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Pavel MELNIKOV-PETCHERSKI

Pavel Melnikov-Petcherski est né en 1819 dans la région de Nijni Novgorod. D’abord fonctionnaire, il a été rédacteur des Nouvelles de la province de Novgorod, où il fit paraître des documents d’histoire et d’ethnographie. Au début des années 1850, il entre au ministère de l’Intérieur et devient une autorité reconnue en matière de dissidence religieuse, en particulier des doctrines des vieux-croyants, nombreux dans la région de Nijni Novgorod. D’abord du côté des persécuteurs des vieux-croyants, il évolue et finit par prôner une politique plus libérale à leur égard.
Dans les années 1850, il commence à publier des récits sous forme d’étude de moeurs dépeignant avec réalisme le milieu bureaucratique, appuyé par son expérience de fonctionnaire. Son grand talent de conteur, sa langue pittoresque imitant la langue parlée à différentes époques lui procurent un grand succès populaire.
Ses deux grands romans épiques, Dans les forêts (paru en 1875) et Dans les montagnes (1883), sont les points culminants de sa carrière littéraire et dépeignent avec réalisme et poésie la vie des vieux-croyants dans la région.

Publiés aux éditions des Syrtes
Préface de Georges Nivat
« Où n’ai-je pas eu l’occasion d’aller ? Dans les forêts, dans les montagnes, dans les marais, dans les mines, dans la soupente du paysan… Et où que j’aie été, quoi que j’aie lu ou entendu, je me souviens de tout avec netteté. Il m’est venu l’idée d’écrire… et j’ai commencé à écrire “de mémoire comme à livre ouvert”… Voilà tout. » Melnikov nous apprend ainsi comment est née cette vaste fresque, considérée comme l’un des monuments de la littérature russe.
Pavel Melnikov-Petcherski décrit les mœurs des vieux-croyants riverains de la Volga au milieu du XIXe siècle. Il est allé lui-même aux sources, ses personnages sont peints d’après nature. L’abbesse Manefa et Flenouchka ont existé. Et Patap Maximytch a pour prototype un millionnaire de Nijni-Novgorod, protecteur du raskol, schisme qui éclata au XVIIe siècle, sous Alexeï, père de Pierre le Grand. L’ouvrage est composé comme un poème épique, séparé en chants. L’action se déroule entre Noël et la Pentecôte, et l’auteur y décrit les travaux de printemps où les usages chrétiens et païens sont curieusement mêlés. Les personnages sont hauts en couleur : privilégiés du raskol, paysans richissimes qui tiennent entre leurs mains toute la navigation de la Volga, abbés, maîtres de maison diligents, mais aussi artisans et paysans, abbesses et novices, et tout le peuple des errants, des vagabonds, des pèlerins, « n’ayant pas de ville dans le présent, cherchant celle des Temps à venir ». Tous ces destins s’enchevêtrent et là-dessus vient se greffer un poème de l’abondance, un hymne à l’amour, à la nature, à la joie de vivre.