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camps
Publiés aux éditions des Syrtes
« La famille Stauffenberg sera détruite jusqu’au dernier membre », a déclaré Hitler après l’attentat manqué du 20 juillet 1944, initié par Claus von Stauffenberg. Nina, son épouse, est arrêtée deux jours plus tard, et commence alors pour elle près d’une année d’isolement : les prisons, puis le camp de concentration de Ravensbrück et, enfin, les hôpitaux. C’est sa grossesse qui l’a sans doute sauvée de l’exécution ; elle a donné naissance à Konstanze, l’auteure de ce livre, en prison. Ses quatre autres enfants sont placés par les nazis dans un orphelinat sous un faux nom, dans le but d’être adoptés.
Basée sur des entretiens, de nombreux documents, lettres et archives, mais aussi des histoires orales transmises de génération en génération, cette chronique familiale se confond avec la grande Histoire dans ses moments les plus tragiques. C’est aussi une lettre d’amour de Konstanze von Schulthess à sa mère et un hommage aux héroïnes inconnues et silencieuses de la Seconde Guerre mondiale.

Postface de Georges Nivat
La rue Potapov, à Moscou : c’est l’adresse de l’appartement où Irina, petite fille de neuf ans a pour la première fois vu la silhouette du poète Boris Pasternak, lié à sa mère Olga Ivinskaïa par le grand amour que le monde entier allait découvrir en lisant Le Docteur Jivago. Irina Emelianova croisera d’autres figures légendaires : l’opiniâtre Ariadna Efron, la fille de Marina Tsvetaeva, survivante de quinze ans de camp après son retour d’émigration ; l’écrivain Varlam Chalamov, dont les Récits de la Kolyma ont gravé à jamais dans la prose russe toute l’horreur glacée de l’enfer sibérien. Autant de légendes qui s’ordonnent autour de celle du grand Boris Pasternak à qui les unit une admiration et une commune ferveur. Les épreuves vécues y sont racontées avec une sorte de légèreté : les grandes figures que l’auteur a croisées, en tout premier lieu sa mère, sont évoquées avec une admiration mêlée de tendresse et d’humour.
 
Syrtes aristocratie extermination Russie révolution
  Le Monde d’avant, les derniers jours de l’aristocratie russe raconte par le menu détail l’histoire des « perdants » de la révolution russe. En effet, le destin de la noblesse, c’est-à-dire la destruction de cette classe sociale (environ 2 millions de personnes) est l’un des aspects ignorés de la révolution bolchevique et l’une de ses tragédies. C’est ce manque qu’a souhaité combler l’historien américain Douglas Smith.Cette destruction préfigure celle d’autres groupes sociaux en Russie au cours des années suivantes. On découvre donc comment l’élite russe a été privée de ses biens et presque entièrement détruite au cours de la période comprise entre 1917 et la Seconde Guerre mondiale : la révolution de Février, le coup d’État bolchevique, la guerre civile, la nouvelle politique économique (NEP) et l’ère stalinienne. L’historien a choisi comme fil conducteur la vie des familles Cheremetiev et Golitsyne sur plusieurs générations, car leur expérience et leurs manières de réagir aux événements sont représentatives de ce qu’ont vécu les nobles dans leur majorité. Les deux familles appartenaient à la frange la plus élevée de la noblesse, l’aristocratie ; l’une et l’autre avaient un passé ancien et respecté ; toutes deux ont terriblement souffert pendant la révolution et ont été divisées, certains de leurs membres quittant définitivement la Russie. Smith décrit des opinions parfois divergentes au sein même de ces familles concernant l’état de la société et de la politique russes, ainsi que la nécessité – ou le caractère inévitable – de la révolution.  Ces deux familles ont par ailleurs laissé une masse considérable de lettres, de journaux personnels, de livres de souvenirs inédits qui constituent les sources indispensables pour raconter cette histoire d’une manière complète, exacte et irréfutable.
Aussi disponible en livre électronique