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Tsar
Publiés aux éditions des Syrtes
EN RÉIMPRESSION

Nathalie Wulfert, Natacha pour les intimes, était une femme pour laquelle, selon un contemporain, un homme aurait pu « tout oublier et renoncer à tout ». En la voyant, le grand-duc Michel Alexandrovich, frère du tsar Nicolas II, en tomba éperdument amoureux. Il lui fit la cour, bien qu’elle fût divorcée et remariée avec l’un des officiers du régiment où il servait. Pour lui, elle divorça une seconde fois et accepta une vie de maîtresse entretenue qui ne lui convenait guère et lui valut la malveillance et l’hostilité de la Cour. Pour elle, il oublia ses devoirs dynastiques afin de l’épouser secrètement, malgré la surveillance policière dont son frère les entourait. Et seules les balles des Bolchéviques eurent raison de leur amour.

Rosemary et Donald Crawford nous content cette romance à travers la correspondance intime de Michel et Natacha. Des centaines de lettres qui évoquent leur bonheur et leur désespoir et nous entraînent à travers toute l’Europe. Car cet ouvrage est également une narration saisissante des dernières années de la Russie impériale. On y suit la Première Guerre mondiale ainsi que la révolution qui entraînera la chute de Nicolas II et son abdication en faveur de son frère, qui ne régna qu’une seule journée.

 
EN RÉIMPRESSION
Collection Joyaux oubliés

Xavier de Maistre met ici en scène Prascovie, qui vit dans les confins de la Sibérie. Modeste et illettrée comme la plupart des paysans, elle aurait bien oublié ses origines aristocratiques si ses parents, qu’elle aime tendrement, ne se mouraient pas de chagrin dans leur masure glacée. Injustement condamnés à un terrible exil, ils ne peuvent accepter de payer depuis tant d’années pour une faute qu’ils n’ont pas commise. Animée d’une inébranlable foi enfantine, Prascovie se met un jour en tête de partir à pied pour Saint-Pétersbourg afin de demander au tsar en personne la grâce de ses parents. Cette incroyable traversée de la Russie éternelle verra aussi l’accomplissement d’une quête spirituelle.

Février 1917: l’empire russe est paralysé par une grève générale, le peuple est dans la rue et la dynastie des Romanov vit ses derniers jours. Monarchiste convaincu, mais conscient du fossé qui existe entre ses idéaux politiques et les faiblesses de la monarchie, Vassili Choulguine est chargé par le gouvernement provisoire de prier le tsar d’abdiquer.

Témoin et acteur direct des événements tragiques qui ont conduit le pays au chaos, il décrit, d’une plume acéré, le pogrom juif de Kief en 1905, Raspoutine et son entourage et, enfin, l’abdication de Nicolas II. Ecrit sous forme de chroniques quotidiennes, ce récit surprend par sa force et plonge le lecteur au cœur d’une période qui a bouleversé le destin de tout un peuple.

Traduit du russe, annoté et préfacé par Anne Davidenkoff

Publié dans La Pensée russe, à Paris, en 1923-1924, Souvenirs d’antan est un tableau de la société russe d’avant la révolution, illustré par l’histoire familiale de Nikolaï Lvov. À partir de détails de la vie quotidienne, l’auteur reconstitue le monde de son enfance à travers le regard d’Aliocha. Tout au long du récit se développe l’amour pur et idéal que le jeune héros ressent, dès ses tendres années, pour sa cousine, Tania. Ce sentiment traverse, comme un fil ténu, toute l’œuvre. Le duo qu’ils forment alors au milieu des autres enfants et de toute la famille est un enchantement. Le jeune enfant, puis l’adolescent qu’il devient, préfigure le futur représentant de la noblesse russe libérale. Celui qui s’engagera dans le combat politique et social de son pays.

Souvenirs d’antan est une œuvre d’une densité littéraire exceptionnelle, où l’histoire est concentrée comme dans une miniature. Par-delà le dénouement, qui finit par nous apparaître comme une « lumière dans les ténèbres », on garde une impression de bonheur infini, le bonheur de l’enfance, à l’instar de la trilogie Enfance, Adolescence, Jeunesse de Léon Tolstoï, avec lequel Lvov partage la finesse dans l’analyse psychologique des personnages.

Traduit de l’anglais et annoté par Andreï Kozovoï

La Fin de l’Empire des Tsars, un ouvrage qui renverse les perspectives. Et si l’histoire dramatique de la Russie au XXème siècle – le coup d’État bolchevique, la guerre civile, deux famines et le goulag – n’était que la conséquence du rassemblement général des troupes russes le 30 juillet 1914 ? Et si l’Ukraine joua un rôle de tout premier plan dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale ?

Dominic Lieven, historien britannique de renommée mondiale, raconte dans ce livre magistral quel fut le rôle de la Russie dans la descente vers 1914. Armé d’un impressionnant corpus de sources inédites, il étudie à la loupe la machine infernale qui aboutit au conflit. Il donne ainsi la parole à de nombreux protagonistes. Depuis les journalistes et les intellectuels « faiseurs d’opinion » jusqu’aux ministres et, bien sûr, au tsar Nicolas II.

Avec Lieven, l’histoire diplomatique russe s’enrichit enfin des fameuses « forces profondes », chères au grand historien des relations internationales qu’était Pierre Renouvin. Mais le récit de Dominic Lieven n’est pas uniquement centré sur la Russie. Sa grande originalité est d’inscrire ce pays dans un contexte beaucoup plus vaste. Un contexte qui s’apparente à un véritable bras de fer entre empires et nationalismes fin XIXe – début XXe siècle. Riche en comparaisons stimulantes et en hypothèses osées, cet ouvrage est donc appelé à devenir une référence non seulement pour comprendre les origines de la Première Guerre Mondiale, mais aussi pour repenser l’histoire européenne – notre histoire.

 
Du même auteur aux Éditions des Syrtes:

La Russie contre Napoléon (2012)

 
Traduit du russe par M. Bénouville

Mage, guérisseur, homme de Dieu, ou imposteur, intrigant et espion ? Un siècle après sa mort, Grigori Efimovitch Raspoutine (1863-1916) ne cesse d’intriguer les historiens et le large public. Sa personnalité peu commune et son rôle supposé dans la chute de l’empire russe ont inspiré romanciers et dramaturges. On lui a en effet souvent attribué un rôle qui n’était pas le sien. La culture populaire en a fait un « moine fou », un « hypnotiseur » qui a précipité la Russie dans l’horreur de la guerre civile. Les bolcheviks le tenaient pour le symbole pouvoir tsariste corrompu. Mais qu’en est-il en vérité ? L’ouvrage du général Spiridovitch plonge au coeur des événements qui ont conduit à l’assassinat de Raspoutine. L’auteur a en effet instruit l’affaire depuis le début, rassemblant les pièces du puzzle, interrogeant tous les protagonistes, les proches du « starets » comme ses ennemis les plus acharnés, faisant de son enquête méticuleuse un véritable roman.

Cet ouvrage, le plus complet et le plus proche des événements tels qu’ils se sont passés, écrit par le chef de la sûreté secrète de Nicolas II, permet au lecteur de comprendre « l’incroyable aventure de ce simple moujik sibérien qui réussit à capter la confiance des souverains russes et à la garder, malgré toutes les attaques, jusqu’à son assassinat par le prince Ioussoupov » (M. Bénouville).

Le Journal intime du baron Ludwig von Knorring (1859-1931) est un document exceptionnel à plus d’un titre. En premier lieu parce qu’il a été retrouvé presque par hasard ; c’est donc la première fois qu’il est proposé aux lecteurs. Ensuite, ces mémoires ont été écrites par un homme qui œuvrait au cœur du pouvoir tsariste. Attaché d’ambassade en Allemagne dès 1887, il devient responsable des missions spéciales auprès du ministre des Affaires étrangères en 1903, avant de prendre la direction de l’office du ministère des Affaires étrangères en 1906.

Après la prise du pouvoir par les bolcheviks, Ludwig von Knorring doit fuir sa patrie comme nombre de ses compatriotes. Il deviendra chef du Bureau des réfugiés russes à Baden-Baden, avant de s’installer en Suisse, à Vevey, où il s’éteindra en 1931. C’est donc un document rare qui est proposé ici : le rapport minutieux d’un témoin des événements qui allaient bouleverser le XXe siècle. Ecrit à vif, sans désir de ménager qui que ce soit, ce cahier étant pensé comme un document de travail non destiné à la publication. À la différence des souvenirs et des mémoires de personnages de premier plan qui, à travers leurs écrits, essayaient de justifier leurs décisions ou rejeter leurs responsabilités, le texte de Ludwig von Knorring décrit les étapes qui, depuis la guerre russo-japonaise et la révolution de 1905, allaient mener le pays à la catastrophe.

Une étrange atmosphère se dégage à la lecture de ce document qui, sans aucun doute, sera capital pour les chercheurs intéressés par l’histoire du XXe siècle. Alors que la révolution menace, les marins du  «Potemkine » se rebellent, le pays est au bord du gouffre, les proches du Tsar s’interrogent sur ses décisions. Et que les responsables politiques se demandent quoi faire tout en continuant d’organiser des réceptions somptueuses…

Choix des documents, avant-propos et notes de Nicolas Ross
Traduction du russe des documents par Jean-Christophe Peuch
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 mourraient le tsar Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, dans la maison de l’ingénieur Ipatiev, où ils étaient détenus depuis le 30 avril. Contrairement à ce qu’on a pu croire, les exécutants et les complices de cet assassinat ont beaucoup parlé et beaucoup écrit, mais sous le sceau d’un secret rigoureusement gardé jusqu’aux dernières années de l’existence de l’URSS. Avant de donner la parole aux acteurs de ces événements, Nicolas Ross revient sur le massacre de la famille impériale, la disparition puis la réapparition de ses restes. Ce court récit facilite la lecture des seize témoignages qui suivent. Quatre des gardes rouges de la maison de l’ingénieur Ipatiev avaient été retrouvés et interrogés par les enquêteurs blancs dès 1918-1919, et leurs dépositions constituent les premiers documents publiés. En 1919 également fut rédigée par Iakov Iourovski, le dernier commandant de la maison Ipatiev et principal acteur de l’exécution de ses occupants, sa célèbre Note, qui ne fut révélée qu’en 1989 et qui connut rapidement une résonnance internationale. Après Iourovski, d’autres participants livrèrent leurs confidences, restées secrètes jusqu’à la fin du pouvoir communiste en Russie. Leurs témoignages sont ici aussi publiés. Mais les récits des assassins du tsar et leurs complices ne concernent pas uniquement l’exécution et l’inhumation improvisée des détenus de la maison Ipatiev. Ils racontent leur vie d’avant la révolution de 1917, leurs combats durant la guerre civile, jusqu’à la tragédie d’Ekaterinbourg. Ils y étaient tous volontaires et ont accompli leur mission en connaissance de cause. Leur personnalité et leur biographie éclairent leurs actions et leurs motivations. C’est pourquoi Nicolas Ross a veillé à rendre compréhensibles les documents livrés ici, en replaçant biographiquement chaque personne citée. En plus du récit de l’exécution de la famille impériale, ces textes dévoilent l’atmosphère lourde et éprouvante des derniers jours de Nicolas II et des siens. Ils illustrent, par ailleurs, le projet des dirigeants bolcheviques, qui avaient entrepris d’exterminer tous les Romanov. Il fallait, par ce sang, sceller une Russie du futur totalement coupée de ses racines historiques. Disponible également en version numérique
Héros d’une tragédie historique qui a inspiré de nombreux écrivains et passionné des générations d’historiens, le tsar Paul Ier (1754-1801) fait partie de ces obscurs monarques mis aux oubliettes de l’histoire. Introverti, fragile et mal-aimé, il succède à sa mère Catherine II en 1796, mais son règne bref et chaotique s’achève par son assassinat, en 1801. Méprisé par la cour, en conflit avec la noblesse et l’armée, Paul Ier prend des décisions controversées qui alimentent des rumeurs de démence. Sa mise à mort, orchestrée par des conspirateurs de haut rang, avec l’implication de son fils, le futur Alexandre Ier, reste toujours une énigme. Constantin de Grunwald analyse la personnalité complexe de Paul Ier, les causes de sa chute et les conséquences de son assassinat. Il a utilisé des sources historiques de première importance, en particulier des témoignages de contemporains ainsi que des archives anglaises, françaises et suédoises.