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Père Seraphim ROSE

Biographie

Extrait de la préface de Genèse, création et premier homme, du père Seraphim Rose, Éditions des Syrtes, 2016:

Le père Seraphim est né Eugene Dennis Rose le 13 août 1934 à San Diego, Californie. Son père Frank avait des ancêtres français et hollandais, la famille de sa mère Esther venait de Norvège. Esther était protestante, et Frank, bien que catholique romain, devint protestant par égard pour son épouse. (…)

Le jeune Eugene termina major de sa promotion au lycée de San Diego et fut dès lors considéré par ses parents, ses professeurs et ses pairs comme un jeune « génie» promis à une brillante carrière dans les sciences et les mathématiques. Cependant, au moment où il entra à l’Université de Pomona en Californie du Sud, de telles perspectives lui semblèrent inopportunes, comparées
à cette chose nouvelle et passionnante pour lui : le savoir et la compréhension du sens absolu de la réalité. Se sentant étranger à la société qui l’entourait, il se rebella contre sa frivolité et son esprit matérialiste, et rejeta la religion protestante dans laquelle il avait été élevé. Sa quête de la Vérité le conduisit d’abord à la philosophie occidentale, puis à l’étude de la sagesse orientale, étude pour laquelle il apprit le chinois, ancien et moderne.

Une fois diplômé de l’Université de Pomona en 1956 avec une maîtrise en langues orientales, Eugene intégra l’Académie des Études asiatiques de San Francisco où il suivit les cours du doyen, le docteur Alan Watts. C’est dans cette même académie qu’il rencontra un représentant
de la tradition chinoise, le philosophe Gi-ming Shien. Eugene visita plusieurs fois des temples orientaux et aida le philosophe à traduire le Tao Te King en anglais à partir des vieux idéogrammes chinois. En 1957, il entre comme étudiant à l’Université de Berkeley, Californie, où il obtient son doctorat en langues orientales en 1961. La sagesse des philosophes préchrétiens, aussi profonde fût-elle, laissa Eugene insatisfait, et il demeura alors dans la tristesse de ne pas savoir pourquoi. De Giming ainsi que du métaphysicien français René Guénon, il apprit la valeur d’adhérer à une religion selon sa forme traditionnelle, d’une manière orthodoxe, quelle
que puisse être par ailleurs cette religion. Incapable de trouver ce qu’il recherchait dans les religions traditionnelles orientales qu’il avait déjà pratiquées, il alla un jour visiter une église orthodoxe, ce qui pour lui alors n’était que la forme orientale d’une religion qu’il avait connue enfant: le christianisme. (…)

Eugene fut reçu dans l’Église orthodoxe le Dimanche du Fils Prodigue, le 25 février 1962, dans la cathédrale russe de San Francisco de la Mère-de-Dieu-Joie-de-Tous-les-Affligés. À la réception des Saints Dons, il ressentit un goût divin et céleste dans sa bouche qui perdura plus d’une semaine. À San Francisco, Eugene devint le disciple de l’un des plus grands saints du XXe siècle, l’archevêque Jean Maximovitch (canonisé en 1994 sous le nom de saint Jean de Shanghai et de San Francisco) : un hiérarque connu dans le monde entier comme thaumaturge, possédant le don de clairvoyance, un ascète, un « fol en Christ », un père pour les orphelins et un secours pour les opprimés. Avec cet homme céleste pour guide, Eugene entra dans ce qu’il nommera plus tard la «saveur » ou le « parfum » indéfinissable de l’orthodoxie. (…)

Voyant le réel potentiel du jeune Eugene, l’archevêque Jean s’efforça de le préparer à la vie liturgique dans l’Église. Il initia à San Francisco une série de cours théologiques, qu’Eugene suivit avec assiduité. Eugene obtint son diplôme en tête de classe, bien que toutes les lectures fussent en russe et qu’Eugene fût le seul Américain converti de sa classe. Eugene voulut désormais consacrer le reste de sa vie à apporter à ses contemporains la Vérité de la sainte orthodoxie. Avec un jeune Russe, Gleb Podmoshensky, il fonde une fraternité à but missionnaire dédiée à l’un des premiers missionnaires russes en Amérique : le saint thaumaturge Germain d’Alaska (mort en 1936). En 1964, les frères ouvrent une librairie orthodoxe à San Francisco et commencent à publier le magazine Le Monde orthodoxe, imprimant chaque numéro sur du simple papier à lettres. Toutes ces initiatives furent faites avec la bénédiction et les encouragements de l’archevêque
Jean Maximovitch. Après la mort de l’archevêque Jean en 1966, Eugene et Gleb recherchèrent une terre dans les solitudes sauvages du Nord californien, où ils pourraient continuer à imprimer Le Monde orthodoxe et en même temps vivre et expérimenter la vie des ascètes orthodoxes « habitant les déserts » qui vécurent à travers les âges. L’archevêque Jean avait également béni cette étape, peu de temps avant sa mort il avait confié à Eugene qu’il croyait que les frères allaient établir un monastère missionnaire dans le nord de la Californie.

En 1969, Eugene et Gleb s’installèrent sur le versant d’une montagne isolée (Noble Ridge), près de la petite ville de Platina, en Californie, apportant tout leur matériel d’imprimerie avec eux. Une année plus tard, le patron de la fraternité, le père Germain d’Alaska, était canonisé par l’Église orthodoxe, devenant ainsi le premier saint orthodoxe américain. (…) Le 27 octobre 1970, les frères furent tonsurés moines par l’archevêque de l’Amérique occidentale et de San Francisco Anthony Medvedev (mort en 2000), de l’Église russe hors frontières. Avec la tonsure, Eugene reçut le nom du saint ascète russe Seraphim de Sarov, Gleb reçut celui de Germain, en l’honneur de saint Germain d’Alaska, et le nouveau monastère fut également nommé le monastère Saint-Germain. (…)

À partir de son refuge montagneux, père Seraphim produisit un flot de livres et de publications qui avaient pour but de placer la sagesse traditionnelle dans le contexte moderne. Il écrivit, traduisit, composa, imprima et diffusa à travers le monde ses livres, dont l’importance et le sens ne seront vraiment connus qu’après sa mort. (…)

Père Seraphim fut ordonné diacre le 2 janvier 1977, et prêtre le Dimanche des Myrrophores, le 24 avril 1977. Les deux ordinations furent accomplies par l’archevêque Nectaire de Seattle, déjà mentionné. En dépit de l’amour de père Seraphim pour les solitudes sauvages et ses dispositions érémitiques et philosophiques, ses dernières années furent consacrées à une activité pastorale croissante. (…)

Une soudaine et brève maladie emporta père Seraphim de cette terre le 2 septembre 1982. Il avait quarante-huit ans.

Publié aux Éditions des Syrtes:
Genèse, création et premier homme (2016)

Publié aux
Éditions des Syrtes