Partager
Catalogue

C’est ici que vous pouvez parcourir les produits de cette boutique.

Publiés aux éditions des Syrtes
Cet ouvrage, deuxième tome d’une série de six volumes sur Jésus Christ, est tout entier consacré à l’étude du Sermon sur la montagne, le plus long des discours du Christ rapportés dans les Évangiles synoptiques. Cette place particulière invite à le considérer comme une sorte de programme spirituel et moral qui sera mis en lumière au fil des pages du Nouveau Testament. Le Sermon, qui contient la quintessence de la doctrine morale de Jésus, est ainsi envisagé dans le contexte élargi de la tradition ecclésiale. Mettant l’accent sur l’interprétation du Sermon par les Pères de l’Église, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, fait preuve en même temps d’une profonde connaissance des philosophes et des théologiens contemporains, abondamment cités. Dans son introduction, l’auteur écrit : « Nous ne nous donnons pas pour objectif d’offrir une analyse exhaustive des commentaires antiques et contemporains du Sermon sur la montagne. Il nous importe surtout de comprendre comment vivre Le Sermon sur la montagne dans le contexte actuel. » Les commentaires récents des sentences de Jésus se réduisent souvent à une tentative de savoir ce qu’Il avait pu « vouloir dire » dans le contexte de Son époque. Or, s’il est important de comprendre le sens que les enseignements de Jésus pouvaient avoir pour Ses premiers auditeurs, leur importance ne se limite pas à ce sens. En réduisant les paroles de Jésus au contexte historique dans lequel elles ont été prononcées, le chercheur crée inévitablement une distance entre leur sens supposé dans cette situation donnée, et leur application pratique dans d’autres situations. Pourtant, Jésus, en prononçant Ses enseignements, faisait plus que d’avoir quelque chose en vue: Il invitait à répondre. Cette réponse doit s’exprimer par des actes concrets sur le plan pratique: des actes qui ne dépendent ni du contexte historique, ni des circonstances.
Publié sous la direction de Georges Nivat
Exposition du 19 novembre 2018 au 8 janvier 2019 à la Mairie du Ve arrondissement, Paris.
Le 11 décembre 1918 naissait à Kislovodsk Alexandre Soljenitsyne, l’auteur d’Une journée d’Ivan Denissovitch, de La Maison de Matriona, de L’Archipel du Goulag… Catalogue de l’exposition qui se tiendra à la Mairie du Ve arrondissement à Paris à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain, cet ouvrage retrace en neuf chapitres l’itinéraire littéraire et intérieur d’Alexandre Soljenitsyne, un portrait vérité de ce lutteur, poète et prophète sans pareil, qui a marqué à jamais le XXe siècle.
Des documents des archives de la famille Soljenitsyne côtoieront des documents français provenant des archives de Nikita Struve et d’Ymca-Press et des traducteurs José et Geneviève Johannet. Des personnalités prestigieuses, à commencer par Natalia Dmitrievna Soljenitsyne éclairent l’œuvre du grand écrivain : Georges Nivat, commissaire de l’exposition, Hélène Carrère d’Encausse, Chantal Delsol, Hervé Mariton ou Pierre Morel. Illustrations et textes donneront le cheminement hors norme de ce résistant pour qui l’homme, est « de l’espoir et de l’impatience ».
Les saints occidentaux des dix premiers siècles appartiennent à l’Église orthodoxe, tout autant que les saints d’Orient. Ils partagent la même foi, la même vie spirituelle et indiquent de la même façon la voie vers le salut. C’est pour cette raison que les orthodoxes ayant fui leurs pays après les tragiques événements de la révolution russe ont fait revivre le culte de ces saints, oubliés en Occident et encore inconnus en Orient. La liste des saints orthodoxes locaux qui devaient être célébrés par l’Église a été décidée lors d’une assemblée des évêques en Europe occidentale présidée par l’archevêque Jean (futur saint Jean de Changhaï et de San Francisco), les 16-17 septembre 1952 à Genève. Parmi eux se trouvaient déjà quelques saints de la terre d’Helvétie : saint Colomban, saint Gall, saint Fridolin, et sainte Clotilde. Le choix des saints orthodoxes qui figurent dans ce recueil n’est pas arbitraire. En principe, ne sont considérés comme orthodoxes que les saints qui, non seulement ont vécu avant le schisme occidental de 1054, mais qui confessent également la foi orthodoxe et n’adhèrent à aucune doctrine étrangère à la foi des Pères. L’Église orthodoxe russe ayant incorporé dans son sanctoral les saints helvètes antérieurs au schisme, et leur ayant dédié un office liturgique et une fête annuelle, cet ouvrage permet de mieux les connaître. Les vies des saints orthodoxes de la terre d’Helvétie sont présentés comme dans un synaxaire d’Église, c’est-à-dire par mois, en commençant par celui de septembre, début de l’année liturgique.
 
La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XXe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s’étaient en effet rencontrés à Moscou en 1918. Ce n’est qu’en 1922 qu’ils se sont véritablement découverts à travers leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont entretenu une correspondance d’une intensité rare où se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu’à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement. Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur poésie, comme une œuvre à part entière. Véritable laboratoire d’écriture, mais également laboratoire de la vie, car c’est au gré de ces lettres que se façonnent les événements majeurs de leur biographie. Les mots échangés sont dérobés à la vie, au quotidien, à la famille. Également disponible en version numérique
 
Collection Grands spirituels orthodoxes dirigée par Jean-Claude Larchet
Le père Amphiloque Makris (1889-1970) qui vient d’être canonisé par le patriarcat de Constantinople, est une grande figure de la spiritualité orthodoxe du xxe siècle.  Le futur Amphiloque est né le 13 décembre 1889. À l’âge de dix-sept ans il est entré au monastère de Saint-Jean le Théologien, à Patmos. Après un séjour au Mont Athos, il est tonsuré au grand Schéma. En 1926, il est affecté à la grotte de l’Apocalypse, à Patmos. Il a consacré beaucoup de temps aux étudiants de l’Académie ecclésiastique, devenus par la suite des supérieurs de monastères. Dans son île natale de Patmos, il a fondé le monastère féminin de l’Annonciation et a contribué à revivifier le monachisme cénobitique.  Dans les années 1930, dans les îles du Dodécanèse alors sous occupation italienne, le père Amphiloque Makris s’est consacré au maintien de la foi et de la vie orthodoxes en même temps qu’au sentiment national. Il a connu des persécutions et a été exilé en Grèce continentale, où il a reçu l’hospitalité de la confrérie Zoe à Athènes. De là, il s’est déplacé dans toute la Grèce, puis en Crète, où il est devenu le père spirituel de l’île. Revenu à Patmos en 1939, il s’est consacré aux dépendances et au monastère féminin de l’Annonciation. En 1947, Amphiloque a constitué un petit groupe de religieuses pour venir en aide aux orphelins de Rhodes (alors extrêmement pauvres) en fondant un orphelinat, ainsi qu’une maison pour les femmes enceintes. Sa renommée de père spirituel attira à lui de nombreuses personnes venues de toute la Grèce, mais aussi d’Europe, notamment de France. Il fut aussi le père spirituel du jeune Dimitrios Archontonis (le futur patriarche œcuménique Bartholomée) et de plusieurs jeunes étudiants ou moines devenus par la suite higoumènes, évêques ou métropolites.  De nombreux témoignages et quelques récits de miracles constituent des attestations supplémentaires de la sainteté du père Amphiloque, aujourd’hui proclamée par l’Église universelle. Ce livre, écrit par un disciple du père Amphiloque devenu métropolite de l’Église d’Albanie, fut un des premiers consacrés à l’Ancien. Il a connu un grand succès puisqu’il en est à sa cinquième édition et a obtenu le prix de l’Académie d’Athènes. 
Dostoïevski, un écrivain dans son temps est un modèle de biographie littéraire. Parue initialement en cinq volumes, dans les années 1970, elle a été condensée par l’auteur en 2010, avec une préface inédite. Joseph Frank aborde la biographie du grand écrivain russe dans une ample vision englobant littérature et temps historique : il entreprend une « reconstruction massive » de l’époque, en y insérant l’œuvre de Dostoïevski afin de mieux l’éclairer. Il s’agit plus précisément d’une expérience qui allie biographie, critique littéraire et histoire socioculturelle, tout en se concentrant sur les idées que Fiodor Dostoïevski a défendu avec vigueur durant sa vie. Trois qualités essentielles se dégagent de cette œuvre. La première réside dansson art de brosser des grands tableaux de la Russie de Dostoïevski et d’en dégager les idées directrices. Il y a ensuite le travail des sources : à chaque moment de la vie de l’écrivain, à chaque description, à chaque analyse de l’œuvre, Joseph Frankrefait une lecture complète des sources, si bien que sa biographie devient critique et analytique. La troisième qualité du biographe est de pénétrer la psychologie profonde, l’esprit de Dostoïevski. Chez Joseph Frank le critique littéraire et le philosophe de l’esthétique cheminent au côté de l’érudit, de l’historien et du biographe.Le travail d’analyse débouche sur des éléments originaux, jamais mis en évidence auparavant. Par exemple, l’affirmation que Dostoïevski est le seul des grands écrivains russes de la première moitié du XIXe siècle qui ne soit pas issu de la noblesse terrienne ; de ce fait, il a été le plus apte à percevoir le conflit entre l’ancien et le nouveau dans la société russe. L’écriture est alerte, ferme, concise, où l’érudition n’entrave jamais la saisie profonde du mouvement de la création. « Un accomplissement monumental. Une histoire exhaustive de l’esprit de Dostoïevski. » New York Times « Une réussite triomphale. » J. M. Coetzee « Un merveilleux portrait de l’homme derrière ses livres. » Nadine Gordimer
Également disponible en version numérique
Si Marina Tsvetaeva (1892-1941) compte aujourd’hui parmi les grands poètes russes du XXe siècle, on le doit au destin et au tempérament hors du commun de sa fille, Ariadna Efron (1912-1975), seule survivante d’une famille broyéepar la Terreur stalinienne. Après seize ans de Goulag, elle consacre les vingt dernières années de son existence à faire publier l’œuvre de Marina. La « fille prodige » deviendra le premier éditeur de sa mère. Je t’aime affreusement est une lettre fictive qu’Ariadna aurait pu écrire, depuis le premier jour de sa libération, en 1955, jusqu’à sa mort, en 1975. Une lettre d’outre-tombe adressée à celle qui est morte depuis longtemps pour lui dire ce qu’elle n’a jamais su : les sentiments qu’elle, Alia, a éprouvés auprès d’une mère à la personnalité excentrique et exaltée, qui lui a transmis le meilleur et le pire, le goût de la littérature et la condamnation à l’exil. Une lettre où elle laisserait enfin éclater sa colère, face à l’injustice, face au sacrifice d’une vie vouée à ce seul devoir : sauver de l’oubli la poésie de Marina. Pour y dire aussi l’impuissance, le pardon, et le mystère d’un père absent. Pour faire entendre la voix de cette fillette aux grands yeux bleus, qui a vécu à l’ombre de sa mère, à l’ombre de l’histoire. Complété par des lettres inédites en français de Marina Tsvetaeva à sa fille.
Également disponible en version numérique
Innokenti Platonov se réveille amnésique dans une chambre d’hôpital. Geiger, son médecin, lui apprend son nom et lui demande de consigner tout ce dont il pourra se souvenir. Il consigne donc dans un journal des fragments chaotiques de souvenirs: visages, images, histoires, odeurs. Peu à peu sa mémoire fait émerger la ville de Saint-Pétersbourg dans les premières années du XXesiècle. Il se remémore l’enfance et ses bonheurs, sa première jeunesse, les études, l’amour, la révolution dont il a subi d’emblée les contrecoups, et, enfin, le camp des Solovki. Et Platonov devine, petit à petit, atterré, qu’il est né en 1900 et s’est réveillé en 1999… À la sortie de l’hôpital une nouvelle vie l’attend. Tel Robinson Crusoé, le héros favori de son enfance, Platonov doit s’adapter dans un monde qui l’a abandonné derrière lui. Le présent tente d’assimiler les leçons du passé, de distinguer la faute du pardon et se diriger vers l’avenir. L’Aviateur de Evgueni Vodolazkine est un roman porteur de réflexions philosophiques profondes – le repentir, la responsabilité, la justice, l’histoire – dans lequel l’écriture fonctionne comme un liant dans un va-et-vient entre passé et présent.  La remémoration fragmentaire est un moteur puissant pour le lecteur. Une histoire bouleversante empreinte de nostalgie sur la mémoire et la culpabilité, sur un amour si puissant qu’il parvient à vaincre le chaos, et même la mort…
Également disponible en version numérique
Né en 1701 à Kiev, Vassili Grigorovitch-Barski est un jeune homme de vingt-deux ans lorsqu’il prend son bâton de pèlerin sur les routes de l’Europe et du Proche-Orient. Durant près d’un quart de siècle, après avoir fait le tour de l’Italie, il visitera deux fois le Mont-Athos, passera sans cesse d’une contrée à l’autre : de la Syrie au Liban, du Liban à la Palestine et à l’Égypte, faisant escale dans les îles grecques, s’attardant à Patmos et à Chypre, faisant siennes ces contrées méditerranéennes tout en apprenant les rudiments de leurs langues et en perfectionnant sa maîtrise du grec. Marcher inlassablement, dormir à même le sol, ne pas manger à sa faim, invoquer Dieu dans la tempête, s’effondrer, tomber malade, se faire rouer de coups et déposséder par des brigands, s’ouvrir au monde, s’instruire, se découvrir soi-même par la même occasion… tel fut le quotidien du voyageur au long cours Vassili Barski, de 1723 à 1747. Il consigne sans relâche dans des carnets ses impressions de voyage, ses rencontres, décrit les lieux avec une précision de géographe ou d’architecte amateur, dans une langue parsemée de mots empruntés ou adaptés des pays traversés, illustrant ses notes de dessins de villes ou de monastères, n’hésitant pas, à l’occasion, à se mettre en scène au détour d’un chemin ou d’une source. Ces Pérégrinations sont un témoignage inestimable sur une époque particulière, sur un monde chrétien divisé en chrétientés latine et grecque et subissant la domination musulmane. Et Vassili Barski est à l’image de la communauté slave de son temps, en pleine transition vers la modernité.
 
Le Père Georges Florovsky (1893-1979), après quelques années d’enseignement à Paris, fit la plus grande partie de sa carrière aux États-Unis où il enseigna dans les plus prestigieuses universités (Harvard, Cambridge, Princeton…). Unissant une vaste érudition, un attachement profond à la tradition ecclésiale, un souci de répondre aux problèmes contemporains et un sens aigu du dialogue avec les autres confessions chrétiennes, il est considéré comme l’un des plus importants théologiens orthodoxes de notre temps. En France pourtant, son œuvre volumineuse, écrite majoritaire-ment en russe et surtout en anglais, n’a que très peu été traduite. En proposant vingt-cinq de ses articles en traduction française, ce volume entend combler cette lacune. Écrits entre 1927 et 1967, centrés sur les thèmes majeurs de la pensée de Florovsky, ces articles gardent un caractère actuel, car les problèmes qu’ils ont affrontés continuent à exister, et les solutions qu’ils proposent sont toujours pertinentes. Ils sont précédés d’une longue étude de Jean-Claude Larchet qui constitue un livre en soi. Après une présentation détaillée de la vie de Florovsky, cette étude analyse les principaux thèmes de son œuvre et évalue son influence au cours des cinquante dernières années.
Depuis Charlemagne, l’Europe en est à sa sixième tentative d’unification. Sera-ce la bonne ? Trop autoritaires ou trop décentralisées, trop fédéralistes ou pas assez, souvent minées par des divisions internes, parfois imposées par des pressions extérieures, les initiatives précédentes ont toutes échoué. Faisant appel à l’histoire lointaine depuis la guerre du Péloponnèse et ses conséquences sur le déclin de la Grèce, en passant par l’expérience du Saint Empire romain germanique, Guy Mettan démontre, au terme d’une analyse sans concession des dysfonctionnements européens, que l’Europe pourrait connaître le même destin si elle ne parvient pas à se constituer en État libre, indépendant, démocratique et souverain. Le modèle existe, la Suisse l’applique avec succès depuis cent cinquante ans. Il repose sur la démocratie et la volonté de peuples divers de vivre ensemble. Pourquoi l’Europe ne réussirait-elle pas à en faire autant ? Loin d’être une régression, une réorientation de la construction européenne dans le sens d’un fédéralisme assumé constituerait un fabuleux pas en avant, un saut qualitatif vers un horizon que l’on peut d’ores et déjà appréhender. Il exige moins d’audace que de volonté. Mais la construction politique de l’Europe implique une véritable révolution mentale : faire confiance au peuple.
Également disponible en format numérique
Collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » dirigée par Jean-Claude Larchet
Les Lettres missionnaires sont considérées comme l’une des œuvres fondamentales de saint Nicolas Vélimirovitch (1880-1956). Il s’agit d’un recueil de 300 lettres, écrites sur une période d’une vingtaine d’années. L’auteur répond à des questions posées par ses correspondants, qui touchent à tous les domaines de la vie courante, à des circonstances historiques diverses, aux épreuves de la vie, à divers états psychologiques et spirituels, à diverses positions face à l’Orthodoxie dans ses croyances et ses pratiques, mais aussi à d’autres religions. Le saint évêque prend soin de répondre à chaque personne de la même manière simple et claire, quels que soient son statut social, son niveau intellectuel et son degré de maturité spirituelle. Au-delà de chaque correspondant, Mgr Nicolas s’adresse à une multitude de lecteurs qui vivent des situations semblables et leur cherchent des solutions. Chaque lettre apparaît finalement comme un petit sermondont la portée est universelle. C’est la raison pour laquelle ces lettres gardent un grand intérêt et nous touchent encore aujourd’hui. On retrouve dans cette correspondance tout le génie de Monseigneur Nicolas, fait d’intelligence, de profondeur, d’originalité, d’une grande capacité à se renouveler, et d’un style d’une qualité exceptionnelle.
« Parler de la culture russe ne signifie nullement se tourner vers le passé. Ce qui a eu lieu en Russie, nous a été donné, à nous et à elle, comme une épreuve terrible et en même temps comme l’occasion de revoir tout notre passé. Nous devons savoir analyser, étudier, aimer. Mais la conscience est exigée avant tout. Elle réunit tout. Elle permet de considérer à nouveau la Russie dans son passé et son présent et, peut-être, de sentir ce que doit être son futur. » Alexandre Schmemann (1977). Les Fondements de la culture russe est à l’origine un cycle de chroniques du père Alexandre Schmemann sur Radio Liberté entre 1970 et 1971, à l’adresse de l’URSS. Les textes ont été découverts récemment dans des archives privées.  
Né quelques mois après Staline, l’historien et journaliste Sergueï Melgounov, socialiste russe modéré, dénonce la politique de terreur instaurée dans le pays après la révolution d’Octobre. Pour évoquer les horreurs de la guerre civile et du « communisme militaire », Melgounov ne s’en tient pas au terme « atroce ». Il explicite le mot, comme on défroisse une page pour en étaler l’insoutenable contenu. La valeur de ses propos est d’autant plus précieuse qu’il fait parler les victimes et leurs bourreaux, grâce notamment aux nombreux documents et récits qu’il a pu recueillir. En ce sens, son témoignage préfigure celui de Soljenitsyne sur le Goulag. Contre Lénine, contre Staline, Melgounov et Soljenitsyne ont brandi la morale de l’homme face aux prétendues raisons de l’histoire et de l’État.page1image3707872page1image2977440page1image3719936page1image3720144
La Terreur rouge en Russie a été publié pour la première fois en décembre 1923 à Berlin, après l’expulsion de son auteur d’URSS. Sergueï Melgounov est mort en France, à Champigny-sur-Marne, en cette année 1956 où Moscou connaissait son premier printemps politique.
« La famille Stauffenberg sera détruite jusqu’au dernier membre », a déclaré Hitler après l’attentat manqué du 20 juillet 1944, initié par Claus von Stauffenberg. Nina, son épouse, est arrêtée deux jours plus tard, et commence alors pour elle près d’une année d’isolement : les prisons, puis le camp de concentration de Ravensbrück et, enfin, les hôpitaux. C’est sa grossesse qui l’a sans doute sauvée de l’exécution ; elle a donné naissance à Konstanze, l’auteure de ce livre, en prison. Ses quatre autres enfants sont placés par les nazis dans un orphelinat sous un faux nom, dans le but d’être adoptés.
Basée sur des entretiens, de nombreux documents, lettres et archives, mais aussi des histoires orales transmises de génération en génération, cette chronique familiale se confond avec la grande Histoire dans ses moments les plus tragiques. C’est aussi une lettre d’amour de Konstanze von Schulthess à sa mère et un hommage aux héroïnes inconnues et silencieuses de la Seconde Guerre mondiale.

Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre est le roman de l’amour fou et de la jalousie vécus dans les méandres de la Première Guerre mondiale. Jeune homme issu de la petite bourgeoisie, Ștefan vit une histoire passionnelle avec Ela, qui deviendra sa femme. Un héritage confortable va bouleverser leur vie, et Ela lui échappera de plus en plus. La séparation devient imminente. Il vit sa dernière nuit d’amour dans les tourments de la jalousie. Commence alors la première nuit de guerre. Dans le journal de campagne de son héros, Camil Petrescu écrit les plus belles et les plus subtiles pages sur la Première Guerre mondiale : une vision personnelle, grinçante et critique, fondée sur son expérience de volontaire. Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre est certainement le chef-d’œuvre le plus brillant, le plus profond et le plus riche de Camil Petrescu (1894-1957), dramaturge et romancier, qui a marqué l’entrée de la littérature roumaine dans l’ère moderne.