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Ariadna EFRON

Née à Moscou en 1912, Ariadna Efron est la fille de la poétesse Marina Tsvetaeva et de son époux, Sergueï Efron. Dans les années terribles suivant la révolution, Ariadna Efron et sa mère vivent dans un singulier état de symbiose. Marina Tsvetaeva amène partout avec elle sa petite fille, âgée de sept ou huit ans, qui parle comme elle et écrit des vers qu’on a du mal à distinguer des siens.
En 1922, Ariadna suit les siens en exil à Berlin puis à Prague. Ils s’installent ensuite à Paris où elle poursuit des études d’histoire de l’art et fréquente l’École du Louvre.
En 1937, sous l’influence de son père qui était à Paris l’un des dirigeants de l’association Union pour le retour, elle décide de retourner en URSS.  En Russie, elle compte faire une carrière d’illustratrice et travaille pendant deux ans à l’Union des revues et journaux.
Arrêtée en 1939 comme élément « antisocial », elle est condamnée à huit ans de « rééducation par le travail ». En 1947, elle est enfin libérée mais se trouve contrainte de vivre hors de Moscou. Elle s’installe à Riazan où elle vit en enseignant le dessin à l’École des beaux-arts de la ville. Cette semi-liberté ne dure que dix-huit mois. Sans motif, elle est de nouveau arrêtée, emprisonnée, puis déportée à Touroukhansk sur les bords de l’Ienisseï, non loin du cercle polaire. C’est en 1955 seulement, deux ans après la mort de Staline, qu’elle est enfin libérée et réhabilitée.
Elle se consacre dès lors à la publication des œuvres de sa mère. Son travail fait gagner à Marina Tsvetaeva  un lectorat de plus en plus large en Russie. En marge, Ariadna Efron subvient à ses besoins en travaillant comme traductrice. Elle meurt en juillet 1975 dans la petite ville de Taroussa, au sud de Moscou.

 

Publiés aux éditions des Syrtes

Marina Tsvetaeva, ma mère rassemble des souvenirs de la petite fille puis de l’adolescente à travers les errances de sa mère. C’est une Tsvetaeva prise dans la vie de tous les jours, celle qui consiste à trouver de quoi manger, de quoi se chauffer, de quoi se vêtir. Ariadna assiste à son travail, à ses rites, à ses habitudes, à ses angoisses face à la création, à la poésie. Elle évoque des bouleversements incessants, des changements de domicile comme de pays ; les villes, les maisons et les gens se succèdent et se superposent. Elle balaie les ombres qui planent sur le personnage de Marina, décrit des périodes et des rencontres, traque les gestes, les regards, les réactions. C’est aussi toute une Russie sur le point de devenir URSS que nous dévoile Ariadna Efron, animée par certains des plus grands esprits de l’époque, intellectuels et artistes : un milieu incroyable, un peu irréel, dans lequel la fille de Marina Tsvetaeva a baigné si longtemps.

Et le portrait qui ressort de ces pages est à l’image de leur relation : tendre, complice, admiratif mais sans l’ombre d’une concession. Un livre essentiel pour une connaissance intime de Marina Tsvetaeva.