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armée rouge
Publiés aux éditions des Syrtes
Tenu par Thomas Mann pour un immense chef-d’œuvre, Le Soleil des morts est un récit autobiographique déchirant. Il retrace les mois vécus par Chmeliov en Crimée sous la terreur rouge après la défaite des Armées blanches. Le narrateur fait défiler le destin de ses habitants : intellectuels, ouvriers, paysans, Tatares ou Russes, hommes ou femmes, jeunes ou vieux tenaillés par la faim et la peur.  Dans ce livre, qui est en fait un journal, Chmeliov décrit comment la faim détruit progressivement tout ce qu’il y a d’humain dans l’homme, et la lente descente aux enfers de tout un monde, avec un sens poétique rare et une retenue qui donnent à ce texte une force unique. 
Direction et appareil critique de Loïc Damilaville Préface d’Alexandre Jevakhoff
Le nom du général Broussilov reste attaché à la grande offensive russe de l’été 1916 qui porte son nom, ultime victoire de l’Armée impériale avant les révolutions de février et d’octobre 1917 qui emportèrent le régime et conduisirent la Russie à sortir de la guerre mondiale. Très populaire, il est l’un des généraux favorables à l’abdication de Nicolas II. En 1929 il publie des Mémoires couvrant la période 1914-1917, consacrés à la guerre et aux débuts de la révolution. À la fin, il fait allusion à une seconde partie qui devait toucher aux événements postérieurs. Mais cette suite n’avait jamais été publiée. Conservé à Prague avant la Seconde Guerre mondiale puis « confisqué » par les Soviétiques en 1945, le manuscrit original complet aurait pu être perdu à jamais s’il n’avait été fortuitement confié au général français Albert Niessel par la veuve du général Broussilov. De son propre chef, Niessel en avait effectué une traduction intégrale mais madame Broussilov exigea qu’il la tienne secrète au moins jusqu’en 1950. Cette pièce historique fut léguée au Service historique de la Défense à Paris par les héritiers du général Niessel après la mort de celui-ci, en 1955. C’est cette traduction qui est proposée au lecteur dans le présent volume, reprenant l’intégralité du manuscrit Broussilov ainsi que la période 1914-1917 déjà publiée en 1929.
Un éclairage nouveau
Le témoignage du général Broussilov sur les années 1917-1925 apporte un éclairage radicalement nouveau sur son parcours personnel au milieu du tumulte révolutionnaire. Broussilov se décrit comme un adversaire résolu du régime soviétique tout en n’épargnant pas ses critiques aux Blancs. Il attaque ouvertement Lénine, ce qui pousse Staline à « effacer » toute trace de Broussilov. Faisant revivre une époque troublée et méconnue par de multiples détails qui sont pour lui d’une brûlante actualité, le général lègue son manuscrit aux futures générations russes, confiant dans le fait que le régime bolchevique aura une vie éphémère. Un appareil critique rédigé par l’historien Loïc Damilaville a été ajouté à la traduction d’Albert Niessel, afin de permettre au lecteur de s’orienter parmi les personnages et les événements évoqués au fil du récit. Au travers de ce témoignage exceptionnel de l’un des principaux acteurs russes de la guerre mondiale, c’est toute une époque qui revit, des dernières décennies du régime tsariste jusqu’aux débuts douloureux de l’ère soviétique.  
Soloviov et Larionov est le premier roman de Evgueni Vodolazkine, son quatrième livre traduit en français. Soloviov est un jeune historien qui rédige une thèse sur la vie de Larionov. Il cherche à comprendre pourquoi ce général de l’Armée blanche, une fois tombé aux mains des Rouges, non seulement n’a pas été exécuté, mais a même reçu une pension des Soviétiques. Parti à Yalta sur les traces de son héros, Soloviov est précipité dans une cascade d’événements rocambolesques. Mais, à peine le lecteur est-il tenté de croire que ce qui est relaté est véridique, ou inspiré de faits historiques réels, qu’il se heurte aux commentaires loufoques et aux notes pseudoscientifiques parsemés par l’auteur. Par cette sorte de mise en abîme, Vodolazkine réussit donc le tour de force d’égarer le lecteur entre réalité et fiction et de transformer son roman en un habile jeu historique et scientifique, le tout avec humour et une autodérision pleine de tendresse. Vodolazkine offre un roman décalé et plein d’humour, qui se moque avec tendresse du sérieux du monde universitaire, et où sont déjà présentes toutes les caractéristiques de ses œuvres ultérieures : un style parfaitement maîtrisé, une intrigue prenante, des personnages attachants, complexes et entiers à la fois, ainsi qu’une réflexion sur le temps qui déstabilise le lecteur. Une couverture originale de Plonk & Replonk Zbigl!
Également disponible en version numérique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
L’Aviateur (2019) Brisbane (2020) Les Quatre vies d’Arseni (2020, Syrtes Poche)
 

Leonid Youzefovitch présente ici le portrait d’un personnage de légende. Roman von Ungern-Sternberg, baron balte converti au bouddhisme. Général de l’armée blanche à trente-cinq ans, il est le dernier combattant à résister contre la marée révolutionnaire rouge qui submerge alors la Russie. Replié en Mongolie, il s’y taille un royaume en libérant le khutukhtu, « Dieu vivant » des Mongols, prisonnier des Chinois. C’est là que commence son règne de violence et que prend forme son rêve fou : reconstituer la horde d’or de Gengis Khan.

Personnage démesuré, être hors norme, Ungern ira ainsi au bout d’un destin aux dimensions shakespeariennes.