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Occident
Publiés aux éditions des Syrtes
Préface de Stéphane Courtois

À sa sortie en Allemagne en 1987, ce livre a eu l’effet d’une bombe idéologique. Le nazisme, explique Nolte, doit avant tout être replacé dans le contexte d’une « guerre civile » inaugurée par Lénine en 1917, provoquant un séisme qui faillit emporter l’Europe jusqu’à la défaite d’Hitler en 1945. Par un mimétisme paradoxal, les régimes fasciste et nazi empruntèrent en effet au communisme ses méthodes pour mieux le combattre. Il existerait donc un « nœud causal » entre la révolution bolchevique et la naissance des fascismes. Nolte cherche à comprendre pourquoi la réaction antibolchevique d’Hitler a trouvé dans le mythe de la race l’unique réponse à l’internationalisme soviétique.

OUVRAGE ÉPUISÉ.

Porte-parole d’un courant de pensée russe peu connu en Occident, Natalia Narotchnitskaïa analyse les rapports entre la conscience nationale russe et la philosophie libérale de l’Occident, source de nombreux malentendus historiques. La fin de la Seconde Guerre mondiale était le point de départ d’une croisade de l’Occident « démocratique » contre l’État soviétique « totalitaire » ; l’auteur fustige ainsi l’idée occidentale visant l’abaissement du peuple et de la nation russe. Narotchnitskaïa considère que l’Occident ne combattait pas le communisme mais la renaissance de la Russie. Car la guerre a fait renaître le fort sentiment patriotique qui rendait la Russie dangereuse stratégiquement. L’opposition Occident-URSS a ainsi été réduite à l’affrontement communisme-démocratie. Et a provoqué la substitution de la victoire soviétique après la guerre par celle de l’Occident durant la guerre froide.

Natalia Narotchnitskaïa milite pour une nouvelle collaboration entre la Russie et l’Europe. Afin que la Russie recouvre son rôle de facteur systémique des relations internationales. L’auteur propose un regard neuf sur le « dilemme Russie-Europe ». Car, écrit-elle, « l’avenir de la Russie est l’avenir de l’Europe ». Fort d’une émotion palpable, son livre est un cri de désespoir de tout un peuple qui se croit privé de l’honneur de sa propre histoire.

Alexandre Tchoubarian analyse dans son livre les aspects théoriques, culturels et historiques de l’évolution de l’idée européenne en Russie; il évoque également les problèmes que cela pose dans la conscience collective russe et européenne. Il définit le terme d’ « idée européenne » ou d’«européisme russe » comme étant l’attitude de la Russie envers l’Europe. Cette attitude englobe ainsi la manière dont la société russe se sent partie intégrante de la culture européenne et de ses institutions politiques. Le point de départ de cette réflexion constitue l’ensemble des stéréotypes sur la Russie et les Russes; leur apparition, leur histoire et leur évolution permet de mieux comprendre l’état actuel des relations russo-européennes. 

 

Pour Alexandre Latsa, le traitement systématiquement négatif de la Russie dans les médias français et occidentaux est indiscutable : corruption, guerres dans le Caucase, atteinte aux droits de l’homme, opposition politique interdite, attentats à Moscou, discothèques qui brûlent, démographie qui s’effondre, minorités sexuelles menacées… Même lorsque la Russie mène seule une guerre juste en Syrie contre ce danger pour la France qu’est l’Émirat islamique, comme les derniers attentats nous l’ont démontré, les médias s’en prennent au Kremlin qui serait une menace pour la paix et la sécurité.

Ce traitement médiatique n’est pas le fruit du hasard. Il est en réalité l’une des facettes de la guerre totale menée contre la Russie renaissante. Une guerre qui monte en intensité au même rythme que le réveil russe bouscule l’agenda voulu par des élites occidentales. Celles-ci souhaitent en effet imposer à la Russie, comme à l’Afrique ou l’Amérique du Sud, une occidentalisation forcée. Sous la domination morale, politique, économique et spirituelle américaine. Une guerre qui traduit l’emprise quasi totale sur le monde médiatique, politique et intellectuel français d’une nouvelle idéologie, l’atlantisme, cette variante européenne du néoconservatisme américain.

Pour Alexandre Latsa, la France doit briser cette dynamique. Car elle l’engage sur une trajectoire extrêmement risquée pouvant mettre en péril sa sécurité et même son existence. La France doit ressurgir par une nouvelle trajectoire stratégique et historique qui lui permette d’initier son retour dans l’histoire. Elle pourrait pour cela prendre modèle sur la Russie. Ce pays dont chacun pensait, au cœur de cet hiver 1999, qu’elle était au bord de la disparition, alors que le pays allait, au contraire, connaître une incroyable renaissance, que l’on peut qualifier de printemps russe.