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Alors que les autorités soviétiques, occupent le territoire de Lettonie depuis un an, elles organisent en juin 1941 l’une des plus meurtrières vagues de répression dans le pays. C’est le début de l’horreur pour des dizaines de milliers d’innocents. Ils disparaissent ainsi, sans laisser de traces, dans les immenses étendues de la Sibérie. La famille de Sandra Kalniete ne sera pas épargnée. Sa mère, Ligita, a quatorze ans lorsque, le 14 juin 1941, elle et ses parents sont amenés. Son grand-père Janis mourra dans l’enfer des camps.
Née au camp où ses parents se sont rencontrés, Sandra est rentrée dans son pays à cinq ans, en 1957. En escarpins dans les neiges de Sibérie raconte l’histoire bouleversante de sa famille et, à travers elle, celle de tout un peuple.
Quand Marc Garanger choisit de franchir le rideau de fer et de pénétrer en URSS, en 1967, le monde vit les grandes heures de la guerre froide. Pour l’Occident, l’empire russe semble un bloc monolithique, fermé, inconnu, terrifiant. Pour Marc Garanger, c’est une partie de la terre qui s’entrouvre. Avec aussi ses multiples frontières et des paysages immenses. Il va ainsi tenter de partager l’histoire de quelques centaines de millions d’hommes, leurs passions, leurs mystères, qui peuplent ces terres.
Choc des cultures, mondialisation libérale. Les grands mots définissant notre époque sont souvent synonymes de confrontation, de fin d’un monde, et n’offrent guère de perspectives d’avenir. Dans cet essai, Constantin von Barloewen propose donc un voyage exploratoire dans les cultures du monde. Il part à la recherche des clefs intellectuelles et spirituelles susceptibles d’ouvrir les portes d’une société fondée non plus sur la recherche du profit, le règne de la technique et le pouvoir du logos, mais sur le dialogue entre des cultures imprégnées de l’holos.
Anthropologie de la mondialisation est consacré aux cultures du monde, de l’Amérique latine au Japon, et aux rapports entre politique et religion en Amérique du Nord. Constantin von Barloewen y développe les principes d’une science culturelle comparée. Le regard d’anthropologue qu’il porte sur la globalisation, phénomène jusqu’ici décrit sous l’angle économique, trouve ici toute son actualité.
Publié pour la première fois en français et dans son intégralité, la correspondance complète et inédite de Søren Kierkegaard est un document singulier. Les lettres, à ses amis ou sa fiancée dévoilent des aspects méconnus de l’un des philosophes majeurs du XIXe siècle.
A la fois véritable texte littéraire et mise en œuvre concrète de ses idées philosophiques, cette correspondance éclaire sous un jour nouveau la relation toute particulière entre l’homme et son œuvre. Elle constitue également l’illustration vivante de la singularité de l’approche du philosophe danois. Chaque lettre est ainsi traversée par l’inlassable travail de l’esprit pour coïncider avec lui-même, dans l’ouverture à l’autrui. De même, elles remettent sur le métier la difficile question de l’aide qu’un individu peut et doit apporter à l’autre.
Dans Voyage à Madagascar, Constantin von Barloewen conduit le lecteur de rencontre en visite, de discussion en découverte, dans un périple à mille lieues du tourisme, qui cherche à faire apparaître par touches successives l’identité malgache, complexe, multiple, œcuménique.
Illustration concrète d’une anthropologie poétique, ce récit est à mi-chemin entre la littérature de voyage et l’étude de terrain d’un homme fasciné par l’objet de sa recherche. Un voyage en quête de la Fanahy Fanahendrena, la sagesse millénaire malgache.
Février 1917: l’empire russe est paralysé par une grève générale, le peuple est dans la rue et la dynastie des Romanov vit ses derniers jours. Monarchiste convaincu, mais conscient du fossé qui existe entre ses idéaux politiques et les faiblesses de la monarchie, Vassili Choulguine est chargé par le gouvernement provisoire de prier le tsar d’abdiquer.
Témoin et acteur direct des événements tragiques qui ont conduit le pays au chaos, il décrit, d’une plume acéré, le pogrom juif de Kief en 1905, Raspoutine et son entourage et, enfin, l’abdication de Nicolas II. Ecrit sous forme de chroniques quotidiennes, ce récit surprend par sa force et plonge le lecteur au cœur d’une période qui a bouleversé le destin de tout un peuple.
L’amitié entre Marina Tsvetaeva et Anna Teskova débute en 1922, lorsque cette dernière invite Marina à une soirée littéraire. Ces lettres témoignent des dix-sept années d’exil de la voix poétique la plus déchirante du XXe siècle. Marina y dit l’amour et la poésie, le maternel et le féminin, la nostalgie, l’arrachement et la solitude, sa foi dans la vie et dans l’homme. De l’infiniment petit à l’infiniment grand, on la suit dans la démesure et l’on perd le souffle devant cette prodigieuse capacité à conjuguer à tous les temps et à tous les modes le verbe aimer.
Alain Vincenot donne la parole à soixante résistants. Ce sont des obscurs, des sans-grade, la plupart restés dans l’ombre et qui témoignent pour la première fois. Des hommes, des femmes, alors très jeunes, qui refusent de voir la France occupée. Ils ont ainsi écrit, imprimé, distribué des tracts, réalisé des faux-papiers, collecté des renseignements pour les forces alliées, fait sauter des ponts, caché ou organisé la fuite de familles juives, exécuté des SS ou des collaborateurs, connu les camps de concentration…
Alain Vincenot a sillonné la France, il a rencontré ces femmes et ces hommes, recueilli leurs témoignages. Pour la première fois, un livre rend donc hommage à ces héros de l’ombre, à ces anonymes qui ont changé le cours de l’Histoire.
Au cours de l’été 2001, Wladyslaw Zawistowski, poète et dramaturge polonais, découvre dans le grenier de la maison de sa grande mère, Nathalia, douze longues lettres que lui a envoyées Marina Tsvetaeva entre 1934 et 1939, alors qu’elle vivait à Paris.
Les lettres en disent long sur la poétesse mais également sur sa correspondante, une enseignante de Vilnius. Elles éclairent souvent de manière crue des zones d’ombre de Marina Tsvetaeva. Celle-ci a fait fi de toute pudeur : tout peut se dire à une parente lointaine, inconnue. L’âme, la politique, la famille, mais aussi ses préoccupations terre à terre et domestiques, … Et tout ce qui se dit est absolument bouleversant.
« Ce qui est terrible chez un enfant, ce n’est pas tellement de savoir qu’il n’est pas aimé, et pourtant c’est important, mais c’est de ne pas pouvoir aimer parce que ce noble sentiment est rejeté des autres. » Daniel, un des « fils de Boches.»
Mis au rancard de l’Histoire, les enfants oubliés du pacte d’amitié et de réconciliation franco-allemand veulent rompre le silence. Nés de liaisons clandestines entre des jeunes appelés de la Wehrmacht, l’ennemi, et des femmes d’un pays qui les accueillait malgré lui, ces « enfants maudits » ont grandi dans la honte. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils témoignent ici pour la première fois. Beaucoup se sont lancés sur les traces du père disparu. Certains ont trouvé leur famille allemande en recourant aux services d’information des Archives de la Wehrmacht à Berlin, la WASt. Alors submergée de demandes, celle-ci a décidé d’apporter son aide à ces enfants maudits. D’autres par contre poursuivent inlassablement leur quête. Ce livre de Jean-Paul Picaper et Ludwig Norz est pour eux un espoir. Puisse-t-il trouver un écho… et permettre à ces personnes de vivre leur singularité avec plus de sérénité.
Nous sommes en 1923 ; la guerre est finie. Las d’avoir à fabriquer des tuniques militaires, le tailleur Fokine quitte sa Sibérie natale à la recherche d’une nouvelle mode. Il traverse alors l’Europe et rencontre dans des circonstances burlesques des personnages douteux. Un contrebandier, un apprenti tailleur, un curé coquin, et Véra qui le quittera pour le premier venu. Tour à tour marchand de bonheur, agent bolchevique ou antisoviétique, il observe les travers des gens, châtie les idiots, mais prend aussi des coups. Lyrique et gouailleur, amoureux et grivois, Fokine imaginé par Vsevolod Ivanov est un héros picaresque qui n’épargne personne, ni la Russie communiste ni l’Occident, dans une bonne humeur jubilatoire.
Ilf et Petrov, ou le « brave soldat Chveik » de Jaroslav Hasek ne sont pas loin!
Constantin von Barloewen ouvre un dialogue au-delà des siècles et des disciplines, de l’art et de la politique, entre quatre érudits : Alexis de Tocqueville, l’historien, Michel Leiris l’anthropologue, V.S. Naipaul l’écrivain, Pierre Verger le photographe et ethnologue. Bien que séparés dans le temps et d’origines différentes, ils restent à ses yeux proches les uns des autres.
À travers une relecture inédite de l’œuvre maîtresse de Tocqueville, de la démocratie en Amérique jusqu’aux romans de Naipaul ou aux parcours de Michel Leiris et Verger, Barloewen met en lumière une « anthropologie comparative et humaniste ». Il voit en effet en ces quatre personnalités les éclaireurs d’une société pluraliste, ouverte, interactive, visant l’édification d’une éthique mondiale.
Né quelques mois après Staline, l’historien et journaliste Sergueï Melgounov, socialiste russe modéré, refuse d’émigrer en octobre 1917. Il n’en sera pas moins expulsé de son pays cinq ans plus tard. Les bolcheviks ne lui ont en effet pas pardonné son intraitable refus des méthodes inhumaines avec l’aide desquelles ils se sont maintenus au pouvoir.
Melgounov, qui fréquente les groupes clandestins de la résistance anticommuniste, dénonce la politique de terreur instaurée dans le pays. Cet engagement lui vaudra vingt-trois perquisitions, cinq arrestations, les interrogatoires de la Tcheka, la prison, la condamnation à mort et, pour finir, le bannissement. Pour évoquer les horreurs de la guerre civile et du « communisme militaire », Melgounov ne s’en tient pas au terme « atroce ». Il explicite le mot, comme on défroisse une page pour en étaler l’insoutenable contenu. La valeur de ses propos est d’autant plus précieuse qu’il fait parler les victimes et leurs bourreaux, grâce notamment aux nombreux documents et récits qu’il a pu recueillir. En ce sens, son témoignage préfigure celui de Soljenitsyne sur le goulag.
Tel un tableau, une scène muette, l’image de la porte fermée poursuit la petite écolière soviétique Victoria. Empêtrée dans une existence incompréhensible et déroutante, qu’elle décrypte à sa manière, l’enfant est témoin sans le savoir de grands événements, la terreur stalinienne, la guerre. L’Histoire lui offre sa face grise, quotidienne, ou l’autre, absurde et dérisoire. Les adultes font et disent des choses incompréhensibles. Ils recouvrent la réalité de mots trompeurs. Pour grandir, Victoria doit apprendre leur langage et, parfois même, d’autres langues. Car de porte en porte, de perte en perte, son destin la mène de Moscou jusqu’en Ouzbékistan.
Ainsi, peu à peu, le monde s’ouvre à elle, dans toute sa beauté, dans toute son horreur. C’est l’histoire d’une survie qui ne va point sans l’art que nous raconte Mariana Kozyrieva. Lorsque rien ne va plus, Victoria se met à réciter de la poésie. Les vers ont une force magique quand, perçant la monotonie et la misère des jours, ils font apparaître des êtres proches que l’on croyait disparus, ou font surgir des justes. Il y en aura toute une galerie dans ce texte riche en portraits. Grâce à eux, Victoria traversera les épreuves. Chaque fois qu’un être lui ouvrira sa porte, il disparaîtra. Mais chaque fois, Victoria réinventera le monde.
L’ambiance des campagnes russes et de la petite industrie plonge le lecteur dans l’atmosphère particulière des grands classiques russes. La force du livre est celle du skaz, histoire narrée par des grands conteurs qui expliquent leur vision du monde. À partir d’un rien, Leskov développe tout un univers qu’il dépeint avec subtilité tout en gardant en tête ce qu’il veut démontrer : la volonté de fer des Allemands ne dépasse pas le patriotisme russe. Ce récit ressemble à une fable, avec son lot d’images et sa morale finale.
Le grand écrivain se montre léger et facétieux, tout en gardant un arrière-fond empreint d’une sourde gravité.
Cet ouvrage inédit d’Alain Vincenot est un recueil d’une vingtaine de témoignages d’enfants juifs arrachés à la barbarie nazie, parmi les 60 000 qui ont été sauvés sur les 72 000 vivant en France à la fin des années 1930.
Je veux revoir maman ! sonne comme un leitmotiv, une parole sans cesse répétée par des petits êtres arrachés à leurs parents. Ces êtres qui, dans l’insouciance de l’enfance traverseront, malgré tout, la guerre. À travers leurs histoires, ces enfants devenus adultes expriment avec émotion leur souffrance toujours vivace. Mais aussi la grande part d’amour qui les lie à jamais à ceux qui leur ont permis de vivre et de donner la vie à leur tour.