Paru en 1974, Le Printemps s’amuse explore des thèmes universels et intemporels qui trouvent un écho indéniable dans le monde d’aujourd’hui, tout en provoquant un véritable plaisir de lecture et de découverte littéraire. Une pépite à lire dans la série « Joyaux oubliés ».Le lecteur suit Diouchka, treize ans, dont la vie bascule lorsqu’il découvre un amour naissant pour sa camarade de classe Rimka et devient témoin et victime de la cruauté du jeune Sanka. Diouchka est tiraillé entre des sentiments inconnus jusqu’alors et l’aversion pour la brutalité. Ce récit initiatique émouvant et lyrique explore la transition douloureuse de l’enfance à l’adolescence, interroge la frontière entre le bien et le mal et illustre la complexité des relations humaines.
En 1893, Ivan Bounine, futur prix Nobel de littérature, rencontre Léon Tolstoï, à l’apogée de sa célébrité. Grand admirateur de son aîné, Bounine considère que toute la vie de Tolstoï n’a été qu’une recherche de la « délivrance », de la « fusion dans le divin ». Ce sont les contours de cette quête que dessine Ivan Bounine dans un récit composé entre 1927 et 1937 et qui se situe entre témoignage, biographie psychologique et lecture amoureuse.
La Délivrance de Tolstoï n’est ni une critique de l’œuvre, ni des mémoires, mais une exploration passionnée et intime de la vie de Tolstoï. À travers souvenirs et témoignages, Bounine révèle les multiples facettes de Tolstoï, tout en reflétant ses propres obsessions sur la vie et la mort.
Poète, prosateur et essayiste, Ivan Bounine (1870-1953) a été le premier écrivain russe à recevoir le prix Nobel de littérature (1933). Auteur d’une œuvre prolifique, maître de la nouvelle, il demeure un classique de la littérature russe. Résolument antibolchevique, Bounine quitte son pays et arrive en France en 1920, où il devient l’une des figures de proue des écrivains de l’émigration russe.
Elemér Tábory, jeune homme bien né et brillant, mène une vie rêvée et prometteuse dans le domaine familial. Mais lorsqu’il s’endort, il laisse place à son alter ego, un misérable apprenti charpentier. Des sensations de déjà vu, des bribes de souvenirs sont les seuls signes de conscience de l’autre. Pourtant, au fil du récit, ces personnalités se rapprochent tant que la vie devient insoutenable, sans issue possible. Ainsi en va-t-il du calife des Mille et Une Nuits transformé en cigogne, qui a oublié la formule magique à prononcer pour redevenir un homme.
L’éternelle histoire du double prend ici une tournure psychopathologique et sociale dans la Hongrie post-impériale, afin d’interroger la morale, le bien et le mal. Paru en 1916, Calife-Cigogne est un roman d’une profonde perspicacité psychologique et d’une maîtrise littéraire frappante.
Mihály Babits (1883-1941) est une figure majeure de la littérature hongroise, poète, romancier et traducteur de grands auteurs européens. Également essayiste accompli, il a écrit une monumentale Histoire de la littérature européenne (1936). Référence de toute une génération, son œuvre n’a cessé de se renouveler.
Petite, allume un feu… retrace la vie du jeune Tzigane Andrejko, ballotté par l’Histoire et la misère, arraché à son village, survivant entre vols, prisons, foyers et pertes. L’histoire individuelle et familiale se double, en filigrane, de celle du XXe siècle, au gré des grands événements tragiques (Seconde Guerre mondiale, chute du communisme, partition de la Tchécoslovaquie) rapportés du point de vue des Tziganes. Errant entre Prague, Plzeň, Andrejko tente de s’adapter, de retrouver ses racines, mais finit seul, laissant la fin ouverte à l’imagination du lecteur. Ce roman est un hommage à la liberté, à la quête de soi, et une déclaration d’amour à la langue romani, alliant réalisme, poésie et émotion, entre sublime et tragique.
Finaliste du prix Wepler–Fondation La Poste, 2009.
Publié en 1905, Le Gouverneur de Leonid Andreïev met en scène un gouverneur de province, homme intègre et dévoué, qui, par peur et incompréhension, ordonne la répression sanglante d’une manifestation populaire, causant la mort de civils. Bouleversé par ce drame, il sombre dans une profonde détresse morale, tiraillé entre sa conscience et son devoir. Il subit la haine du peuple et se retrouve prisonnier d’un système qui le dépasse, illustrant la fatalité et l’impuissance de l’individu face aux forces sociales et historiques. Le style d’Andreïev est marqué par l’intensité émotionnelle et une atmosphère oppressante. À travers des images fortes, et un rythme haletant, Andreïev critique la brutalité du régime tsariste et interroge la solitude, la culpabilité et la tragédie du pouvoir.
Il a fallu quatorze ans, entre 1960 et 1974, à Mária Földes, pour écrire La Promenade, roman profondément autobiographique.
Sous la forme d’un monologue intérieur et de fragments narratifs, elle revient sur son enfance, la déportation, les traumatismes mais aussi le besoin de continuer à vivre. Des images surgissent, sans chronologie stable, comme des éclats de mémoire. Un simple détail du quotidien – un visage, une rue, un bruit – peut déclencher un retour brutal au passé. Au fil des lieux traversés, l’évocation d’Auschwitz, de la dictature communiste ou des pertes personnelles se fond dans un réseau mémoriel. Les événements reprennent corps avec une intensité saisissante, donnant à qui lit La Promenade la sensation d’avancer pas à pas au côté de la narratrice, en témoin silencieux de son errance intérieure.
Mária Földes (1925-1976) est une écrivaine juive hongroise originaire de Transylvanie, survivante de la Shoah. La Promenade, son roman autobiographique, a été publié en 1974, en langue hongroise. La même année, elle quitte la Roumanie pour l’Israël. Mária Földes met fin à ses jours en 1976.
Avec une préface signée par Ágnes Lev, la fille de Mária Földes.