Partager
Actualité et histoire
Publiés aux éditions des Syrtes

Le Journal intime du baron Ludwig von Knorring (1859-1931) est un document exceptionnel à plus d’un titre. En premier lieu parce qu’il a été retrouvé presque par hasard ; c’est donc la première fois qu’il est proposé aux lecteurs. Ensuite, ces mémoires ont été écrites par un homme qui œuvrait au cœur du pouvoir tsariste. Attaché d’ambassade en Allemagne dès 1887, il devient responsable des missions spéciales auprès du ministre des Affaires étrangères en 1903, avant de prendre la direction de l’office du ministère des Affaires étrangères en 1906.

Après la prise du pouvoir par les bolcheviks, Ludwig von Knorring doit fuir sa patrie comme nombre de ses compatriotes. Il deviendra chef du Bureau des réfugiés russes à Baden-Baden, avant de s’installer en Suisse, à Vevey, où il s’éteindra en 1931. C’est donc un document rare qui est proposé ici : le rapport minutieux d’un témoin des événements qui allaient bouleverser le XXe siècle. Ecrit à vif, sans désir de ménager qui que ce soit, ce cahier étant pensé comme un document de travail non destiné à la publication. À la différence des souvenirs et des mémoires de personnages de premier plan qui, à travers leurs écrits, essayaient de justifier leurs décisions ou rejeter leurs responsabilités, le texte de Ludwig von Knorring décrit les étapes qui, depuis la guerre russo-japonaise et la révolution de 1905, allaient mener le pays à la catastrophe.

Une étrange atmosphère se dégage à la lecture de ce document qui, sans aucun doute, sera capital pour les chercheurs intéressés par l’histoire du XXe siècle. Alors que la révolution menace, les marins du  «Potemkine » se rebellent, le pays est au bord du gouffre, les proches du tsar s’interrogent sur ses décisions. Et que les responsables politiques se demandent quoi faire tout en continuant d’organiser des réceptions somptueuses…

Pour Alexandre Latsa, le traitement systématiquement négatif de la Russie dans les médias français et occidentaux est indiscutable : corruption, guerres dans le Caucase, atteinte aux droits de l’homme, opposition politique interdite, attentats à Moscou, discothèques qui brûlent, démographie qui s’effondre, minorités sexuelles menacées… Même lorsque la Russie mène seule une guerre juste en Syrie contre ce danger pour la France qu’est l’Émirat islamique, comme les derniers attentats nous l’ont démontré, les médias s’en prennent au Kremlin qui serait une menace pour la paix et la sécurité.

Ce traitement médiatique n’est pas le fruit du hasard. Il est en réalité l’une des facettes de la guerre totale menée contre la Russie renaissante. Une guerre qui monte en intensité au même rythme que le réveil russe bouscule l’agenda voulu par des élites occidentales. Celles-ci souhaitent en effet imposer à la Russie, comme à l’Afrique ou l’Amérique du Sud, une occidentalisation forcée. Sous la domination morale, politique, économique et spirituelle américaine. Une guerre qui traduit l’emprise quasi totale sur le monde médiatique, politique et intellectuel français d’une nouvelle idéologie, l’atlantisme, cette variante européenne du néoconservatisme américain.

Pour Alexandre Latsa, la France doit briser cette dynamique. Car elle l’engage sur une trajectoire extrêmement risquée pouvant mettre en péril sa sécurité et même son existence. La France doit ressurgir par une nouvelle trajectoire stratégique et historique qui lui permette d’initier son retour dans l’histoire. Elle pourrait pour cela prendre modèle sur la Russie. Ce pays dont chacun pensait, au cœur de cet hiver 1999, qu’elle était au bord de la disparition, alors que le pays allait, au contraire, connaître une incroyable renaissance, que l’on peut qualifier de printemps russe.

Guillaume écrit à ses amis pour commenter la vie de la Suisse et du monde entre 2010 et 2014. Il s’adresse aussi à des personnalités, voire à un pays. Ses correspondant-e-s prennent parfois l’initiative. Le style incisif, l’humour souvent, la colère parfois, émaillent la correspondance.
Guillaume m’a confié ses Lettres, serrées dans une boîte à souliers. Je (sous-entendu Gabriel Galice) les endosse volontiers. Qu’importe l’auteur, au fond. Je est un autre. Les Lettres sont des personnages à part entière. Leurs commentaires distanciés sur l’actualité visent à distraire et à instruire. Les Lettres sont une chronique du temps qui passe, des miroirs qu’un Suisse tend à ses correspondants, de missives ou réponses d’épistoliers parfois, une revue de presse internationale aussi. Le propos libre est de distraire en instillant le doute. Les notes nales fournissent les références aux réflexions des personnages. L’ouvrage est aussi une chronique, qui remet en mémoire des temps forts oubliés. Leur ton impertinent tranche avec l’officialité mondaine. Les prénoms des destinataires correspondent à des personnes réelles qui furent ou sont proches de l’auteur. D’autres sont de grands disparus (Toussaint l’ouverture, Jean Jaurès, Rosa Luxembourg, Salvador Allende….), des journalistes, des personnalités parfois. Ces Lettres helvètes reprennent des textes publiés depuis 2010 par des sites amis.  

OUVRAGE ÉPUISÉ

Comment Vladimir Poutine, ancien officier du KGB en Allemagne de l’Est, est-il donc devenu l’un des hommes les plus puissants de la planète ? En quoi est-il le concepteur de la nouvelle Russie, et en quoi s’éloigne-t-il chaque jour davantage des idées occidentales ? Barack Obama définit Vladimir Poutine comme l’une des plus grandes menaces pour le monde – à côté d’Ebola et des terroristes de l’État islamique. Le président russe ne cesse de critiquer « les doubles standards de l’Occident ». Depuis les événements de Maidan, la plupart des journalistes occidentaux jugent que le monde s’achemine vers une nouvelle guerre froide. Comment en est-on arrivé là, des décennies après l’effondrement de l’Union soviétique ? Hubert Seipel est l’unique journaliste occidental à avoir accompagné Poutine au cours des cinq dernières années. Il offre pour la première fois aux lecteurs francophones un aperçu des motifs et des idées qui animent le président russe. Une occasion peut-être de comprendre les divergences et les points communs entre la Russie et l’Occident.      

 

« Cycle de tragédies », tel est le sous-titre que Iouri Annenkov donne au Journal de mes rencontres.  Et de fait, elles sont innombrables : suicide d’Essenine, de Maïakovski, de Piast. Gorki est empoisonné, Goumilev, Pilniak, Babel, Meyerhold sont fusillés, Blok, Zochtchenko et Pasternak meurent de chagrin et d’épuisement. Zamiatine fait l’objet d’une chasse à l’homme avant d’obtenir le droit d’émigrer. Victimes de tracasseries ou mis au ban de la vie publique, d’autres courbent l’échine ou se réfugient dans le silence. D’autres, enfin, choisissent l’émigration avec toutes les difficultés qu’implique l’exil. Annenkov rappelle à la vie ceux qui ont jalonné sa longue existence, revisite les lieux qu’il a aimés, et surtout Saint-Pétersbourg. Il ne se lasse pas d’en nommer les rues, les avenues, les restaurants, de citer les vers d’Akhmatova, de Blok, de Gueorgui Ivanov, le « texte de Saint-Pétersbourg », la ville du brouillard, la ville en brouillard qui risque à tout instant de se dissiper comme un rêve et que seule l’écriture peut amarrer au réel. Il revit les entreprises communes, tente d’arracher choses et hommes au néant et à l’oubli. Livre-témoin empli de tendresse à l’égard de ces bâtisseurs dans la tourmente, enfants d’un siècle tragique, Journal de mes rencontres est une œuvre unique, faisant revivre au fil des phrases et des esquisses une époque oubliée et pourtant génitrice du XXe siècle.  

 

 

 

ÉPUISÉ
Préface de Dominic Lieven
« Si la France n’a pas été effacée de la carte de l’Europe, c’est avant tout à la Russie que nous le devons», déclare le Maréchal Foch à la fin de la Première Guerre mondiale. Qui s’en souvient aujourd’hui ?
Nicolas II décrète en juillet 1914 une mobilisation générale et engage sept millions d’hommes aux côtés de la France. Son armée est une des meilleures et attaque le front est, affolant l’état-major allemand qui déplace des troupes du front ouest en renfort (permettant le « miracle » de la Marne et de ses taxis).
L’industrie russe, à la traîne de l’industrie allemande, compense par de très lourdes pertes humaines son infériorité en équipements. Les soldats récupèrent les armes de leurs camarades morts, les combats se poursuivent à la baïonnette, au couteau, et même à mains nues. Cette hécatombe permet malgré tout d’affaiblir les Allemands, qui proposent une paix séparée à Nicolas II : elle est rejetée et la boucherie se poursuit.
En 1916, à Verdun commence l’offensive de la Somme, le front est est alors relativement épargné. Les Russes en profitent pour s’approvisionner et s’équiper, puis lancent deux offensives décisives en Bessarabie et dans le Caucase. L’espoir revient enfin pour les Alliés.
Mais arrivent 1917 et l’abdication de Nicolas II. Les soldats qui avaient combattu pour la Patrie, Dieu et le Tsar sont perdus. Le gouvernement provisoire proclame sa volonté de poursuivre la guerre, tout en donnant des ordres incohérents. L’armée est détruite de l’intérieur. Pour l’auteur, « la révolution n’est pas une conséquence d’une prétendue défaite militaire ; la révolution serait plutôt la cause première de la destruction de l’armée ».
Alors que les commémorations du 11 novembre 2016 ont rendu un hommage historique aux soldats russes, morts aux côtés des soldats français, l’ouvrage de Serge Andolenko tente de soigner une amnésie générale en démontrant le rôle oublié de la Russie impériale pendant la Première Guerre mondiale.  
  Trois générations de femmes parlent à bâtons rompus, se confient et racontent leur pays…

En toile de fond de leurs récits de vies ordinaires, c’est l’histoire de la Russie qui défile. L’immense Union soviétique, le chaos libéral des années 1990 et la Russie de Poutine.

Plus concrètement, elles parlent de petites filles, de femmes et de grands-mères qui ont vécu dans différentes Russies. Et au-delà, ce sont des hommes dont elles parlent le plus, et le regard qu’elles posent sur eux, que ce soit un mari, un père, est révélateur et sans appel. Pour citer l’une d’elles : « L’homme est la tête, et la femme est le cou, la tête ne bouge que grâce au cou qui la commande. »

Voici des portraits intimes qui révèlent des héroïnes aux vies bigarrées mais qui se ressemblent. On découvre donc des femmes fortes, battantes, féminines et maternelles, qui s’opposent tristement à un modèle masculin souvent trop dégradé à leurs yeux… Le mot « Amour » n’apparaissant nulle part… Leur donner la parole a semblé important à l’auteur, à cause de la place prégnante de la femme en Russie. C’est en effet un pilier autant de la famille que de la société. Et leur donner la parole est important surtout parce qu’elles n’ont jamais été entendues.

Journaliste, Maureen Demidoff a vécu à l’étranger plus de dix ans dont huit ans à Moscou. Elle y a rencontré des femmes de tous milieux et horizons. Avec ce livre, elle a voulu comprendre comment trois générations d’individus peuvent aujourd’hui vivre ensemble en ayant vécu dans « trois Russies différentes », avec des idéologies et des valeurs opposées, sans se douter que le thème du vivre ensemble serait élargi à la relation complexe entre les hommes et les femmes de Russie.

La Tête et le cou a été sélectionné pour le Grand Prix des Lectrices Elle 2018.

       

 

Le 26 janvier 1930, enlevé en plein Paris par des agents soviétiques, disparut à jamais le général Koutiepov. Il était le chef de l’Union militaire générale russe (ou ROVS), la plus importante des organisations d’anciens combattants russes émigrés. Il fut remplacé par le général Miller. La même année, le 10 septembre, fut également recruté par les services secrets soviétiques le plus brillant de leurs agents infiltrés chez les Russes blancs, le général Skobline – aux yeux de beaucoup exemple idéal du chef blanc héroïque. Skobline reçut pour mission d’accéder à des fonctions de responsabilité dans la ROVS et d’amplifier en sous-main les conflits entre ses principaux responsables. Le 22 septembre 1937, avec la participation de Skobline, Miller était à son tour enlevé à Paris. Il fut ensuite détenu à la prison du NKVD à Moscou et exécuté le 11 mai 1939. Ce livre de Nicolas Ross, écrit d’une plume légère et qui fait suite à son Koutiepov publié par les éditions des Syrtes en 2016, décrit les dernières péripéties du combat des Russes blancs en ces années d’avant-guerre. Alors qu’ils n’avaient pas encore perdu l’espoir de combattre en Russie l’ennemi bolchevique et de revenir un jour, vainqueurs, dans leur patrie bien-aimée.  

         

 

Depuis le meurtre de Raspoutine jusqu’à l’abdication de Nicolas II, ce livre retrace le processus révolutionnaire en 1917 à Petrograd. Il commence en février pour aboutir en octobre à la prise du pouvoir par les bolcheviques et l’instauration d’un régime de terreur en Russie.  Grâce à une abondante documentation, s’inspirant de quantité de sources souvent inédites dans l’historiographie francophone et de témoignages directs, François Antoniazzi reconstitue le fil des événements qui ont conduit à la chute de la monarchie russe. Appelé à devenir une référence dans la bibliographie francophone, 1917 à Petrograd est une étude historique foisonnante qui se lit comme une œuvre de fiction, mais aussi une analyse psychologique des principaux protagonistes, monarchistes comme bolcheviques, ayant présidé au destin tragique de la Russie au début du XXe siècle.  
       

 

Le présent essai est le fruit de mon expérience de terrain en tant que femme politique syrienne impliquée au premier plan dans la transition politique dans mon pays. Son objectif est de fournir au lecteur occidental un panorama de la situation géopolitique des grands pays de cette région stratégique, six ans après le début des révoltes dites du Printemps arabe. Celles-ci ont d’ailleurs vite tourné à « l’hiver islamiste », avec la percée de l’islamisme radical sunnite, tant dans sa version soft incarnée par les Frères musulmans victorieux de plusieurs élections démocratiques, que dans celle du terrorisme apocalyptique du califat incarné entre autres par Daesh qui n’est que la face émergée du totalitarisme vert. Les nouveaux rapports de force instaurés en Syrie depuis l’intervention militaire russe en septembre 2015 et la victoire face aux djihadistes ont créé les conditions pour enclencher la phase politique du règlement du conflit syrien. Cela prendra forme notamment dans le cadre du sommet de Sotchi de janvier-février 2018, organisé par la Russie avec ses partenaires turcs et iraniens et dont le but sera de réunir autour d’une table tous les protagonistes du conflit. Pendant toute l’année 2017, la « plateforme d’Astana » que je préside a travaillé à l’élaboration du projet d’une Constitution destinée à organiser les nouveaux rapports de forces intercommunautaires et la forme du futur régime sur des bases de garanties mutuelles. Randa Kassis    

 

Préface d’Erik Orsenna
C’est une aventure grandiose, qu’aucun récit n’a encore retracé de cette manière : l’épopée sibérienne, la conquête des immenses espaces du nord de l’Asie par la Russie reste pourtant curieusement méconnue. Entamée alors que les Européens sont déjà en Amérique, elle conduit l’Empire des tsars jusqu’au Pacifique puis à l’Alaska. Qui en sont les acteurs ? Des dynasties de marchands provinciaux comme les Stroganov ou des Cosaques partis chercher fortune vers l’eldorado qu’ils imaginent. Mais très vite d’autres figures historiques vont leur succéder poursuivant l’élan de la conquête, à la rencontre du soleil levant, à la rencontre des peuples autochtones des steppes, de la taïga et de la toundra arctique. Ce sont des scientifiques de génie que le tsar Pierre le Grand envoie résoudre l’énigme de la séparation entre l’Asie et l’Amérique, ce sont des commerçants qui dominent les échanges avec la Chine et colonisent les côtes d’Amérique du Nord, ce sont des idéalistes qui rêvent d’autonomie ou de construire, loin de la capitale impériale, une autre Russie débarrassée des archaïsmes. La « conquête de l’Est » par la Russie réveille bien vite d’autres appétits et rivalités. La géopolitique est au rendez-vous. Les Russes font face aux Mandchous, aux Chinois, aux Japonais qui ont leurs propres visées sur ces espaces peu peuplés. Dès le XIXe siècle, les puissances européennes viennent aussi mener bataille dans cette lointaine partie du monde où la Russie défend âprement ses nouvelles possessions. Le chantier fou du Transsibérien, les bagnes tsaristes, le Goulag stalinien, la conquête de l’Arctique. Autant d’épisodes de cette Épopée sibérienne que l’on croirait sortis d’un roman mais qui reposent sur des sources souvent inédites et de nombreuses recherches sur le terrain. Ils sont relatés dans cet ouvrage avec autant de rigueur historique que de souffle narratif.
En coédition avec les éditions Paulsen   
Également disponible  en version numérique 
Choix des documents, avant-propos et notes de Nicolas Ross
Traduction du russe des documents par Jean-Christophe Peuch
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 mourraient le tsar Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, dans la maison de l’ingénieur Ipatiev, où ils étaient détenus depuis le 30 avril. Contrairement à ce qu’on a pu croire, les exécutants et les complices de cet assassinat ont beaucoup parlé et beaucoup écrit, mais sous le sceau d’un secret rigoureusement gardé jusqu’aux dernières années de l’existence de l’URSS. Avant de donner la parole aux acteurs de ces événements, Nicolas Ross revient sur le massacre de la famille impériale, la disparition puis la réapparition de ses restes. Ce court récit facilite la lecture des seize témoignages qui suivent. Quatre des gardes rouges de la maison de l’ingénieur Ipatiev avaient été retrouvés et interrogés par les enquêteurs blancs dès 1918-1919, et leurs dépositions constituent les premiers documents publiés. En 1919 également fut rédigée par Iakov Iourovski, le dernier commandant de la maison Ipatiev et principal acteur de l’exécution de ses occupants, sa célèbre Note, qui ne fut révélée qu’en 1989 et qui connut rapidement une résonnance internationale. Après Iourovski, d’autres participants livrèrent leurs confidences, restées secrètes jusqu’à la fin du pouvoir communiste en Russie. Leurs témoignages sont ici aussi publiés. Mais les récits des assassins du tsar et leurs complices ne concernent pas uniquement l’exécution et l’inhumation improvisée des détenus de la maison Ipatiev. Ils racontent leur vie d’avant la révolution de 1917, leurs combats durant la guerre civile, jusqu’à la tragédie d’Ekaterinbourg. Ils y étaient tous volontaires et ont accompli leur mission en connaissance de cause. Leur personnalité et leur biographie éclairent leurs actions et leurs motivations. C’est pourquoi Nicolas Ross a veillé à rendre compréhensibles les documents livrés ici, en replaçant biographiquement chaque personne citée. En plus du récit de l’exécution de la famille impériale, ces textes dévoilent l’atmosphère lourde et éprouvante des derniers jours de Nicolas II et des siens. Ils illustrent, par ailleurs, le projet des dirigeants bolcheviques, qui avaient entrepris d’exterminer tous les Romanov. Il fallait, par ce sang, sceller une Russie du futur totalement coupée de ses racines historiques. Disponible également en version numérique
Juin 1941 : les autorités soviétiques, qui occupent le territoire de Lettonie depuis un an, organisent l’une des plus meurtrières vagues de répression dans le pays en déportant par convois entiers la population civile. C’est le début de l’horreur pour des dizaines de milliers d’innocents qui disparaissent sans laisser de traces dans les immenses étendues glacées de Sibérie, usés par les privations, ou torturés puis exécutés dans les geôles du NKVD. La famille de Sandra Kalniete ne sera pas épargnée. Sa mère, Ligita, a quatorze ans et demi lorsque, le 14 juin 1941, elle et ses parents sont emmenés. Son grand-père Janis est séparé des siens dès leur arrivée en Russie ; il mourra dans l’enfer des camps. La famille de son père Aivars connaîtra le même sort quelques années plus tard. Sandra est rentrée dans son pays en 1957. Elle n’avait que cinq ans mais jamais elle n’a oublié le regard de sa mère quand celle-ci a pu à nouveau fouler et sentir le sol letton. En escarpins dans les neiges de Sibérie raconte l’histoire bouleversante de sa famille. Et, à travers elle, celle de tout un peuple qui ne retrouvera sa liberté qu’en 1991, au prix d’énormes pertes humaines et de souffrances imposées par cinquante années d’occupation soviétique.  
Depuis Charlemagne, l’Europe en est à sa sixième tentative d’unification. Sera-ce la bonne ? Trop autoritaires ou trop décentralisées, trop fédéralistes ou pas assez, souvent minées par des divisions internes, parfois imposées par des pressions extérieures, les initiatives précédentes ont toutes échoué. Faisant appel à l’histoire lointaine depuis la guerre du Péloponnèse et ses conséquences sur le déclin de la Grèce, en passant par l’expérience du Saint Empire romain germanique, Guy Mettan démontre, au terme d’une analyse sans concession des dysfonctionnements européens, que l’Europe pourrait connaître le même destin si elle ne parvient pas à se constituer en État libre, indépendant, démocratique et souverain. Le modèle existe, la Suisse l’applique avec succès depuis cent cinquante ans. Il repose sur la démocratie et la volonté de peuples divers de vivre ensemble. Pourquoi l’Europe ne réussirait-elle pas à en faire autant ? Loin d’être une régression, une réorientation de la construction européenne dans le sens d’un fédéralisme assumé constituerait un fabuleux pas en avant, un saut qualitatif vers un horizon que l’on peut d’ores et déjà appréhender. Il exige moins d’audace que de volonté. Mais la construction politique de l’Europe implique une véritable révolution mentale : faire confiance au peuple.
Également disponible en format numérique
« Parler de la culture russe ne signifie nullement se tourner vers le passé. Ce qui a eu lieu en Russie, nous a été donné, à nous et à elle, comme une épreuve terrible et en même temps comme l’occasion de revoir tout notre passé. Nous devons savoir analyser, étudier, aimer. Mais la conscience est exigée avant tout. Elle réunit tout. Elle permet de considérer à nouveau la Russie dans son passé et son présent et, peut-être, de sentir ce que doit être son futur. » Alexandre Schmemann (1977). Les Fondements de la culture russe est à l’origine un cycle de chroniques du père Alexandre Schmemann sur Radio Liberté entre 1970 et 1971, à l’adresse de l’URSS. Les textes ont été découverts récemment dans des archives privées.  
Né quelques mois après Staline, l’historien et journaliste Sergueï Melgounov, socialiste russe modéré, dénonce la politique de terreur instaurée dans le pays après la révolution d’Octobre. Pour évoquer les horreurs de la guerre civile et du « communisme militaire », Melgounov ne s’en tient pas au terme « atroce ». Il explicite le mot, comme on défroisse une page pour en étaler l’insoutenable contenu. La valeur de ses propos est d’autant plus précieuse qu’il fait parler les victimes et leurs bourreaux, grâce notamment aux nombreux documents et récits qu’il a pu recueillir. En ce sens, son témoignage préfigure celui de Soljenitsyne sur le Goulag. Contre Lénine, contre Staline, Melgounov et Soljenitsyne ont brandi la morale de l’homme face aux prétendues raisons de l’histoire et de l’État.page1image3707872page1image2977440page1image3719936page1image3720144
La Terreur rouge en Russie a été publié pour la première fois en décembre 1923 à Berlin, après l’expulsion de son auteur d’URSS. Sergueï Melgounov est mort en France, à Champigny-sur-Marne, en cette année 1956 où Moscou connaissait son premier printemps politique.