Le 25 juillet 1920, Nelly Ptachkina tombait dans la cascade du Dard, au pied du Mont-Blanc. Elle avait dix-sept ans et laissait un journal, édité ensuite par sa mère, dans les années 1920. Joseph Kessel en publia des extraits dans ses Souvenirs d’un commissaire rouge.
Le Journal (1918-1920) recouvre la chronologie de la guerre civile depuis son déclenchement jusqu’au début des conflits russo-polonais, qui entraîneront la guerre soviéto-polonaise. Mue essentiellement par la nécessité d’une introspection liée à la construction de sa personnalité, Nelly Ptachkina fait de ses notes de véritables « rapports » sur son état intérieur face à ces complexes bouleversements historiques. Elle ignore alors – mais plus pour très longtemps – que vivre et s’observer, pour elle, sera synonyme de se penser comme témoin historique.
D’une maturité peu commune et d’une indépendance d’esprit absolue, Nelly, dont la personnalité est peu à peu façonnée par la présence constante de la mort et la perspective de la destruction du monde qui était le sien, reste cependant attachée à une Russie dont elle n’a pas encore compris ni accepté la disparition. Mais, face aux pogroms qui déchirent l’Ukraine et à l’explosion de la violence, l’émigration devient salut, même si c’est le cœur lourd qu’elle se sépare des paysages de son enfance. Images vues comme à travers le trou de la serrure, de façon parcellaire, fragmentée, floue. C’est ainsi que la révolution et la guerre civile apparaissent à un individu isolé, aux familles jetées dans la tourmente et, à plus forte raison, à une adolescente pensant son devenir dans un monde déstructuré.
Dans cet essai percutant et d’une grande clarté, Nikola Mirković dresse le portrait lucide d’un pays en proie au doute et en quête de sens. Puisant dans l’histoire, la philosophie, la culture, la politique et les valeurs universelles de liberté, de courage et d’excellence, l’auteur esquisse un chemin possible vers le renouveau grâce à un sursaut collectif. Il s’agit de comprendre les ressorts qui ont fait la grandeur de la France afin de mobiliser les forces, les vertus et les talents nécessaires pour affronter les défis d’un monde contemporain complexe et incertain. Si le passé éclaire le présent, c’est avant tout pour préparer un avenir audacieux. L’auteur en appelle à une France confiante, courageuse, capable d’innover, de transmettre, de créer, de protéger, d’instruire, et de maîtriser son destin, sans arrogance, mais avec une détermination sans faille.
Déclin et Renouveau est une lecture stimulante pour tous ceux qui refusent la résignation et croient encore en la force du collectif et en la grandeur d’un pays qui n’a jamais cessé de se réinventer. Un essai pour comprendre, espérer et agir.