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Publiés aux éditions des Syrtes
Préface de Nikita Struve
Dans le tissu d’or des hymnes de la Semaine sainte, un fil vient troubler le regard. Une douloureuse dissonance fait irruption dans leurs harmonies célestes: l’image de l’apôtre félon. Nous en sommes comme malades pendant ces jours saints. Et l’Eglise ne ménage pas notre sensibilité, en accordant à Judas une place et une attention telles qu’il apparaît comme un des personnages centraux du mystère de la Passion, semblant même occulter les autres apôtres par son opposition au Christ. Judas, « serviteur et fourbe », n’est dans la poésie liturgique qu’un simple avare ayant vendu son Maître pour de l’argent.

C’est avec ces mots que le Père Serge Boulgakov, l’un des plus éminents théologiens du XXème siècle, débute sa réflexion à propos de la plus terrible trahison de l’Histoire. Mais, comme le note Nikita Struve dans sa préface, « on voit que Boulgakov se refuse à une condamnation  sans rémission de Judas. Dans son repentir et dans sa mort volontaire, il voit un acte sacrificiel. Seul de tous les apôtres qui se disaient pourtant prêts à mourir avec le Christ, Judas, par le détour de la trahison, n’a pas survécu à la mort du Christ. Et d’envisager une rencontre de Judas avec le Christ dans l’au-delà. Une rencontre qui serait « non une éternelle réprobation, mais le triomphe de l’amour. »

 
Introduction de Nikita Struve

Traçant d’une plume mélancolique les grands moments de sa vie, le Père Serge Boulgakov livre un témoignage unique sur ce que fut la grande catastrophe communiste pour de nombreux intellectuels expulsés de Russie. Les textes autobiographiques sont aussi complétés par un extrait de la correspondance du Père Serge. Ses lettres révèlent un homme accablé par son destin personnel ainsi que par celui de sa terre natale, mais aussi rempli de foi en la Sophia, la Sagesse de Dieu.

   

Certains hommes sont porteurs d’une ferveur communicative. Penseurs et bâtisseurs: tels furent, parmi d’autres, Jean Monnet, Raymond Aron, Louise Weiss ou Laurent Schwartz. Des personnalités exceptionnelles dont les parcours démontrent un profond sens de l’Histoire ainsi que la fécondité du rapport entre la pensée et l’action.

S’appuyant sur ces figures exemplaires, Thierry de Montbrial décrypte les enjeux politiques et culturels du XXème siècle et se projette dans le siècle suivant. « Il est nécessaire d’espérer pour entreprendre ». Cette certitude, reflet de son itinéraire intellectuel et de son expérience internationale, l’auteur l’applique notamment à la construction européenne, le projet selon lui le plus ambitieux du siècle passé et qui préfigure le monde à venir. Récusant l’idée de fossé infranchissable, Thierry de Montbrial réinterprète les notions de culture ou d’identité et propose une vaste réflexion sur l’aventure humaine.

EN RÉIMPRESSION.

Théophile Gautier choisit ici l’Espagne colorée et pittoresque de ses rêves pour théâtre des tribulations amoureuses des personnages de Militona. Un téméraire hidalgo et un ténébreux torero vont s’affronter avec une passion tout hispanique pour les yeux d’une belle Andalouse. L’auteur livre ici belle histoire, romantique à sa façon, où l’amour va triompher de la violence.

Ce roman est initialement paru en feuilleton dans le quotidien La Presse du 1er au 16 janvier 1847.

Marina Tsvetaeva, ma mère rassemble des souvenirs de la petite fille puis de l’adolescente à travers les errances de sa mère. C’est une Tsvetaeva prise dans la vie de tous les jours, celle qui consiste à trouver de quoi manger, de quoi se chauffer, de quoi se vêtir. Ariadna assiste à son travail, à ses rites, à ses habitudes, à ses angoisses face à la création, à la poésie. Elle évoque des bouleversements incessants, des changements de domicile comme de pays ; les villes, les maisons et les gens se succèdent et se superposent. Elle balaie les ombres qui planent sur le personnage de Marina, décrit des périodes et des rencontres, traque les gestes, les regards, les réactions. C’est aussi toute une Russie sur le point de devenir URSS que nous dévoile Ariadna Efron, animée par certains des plus grands esprits de l’époque, intellectuels et artistes : un milieu incroyable, un peu irréel, dans lequel la fille de Marina Tsvetaeva a baigné si longtemps.

Et le portrait qui ressort de ces pages est à l’image de leur relation : tendre, complice, admiratif mais sans l’ombre d’une concession. Un livre essentiel pour une connaissance intime de Marina Tsvetaeva.

EN RÉIMPRESSION.

Pour rédiger des commentaires de la liturgie de saint Jean Chrysostome, le hiéromoine Grégoire s’est tourné vers ceux qui ont vu la vraie Lumière, qui ont entendu le Verbe et ont touché la tête immaculée du Maître, comme il est dit dans l’office de la Théophanie. Ce livre est constitué des expériences eucharistiques des saints de toutes époques. Il présente la liturgie comme ceux-ci l’ont vécue et comme la vit aujourd’hui l’Église orthodoxe. Les Évangélistes et les Pères théophores nous parlent donc du Christ comme ils Le vivent lorsqu’Il est près d’eux au cours de la divine liturgie de saint Jean Chrysostome. L’auteur exprime ainsi cette humble prière. Que cette édition contribue à une meilleure compréhension de la liturgie et une plus profonde participation à celle-ci.

« Il est nécessaire de comprendre le miracle des Mystères ; ce qu’il est, pourquoi il a été donné, et quelle est son utilité. » – Saint Jean Chrysostome

Pendant l’été 1812, Napoléon, le maître de l’Europe, envahit la Russie avec la plus grande armée jamais vue, convaincu qu’il allait tout balayer devant lui. Mais moins de deux ans plus tard, son empire s’était effondré, et la Russie avait triomphé. Cet ouvrage est le premier à analyser en profondeur le rôle crucial joué par la Russie dans les guerres napoléoniennes, en faisant revivre avec une maîtrise sans précédent le combat entre les deux empires. Exhumant le gisement inexploité des archives militaires russes, Dominic Lieven vient contrecarrer, par le biais d’une démarche scientifique rigoureuse et de documents inédits, les interprétations communément admises d’une histoire qui s’était arrêtée à Borodino. 

Si tout semble avoir été dit sur cette campagne, Dominic Lieven nous convainc qu’il n’en est rien. Il aborde en effet la question sous un angle inédit, à partir des sources de l’histoire militaire russe, dont l’étude est restée à ce jour quasiment inexploitée.
L’approche française a mis l’accent sur Napoléon et la Bérézina, tandis que le mythe tolstoïen défendait l’idée selon laquelle la victoire de la Russie avait été avant tout celle du peuple. Lieven prend ses distances avec ces interprétations et prend en compte le point de vue russe. Il insiste sur la force de la légende dans l’historiographie traditionnelle, qui a occulté une réalité historique pourtant de première importance. À l’idée, communément admise, que le rude hiver russe a eu raison de l’armée de Napoléon, Lieven oppose une réalité bien différente : dès 1810, les généraux russes ont anticipé le conflit en élaborant plusieurs stratégies, parfois contradictoires et en organisant une armée éloignée de l’image d’un simple rassemblement de paysans désorganisés. Il en découle une vision panoramique de l’événement, appréhendé dans sa totalité et sous tous ses aspects. De plus, il ne se limite pas à l’année 1812 mais souligne l’importance de la campagne de 1813-1814. D’autre part, en étudiant l’économie de guerre de la Russie pendant cette période, il donne également à comprendre le fonctionnement de cette société agraire illettrée et sous-encadrée, tenue par une aristocratie terrienne et militaire qui, certes, rêve en français, mais gère en allemand et gouverne en russe.
Cet ouvrage de référence est un modèle en matière d’études historiques par la richesse du matériau et la rigueur de la démonstration. Mais il est aussi traversé par un souffle narratif qui montre que les exigences scientifiques du chercheur s’accommodent d’une belle plume.
   

La Fin de l’Empire des Tsars, un ouvrage qui renverse les perspectives. Et si l’histoire dramatique de la Russie au XXème siècle – le coup d’État bolchevique, la guerre civile, deux famines et le goulag – n’était que la conséquence du rassemblement général des troupes russes le 30 juillet 1914 ? Et si l’Ukraine joua un rôle de tout premier plan dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale ?

Dominic Lieven, historien britannique de renommée mondiale, raconte dans ce livre magistral quel fut le rôle de la Russie dans la descente vers 1914. Armé d’un impressionnant corpus de sources inédites, il étudie à la loupe la machine infernale qui aboutit au conflit. Il donne ainsi la parole à de nombreux protagonistes. Depuis les journalistes et les intellectuels « faiseurs d’opinion » jusqu’aux ministres et, bien sûr, au tsar Nicolas II.

Avec Lieven, l’histoire diplomatique russe s’enrichit enfin des fameuses « forces profondes », chères au grand historien des relations internationales qu’était Pierre Renouvin. Mais le récit de Dominic Lieven n’est pas uniquement centré sur la Russie. Sa grande originalité est d’inscrire ce pays dans un contexte beaucoup plus vaste. Un contexte qui s’apparente à un véritable bras de fer entre empires et nationalismes fin XIXe – début XXe siècle. Riche en comparaisons stimulantes et en hypothèses osées, cet ouvrage est donc appelé à devenir une référence non seulement pour comprendre les origines de la Première Guerre Mondiale, mais aussi pour repenser l’histoire européenne – notre histoire.

 

 

Fin du XIXe siècle, Budapest est plongée dans la brume d’hiver. Que vient donc chercher Szomjas, le vieil homme nostalgique, en revenant sur les lieux de sa jeunesse aux Sept Hiboux ? Pourquoi Józsiás, l’écrivain de trente ans en quête de notoriété, doit-il affronter tant d’obstacles dans ses projets littéraires et dans sa vie amoureuse ? Que peuvent enfin bien se dire ces deux personnages ? Krúdy nous fait revivre cette « fin de siècle » où se heurtent les générations et leurs idéaux.

Tel le Danube « en marche », le roman nous réserve des surprises. Le courant d’abord léger, malicieux, nous entraîne peu à peu dans les profondeurs de l’âme, les contradictions des personnages complexes et attachants, la tragédie, mais aussi l’amour passionné omniprésent. Les femmes ensuite – Leonóra, Zsófia, Áldáska –, vrais ressorts de ses héros, « mènent le monde ».

Gyula Krúdy, avec l’œil véritable d’un cinéaste, nous offre des tableaux d’hiver envoûtants, propices au rêve et aux visions. Guidé par le désir d’aventure, il nous conduit dans les rues aux noms imagés, donne vie à leurs quartiers, révèle les odeurs, dévoile ses mets préférés.

 

Avant-propos de Michel Crépu

Depuis trois décennies, Gyula Krúdy (1878-1933) est un auteur régulièrement traduit en français. Le présent volume est le fruit d’un travail collectif réunissant chercheurs français et hongrois. Il sert ainsi d’orientation aux lecteurs désireux de s’initier ou d’approfondir l’univers de cet écrivain magyar profondément original. Il permettra de découvrir non seulement divers aspects des œuvres déjà traduites, mais aussi d’explorer la création foisonnante d’un grand auteur de la modernité.

 
L’écrivain Alexeï Remizov et le philosophe Vassili Rozanov étaient amis. Ils étaient voisins, fréquentaient le même milieu littéraire, lisaient les mêmes livres, venaient l’un chez l’autre, subissaient la même dureté des temps de guerre et de révolution. Rozanov mourut en 1919. Remizov quitta aussi la Russie pour l’exil en 1923. C’est cette même année, alors à Berlin, qu’il éleva à son ami défunt un « monument »: il écrivit Koukkha. Ce monument n’est pas coulé dans le bronze, mais semble plutôt fait d’un assemblage de débris, de tessons, une construction à la « Facteur Cheval » : souvenirs de conversations, détails de la vie courante, fragments de lettres, anecdotes, rêves et rêveries – érotiques ou non –, pages d’agendas, coupures de journaux, réflexions philosophiques, littéraires, plaisanteries – osées ou non –, jeux de mots, griffonnages, délires…  

Nicolas Ross s’attache ici au général Piotr Nikolaïevitch Wrangel qui fut, entre avril et novembre 1920, le chef suprême civil et militaire du dernier gouvernement blanc qui, en Crimée, s’opposait à l’avancée inéluctable de l’Armée rouge. L’État créé par Wrangel avait tenté de survivre à une époque qui lui était peu favorable. Il appelait la paysannerie russe à lutter à ses côtés, alors que celle-ci rêvait à une vie paisible après trois années de révolution et de guerre civile. Les pays européens, sortis épuisés de la Première Guerre mondiale, cherchaient à éviter tout ce qui aurait pu les replonger dans une aventure militaire. Wrangel continuait à faire la guerre alors qu’en Europe on ne parlait que de paix. Il refusait tout compromis avec les bolcheviques, alors que le gouvernement britannique tentait d’établir des relations commerciales avec l’État soviétique. Cependant, le bilan du général Wrangel reste exceptionnel. Il a redonné le moral et une discipline à ses troupes, les transformant en une véritable armée. Il a mené avec succès une réforme paysanne remarquable et une refonte des institutions locales réfléchie et équilibrée. Il a assuré le ravitaillement à une Crimée surpeuplée, saturée de réfugiés civils et militaires. Il a obtenu la reconnaissance de facto de son gouvernement par la France. Et enfin, et c’est probablement son plus grand exploit, il a réussi, alors que tout semblait perdu, à organiser l’évacuation de près de 150 000 civils et militaires, qui lui avaient confié leur existence. Ils ont pu ainsi échapper aux massacres de masse qui se sont déchaînés en Crimée après l’arrivée des bolcheviques et trouver refuge dans cet « exil », dont ils constitueront l’élément le plus caractéristique.

 
 

Vassili Rozanov« Nous avons devant nous un solitaire, un rêveur égaré dans la réalité et dont les attitudes face aux événements politiques et sociaux sont une succession d’enthousiasmes et d’écoeurements, de coups de cœur, d’émotions exacerbées. L’apocalypse à laquelle il assiste – une Russie bafouée, un empire en loques – et dont les causes selon lui remontent loin dans l’histoire du christianisme, tisse le fil de sa tragédie personnelle au cours des trois dernières années de sa vie. Il ne la vit pas comme le pourfendeur nationaliste de 1914, le monarchiste des combats néoslavophiles d’autrefois, mais comme un être démuni, fragilisé par l’approche inexorable de fatales échéances, implorant, qui, au-delà de ses vieilles manies (le ventre fécondant des femmes, la nature et le rôle de la prostitution), de ses obsessions d’ordre quasi psychanalytique (la symbolique du phallus, l’accouplement), de ses passions « païennes » (la séduction des cultes antiques, la fascination de l’Égypte, l’énergie vitale du paganisme et le secret de leurs « mystères »), de ses bêtes noires aussi (toute la veine « radicale » de la littérature russe, le démonisme de Gogol), et surtout, essentiellement même, au-delà de son tourment intérieur constant : la « face sombre » du Christ, le caractère mortifère de l’enseignement évangélique (tourment qui en 1918 prendra la forme d’un combat pathétique), ne tient qu’à une unique chose : l’amour, ne recherche qu’une unique chose : la tendresse en Dieu. Un amour qui englobe la chaleur vivifiante des corps, la sensualité des contacts, l’intimité des rapports charnels, le tout enveloppé dans une infinie tendresse sous le regard protecteur de Dieu à la fois Père bienveillant et Consolateur pacifiant. » Extrait de la préface de Jacques Michaut-Paterno.

L’Argent et le travail est une réflexion, d’une étonnante actualité, sur l’argent comme fait de société, où assurément celui-ci est désigné comme symptôme et moyen d’asservissement, mais qu’il convient de replacer dans un mécanisme plus général de violence exercé par les uns contre les autres. La ville et ses accumulations parasitaires n’en sont que l’ultime manifestation, la plus perverse, la plus criante, la plus injuste. Le travail manuel devient alors une nécessité vitale et la seule vraie valeur traditionnelle.

Le problème central, selon Tolstoï, est donc l’argent : en théorie, il devrait représenter le travail, dans la réalité il n’est que le signe conventionnel qui donne le droit ou le moyen de profiter du travail d’autrui. Tolstoï distingue dans l’histoire de l’humanité trois formes de servitude : l’esclavage personnel imposé par la violence ; l’esclavage imposé par la faim et, enfin, l’asservissement par l’impôt, caractéristique des systèmes monétaires et du despotisme centralisé.

Dans ces conditions, que faire ? Retourner à la campagne, donner son argent et se débarrasser ainsi de la source du mal ? Supprimer les villes, foyers de parasites où le plus riche appauvrit le plus démuni ? Se mettre au travail, en supprimant tous les facteurs d’inégalité, en se rapprochant de la production réelle en vue d’une société fraternelle ? Les deux textes rassemblés ici sous le titre L’Argent et le Travail ont été publiés pour la première fois en 1892. On y découvre l’homme et l’écrivain contestataire, engagé, conscient des contradictions dues à sa propre condition. Ses réflexions trouvent un écho prophétique et visionnaire dans les grands bouleversements politiques du XXe siècle. Et leurs bases dans les secousses économiques du XXIe siècle.

 
Édition bilingue
OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.
Suivi de Rythme, sens, sonorité: Tsvetaeva en français, par Tatiana Victoroff

Poèmes de maturité font suite à ses poèmes de Russie. Après la révolution de 1917 et son exil vers l’Europe, Marina Tsvetaeva poursuit une vie difficile. Une réflexion philosophique enrichit les rythmes, des questions métaphysiques se posent auxquelles il est inhabituel d’apporter une réponse poétique. Mais Tsvetaeva emprunte justement cette voie, car selon ses propres paroles, elle ne sait rien faire d’autre qu’écrire. Elle va continuer à composer des poèmes, fidèle à son devoir de création, jusqu’à aux derniers retranchements en URSS où son destine tragique la rattrape.

Extrait: cliquez ici

     
Édition bilingue
OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.
Suivi de La porte arrachée par Marina, de Georges Nivat

Les Poèmes de Russie (1912-1920) rassemblent la totalité des poèmes qui nous sont parvenus de Marina Tsvetaeva, depuis le premier recueil jusqu’aux adieux à sa Russie natale.

Extrait : cliquez ici