C’est là l’œuvre d’une vie, celle de Boris Chiriaev. Cet intellectuel moscovite fait mémoire de ses sept années de travaux forcés aux îles Solovki, archipel situé dans les eaux glacées de la mer Blanche, au large des côtes de Carélie. Une « chronique des temps de naufrage » qu’il commencera à écrire au camp et poursuivra pendant vingt-cinq ans. Chiriaev arrive donc aux Solovki en 1923. Le monastère de l’archipel Solovki, symbole du monachisme orthodoxe, était devenu, après 1917, un bagne au régime dur où régnait l’arbitraire.
On assiste, avec Chiriaev, à la naissance du système concentrationnaire soviétique et du premier camp de travaux forcés. On découvre ainsi les balbutiements de ce qui allait devenir le symbole même de la répression bolchevique. Car les autorités n’avaient pas encore compris les avantages économiques du travail forcé.Mais Boris Chiriaev, au milieu de cette désolation, voit poindre la lueur d’une veilleuse que rien ne peut éteindre. Il s’agit de celle du dernier ascète des Solovki qu’il a surpris en prière dans sa hutte au fond des bois, celle aussi d’une baronne qui sacrifiera sa vie pour soigner les malades du typhus, ou celle de cette communauté de vieux-croyants qui, persécutés par le nouveau pouvoir, mourront aux Solovki dans la plus absolue dignité. Les Solovki étaient un Golgotha, nous dit l’auteur, mais sur elles brillait aussi la lumière de l’Esprit.
Le père Gleb Kaleda (Petrograd 1921-Moscou 1994) était un professeur de géologie qui avait parcouru toute l’URSS, organisait des conférences, et publiait des contributions scientifiques de grande valeur. Ordonné au sacerdoce en 1972, en secret (au grand jour, il n’aurait jamais pu l’être), par un autre savant géologue, le métropolite de Iaroslavl Ioann (Wendland), il célébra clandestinement chez lui jusqu’en 1990. Le patriarche Alexis II le chargea alors de l’organisation de la catéchèse, tout spécialement à destination des prisonniers. Il fut donc le premier aumônier de prison en Russie depuis la révolution. Le père Gleb, riche d’une grande expérience humaine, s’y attela avec autant d’énergie que d’enthousiasme. Tout était à faire, à inventer. Sa foi souleva des montagnes.
Ce petit livre relate cette expérience bouleversante et la réflexion qu’elle induit. Il s’accompagne de témoignages sur son auteur et sur son interlocuteur, Guennadi Nikolaevitch, un directeur de prison hors normes.
Le père Seraphim Rose (1934-1982), le spirituel orthodoxe américain le plus connu et vénéré, consacra sa vie de moine à replacer les grandes questions modernes sous la lumière de la Tradition chrétienne orthodoxe et patristique. Ce livre met en lumière l’origine et la condition primordiale de l’homme et du cosmos. Il montre ainsi comment ces mystères sont inextricablement liés à ceux de la rédemption du Christ. Au-delà des arguments rationnels ou scientifiques, il présente la vision de l’humanité qu’avaient les saints Pères de la volonté divine.
En cette époque confuse et oublieuse du passé, il est en effet rare de faire entendre une lecture de la création du monde et de l’homme différente de celle de la pensée scientifique dominante.Le texte ici traduit est donc une réflexion profonde du père Rose sur le Livre de la Genèse, structurée par sa fidélité aux Pères de l’Église et vivifiée par son amour de la Vérité. Cette étude développe une critique raisonnée et inspirée de la fameuse théorie de l’évolution. Celle que Charles Darwin, reprenant l’idée de son grand-père Erasme, répandra dans les sphères pensantes de son siècle. Dès lors, l’évolutionnisme allait connaître en Occident le succès que nous lui connaissons et qui prime encore aujourd’hui sur toute autre explication de l’origine de l’Homme.
Genèse, Création et premier homme est un ouvrage édité à titre posthume, rassemblant les travaux du père Seraphim sur le sujet brûlant de la Création, critique vis-à-vis de la philosophie moderne de l’évolution, et présentant le résultat des recherches de scientifiques orthodoxes dans les domaines de la biologie et de la géologie.
La pandémie causée par la COVID-19 a surpris, désorienté et désorganisé la planète. Les religions n’ont pas échappé à l’ébranlement général et le christianisme a payé un lourd tribu : fermeture des églises, réduction du nombre de participants aux offices et à la communion, modification de la façon dont sont dispensés les sacrements et vénérés les objets sacrés. Ces changements, mettant en cause des pratiques traditionnelles plus que millénaires, ont suscité d’importants débats, touchant parfois des points essentiels de la foi. Ce livre apporte des éclaircissements permettant d’affronter plus sûrement et plus sereinement les séquelles de la pandémie sur les âmes et de mieux s’armer pour lutter contre celles qui risquent de surgir à l’avenir.
EN RÉIMPRESSION.
Pour rédiger des commentaires de la liturgie de saint Jean Chrysostome, le hiéromoine Grégoire s’est tourné vers ceux qui ont vu la vraie Lumière, qui ont entendu le Verbe et ont touché la tête immaculée du Maître, comme il est dit dans l’office de la Théophanie. Ce livre est constitué des expériences eucharistiques des saints de toutes époques. Il présente la liturgie comme ceux-ci l’ont vécue et comme la vit aujourd’hui l’Église orthodoxe. Les Évangélistes et les Pères théophores nous parlent donc du Christ comme ils Le vivent lorsqu’Il est près d’eux au cours de la divine liturgie de saint Jean Chrysostome. L’auteur exprime ainsi cette humble prière. Que cette édition contribue à une meilleure compréhension de la liturgie et une plus profonde participation à celle-ci.