Publié pour la première fois en français et dans son intégralité, la correspondance complète et inédite de Søren Kierkegaard est un document singulier. Les lettres, à ses amis ou sa fiancée dévoilent des aspects méconnus de l’un des philosophes majeurs du XIXe siècle.
A la fois véritable texte littéraire et mise en œuvre concrète de ses idées philosophiques, cette correspondance éclaire sous un jour nouveau la relation toute particulière entre l’homme et son œuvre. Elle constitue également l’illustration vivante de la singularité de l’approche du philosophe danois. Chaque lettre est ainsi traversée par l’inlassable travail de l’esprit pour coïncider avec lui-même, dans l’ouverture à l’autrui. De même, elles remettent sur le métier la difficile question de l’aide qu’un individu peut et doit apporter à l’autre.
L’amitié entre Marina Tsvetaeva et Anna Teskova débute en 1922, lorsque cette dernière invite Marina à une soirée littéraire. Ces lettres témoignent des dix-sept années d’exil de la voix poétique la plus déchirante du XXe siècle. Marina y dit l’amour et la poésie, le maternel et le féminin, la nostalgie, l’arrachement et la solitude, sa foi dans la vie et dans l’homme. De l’infiniment petit à l’infiniment grand, on la suit dans la démesure et l’on perd le souffle devant cette prodigieuse capacité à conjuguer à tous les temps et à tous les modes le verbe aimer.
Au cours de l’été 2001, Wladyslaw Zawistowski, poète et dramaturge polonais, découvre dans le grenier de la maison de sa grande mère, Nathalia, douze longues lettres que lui a envoyées Marina Tsvetaeva entre 1934 et 1939, alors qu’elle vivait à Paris.
Les lettres en disent long sur la poétesse mais également sur sa correspondante, une enseignante de Vilnius. Elles éclairent souvent de manière crue des zones d’ombre de Marina Tsvetaeva. Celle-ci a fait fi de toute pudeur : tout peut se dire à une parente lointaine, inconnue. L’âme, la politique, la famille, mais aussi ses préoccupations terre à terre et domestiques, … Et tout ce qui se dit est absolument bouleversant.
Dans la courte vie du poète Nicolaï Gronski, sa rencontre avec Marina Tsvetaeva a laissé une trace lumineuse. « J’avais été son premier amour et lui mon dernier… » dira Tsvetaeva après la mort de Gronski en décembre 1934. La correspondance durera trois mois pendant l’été 1928 et elle est remarquable. C’est l’unique correspondance à deux voix conservée dans les archives de Tsvetaeva. Un temps, elle a pensé écrire un roman à partir de cette correspondance, Lettres d’un été, resté sans suite.
La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XXe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Exceptionnelle, elle l’est d’ailleurs doublement, cette relation épistolaire entre poète soviétique et poète de l’émigration, à l’heure où, après une phase de liberté surveillée où les échanges étaient encore possibles, la culture russe se scinde en deux – et ceci pour toute la durée de l’expérience soviétique.
Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s’étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n’est qu’en 1922 qu’ils se sont véritablement découverts au travers de leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont ainsi entretenu une correspondance d’une densité extrême et d’une intensité rare dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie, sur fond d’époque historique et d’histoire littéraire. Plus des trois quarts de ces lettres échangées entre ces deux êtres radicalement différents sont inédits. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu’à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement.
Le Cahier rouge (2011) Les Carnets (2008) Lettres du grenier de Wilno (2004) Correspondances avec Nicolas Gronski, 1928-1933 (2005) Lettres à Anna (2003) Poésie lyrique 1912-1941 (2015): édition bilingue en deux volumes, Poèmes de Russie (1912-1920) et Poèmes de maturité (1921-1941), et en coffret.
Le nom de saint Théophane le Reclus est lié aux richesses spirituelles recueillies dans sa prière, dans sa méditation et dans sa contemplation sur Dieu. Auteur de nombreux ouvrages, traducteur, il a également laissé une abondante correspondance. Les Lettres, aujourd’hui traduites en français, sont le fruit d’un échange épistolaire avec Anastassia Ivanovna Kougoutcheva. Cette jeune femme de la haute société russe, prise dans le tourbillon de la vie mondaine pétersbourgeoise du XIXe siècle, est rongée par des doutes et des interrogations sur celle-ci : « Je suis convaincue que ce n’est pas là la vie. Du mouvement, il y en a beaucoup, mais de vie, point… »
L’idée qui domine est que la vie présente n’est pas un but en soi mais une préparation de la vie à venir, conforme à la volonté de Dieu, sorte d’antichambre de la vie éternelle. Le lecteur suit « sur le vif » la pédagogie toujours circonstanciée du saint homme pour former l’âme d’une jeune femme. Cette dernière éprouve des difficultés somme toute assez proches de celles d’un fidèle contemporain. De cette introduction à la vie spirituelle, il pourra tirer des réponses, toujours actuelles, à une question essentielle. Comment agir au quotidien dans une société indifférente, voire hostile à ce qui concerne le monde spirituel ?
La correspondance des époux Lossev est un document exceptionnel sur le quotidien du camp: le froid, la faim, les travaux « généraux », les criminels, les transferts, les incessantes démarches entreprises dans le but d’obtenir une révision de peine, l’obscurité, l’humidité, les châlits rapprochés, l’existence dans des « baraquements où les hommes sont serrés comme des harengs ». Dans les tréfonds de cet enfer résonnent deux voix qui n’en forment qu’une. La première est inquiète, interrogative, révoltée, en quête de sérénité. Alors que la seconde est douce, régulière, tendre, très proche, très intime. Valentina Losseva cherche à bercer l’âme épuisée de son compagnon.
La correspondance des Lossev n’a été publiée dans son intégralité, en Russie, qu’en 2005. C’est ainsi une occasion unique d’entrevoir l’âme du penseur, de connaître le regard qu’il a posé sur une situation existentielle extrême qui contribuait à révéler l’essence de l’homme.