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Syrtes Poche
Publiés aux éditions des Syrtes
Inspirés par le voyage d’Alexandre Dumas en Russie en 1858-1859, les Romans caucasiens font découvrir des terres méconnues, réputées dangereuses où rôdent brigands et rebelles. Entre le conte et le roman d’aventures, Sultanetta et La Boule de neige entraînent le lecteur au cœur d’un pays enchanteur mais menaçant, où des héros téméraires et ténébreux sont prêts à tous les excès pour une belle aux yeux de braise ou par amour de la liberté. Sous l’apparente simplicité des histoires d’amours contrariées, se cache toute la complexité de cette région à l’histoire tumultueuse. Restés inédits plus d’un siècle, exotiques à souhait, Les Romans caucasiens dévoilent une facette sans doute peu connue d’Alexandre Dumas, mais qui confirme son immense talent de conteur.  
Adriana Dimova Bulgarie transmission confession
Adriana raconte l’histoire d’une femme née dans une famille riche avant le communisme, qui blasée et cruelle, se joue des cœurs; et tout cela finit forcément mal. La rencontre avec Ioura, au soir de sa vie, sera pour elle une catharsis. Entre Adriana et la jeune femme qui l’écoute, naît une amitié et une grande affection. Grâce à cette complicité, Adriana parviendra à se regarder en face et à atteindre un état de légèreté, tandis que Ioura trouvera le bonheur. Dans une langue poétique, Théodora Dimova entraîne le lecteur dans une longue confession sans complaisance, laissant le lecteur bouleversé. Mais cette confession interroge aussi sur le sens de la transmission. Sous la plume de Dimova, Adriana devient un personnage hypnotique et mythique, digne des grandes légendes romantiques de la Mitteleuropa.  
Tandis qu’aux États-Unis la conquête de l’Ouest se poursuit inexorablement, les Empires russe et britannique se livrent une « guerre froide » en Extrême-Orient. Guennadi Nevelskoï, navigateur obstiné, poussé par une ambition effrénée, obtient l’autorisation officieuse du tsar de lancer une expédition dans cette région. Son but est de trouver une voie navigable sur la côte pacifique, à l’embouchure du fleuve Amour, face à l’île de Sakhaline. De cette histoire épique et méconnue, Andreï Guelassimov tire un scénario rocambolesque et savoureux. Sans dissimuler une certaine jubilation littéraire, il fait appel tour à tour à des intrigues invraisemblables, des espions écervelés, des bandits ou des mouchards qui s’affrontent dans un suspens où la satire et l’ironie frôlent souvent le lyrisme. Plongé au cœur de ces nombreuses péripéties, le lecteur a le sentiment de toucher du doigt ce qu’il faut d’efforts, d’ingéniosité, d’intrigues et de hasards pour parvenir à une décision politique et humaine capable d’influencer l’histoire du monde. Avec La Rose des vents Guelassimov choisit de rendre hommage au roman historique et d’aventures. Il revisite les lectures qui ont bercé son adolescence (et la nôtre !), se jouant des codes avec un plaisir facétieux.
Aussi disponible en grand format et en version numérique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Purextase, 2023  
Dans l’espace francophone Marina Tsvetaeva (1892-1941) est surtout connue par sa prose mais elle se considérait avant tout comme une poétesse et elle le demeure pour le public russe. Cette édition en bilingue reprend en format de poche la première partie de l’édition parue aux Syrtes en 2015. Il s’agissait d’une nouvelle traduction de la poésie lyrique de Marina Tsvetaeva, en grande partie inédite. Les deux volumes des Poèmes de Russie, (vendus séparément et ensemble sous coffret) rassemblent la création lyrique en Russie, jusqu’au moment où Tsvetaeva quitte son pays, en 1922. Certains d’entre eux avaient été publiés en recueils ou dans des revues, d’autres remplissaient ses nombreux cahiers de travail. En cette époque moscovite, Tsvetaeva écrit parfois plusieurs poèmes lyriques par jour et les murs de son logis reflètent sa recherche verbale : ils sont couverts de fragments de poèmes, de rimes, de phrases disparates. Cette période de vie, avant le départ pour l’Europe, est riche en événements personnels et historiques. Les poèmes reflètent les joies et les douleurs vécues en ces années difficiles : l’amour est un thème récurrent et l’auteur en décrit toutes les facettes avec une aisance déconcertante. Véronique Lossky, la traductrice de cet ensemble, a consacré sa vie à l’œuvre de Marina Tsvetaeva. C’est la première fois qu’elle s’est attelée avec brio à la traduction. Un double impératif a guidé son énorme travail : le premier, donner les recueils complets dans l’ordre de leur publication, ou de leur achèvement pour ceux qui n’ont pas été publiés; le second, restituer le lyrisme de la langue et son feu incandescent. Le pari, audacieux, a été salué unanimement par la presse.

La Sonate à Kreutzer: une affaire de famille ? Dès sa parution, en 1891, elle a déchaîné les passions, et les réponses littéraires de sa femme et de son fils rassemblées ici révèlent, de manière éclatante, les conséquences profondes de la crise morale et spirituelle de Léon Tolstoï, au cœur même de sa famille. De tous les ouvrages de Tolstoï, La Sonate à Kreutzer est sans doute celui qui dévoile, de la façon la plus remarquable, les paradoxes de son œuvre et de sa personnalité. Jusqu’à la dernière ligne transparaissent le dégoût pour le mariage qui n’est que de la « prostitution légalisée », la haine des femmes « qui se vengent de nous en agissant sur nos sens», sa conviction que, pour obéir à la volonté de Dieu, l’homme doit s’abstenir de procréer.

Réponses familiales

Sa femme, Sofia Andreïevna, qui copie le manuscrit, éprouve, en le lisant, autant de fascination que d’horreur. Sa vengeance restera cachée. Peu connu, même en Russie, À qui la faute? révèle un talent littéraire nourri par un besoin d’expression personnelle et de justification. Écrit entre 1895 et 1898, Romance sans paroles répond également à une blessure. La mort à l’âge de sept ans de son dernier enfant. Il reflète par ailleurs sa fascination pour la musique, incarnée par le compositeur Sergueï Taneïev. La musique devient pour Sofia Tolstoï l’unique moyen de reprendre goût à la vie. Quelques années plus tard, Léon Tolstoï fils prend lui aussi la plume pour exprimer sa vision du couple.

Désormais, La Sonate à Kreutzer devient une affaire de famille. Dans Le Prélude de Chopin, le fils développe l’idée qu’un mariage précoce et pur, où les deux époux ne font qu’un seul être, est un bien qu’il ne faut surtout pas fuir. Que l’aspiration à la chasteté absolue de l’humanité démontrée dans La Sonate à Kreutzer n’a aucun sens, car elle mène à l’extinction du genre humain. « Le lien conjugal toujours puissant […] illustre le fameux paradoxe d’Oscar Wilde : loin de s’inspirer de la réalité des relations conjugales entre Léon et Sofia Tolstoï, la fiction de La Sonate à Kreutzer a fini par les influencer », conclut Michel Aucouturier, auteur de la préface.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
L’argent et le travail (2010)
  Alexandre Dumas n’a pas laissé la Russie hors de sa géographie romanesque, ni de ses itinéraires personnels. Bien avant son voyage de 1858, il écouta avec attention le récit de son maître d’armes, Augustin Grisier (1791-1865), revenu d’un séjour de dix ans au pays des tsars, où il enseignait l’art de l’escrime aux jeunes aristocrates de Saint-Pétersbourg et de Moscou. Parmi ceux-ci figurait Ivan Alexeïevitch Annenkov, déporté en Sibérie pour avoir participé à la conspiration de décembre 1825. Une jeune Française, Pauline Gueble, modiste dans la capitale russe, partagea son sort et passa le reste de sa vie à ses côtés. Dumas fit de Grisier le narrateur, et de son récit la base du Maître d’armes.En 1826, la France est ruinée par les campagnes napoléoniennes et la Russie apparaît comme un pays de cocagne. En quête de gloire et de fortune, Grisier part donc pour Saint-Pétersbourg. Après un voyage éprouvant, il se lie d’amitié avec Louise Dupuis, une modiste française expatriée, ainsi que son amant le comte Alexis Vaninkov, jeune lieutenant de la garde de l’empereur. À la mort du tsar Alexandre, des conspirateurs, avec lesquels Alexis s’est laissé entraîner par désœuvrement, profitent du trouble pour essayer d’instaurer une république. Cependant, mal préparé, ce complot des décembristes, est un échec. Tous les protagonistes sont arrêtés et le comte Alexis est condamné à l’exil perpétuel en Sibérie. S’ensuivent des ennuis inattendus pour notre maître d’armes. À la croisée de ces destins, périls et prouesses, complots abjects et intrigues amoureuses se succèdent sous la plume d’Alexandre Dumas dans un style palpitant. Il met ici tout son amour pour une Russie qui le fascine et qu’il s’efforce de comprendre.
Le Maître d’armes dévoile une facette surprenante de conteur et d’écrivain-voyageur.    
ÉGALEMEMENT DISPONIBLE en version numérique
C’est pétri d’illusions que l’ingénieur allemand Hugo Pectoralis arrive dans le gouvernement reculé de Penza, où des patrons anglais ont fondé une entreprise agricole moderne, destinée à donner des profits, mais aussi à apporter aux paysans une amélioration de leur sort, par la mécanisation des travaux et l’introduction de méthodes novatrices. Les machines sont allemandes et Pectoralis est prussien. Grâce à sa ténacité et à sa compétence, il gravira rapidement l’échelle sociale, mais, projeté dans l’univers inconnu de la Russie profonde et de ses habitants, un incident stupide provoquera sa chute. Il se dispute avec Safronytch, paysan veule, paresseux et ivrogne qui gagne son procès, mais meurt rapidement d’alcoolisme. Tous les deux sont des victimes : Pectoralis, l’Allemand imbu de sa supériorité nationale et de son savoir-faire, et Safronytch, héritier du laisser-aller général. Un récit en forme de charge qui, au-delà du comique, est une satire virulente des mœurs locales.
Qu’est-ce que croire en Dieu ? Plus qu’une conviction née de réflexions et de raisonnements, la foi est un régime d’existence nouveau marqué par une rencontre, affirme Mgr Antoine Bloom. La rencontre avec le Dieu vivant, dont il a lui-même fait l’expérience de façon fulgurante à l’âge de quatorze ans. Cette rencontre peut aussi advenir, explique-t-il, par l’intermédiaire d’une personne qui porte en elle la lumière divine, telle la moniale Marie Skobtsov rayonnant au cœur de l’enfer concentrationnaire de la présence du Christ ressuscité. L’expérience du divin, aussi modeste soit-elle, bouleverse nos perceptions et nos relations. Elle nous invite à entrer dans ce nouveau mode d’être dont, au fil des questions de son auditoire, Mgr Antoine développe différents aspects tels que le pardon, l’obéissance, la prière, la vie liturgique… À travers ses réponses se dessine un chemin permettant d’approfondir notre expérience de la vie en Dieu. Rien d’assertif, rien de figé dans l’enseignement du métropolite  Antoine, qui nous invite chacun à cheminer dans la foi vers notre plein accomplissement de nous-mêmes à la mesure de notre expérience du Dieu vivant. L’Expérience de la Foi est la quatrième (1972) des conférences annuelles données par Monseigneur Antoine Bloom entre 1969 et 1973 à l’abbaye bénédictine de Sainte-Gertrude à Louvain. Les enregistrements de ces retraites ont été retranscrits par une sœur de Sainte-Gertrude, sous forme de polycopiés, puis confiés à une personne qui les a ensuite fait parvenir aux éditions des Syrtes.
L’ Esprit Saint est au cœur de la théologie orthodoxe et vivre dans l’Esprit représente la vocation de tout chrétien. Que se passe-t-il lorsque l’Esprit Saint vient habiter en nous ? La vie se révèle alors dans toute sa plénitude. Loin de nous conformer à un modèle extérieur, le Saint-Esprit nous fait devenir pleinement nous-mêmes. Il inaugure un nouveau mode d’être qui n’est autre que la transfiguration de la vie présente. Le métropolite Antoine développe dans le présent ouvrage les caractéristiques de cette vie nouvelle dans l’Esprit. Il se fonde non sur des raisonnements théologiques mais sur sa riche expérience personnelle. Pas à pas, au fil de ses exposés et des réponses aux questions de son auditoire, il nous propose un chemin pour accéder à la vie dans l’Esprit. Chemin marqué par l’amour authentique, où le Christ qui se donne à nous dans l’eucharistie — irruption du temps du Royaume dans notre chronologie — est à la fois le but et le compagnon de route. Nous découvrons également une prière composée par Mgr Antoine lors de cette rencontre ainsi qu’une homélie dite lors de l’office, ici retranscrite. La Vie dans l’Esprit est la dernière conférence (1973) donnée par Monseigneur Antoine Bloom entre 1968 et 1973 à l’abbaye bénédictine de Sainte-Gertrude à Louvain. Les enregistrements de ces retraites ont été retranscrits par une sœur de Sainte-Gertrude, sous forme de polycopiés, puis confiés à une personne qui les a ensuite fait parvenir aux éditions des Syrtes.

Dans Voyage sentimental, après un an d’emprisonnement politique au début des années 1930, un jeune écrivain entreprend un long et salutaire voyage vers ses origines en Yougoslavie. Ce retour à la liberté est l’occasion d’une promenade à travers l’Europe centrale, dans les miettes du défunt Empire austro-hongrois. Il redécouvre ainsi Zagreb, puis Dubrovnik, Fiume, sur la côte d’Istrie et de Dalmatie jusqu’aux Bouches de Kotor. Entremêlant passé et présent, François Fejtö croque avec une tendresse malicieuse et nostalgique tout à la fois des portraits d’êtres aimés ou croisés au hasard. Voyage et souvenirs, passé et présent se succèdent au fil des pages organisées comme un journal de voyage. Volontairement lyrique, le livre révèle un aspect peu connu de cet éminent historien et analyste politique, à l’aurore de son talent.

Publié en 1935, il n’a été réédité en Hongrie qu’en 1989.

 
syrtes Mitrophane athos URSS voyage
En 1976, le père Mitrophane entreprend, avec 9 autres moines du Mont Athos, un voyage en URSS, et sa visite est la première d’un moine athonite depuis la révolution de 1917. Le moine décrit la vie de l’Église dans un contexte de militantisme athée et de persécution intense, inédite dans l’histoire chrétienne. Néanmoins, une minorité a su préserver sa foi, assurant la survie et la prospérité de l’Église orthodoxe. Ce livre offre un témoignage unique sur la vie de l’Église orthodoxe russe sous le régime soviétique. Ce récit spirituel puissant interroge aussi sur la préservation de notre vie intérieure et spirituelle dans une société qui semble avoir délaissé Dieu. Servies par un style vivant, les réflexions du moine Mitrophane enrichissent ce témoignage exceptionnel.  
Bulgarie au début du XXe siècle, une société pétrie de traditions, de superstitions et de conventions ancestrales. La jeune Miriam, fantasque, indépendante, un peu sorcière, aime Ahmed envers et contre tout. Elle décide de vivre avec lui, puis de le suivre à Istanbul au risque d’en payer le prix fort. Miriam doit se battre à chaque instant pour garder sa liberté : celle d’être une enfant libre et s’épanouir comme elle l’entend, puis comme femme, comme amoureuse et épouser qui elle entend – un homme aussi libre qu’elle –, enfin, comme mère. Mais, rattrapée par les préjugés, elle est confrontée à un choix impossible.
L’histoire racontée par Maria Kassimova-Moisset est celle de sa grand-mère et de son père, telle qu’elle lui a été racontée, telle qu’elle s’en souvient. La narration, qui s’attarde tour à tour sur les différents personnages, est entrecoupée par des dialogues dans lesquels l’autrice interpelle et questionne leurs actes. Créant ainsi un pont avec le lecteur du XXIe siècle.
L’écriture, sans pathos, dépeint avec sensibilité, empathie et poésie les détails du quotidien, regarde avec attention les visages, à la recherche de ce que l’on ne peut exprimer avec des mots. Rhapsodie balkanique est un roman poignant et universel sur les ravages de l’intolérance et l’arbitraire des choix. Un roman sur une femme qui incarne une génération désireuse de s’émanciper.
Également disponible en livre numérique
Disponible également en version numérique
Pétersbourg, le chef-d’œuvre d’Andreï Biely et l’un des grands romans européens du XXe siècle, évoque les balbutiements de la révolution d’Octobre. Au centre du récit deux hommes, un père et son fils : Apollon Apollonovitch Ableoukhov, homme d’État occupant les plus hautes fonctions et Nikolaï Apollonovitch, étudiant en philosophie. Ce dernier a eu l’occasion de rencontrer des révolutionnaires (nous sommes en 1905) et reçoit l’ordre mystérieux de tuer son père. Il sort en plus d’une histoire d’amour malheureuse qui le pousse à des actes inconsidérés, intriguant et faisant peur en ville. Les mouchards et les agents doubles rôdent, rendant l’atmosphère encore plus trouble et fantastique… On parcourt la ville à cent à l’heure, et l’œil de Biely passe sur les choses sans jamais s’arrêter ; il lui arrive de trembler, de sortir du cadre, d’explorer les consciences des uns, l’inconscient des autres, et promener un regard prophétique sur l’Union soviétique… Inspiré par les événements de 1905 dans la capitale russe, écrit entre 1910 et 1913, publié en 1916 puis remanié en 1922, tout dans Pétersbourg est machination, suspense, effroi, infiltration, prémonition d’une apocalypse finale. Mais c’est aussi une épopée délirante, loufoque, grotesque, parfois à la limite du carnavalesque ; le plus souvent, simplement monstrueuse.
Après la parution remarquée des Poèmes de Russie (1912-1920), cette édition en bilingue reprend en format de poche les Poèmes de maturité (1921-1941) de Marina Tsvetaeva. Les deux volumes rassemblent la création lyrique des dix-sept années d’exil de la poétesse, depuis le moment où elle a quitté son pays en 1922 et jusqu’à sa mort en 1941, de retour en URSS.  En février 1923, à Berlin, Tsvetaeva publie Le Métier, poème qui représente un tournant dans sa création. Écrit sous la forme d’un dialogue poétique avec son lecteur, le thème général demeure la solitude dans le contexte de l’attachement à son pays. Les thèmes lyriques habituels – l’amour, la mort, la poésie – sont toujours présentés avec, en arrière-plan, une perspective philosophique qui pose la question du sens de la vocation poétique et de la vie. Au bout de quelques années en Occident, Tsvetaeva va composer un nouveau recueil poétique, Après la Russiepublié à Paris en 1928. Elle revient à ses thèmes lyriques et philosophiques favoris : Dieu, la vocation du poète, le temps et l’éternité, la grisaille du quotidien, l’amour et les questions sur son propre destin. Tsvetaeva voulait en faire un bilan des années de jeunesse fougueuse et d’approfondissement de sa maturation.  D’autres poèmes moins connus, souvent liés à l’exil et à son entourage viennent enrichir ce recueil. Le retour au pays ne lui apportera que malheur et déceptions. Les poèmes de la fin révèlent une Tsvetaeva toujours amoureuse et toujours extrême dans son aspiration vers l’absolu et la transcendance, mais le désespoir est déjà vivement ressenti.
Dans un village perdu de la Iakoutie vit un homme malheureux et malchanceux : Makar. À la veille de Noël il se retrouve dans la Maison des Tatares, où trop d’hommes s’entassent pour boire. Makar, ivre mort, est jeté dehors. Revenu tant bien que mal chez lui et désagréablement accueilli par sa femme, il décide de partir en pleine nuit dans la taïga avec son cheval. Il tombe sur Aliocha, venu lui aussi visiter les pièges à renard. Ils se disputent une bête, qui en profite pour détaler. Dans la lutte, Makar perd son bonnet et ses moufles. Puis, il s’égare et, épuisé, meurt de froid. Mais Ivan, le vieux pope, mort quatre ans plus tôt, le réveille et le conduit devant le Grand Juge, afin d’évaluer sa conduite sur terre grâce à une grande balance qui a un plateau d’or pour les bonnes actions et un plateau de bois pour les mauvaises. Ce dernier penche dangereusement. Mais Makar, soudain inspiré, raconte sa pauvre vie et tous les malheurs qu’il a endurés... Le Rêve de Makar inaugure une nouvelle série de notre collection de Poche: les joyaux oubliés. Pourquoi publier des « Joyaux oubliés » ? Il y a des textes à ne pas oublier, des petits joyaux littéraires qui méritent d’être redécouverts. Avec cette nouvelle série, dans la collection « Syrtes Poche », nous souhaitons remettre entre les mains des lecteurs curieux des récits devenus classiques, anciens ou récents, dont les destins n’ont pas connu ceux de Tolstoï, Gogol, Krudy Kafka, Marai ou Čapek. Le Rêve de Makar de Vladimir Korolenko fait partie de ces textes et va inaugurer « Joyaux oubliés ».
 

Leonid Youzefovitch présente ici le portrait d’un personnage de légende. Roman von Ungern-Sternberg, baron balte converti au bouddhisme. Général de l’armée blanche à trente-cinq ans, il est le dernier combattant à résister contre la marée révolutionnaire rouge qui submerge alors la Russie. Replié en Mongolie, il s’y taille un royaume en libérant le khutukhtu, « Dieu vivant » des Mongols, prisonnier des Chinois. C’est là que commence son règne de violence et que prend forme son rêve fou : reconstituer la horde d’or de Gengis Khan.

Personnage démesuré, être hors norme, Ungern ira ainsi au bout d’un destin aux dimensions shakespeariennes.