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Publiés aux éditions des Syrtes
Préface de Mikhaïl Lepekhine
EN RÉIMPRESSION

L’itinéraire de Clément Zederholm mène le lecteur dans une quête spirituelle à travers l’Orient, le Mont Athos et la Turquie. Optina Poustyn, haut lieu de l’orthodoxie russe, est l’occasion pour le moine Clément d’analyser l’orthodoxie et son influence, ainsi que le monachisme à la fois strict et ouvert.

Foi et raison, Orient et Occident, temporel et éternel, personnel et universel sont-ils en conflit ou alors en harmonie ? Autant d’interrogations auxquelles Constantin Leontiev rend le lecteur sensible en lui permettant d’y trouver peut-être une réponse.

Dans Le Crime d’aimer, Jean-Paul Picaper nous plonge dans l’Allemagne de 1943 : les nazis sont en train de perdre la guerre. La présence de six à sept millions de travailleurs étrangers et d’au moins autant de prisonniers de guerre rend nerveux les dirigeants et leurs serviteurs qui se livrent alors à une chasse impitoyable « aux traîtres ». La machine judiciaire se durcit. La misère s’est installée, les bombardements continuels et l’omniprésence de la Gestapo et de la Feldgendarmerie créent un profond climat d’insécurité.

Le Reich cherche alors à s’immiscer dans la vie privée des citoyens. Les sbires d’Hitler, de même qu’une partie de la population civile bardée de « bons sentiments » et qui croit encore en la victoire, s’emploient avec zèle à dénoncer tel ou tel voisin pour une bagatelle qui peut prendre des dimensions incommensurables : la prison, le camp de concentration. Le flirt ou l’amourette d’une femme allemande avec un étranger relève du délit politique. Or, le parti réclame des exemples. Ces femmes sont des cibles commodes pour les appareils de répression. Il est donc facile de se faire bien voir en les dénonçant. Pourtant, à leurs risques et périls, elles aimeront l’ennemi.

 

Chronique nostalgique de l’âme russe, ténébreuse et lumineuse à la fois, Soukhodol est la saga des Khrouchtchev, petite noblesse de province derrière laquelle se dissimule la famille de l’auteur. Le regard de Bounine se pose avec un calme impitoyable sur un monde en déclin. Dans une langue précise et mélodieuse, hommes et nature composent un poème qui dégage une sobre magie empreinte de spiritualité, où se croisent Natalia, servante et « mémoire » de cette famille, Piotr Petrovich, son amour secret, ou Tante Tonia, qu’un amour déçu a enfermée dans la folie. Car « à Soukhodol, l’amour était singulier, la haine aussi ». 

   
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Postface de Mikhaïl Lepekhine

C’est là l’œuvre d’une vie, celle de Boris Chiriaev. Cet intellectuel moscovite fait mémoire de ses sept années de travaux forcés aux îles Solovki, archipel situé dans les eaux glacées de la mer Blanche, au large des côtes de Carélie. Une « chronique des temps de naufrage » qu’il commencera à écrire au camp et poursuivra pendant vingt-cinq ans. Chiriaev arrive donc aux Solovki en 1923. Le monastère de l’archipel Solovki, symbole du monachisme orthodoxe, était devenu, après 1917, un bagne au régime dur où régnait l’arbitraire.

On assiste, avec Chiriaev, à la naissance du système concentrationnaire soviétique et du premier camp de travaux forcés. On découvre ainsi les balbutiements de ce qui allait devenir le symbole même de la répression bolchevique. Car les autorités n’avaient pas encore compris les avantages économiques du travail forcé.

Mais Boris Chiriaev, au milieu de cette désolation, voit poindre la lueur d’une veilleuse que rien ne peut éteindre. Il s’agit de celle du dernier ascète des Solovki qu’il a surpris en prière dans sa hutte au fond des bois, celle aussi d’une baronne qui sacrifiera sa vie pour soigner les malades du typhus, ou celle de cette communauté de vieux-croyants qui, persécutés par le nouveau pouvoir, mourront aux Solovki dans la plus absolue dignité. Les Solovki étaient un Golgotha, nous dit l’auteur, mais sur elles brillait aussi la lumière de l’Esprit.

Aucune ville n’a autant perturbé le cours de l’histoire. Sans eau ni terre fertile, sans valeur stratégique, Jérusalem ne semble avoir eu d’autre fonction que de brouiller les cartes pour forcer les hommes qui la désirent à toujours plus de violence. Le pari d’Ugo Rankl a été de vivre au quotidien de gens étonnants, attachants et révoltants, mais aussi d’emmener le lecteur dans des lieux insoupçonnés. Cette enquête inédite, riche apporte un nouvel éclairage sur cette ville qui constitue un enjeu incontournable dans le processus de réconciliation entre Palestiniens et Israéliens.

 

Sans jamais départir de la distance que créent l’humour et l’absurde, Frigyes Karinthy offre au lecteur dans ce recueil, un festival de drôlerie, oscillant entre exaspération et admiration, entre affection et moquerie sur le mystère féminin et les relations hommes/femmes. Un brin misogyne, il analyse au scalpel et à la loupe les ressorts de la cruauté humaine et les mesquineries individuelles.

Critique aigu des imperfections humaines, il peut se montrer indulgent ou compréhensif envers ses héros, mais il traque leurs travers : « beauté physique », « la femme qui zézaye » ou « polygamie ». Ou la belle qui décide que « la mort est tout de même la meilleure cure d’amaigrissement », tandis qu’Alàdar vit dans un harem dont les femmes sont reines et les hommes leurs serviteurs. Il se montre féroce lorsque la psychanalyse s’en mêle : Marie-Anne, pauvre héroïne, amoureuse de Mérimé, l’amant du pôle Nord est ridiculisée devant son enfant qui mord le chien enragé ou le mari cocu se jetant par la fenêtre. Les relations hommes / femmes ont évolué ces cinquante dernières années, mais la vision de Frigyes Karinthy transcende ces transformations, allant toujours à l’essentiel sans avoir l’air d’y toucher. La Ballade des hommes muets est une musique dont les paroles ne demandent pas de réponse, mais dont les hommes comprennent la mélodie.

EN RÉIMPRESSION.

Chronique de la cour de Staline depuis sa consécration comme « chef suprême » en 1929 jusqu’à sa mort, ce livre est aussi une biographie de Staline à travers son entourage le plus proche. Tirant profit de l’ouverture récente de ses archives personnelles, Simon Sebag Montefiore reprend le cours des événements de 1929 à 1953 en se concentrant sur l’univers quotidien du pouvoir absolu et de ses protagonistes, mus par une fidélité parfois déconcertante envers le tyran géorgien. Par ce biais, il nous montre l’envers du décor. Principalement la progression de la terreur que Staline met en œuvre avec l’aide d’êtres obsédés par les rivalités permanentes et les désirs mesquins de jouir des moindres privilèges du pouvoir mais constamment angoissés par la peur de la disgrâce imprévisible qui signifiait toujours la mort

Préface de Véronique Lossky

Dans la courte vie du poète Nicolaï Gronski, sa rencontre avec Marina Tsvetaeva a laissé une trace lumineuse. « J’avais été son premier amour et lui mon dernier… » dira Tsvetaeva après la mort de Gronski en décembre 1934. La correspondance durera trois mois pendant l’été 1928 et elle est remarquable. C’est l’unique correspondance à deux voix conservée dans les archives de Tsvetaeva. Un temps, elle a pensé écrire un roman à partir de cette correspondance, Lettres d’un été, resté sans suite.

 
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La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XXe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Exceptionnelle, elle l’est d’ailleurs doublement, cette relation épistolaire entre poète soviétique et poète de l’émigration, à l’heure où, après une phase de liberté surveillée où les échanges étaient encore possibles, la culture russe se scinde en deux – et ceci pour toute la durée de l’expérience soviétique.

Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s’étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n’est qu’en 1922 qu’ils se sont véritablement découverts au travers de leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont ainsi entretenu une correspondance d’une densité extrême et d’une intensité rare dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie, sur fond d’époque historique et d’histoire littéraire. Plus des trois quarts de ces lettres échangées entre ces deux êtres radicalement différents sont inédits. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu’à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement.

Autour de Boris Pasternak aux éditions des Syrtes
Boris Pasternak, poète de son temps (2015)
EN RÉIMPRESSION.
Préface de Georges Nivat

Irkoutsk en Sibérie, les années 2000 : une jeune fille russe est violée par un Caucasien. Corrompue, la justice des hommes ne pourra pas lui rendre son honneur. La mère, Tamara Ivanovna va alors se venger elle-même dans un geste désespéré. Le châtiment de Tamara trouvera son écho dans les mésententes et préjugés des êtres pris dans la tourmente du destin.

Au fil des pages, le roman fouille la douleur et la blessure profonde d’une femme et d’une famille. Mais également l’impuissance des hommes dans une société marquée par le sceau de l’Histoire. Conte moderne aux accents tragiques, L’Honneur de Tamara Ivanovna est aussi une vision de la Russie d’aujourd’hui, avec sa morale pessimiste d’un monde chaotique sans règles, et dans lequel on ne se reconnaît guère. Avec son profond humanisme et sa voix singulière, la valeur du roman tient indéniablement à son style dosant habilement les tournures anciennes et le parler populaire. Ce qui fonde un peuple c’est sa langue, et Valentin Raspoutine démontre qu’il sait tirer parti avec talent de sa richesse.

L’auteur puise son inspiration dans une réalité bien présente dans la Russie post-communiste. Un univers qui, en recouvrant sa liberté longtemps figée, a également perdu une partie de ses repères. La ville d’Irkoutsk est en effet devenue un point de rencontres mafieuses où la corruption devient loi.
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Préface de Luba Jurgenson

Les Cinq retrace le sort des cinq enfants Milgrom. Les destinées de ces personnalités singulières s’inscrivent dans la réalité historique de l’empire russe du début du XXè siècle. Cette époque marquée par la guerre, les troubles révolutionnaires, les pogroms, les crises et les quêtes spirituelles de l’intelligentsia. L’écrivain intègre les secousses sociales, provoquées notamment par la guerre russo-japonaise, les actes des partis clandestins, la mutinerie du cuirassé “Potemkine”. C’est ainsi que s’amorce la dégradation tragique et mortelle de la famille Milgrom. Les causes profondes ne relèvent pas seulement des passions individuelles. En réalité, l’histoire des personnages est marquée du sceau de l’époque. Et l’auteur obtient, avec délicatesse et sans forcer, un puissant effet de généralisation, qui permet de voir à travers le destin d’une seule famille se jouer la tragédie d’une génération.

La ville natale de Vladimir Jabotinsky tient une place particulièrement importante dans son livre. On peut dire que le roman respire littéralement Odessa. On visualise parfaitement ses paysages urbains, la mentalité originale de ses habitants, heureux de vivre ainsi que leur inimitable parler haut en couleurs.

Les Cinq a gagné le Prix Russophonie en 2007 pour la magnifique traduction de Jacques Imbert.    

Les vingt-cinq nouvelles présentées dans Des larmes invisibles au monde ont été publiées par Anton Tchékhov entre 1883 et 1887 dans des revues humoristiques de l’époque. Certaines ont notamment fait partie de recueils (Contes de Melpomène, 1884, Nouvelles bariolées, 1886, et Dans la pénombre, 1887) qui ont eu un beau succès populaire. Un des meilleurs critiques de l’époque le remarque et lui propose un « vrai travail » littéraire. Tchékhov se consacre désormais à l’écriture.

Le lecteur devinera ici des larmes silencieuses, ces larmes invisibles qui vont tant caractériser toute l’œuvre de Tchékhov. Comme une vieille collection de photographies, elles nous apprennent bien des choses sur la société dans laquelle il vit. Ses personnages sont effectivement les champions de l’ennui et de l’échec, et leurs amours s’achèvent souvent en queue de poisson. Comme à son habitude, il maîtrise ses personnages, attachants autant que caricaturaux. Avec une sensibilité impressionniste, et avec aisance, il passe du petit notable cupide au pauvre qui joue le noyé pour gagner quelques kopecks, ou à l’amant hébergé par sa maîtresse sous les yeux de son mari.

   
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Mères prend racine dans la Bulgarie postcommuniste. Les destins de sept adolescents, élèves dans le même lycée, se croisent dans le chaos qui les entoure et les désarrois familiaux. Ils sont en « mal de mère ». Andreia, Lia, Dana, Alexander, Nicola, Deyann et Kalina vivent ainsi chacun à leur manière les souffrances de l’enfance ou la démission des parents. Le rêve d’une vie meilleure est incarné par Yavora, leur nouveau professeur, qui sait écouter et panser toutes les plaies. Et surtout garder espoir, malgré tout.

Mères a été inspiré à Théodora Dimova par un fait divers d’une violence inexplicable dans un lycée bulgare. Le roman suscite ainsi des questions d’une terrible actualité. Comment être mère lorsqu’on a été soi-même brisée par l’arbitraire? Ou encore lorsqu’on a eu un enfant pas vraiment désiré?

   
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Carrefour dangereux, le Caucase est aujourd’hui l’une des régions du monde les plus convoitées. De la Tchétchénie au Daghestan et à la Géorgie, il demeure un lieu de conflits et d’affrontements. Lutte pour le pétrole, montée de l’islamisme, rébellions armées et combats pour l’indépendance s’y concentrent. Ce massif montagneux marque la frontière de l’Europe avec l’Asie et le Moyen-Orient. Il est aussi le champ de bataille des années à venir. Depuis deux siècles, les grandes puissances politiques et militaires se livrent dans la région à une guerre d’influence. Qui a d’ailleurs souvent débouché sur des conflits armés, parfois accompagnés de génocides ou de déportations.

L’expansion russe, le « Grand Jeu » (la guerre froide à laquelle se sont livrés la Grande-Bretagne et l’Empire russe durant tout le XIXe siècle), les tentatives de conquête du massif par l’Allemagne ou la bataille politique et économique pour le contrôle du pétrole: autant de processus marquants dont le Caucase est le décor. Imams et chefs de guerre montagnards, otages célèbres, espions anglais et alpinistes de la Wehrmacht, agents de Staline ou pionniers du pétrole sont également les acteurs de cette histoire souvent tragique. À l’écart des idéologies et des partis pris, À la conquête du Caucase est un ouvrage inédit qui révèle sources et témoignages jamais exploités jusque-là. Cette épopée riche et vivante d’Eric Hoesli donne les clés d’une histoire qui ne s’achève pas à la dernière ligne de ce livre.

 
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Publié en 1930 en roumain, ce roman est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature du XXe siècle. Sur fond de Première Guerre mondiale, le jeune Stefan vit une histoire d’amour passionnelle avec Ella, qui deviendra ensuite sa femme. Leurs relations évoluent et un jeu de passion folle et de jalousie s’installe. Chaque geste d’Ella devient un cataclysme dans la conscience du narrateur. Il vit son ultime nuit d’amour dans les méandres de la jalousie et commence alors la première nuit de guerre.

Amour fou, jalousie et trahison trouvent leur dénouement pendant la campagne militaire. Inoubliable et obsédante passion amoureuse, Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre dévoile l’univers proustien de Camil Petrescu, qui s’impose comme un des plus grands auteurs de son pays.

Il s’agit de la première traduction française.
OUVRAGE ÉPUISÉ.

Les phénomènes de désinformation sont devenus aujourd’hui partie intégrante du système de repères de nos sociétés. Une arme nous poussant à favoriser nos adversaires les plus implacables au détriment de nos alliés. Paradoxalement, à cause de sa propension au débat politico-philosophique médiatisé, la France est l’un des pays les plus exposés à la désinformation.

Depuis Sun Tzu et Machiavel, le concept et la chose ont toujours hanté la pensée. On peut la décrire comme une distorsion intentionnelle entre la réalité et sa perception par un public cible. Sa force et subtilité résident en ce qu’elle mêle insidieusement vérité et mensonge pour conditionner les esprits et manipuler l’opinion. Construite à partir de données souvent véridiques et vérifiables, la désinformation les structure de façon tendancieuse et leur applique une grille de lecture implicite qui tronque et déforme la connaissance et l’analyse des faits. Le massacre des harkis, les tortures en Irak, les banlieues en flammes, les exemples ne manquent pas. Plus saisissant encore, Le Cercle des poètes disparus, film à grand succès, puissant agent de désinformation faisant appel à l’image pour diffuser un message politique totalitaire.

Ce sont là quelques-uns des événements qui résonnent profondément en nous. Et de ce fait, ils amplifient l’effet des processus désinformants qui s’y attachent. C’est ce que Bruno Lussato expose magistralement dans ces « huit leçons ».