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Publiés aux éditions des Syrtes
Si grâce aux disciples de Nikolaï Fiodorov, la Philosophie de l’œuvre commune fait le bilan des idées et théories de ce dernier, des recherches qu’il a menées tout au long de sa vie, dominées par le grand-œuvre de la ressuscitation, sa Correspondance permet d’en suivre la gestation. Les 281 lettres présentées ici couvrent une longue période: elles vont d’août 1873 à octobre 1903. Elles sont adressées à ses disciples, mais aussi à d’autres correspondants, tels que le philosophe Vladimir Soloviov, des éditeurs et jusqu’aux plus grands penseurs de son temps… Au fil des ans, le lecteur voit se construire, avec des hésitations, des tergiversations, des explications détaillées, ce que l’on trouvera ensuite, d’un bloc, dans la Philosophie. Le plus intéressant réside dans « l’actualité » de certaines interrogations de l’auteur des lettres, que l’on retrouve dans la Philosophie de l’œuvre commune, mais qui paraissent ici plus spontanées, moins intellectualisées. Les premières lettres sont écrites dans une Russie en plein bouleversement: une di- zaine d’années plus tôt (1861), le servage a été aboli, avec, entre autres conséquences, une prolétarisation de nombreux paysans n’ayant pour seule solution que de partir vers les villes, les usines et les manufactures. L’industrialisation du pays, son urbanisation ne laissent pas d’inquiéter Nikolaï Fiodorov qui y voit l’instaura- tion d’un mode de vie artificiel, à l’inverse de celui du village, où l’on travaille la terre, où l’homme est confronté à la nature, où se côtoient naturellement la vie et la mort. Utopique, la pensée de Fiodorov? Sans doute. Il n’en demeure pas moins que les idées, les interrogations du philosophe sont toujours aussi stimulantes, particulièrement lorsqu’elles sont exposées avec la spontanéité de la Correspondance: les rapports avec la nature, les questions de météorologie, l’urbanisation excessive, la maladie, la mort, la faim, la conquête de l’univers…
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Philosophie de l’œuvre commune (2021)
« Aucune autre figure dans l’histoire de l’humanité n’a fait l’objet d’autant de recherches, la littérature qui lui est consacrée compte des centaines de milliers de volumes, des millions de pages dont la connaissance dépasse les capacités d’un seul homme. Jamais personne n’a fait et ne fait encore autant parler de Lui que Jésus-Christ. Même après que furent écrits les Évangiles, les offices étaient et sont encore accompagnés d’une prédication orale du prêtre sur Son enseignement. Et il en est ainsi depuis presque deux mille ans. Chaque époque génère de nouvelles tentatives pour comprendre Sa personnalité, et chaque génération, hommes d’Église, théologiens, écrivains, poètes, peintres, compositeurs, mais aussi des millions de personnes ordinaires, croyantes ou non, se tournent vers cette personnalité pour tenter, chacun, de trouver son Jésus et sa réponse à la question : qui est-Il ? Deux mille ans après l’avènement de Jésus-Christ, nous sentons la force prophétique des paroles qui clôturent les quatre Évangiles : Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde pût contenir les livres qu’on écrirait (Jn, 21:25). » Métropolite Hilarion Alfeyev
La reconstitution de la mémoire et la parole donnée aux oubliés sont au coeur des Dévastés. C’est un roman choral aux portraits poignants de femmes ordinaires devant un événement extraordinaire : la terrible épuration qui suit l’arrivée au pouvoir des communistes, en 1944, et ses stigmates. Trois femmes se retrouvent, un froid matin de février 1945, au bord de la fosse commune dans laquelle ont été jetés les corps des hommes qu’elles aimaient, et dont les destins se sont croisés dans une même cellule. Comme tant d’autres, ils ont été torturés, condamnés et sommairement exécutés, emportés par la rage révolutionnaire. Des décennies après, l’image de la fosse du cimetière de Sofia, où la neige tombe sans la recouvrir de sa blancheur continue de hanter les esprits… Les biographies familiales s’entrelacent dans une prose intense. Les trois femmes sont dépassées par la tragédie du meurtre de leurs époux, la destruction soudaine de leur vie et de leur bonheur. Au-delà des figures masculines assassinées qui émergent à travers leurs récits, la douleur, dans ce livre, est un personnage central. Elle jaillit des phrases et parvient, de façon à la fois étrange et subtile, à alarmer et à réconforter, peut-être même à guérir. Les Dévastés est un portrait de l’élite intellectuelle bulgare broyée par la terreur. Mais c’est aussi celui d’une société dans laquelle la tragédie est longtemps tue au point de devenir un douloureux secret. Sans pathos aucun, Théodora Dimova parvient à l’émotion pure et à une véritable empathie. Son style subtil et direct ainsi que la sobriété de l’écriture, en font une évocation empreinte d’humanité.
Également disponible en version numérique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Mères (2019) Adriana (2008)
Péninsule grecque où se retirent les ermites depuis le IVe siècle, le Mont Athos devient, à partir du Xe siècle l’un des hauts lieux du monachisme orthodoxe. Aujourd’hui encore, vingt grands monastères et près de cinq cents ermitages entretiennent fidèlement des traditions séculaires. L’auteur, Jean-Claude Larchet, théologien orthodoxe français de renom, y effectue des séjours réguliers depuis 1974. C’est à partir des notes prises durant ses voyages et au cours de ses rencontres qu’il a composé ces carnets. Lors de ses premiers séjours (1974 et 1978) l’auteur a la chance de rencontrer les plus grands spirituels athonites de cette époque, vivant en ermites ou dans de petites communautés hésychastes – dans le respect de la pratique silencieuse et de la prière – (comme saint Païssios, saint Éphrem de Katounakia). Les récits des séjours suivants se concentrent sur le passage de flambeau entre les derniers représentants de l’ancienne génération et la nouvelle, ainsi que présente quelques figures remarquables de religieux. Pour les néophytes, ce livre propose une ouverture au monde spirituel de l’un des lieux les plus authentiques de la religion orthodoxe, des conseils sur la prière et autres pratiques spirituelles. Aux initiés, ce livre donne accès à des témoignages assez rares avec des grands higoumènes qui viennent de restaurer la vie cénobitique dans plusieurs grands monastères (comme le Père Éphrem au monastère de Philothéou, le Père Aimilianos au monastère de Simonos Pétra, le Père Georges au monastère de Grigoriou ou le Père Basile au monastère de Stavronikita). Lors de ses visites, l’auteur a interrogé ces grands témoins de la spiritualité orthodoxe du XXe siècle surtout sur la Prière de Jésus, pratique pour laquelle le Mont Athos constitue depuis toujours une référence majeure. Ils apportent sur ce sujet un grand nombre de témoignages personnels et de conseils pratiques qui font de ces carnets non seulement un récit de voyage dans un « pays » hors du commun, mais un livre de spiritualité dont chaque lecteur pourra tirer profit. Le livre a été sélectionné pour le Prix littéraire de l’Œuvre d’Orient 2022. Du même auteur aux éditions des Syrtes Les Fondements de la crise écologique (2018) Les Animaux dans la spiritualité orthodoxe (2018) En suivant les Pères… La vie et l’oeuvre du Père Georges Florovsky (2019) Petite théologie pour les temps de pandémie (2020)
  Près de dix mille lettres de la main de Maxime Gorki sont conservées par les archives de l’Institut de la littérature mondiale de Moscou. La présente correspondance inédite entre l’écrivain et ses fils représente 216 lettres échangées entre 1901 et 1934. Les deux fils de Gorki ont connu des destins singuliers et contraires : Maxime, son fils légitime, né en 1897, a vécu séparé de son père. Adolescent dissipé, passionné par les avions, il jouit pleinement de son époque. Il adhère au parti bolchevique, participe à la prise du Kremlin en 1917, se rapproche de Lénine et rejoint la Tcheka, mais décède mystérieusement en 1934. Son fils adoptif, Zinovi (Yechoua Sverdlov de son vrai nom, 1884-1966), après avoir été le secrétaire de Gorki, mène une vie d’aventurier et voyage à travers le monde. En 1914 il intègre la Légion étrangère, est gravement blessé en 1915 et mène une brillante carrière de militaire puis de diplomatie en France. Cette correspondance révèle une facette méconnue de la personnalité de Maxime Gorki, qui a entretenu des relations fortes avec ses fils. Elle dévoile son intimité au-delà du mythe forgé par la propagande soviétique. On y trouve des conseils d’éducation ou de lecture, l’humour et la poésie d’un père aimant qui tente de transmettre à ses fils ses valeurs d’humanisme et de travail. Il partage aussi ses pensées les plus critiques sur le siècle, la guerre et la révolution, sa vision du monde et de la littérature. Au fur et à mesure, correspondance privée et engagement de l’écrivain se rejoignent : Gorki dénonce le caractère prématuré et brutal de la révolution, la liberté d’expression ou les répressions. Si les échanges avec son fils légitime Maxime ont un ton plus intime, avec Zinovi, son fils adoptif, des désaccords surgissent notamment sur ses errances ou son engagement militaire. La liberté de l’expression et la sincérité qui y préside éclairent la personnalité de l’écrivain, ses convictions et ses égarements.
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Le Bourg d’Okourov
Bloom Souroge étapes spirituelle Monseigneur Syrtes
Étapes de la vie spirituelle correspond au texte de la première des cinq conférences, données par Monseigneur Antoine Bloom entre 1969 et 1973 à l’abbaye bénédictine de Sainte-Gertrude à Louvain. Ces textes, retranscrits par une sœur de l’abbaye à partir d’enregistrements, sont sauvés de l’oubli avec cette publication. Dans Étapes de la vie spirituelle, Monseigneur Antoine, considéré à juste titre comme un des plus grands spirituels du XXe siècle, nous donne des clés pour comprendre les saintes écritures dans un langage clair, compréhensible, à la fois singulier et profond. Il parvient à nous transmettre une manière de voir personnelle et d’appréhender les Saintes Écritures. En analysant et expliquant des paraboles, telles celle du Christ dans la tempête ou la guérison de l’aveugle, Monseigneur Antoine offre une réflexion sur la véritable place de Dieu, l’importance de la croyance dans ce monde d’hérésie. Ce texte reste brûlant d’actualité: là oû les êtres humains sont livrés à eux-mêmes et ressentent un mal-être de plus en plus prenant, Mgr Antoine, avec sa vision juste des choses et sa grande profondeur, nous donne des clés et des moyens pour commencer pas à pas à sortir des ténèbres.
Dans le bref roman qu’est Le Bourg d’Okourov, c’est la vie dans la Russie provinciale qui est la cible de la plume acerbe de Maxime Gorki. Cette petite ville imaginaire, pensée par l’écrivain comme un creuset pour y placer ses personnages et en examiner le destin tragique, est partagée en deux par la rivière Poutanitsa : d’un côté les riches commerçants, les bourgeois et les notables, de l’autre, le faubourg où vivent les ouvriers et les humbles.  Depuis toujours, les habitants s’observent, les pauvres envient les riches et les riches se méfient des pauvres. Le seul endroit où tous se côtoient est la maison close, le « Paradis de Felitsiata ». Mais, en 1905, l’atmosphère se charge petit à petit des idées de « liberté », de « réformes », et les faubouriens sont séduits par les perspectives de changement, ce qui n’est pas sans avoir des conséquences sur le paisible bourg d’Okourov.  La langue de Gorki est savoureuse, à l’image de ses personnages : créative, riche, spontanée, parsemée de dictons, jurons et bons mots. Son talent littéraire s’illustre une fois encore grâce à ce récit vif, pittoresque, au langage dru et aux héros insolites. Mais Le Bourg d’Okourov se fait aussi bien l’écho des idées révolutionnaires de son auteur, de plus en plus proche des idées bolcheviques.
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Gorki et ses fils, correspondances (1901-1934)
Innokenti Platonov se réveille amnésique dans une chambre d’hôpital. Geiger, son médecin, lui apprend son nom et lui demande de consigner tout ce dont il pourra se souvenir. Il consigne donc dans un journal des fragments chaotiques de souvenirs: visages, images, histoires, odeurs. Peu à peu sa mémoire fait émerger la ville de Saint-Pétersbourg dans les premières années du XXesiècle. Il se remémore l’enfance et ses bonheurs, sa première jeunesse, les études, l’amour, la révolution dont il a subi d’emblée les contrecoups, et, enfin, le camp des Solovki. Et Platonov devine, petit à petit, atterré, qu’il est né en 1900 et s’est réveillé en 1999… À la sortie de l’hôpital une nouvelle vie l’attend. Tel Robinson Crusoé, le héros favori de son enfance, Platonov doit s’adapter dans un monde qui l’a abandonné derrière lui. Le présent tente d’assimiler les leçons du passé, de distinguer la faute du pardon et se diriger vers l’avenir. L’Aviateur de Evgueni Vodolazkine est un roman porteur de réflexions philosophiques profondes – le repentir, la responsabilité, la justice, l’histoire – dans lequel l’écriture fonctionne comme un liant dans un va-et-vient entre passé et présent.  La remémoration fragmentaire est un moteur puissant pour le lecteur. Une histoire bouleversante empreinte de nostalgie sur la mémoire et la culpabilité, sur un amour si puissant qu’il parvient à vaincre le chaos, et même la mort…
Également disponible en grand format et en version numérique.
Soloviov et Larionov est le premier roman de Evgueni Vodolazkine, son quatrième livre traduit en français. Soloviov est un jeune historien qui rédige une thèse sur la vie de Larionov. Il cherche à comprendre pourquoi ce général de l’Armée blanche, une fois tombé aux mains des Rouges, non seulement n’a pas été exécuté, mais a même reçu une pension des Soviétiques. Parti à Yalta sur les traces de son héros, Soloviov est précipité dans une cascade d’événements rocambolesques. Mais, à peine le lecteur est-il tenté de croire que ce qui est relaté est véridique, ou inspiré de faits historiques réels, qu’il se heurte aux commentaires loufoques et aux notes pseudoscientifiques parsemés par l’auteur. Par cette sorte de mise en abîme, Vodolazkine réussit donc le tour de force d’égarer le lecteur entre réalité et fiction et de transformer son roman en un habile jeu historique et scientifique, le tout avec humour et une autodérision pleine de tendresse. Vodolazkine offre un roman décalé et plein d’humour, qui se moque avec tendresse du sérieux du monde universitaire, et où sont déjà présentes toutes les caractéristiques de ses œuvres ultérieures : un style parfaitement maîtrisé, une intrigue prenante, des personnages attachants, complexes et entiers à la fois, ainsi qu’une réflexion sur le temps qui déstabilise le lecteur. Une couverture originale de Plonk & Replonk Zbigl!
Également disponible en version numérique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
L’Aviateur (2019) Brisbane (2020) Les Quatre vies d’Arseni (2020, Syrtes Poche)
  La Veilleuse des Solovki décrit la naissance du système concentrationnaire soviétique et du premier camp de travaux forcés, les balbutiements de ce qui allait devenir le symbole de la répression bolchevique; les autorités n’avaient pas encore compris les avantages économiques du travail forcé. Le témoignage de Chiriaev est exemplaire ; les « maladresses » du début ont cédé la place, à partir de 1925, à un système d’extermination par le travail. 15 000 à 20 000 prisonniers vivaient aux Solovki et 10 000 y mourraient chaque année, de scorbut, de faim ou de typhus. Chiriaev y décrit le travail forcé mais également la vie intellectuelle présente dans le camp à ses débuts. Sa grande force est de donner le premier rôle à l’homme qui, même dans les pires moments, peut rester un être humain.
Cet ensemble de 36 nouvelles de l’écrivain russe Ivan Bounine, prix Nobel de littérature 1933, réunit, en format de poche, les 4 volumes parus aux éditions des Syrtes: La Nuit en 2000, Les Pommes Antonov en 2002, Soukhodol en 2005 et Coup de soleil en 2014; il est en outre accompagné d’une nouvelle inédite, Une passion. Plusieurs traducteurs ont contribué à ce recueil : Boris de Schlœzer, Claire Hauchard, Madeleine Lejeune et Joëlle Dublanchet. Échelonnées entre 1900 et 1949, les nouvelles couvrent des périodes très différentes de la vie de Bounine. Qu’elles soient écrites en Russie ou en exil, à Paris ou dans les Alpes maritimes, elles dépeignent dans leur grande majorité la Russie, dont il a été un chantre bouleversant. Une passion, la nouvelle inédite qui accompagne cette publication, fait partie des écrits de jeunesse de Bounine (1886-1887). Elle raconte l’histoire du cruel féminicide d’une jeune fille de dix-huit ans dont le cœur balance, pour son malheur, entre l’ennui de la vie à la campagne et les premiers émois amoureux.
« Je suis né et j’ai grandi tout à fait en plein champ, dans une étendue que l’homme européen ne saurait même se représenter. En vérité, un immense espace, sans limites ni frontières, m’environnait : où s’achevait vraiment notre propriété, et où commençait ce champ illimité dans lequel elle se fondait ? De toute façon, champ et ciel étaient tout ce que je voyais. » 
Le Bien est partout. Il nous poursuit de ses assiduités. Nous traque sans pitié. Projette ses métastases jusque dans les plus intimes replis de nos vies. Il gère, manage, planifie, assiste. Il légifère, confine, vaccine, condamne, bombarde, tue. D’empire, le Bien est devenu tyrannie. Car la quête frénétique de la vertu est devenue une obsession universelle. Elle ne se limite pas aux cercles woke et aux ONG bien-pensantes. Elle est aussi pratiquée dans les salons feutrés des conseils d’administration, les bureaux open space des managers, les antichambres inclusives des ministères, les amphithéâtres aseptisés des universités et sur les réseaux sociaux qui se sont mis en tête de censurer les manifestations supposées du mal. Cette tyrannie, il est urgent de la dénoncer. C’est ce que se propose ce guide, qui piétine avec jubilation les plates-bandes du prêt-à-penser économiquement, culturellement et politiquement correct. Dans la veine caustique d’un Philippe Muray, il désarme les ressorts de la softlangue, ce nouveau langage qui s’emploie à emmieller le vocabulaire et à le noyer de néologismes à consonance anglaise pour mieux répandre ses méfaits. Il en ressort un inventaire des idées reçues qui réjouira ceux qui n’en peuvent plus des postures et des impostures, des hypocrisies et des faux-semblants engendrés par cette recherche éperdue d’un Bien qui finit par faire beaucoup de mal
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Le Continent perdu (2019)
Dans Méditations spirituelles, tout en s’appuyant sur les textes des Pères de l’Église, saint Ignace nous révèle sa propre exploration de l’âme humaine : une démarche qui peut s’appliquer à chacun de nous, suivant le dessein que Dieu nous a assigné. Grand spirituel et homme de prière, il nous offre des réflexions sur des thèmes variés : le repentir, la lecture de l’Évangile, la patience, le jeûne, la prière… mais aussi des textes de contemplation sur la beauté de la nature qu’il observe par la fenêtre de sa cellule de moine. La richesse de son écriture, la force de l’expression, le foisonnement d’images et de comparaisons, si caractéristiques de son style, sont indéniablement au service d’une pensée rigoureuse, d’une sobriété spirituelle exigeante et juste. En s’adonnant à la lecture de saint Ignace, on découvrira que l’on est en présence d’un immense auteur dont les écrits s’enracinent dans la plus pure tradition de la poésie lyrique religieuse qui nous vient du fond des siècles. Le lecteur contemporain sera étonné par la beauté du texte chez saint Ignace : une beauté qui, paradoxalement, n’est pas de nature émotionnelle. De même que saint Ignace fonde l’ensemble de son enseignement sur la « réalité expérimentée », de même il écarte par son écriture toute délectation ou rêveries trompeuses : on y retrouve seulement le souffle puissant de l’Esprit. Quels que soient les thèmes abordés par saint Ignace : la prière, la lutte contre les passions ou la mémoire vivante de la mort, toute son œuvre porte toujours le sceau de cette force originelle qui nous parvient à travers sa parole.
Préface de Jil Silberstein
Parus pour la première fois en 1910 à Saint-Pétersbourg, les Récits de la Perdition constituent un ensemble de huit épisodes tirés de la vie d’une cinquantaine de révolutionnaires exilés à Srednekolymsk – alias Grande-Perdition. Soit au coeur même de l’une des régions les plus inhospitalières de la Sibérie. Ces récits évoquent avec humour et tendresse cette poignée de citadins éduqués, originaires de la partie européenne de la Russie. Autant de bannis pour raisons politiques immergés dans une nature extrême, peuplée de Iakoutes, de vieux colons russes et de Cosaques. C’est leur vie au quotidien – intime et collective, physique et philosophico-spirituelle. Binski le héros mélancolique, Ratinovitch l’irrévérent. Rybkovski le désenchanté. Maria Nikolaïevna l’unique coeur à prendre. Krantz le souffre-douleur. Barski. Chikhov le spinoziste. Bekker le rigoriste. Khreptovski l’indigénisé. Iastrebov bourru et solitaire. Verevtsov le végétarien. Le jeune rebelle Bronski. Macha du Terminal de la faim… Tous rêvent parfois, boivent, plaisantent, qu’ils soient mus par la fantaisie, l’ivresse, le désespoir… ou un éperdu besoin de tendresse. L’originalité de ces récits de Bogoraz réside dans l’intérêt qu’il accorde aux peuples autochtones du Grand Nord et qui lui vaudront de laisser son empreinte comme l’un des pères de l’ethnographie russe. Il a publié des grammaires, un dictionnaire, des manuels pour les enfants tchouktches, des recueils de folklore, des études ethnographiques et historiques sur les Tchouktches. En même temps qu’ils s’imposent de par leur force littéraire (prisés par Vladimir Korolenko, autre écrivain exil ) ces Récits de la Perdition laissent entrevoir ce que furent les âpres conditions des hommes et des femmes expédiés sur les rives de la Kolyma, ravalés au rang de « robinson polaires »  par cet exil dans un environnement dépouillé de tout confort matériel.
Le journaliste et conteur d’exception Eric Hoesli développe l’histoire du Caucase, considéré comme l’une des zones géopolitiques les plus sensibles du globe. Plusieurs conflits (Tchétchénie, Nagorny Karabakh, Abkhazie, Ossétie du Sud) s’y déroulent aujourd’hui. La région est victime de l’affrontement entre plusieurs États (Arménie –Azerbaïdjan, Russie – Géorgie), et de l’intervention de puissances extérieures. Depuis quelques années on y constate aussi l’apparition de courants islamistes fondamentalistes, l’explosion du grand banditisme, et le retour de revendications nationales ou ethniques. La découverte de nouvelles réserves de pétrole et de gaz a en outre aiguisé l’appétit des grandes puissances. Rien de tout cela n’est nouveau. Depuis deux siècles, les principales puissances politiques et militaires du monde se livrent dans la région à une guerre d’influence qui a parfois pris des allures discrètes, voire inattendues, mais qui a souvent débouché sur des conflits armés, accompagnés à l’occasion de déportations ou de génocides. L’expansion russe, le « Grand Jeu » (ou la guerre froide que la Grande-Bretagne et l’empire russe se sont livrés durant tout le XIXe siècle), les tentatives de conquête du massif par l’Allemagne ou la bataille politique et économique pour le contrôle du pétrole : autant de processus marquants qui ont eu le Caucase pour décor. Le récit de cette fantastique épopée est l’objet de cet ouvrage. L’histoire de la conquête du Caucase donne les clés nécessaires à la compréhension des enjeux et des problèmes que connaît la région aujourd’hui. Le récit vivant est préféré à la synthèse. Même si la rigueur la plus stricte et l’honnêteté intellectuelle ont fondé tout le travail d’une dizaine d’années réalisé à cette occasion.
Également disponible en version numérique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
L’Épopée sibérienne (2018)
Collection Grands spirituels orthodoxes dirigée par Jean-Claude Larchet
Traduit du serbe par Lioubomir Mihailovitch et Zorica Terzic
Le Prologue d’Ochrid est l’une des œuvres majeures et les plus connues de l’évêque serbe Nicolas Vélimirovitch (1880-1966), canonisé en 2003 sous le nom de Saint Nicolas de Jitcha et d’Ochrid et surnommé « le Chrysostome serbe » en raison de l’excellence de son talent littéraire. C’est une œuvre à la fois classique et originale. Divisée en autant de chapitres que de jours de l’année, elle comporte pour chacun : 1) une courte Vie des principaux saints du jour  (c’est donc un Synaxaire abrégé) ; 2) un poème spirituel consacré à l’un de ces saints ; 3) une brève réflexion ; 4) un thème de contemplation ; 5) une courte homélie. Cet ensemble riche et varié en fait un manuel de vie spirituelle au quotidien, que la brièveté des chapitres rend utilisable même par des personnes disposant de peu de temps, et qui peut aussi rendre de grands services dans le cadre de la catéchèse et de la formation spirituelle. La qualité stylistique des poèmes, des méditations et des homélies place également cet ouvrage dans la catégorie des grands livres de littérature religieuse qui nourrissent l’intelligence et réjouissent le cœur. Saint Justin (Popović) écrivait à son sujet : « C’est le manuel le plus nécessaire – un saint manuel, un saint Euchologe… Dans chaque malheur, ouvre ce saint manuel, et tu trouveras ce qui t’est nécessaire. Il n’y a pas de tourment qui te visite et pour lequel ce saint Euchologe ne te donne la force de le maîtriser par le Christ Dieu. Il n’y a pas de passion qui puisse dominer ton âme et pour laquelle tu n’y trouves de remède qui ait fait ses preuves et qui soit sûr. Il n’y a pas de péché qui puisse te trouver et faire pénétrer la mort dans ton âme, et pour lequel tu ne trouves pas dans le saint Prologue d’Ohrid comment t’en sauver. » Faisant suite aux tomes 1 et 2 parus dans la même collection, ce troisième et dernier tome regroupe les mois de septembre, octobre, novembre et décembre.