le Petrograd révolutionnaire ; collaboratrice de Gorki, arrêtée en 1923 pour ses activités religieuses, condamnée à dix ans de camp (Irkoutsk, Solovki), libérée en 1932 grâce à Gorki et sa femme, rachetée au gouvernement soviétique par son frère pour pouvoir émigrer en France ; tertiaire dominicaine et cheville ouvrière de la revue Russie et Chrétienté (Istina), Julia Danzas part en 1939 pour Rome, où elle meurt en 1942 : en vérité, elle connut, selon son expression, une « existence extraordinairement mouvementée ».
Julia Danzas laisse une œuvre philosophique méconnue, un témoignage unique (le premier d’une détenue) sur ses années de Goulag (Bagne rouge, 1935), des études sur l’histoire du christianisme et la pensée religieuse russe. Plusieurs importants écrits inédits sont publiés dans cet ouvrage pionnier : deux journaux intimes (1914-1922) relatant une expérience mystique sans équivalent dans la littérature russe, des autobiographies, une étude sur Raspoutine et l’impératrice. Comparable sur bien des points à ceux d’Etty Hillesum, de Margarete Buber-Neumann ou d’Edith Stein, l’itinéraire de Julia Danzas éclaire non seulement l’histoire de la Russie entre tsarisme et communisme, mais aussi et surtout des trésors inconnus de la vie intellectuelle et spirituelle russe
 
 
Mon quartier est le récit d’un monde qui, dans les souvenirs de Natalia Kim prend des airs merveilleux : celui de son enfance et de sa jeunesse dans un ensemble d’immeubles staliniens moscovites, du quartier Avtozavod. Elle évoque des habitants des komounalka, les fameux appartements communautaires métamorphosés en entrepôts de rêves et d’histoires.  Au fil des pages, des épisodes, tantôt poignants, tantôt drôles, tantôt tragiques, font revivre tous les tourments de l’âme humaine sous des faux airs de légèreté. Les habitants figés par la mémoire de l’auteur sont « drôles, charmants, envieux, sincères, bons, répugnants, malheureux, sages, sournois, importuns, anges et démons, prêts à aimer et à trahir en même temps, à donner leur sang et à vous ficher dehors… à pleurer indéfiniment dans le secret de leurs cœurs sur leurs vies… ». En refermant le livre le lecteur a le sentiment d’avoir partagé un peu de leur humanité la plus profonde et d’être le dépositaire d’une myriade d’histoires personnelles émouvantes.
Également disponible en version numérique
Chișinău, en Moldavie. La petite Lastotchka est adoptée dans un orphelinat par Tamara Pavlovna, ramasseuse de bouteilles. Lastotchka va à l’école, apprend le russe alors qu’elle préfère sa langue, le moldave, et elle se fait punir par sa mère adoptive lorsqu’elle écorche les mots russes. Elle apprend à laver des bouteilles mais aussi à voler ou à repousser les sollicitations des hommes trop insistants… Les habitants de son immeuble deviennent sa nouvelle famille et lui donnent un peu de leur humanité. Mais les blessures ne s’effacent pas et les questions hantent. Le Jardin de verre est un roman intime sur les traumatismes de l’enfance, la quête de soi et de l’identité, dans un environnement multiculturel et bilingue. Vu à travers les yeux d’une enfant, il est relaté avec la sensibilité, la fragilité, la dureté et la cruauté de son âge. Un peu comme le jouet tant désiré par Lastotchka – un kaléidoscope – ramassé sous les roues d’une voiture, qui semblait entier et pourtant brisé à l’intérieur. Mais Le Jardin de verre est aussi une lettre imaginée par Lastotchka, adulte, à ses parents. La douleur de l’abandon, le manque d’amour et de douceur maternelle sont des plaies qui ne se referment pas.
Également disponible en version numérique
Tenu par Thomas Mann pour un immense chef-d’œuvre, Le Soleil des morts est un récit autobiographique déchirant. Il retrace les mois vécus par Chmeliov en Crimée sous la terreur rouge après la défaite des Armées blanches. Le narrateur fait défiler le destin de ses habitants : intellectuels, ouvriers, paysans, Tatares ou Russes, hommes ou femmes, jeunes ou vieux tenaillés par la faim et la peur.  Dans ce livre, qui est en fait un journal, Chmeliov décrit comment la faim détruit progressivement tout ce qu’il y a d’humain dans l’homme, et la lente descente aux enfers de tout un monde, avec un sens poétique rare et une retenue qui donnent à ce texte une force unique. 
Postface de Georges Nivat
La rue Potapov, à Moscou : c’est l’adresse de l’appartement où Irina, petite fille de neuf ans a pour la première fois vu la silhouette du poète Boris Pasternak, lié à sa mère Olga Ivinskaïa par le grand amour que le monde entier allait découvrir en lisant Le Docteur Jivago. Irina Emelianova croisera d’autres figures légendaires : l’opiniâtre Ariadna Efron, la fille de Marina Tsvetaeva, survivante de quinze ans de camp après son retour d’émigration ; l’écrivain Varlam Chalamov, dont les Récits de la Kolyma ont gravé à jamais dans la prose russe toute l’horreur glacée de l’enfer sibérien. Autant de légendes qui s’ordonnent autour de celle du grand Boris Pasternak à qui les unit une admiration et une commune ferveur. Les épreuves vécues y sont racontées avec une sorte de légèreté : les grandes figures que l’auteur a croisées, en tout premier lieu sa mère, sont évoquées avec une admiration mêlée de tendresse et d’humour.
 
« L’Histoire de ma sœur ne se raconte pas. Elle se lit comme un poème en prose qui s’ouvre sur un ton mineur par des scènes d’enfance pour se clore en majeur, dans la gravité. C’est l’histoire d’un destin de femme qui périt dans la médiocrité de la vie quotidienne : en sorte, la mort d’un rêve. Michel Ossorguine la connaît bien, cette femme aux ailes brisées : c’est Olga, de sept ans son aînée et sa sœur préférée qui mourut d’un cancer à l’âge de trente-sept ans. Le superbe roman d’un sentiment, depuis la naissance dans les balbutiements de l’enfance jusqu’à l’épanouissement ultime de la mémoire. » Jacques Catteau
Émouvante et rare profession d’amour d’un frère pour sa sœur, le récit tire son charme puissant et de son instance narrative originale. En effet, le narrateur ne s’introduit pas dans l’âme de Katia, il n’usurpe pas sa pensée comme l’aurait fait un romancier, mais préserve son mystère, ses luttes sourdes, sa dérive poignante. Tout est vu par les yeux de Kostia, le petit frère, successivement nourrisson, enfant, adolescent, étudiant en droit, enfin homme âgé, méditatif et nostalgique.  
OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.
Un matin, à la fin du mois de décembre, Petrov, mécanicien et auteur raté de bande dessinée, se sent fiévreux et prend un remède alcoolisé contre la toux. En chemin vers le travail il est happé par Igor, son vieil ami spontané et incontrôlable, et les voilà qui enchaînent les verres de vodka dans un corbillard, autour d’un cercueil. Pendant ce temps, Petrova, son ex-femme, essaie de contenir une étrange spirale assassine qui l’assaille à la vue d’une goutte de sang… Après un profond sommeil provoqué autant par l’alcool que par la grippe, Petrov finit par rentrer auprès de son fils et de Petrova, désormais malades, eux aussi, de la grippe. Progressivement, les souvenirs d’enfance de Petrov ressurgissent aussi étranges que troublants. Le roman raconte quelques jours de la vie ordinaire des Petrov. À moins qu’il ne s’agisse d’une errance hallucinatoire dont le parcours est rendu flou par la fièvre et l’alcool ? La force de Alexeï Salnikov c’est de nous balader dans ce néant entre délire et réalité, entre roman policier et déambulation loufoque, avec un humour décapant et absurde jusque dans les moindres détails. Les Petrov, la Grippe, etc. c’est Andreï Kourkov et John Kennedy Toole qui se mettent à danser sous les applaudissements de Gogol et de Boulgakov.
Également disponible en version numérique
 
A cinquante ans, Gleb Ianovski, guitariste de renommée mondiale, apprend qu’il est atteint de la maladie de Parkinson. Lorsqu’il fait la rencontre de Nestor, un célèbre écrivain, celui-ci lui propose d’écrire sa biographie. Les deux hommes se retrouvent dès lors régulièrement pour des entretiens portant sur la trajectoire de Gleb. C’est ainsi que se nouent les fils d’une histoire dans laquelle alternent deux voix. Celle d’un enfant en Ukraine, qui aime la musique et rêve d’en vivre, et celle de l’adulte confronté à la maladie et à une tentative de donner un sens à son existence. Brisbane est un roman tout en finesse et sensibilité. Un roman symphonique dans lequel la mort est vaincue par la musique, par la force de la mémoire, de l’amour et de la parole. Un roman où, par le seul pouvoir évocateur de son nom, la ville de Brisbane devient un lieu mythique et réinventé, la cible de tous les rêves et la clé de toute l’histoire. Avec une écriture poétique, Evgueni Vodolazkine aborde des thématiques universelles qui font écho à tout un chacun et où l’émotion côtoie l’intensité et l’humanité la plus profonde.
Également en version électronique
Collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » dirigée par Jean-Claude Larchet
En référence au « sermon sur la montagne » qui figure dans l’Évangile, mais sous le titre plus modeste de « sermons au pied de la montagne », le futur saint Nicolas Vélimirovitch a rassemblé deux série d’homélies prononcées en 1912 et 1923. Les homélies de la première série datent de l’époque où il venait d’être nommé professeur assistant au séminaire Saint-Sava de Belgrade, et où déjà très doué pour la parole, il était invité à instruire le peuple dans des églises de Belgrade et de toute la Serbie. Celles de la deuxième série datent de son séjour aux États-Unis et au Canada, où nommé administrateur de l’évêché serbe américano-canadien nouvel­lement créé, il donna plus de cent cinquante homélies dans diverses églises. On ne trouvera pas ici les sermons routiniers, moralisateurs et ennuyeux que trop de prédicateurs livrent par obligation, mais des réflexions inspirées, toujours originales, sur des problèmes existentiels qui préoccupent l’homme moderne. Ces homélies sont de la même veine que les Homélies pour les dimanches et jours de fêtes. Mais alors que ces dernières partent de l’évangile du jour, celles-ci sont plus libres et ont plutôt un caractère thématique. Elles visent à renforcer la foi de fidèles qui, au début du XXe siècle, doivent affronter les doutes suscités par une histoire passablement troublée et menaçante, et par les progrès de l’athéisme. On verra que près d’un siècle plus tard, les Sermons sous la montagne et les Nouveaux sermons sous la montagne, considérés comme des œuvres spiri­tuelles majeures du « Chrysostome serbe », n’ont rien perdu de leur actualité, et restent captivantes par l’intelligence de leur contenu et la beauté de leur style.