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Publiés aux éditions des Syrtes
Ce livre est composé de trois parties, autour d’un thème capital: celui du passage de la vie à la mort.Il y a d’abord D’eau et d’Esprit, le livre du père Alexandre Schmemann sur le Baptême écrit directement en anglais, puis Réflexions sur la mort composé de deux textes. On retrouve dans Ô mort, où est ton aiguillon ? – les chroniques que le père Alexandre Schmemann enregistrait sur Radio Liberty à destination de l’URSS –, toutes les composantes de son talent : une idée poussée jusqu’à ses extrêmes limites (la mort, cette abomination à laquelle tout est soumis en ce monde), une réponse théologique inscrite dans la tradition de l’Église (Dieu n’a pas créé la mort, celle-ci est un ennemi à détruire), et la preuve par la joie ressentie lors de la nuit de Pâques, un avant-goût du Royaume. Enfin, La Liturgie de la mort porte sur le traitement de la mort dans la liturgie orthodoxe. Le père Alexandre Schmemann a consacré à ce thème en 1979 un cours au séminaire orthodoxe de Saint-Vladimir. Ces trois textes constituent une réflexion approfondie sur la vie et la mort livrée par le grand théologien et liturgiste que fut le père Alexandre Schmemann. Alexandre Schmemann (1921-1983) est né en Estonie d’une famille d’émigrés russes. Après des études secondaires à Paris, il reçoit une formation théologique à l’Institut orthodoxe Saint-Serge. Ordonné prêtre en 1945, il rejoint le séminaire orthodoxe Saint-Vladimir aux États-Unis dont il deviendra le doyen. Homme d’Église d’une envergure exceptionnelle le père Alexandre Schmemann a été le maître incontesté de la théologie liturgique.
       

 

Plus de dix ans après une entrée fracassante sur la scène littéraire avec Pathologies, Prilepine renoue avec la thématique guerrière. Cette fois, il lève le voile de la désinformation sur la guerre qui se déroule dans l’est de l’Ukraine. L’auteur approche ainsi ce sujet brûlant d’actualité en revêtant tour à tour de multiples casquettes. Celle de correspondant de guerre, de convoyeur d’aide humanitaire dans le Donbass, de conseiller politique du chef de la République populaire de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, de commandant de bataillon de l’armée de la RPD. Sa chronique, il la veut prise sur le vif. Laissant parler les acteurs du conflit et les témoins involontaires, les combattants et les journalistes, les jeunes hommes et jeunes femmes qui ont tout lâché pour aller se frotter à l’histoire en train de s’écrire dans le Donbass. Prilépine fait ainsi résonner la parole non censurée de ceux dont la vie s’est trouvée fatalement déraillée par l’Euromaïdan de l’hiver 2013-2014. Ceux qui se sont découverts une vocation après la perte d’un être cher, ceux qui ont pris conscience de leurs propres engagements lorsqu’ils ont senti leur mode de vie et leurs valeurs menacées. La parole de l’auteur, elle, demeure alors en voix-off, sans pour autant se désengager. Ceux du Donbass, chronique d’une guerre en cours est un livre d’opinion. Au fil des interviews et des témoignages, Zakhar Prilepine donne aussi à voir et à entendre ses propres positions sur la guerre civile qui se poursuit à ce jour dans le Donbass, les origines du conflit, la crise de l’identité ukrainienne, le tout dans le style maîtrisé que le lecteur français lui connaît.
 
Le présent essai est le fruit de mon expérience de terrain en tant que femme politique syrienne impliquée au premier plan dans la transition politique dans mon pays. Son objectif est de fournir au lecteur occidental un panorama de la situation géopolitique des grands pays de cette région stratégique, six ans après le début des révoltes dites du Printemps arabe. Celles-ci ont d’ailleurs vite tourné à « l’hiver islamiste », avec la percée de l’islamisme radical sunnite, tant dans sa version soft incarnée par les Frères musulmans victorieux de plusieurs élections démocratiques, que dans celle du terrorisme apocalyptique du califat incarné entre autres par Daesh qui n’est que la face émergée du totalitarisme vert. Les nouveaux rapports de force instaurés en Syrie depuis l’intervention militaire russe en septembre 2015 et la victoire face aux djihadistes ont créé les conditions pour enclencher la phase politique du règlement du conflit syrien. Cela prendra forme notamment dans le cadre du sommet de Sotchi de janvier-février 2018, organisé par la Russie avec ses partenaires turcs et iraniens et dont le but sera de réunir autour d’une table tous les protagonistes du conflit. Pendant toute l’année 2017, la « plateforme d’Astana » que je préside a travaillé à l’élaboration du projet d’une Constitution destinée à organiser les nouveaux rapports de forces intercommunautaires et la forme du futur régime sur des bases de garanties mutuelles. Randa Kassis    

 

« Je veux vous raconter une histoire intéressante. Même pas une histoire, une biographie de la peur. Je veux vous raconter comment la terreur qui saisit brusquement un être humain peut changer toute sa vie. » C’est ainsi que nomme Tatiana Alexeïevna l’histoire de sa vie qu’elle confie à Sacha, et le jeune homme fraîchement débarqué dans son immeuble en devient le dépositaire à son corps défendant. Le dialogue qui s’installe entre la vieille dame malade et le jeune arbitre de football évoque des tragédies, historique pour l’une, intime pour l’autre. L’existence de Tatiana est hantée par la question obsédante de la recherche de la vérité tandis que Sacha tente de tourner une page douloureuse afin de continuer de vivre. La croix rouge se mue en attribut de la mémoire. Elle rappelle les prisonniers soviétiques abandonnés pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est aussi le signe que dessine la vieille femme sur les portes pour retrouver celle de son appartement et la croix que portaient les citoyens soviétiques soumis à la terreur ; c’est enfin l’objet des dernières volontés de l’héroïne. Croix rouges est une interrogation sur la mémoire individuelle qui s’efface peu à peu, tout autant que sur la mémoire collective qui disparaît avec les derniers survivants d’une histoire tragique. Premier roman traduit en français du jeune auteur biélorusse Sacha Filipenko, Croix rouges laisse présager d’une belle carrière. Également disponible en version numérique

Préface d’Erik Orsenna
C’est une aventure grandiose, qu’aucun récit n’a encore retracé de cette manière : l’épopée sibérienne, la conquête des immenses espaces du nord de l’Asie par la Russie reste pourtant curieusement méconnue. Entamée alors que les Européens sont déjà en Amérique, elle conduit l’Empire des tsars jusqu’au Pacifique puis à l’Alaska. Qui en sont les acteurs ? Des dynasties de marchands provinciaux comme les Stroganov ou des Cosaques partis chercher fortune vers l’eldorado qu’ils imaginent. Mais très vite d’autres figures historiques vont leur succéder poursuivant l’élan de la conquête, à la rencontre du soleil levant, à la rencontre des peuples autochtones des steppes, de la taïga et de la toundra arctique. Ce sont des scientifiques de génie que le tsar Pierre le Grand envoie résoudre l’énigme de la séparation entre l’Asie et l’Amérique, ce sont des commerçants qui dominent les échanges avec la Chine et colonisent les côtes d’Amérique du Nord, ce sont des idéalistes qui rêvent d’autonomie ou de construire, loin de la capitale impériale, une autre Russie débarrassée des archaïsmes. La « conquête de l’Est » par la Russie réveille bien vite d’autres appétits et rivalités. La géopolitique est au rendez-vous. Les Russes font face aux Mandchous, aux Chinois, aux Japonais qui ont leurs propres visées sur ces espaces peu peuplés. Dès le XIXe siècle, les puissances européennes viennent aussi mener bataille dans cette lointaine partie du monde où la Russie défend âprement ses nouvelles possessions. Le chantier fou du Transsibérien, les bagnes tsaristes, le Goulag stalinien, la conquête de l’Arctique. Autant d’épisodes de cette Épopée sibérienne que l’on croirait sortis d’un roman mais qui reposent sur des sources souvent inédites et de nombreuses recherches sur le terrain. Ils sont relatés dans cet ouvrage avec autant de rigueur historique que de souffle narratif.
En coédition avec les éditions Paulsen   
Également disponible  en version numérique 
OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.
EXISTE ÉGALEMENT EN VERSION NUMÉRIQUE.
Suivi de Le « jeu cérébral », étude sur Pétersbourg par Georges Nivat
Tout Biely est à la jointure entre mort et naissance, entre naissance et mort, qui fait les très grandes œuvres. Pétersbourg est la n d’un monde, la possible naissance d’un autre, à peine entrevu, dessiné dans le brouillard de la ville la plus fantastique et la plus terroriste du monde. Aussi ce roman-poème nous poursuivra longtemps après la dernière page. Longtemps après que nous aurons laissé Nicolas Apollonovitch absorbé par la lecture du philosophe vagabond ukrainien qu’il lit après la bombe, après sa fuite en Égypte, après la mort du sénateur, retombé en enfance…
Un livre mirage, retombée de brouillard, retombée de mots qui persécutent. Georges Nivat
 

 

Le roman de Tatiana Țîbuleac est une déclaration d’amour-haine faite par un adolescent, pendant un été, à sa mère – cet être fragile sur le (grand) départ. Alexy est un personnage difficilement attachant, traumatisé par la mort de sa sœur puis par le rejet de sa mère. Il regarde le monde avec des yeux haineux, déteste sa mère et la dissèque sans complaisance. Devenu adulte, et afin qu’il puisse se remettre à la peinture, Alexy est poussé par son psy à revivre le dernier été passé avec sa mère. Un été décisif car c’est le moment clé de la narration, celui d’où tout part et où tout revient. Les trois mois et demi passés ensemble par les deux – la mère mourante et l’adolescent psychotique – mènent à un rapprochement et à une profonde réconciliation. Celle du garçon avec lui-même et avec la vie, celle de la mère avec elle-même et avec la mort. En somme, pendant un été, dans une petite maison d’un village français, les deux êtres se retrouvent et s’acceptent. Ils apprennent finalement à s’aimer, sous la pression de la maladie et du temps ; ils le font par petites touches, comme ils n’avaient jamais réussi à le faire jusqu’alors. Chaque page est coupée au rasoir, dans une écriture très poétique, et le style de Tatiana Ţîbuleac dégage force, passion et émotion. Au fur et à mesure, les personnages prennent des contours insoupçonnés et le roman se transforme en poème d’amour contenant à la fois la vie et la mort. « Ce matin-là, alors que je la haïssais plus que jamais, maman venait d’avoir trente-neuf ans. Elle était petite et grosse, bête et laide. C’était la maman la plus inutile de toutes celles qui ont jamais existé. Je la regardais par la fenêtre, plantée comme une mendiante à la porte de l’école. Je l’aurais tuée rien que d’y penser. »
Disponible également en version numérique
Choix des documents, avant-propos et notes de Nicolas Ross
Traduction du russe des documents par Jean-Christophe Peuch
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 mourraient le tsar Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, dans la maison de l’ingénieur Ipatiev, où ils étaient détenus depuis le 30 avril. Contrairement à ce qu’on a pu croire, les exécutants et les complices de cet assassinat ont beaucoup parlé et beaucoup écrit, mais sous le sceau d’un secret rigoureusement gardé jusqu’aux dernières années de l’existence de l’URSS. Avant de donner la parole aux acteurs de ces événements, Nicolas Ross revient sur le massacre de la famille impériale, la disparition puis la réapparition de ses restes. Ce court récit facilite la lecture des seize témoignages qui suivent. Quatre des gardes rouges de la maison de l’ingénieur Ipatiev avaient été retrouvés et interrogés par les enquêteurs blancs dès 1918-1919, et leurs dépositions constituent les premiers documents publiés. En 1919 également fut rédigée par Iakov Iourovski, le dernier commandant de la maison Ipatiev et principal acteur de l’exécution de ses occupants, sa célèbre Note, qui ne fut révélée qu’en 1989 et qui connut rapidement une résonnance internationale. Après Iourovski, d’autres participants livrèrent leurs confidences, restées secrètes jusqu’à la fin du pouvoir communiste en Russie. Leurs témoignages sont ici aussi publiés. Mais les récits des assassins du tsar et leurs complices ne concernent pas uniquement l’exécution et l’inhumation improvisée des détenus de la maison Ipatiev. Ils racontent leur vie d’avant la révolution de 1917, leurs combats durant la guerre civile, jusqu’à la tragédie d’Ekaterinbourg. Ils y étaient tous volontaires et ont accompli leur mission en connaissance de cause. Leur personnalité et leur biographie éclairent leurs actions et leurs motivations. C’est pourquoi Nicolas Ross a veillé à rendre compréhensibles les documents livrés ici, en replaçant biographiquement chaque personne citée. En plus du récit de l’exécution de la famille impériale, ces textes dévoilent l’atmosphère lourde et éprouvante des derniers jours de Nicolas II et des siens. Ils illustrent, par ailleurs, le projet des dirigeants bolcheviques, qui avaient entrepris d’exterminer tous les Romanov. Il fallait, par ce sang, sceller une Russie du futur totalement coupée de ses racines historiques. Disponible également en version numérique
Préface de Dominique Fernandez
Fasciné par le génie politique et militaire de Pierre le Grand, Pouchkine publie en 1828 le chef-d’œuvre, Poltava. C’est un éloge à la prestigieuse bataille remportée par le tsar et qui, au début du XVIIIe siècle, ouvrit à la Russie les portes du cercle restreint des grandes puissances européennes. Cinq ans plus tard, épuisé par la censure permanente que lui inflige le pouvoir, le poète fougueux et épris de justice s’oppose ouvertement à la monarchie et écrit Le Cavalier de bronze. Dans ce récit pétersbourgeois, à travers les ravages causés par l’inondation de la Neva en novembre  1824, il dénonce le rêve mégalomaniaque de Pierre. Le tsar, un siècle plus tôt, avait ainsi fait construire la ville impériale au mépris des règles élémentaires de l’urbanisme. Et le petit peuple payait déjà le prix en dizaines de milliers de vies sacrifiées dans les eaux glacées du fleuve.  
Juin 1941 : les autorités soviétiques, qui occupent le territoire de Lettonie depuis un an, organisent l’une des plus meurtrières vagues de répression dans le pays en déportant par convois entiers la population civile. C’est le début de l’horreur pour des dizaines de milliers d’innocents qui disparaissent sans laisser de traces dans les immenses étendues glacées de Sibérie, usés par les privations, ou torturés puis exécutés dans les geôles du NKVD. La famille de Sandra Kalniete ne sera pas épargnée. Sa mère, Ligita, a quatorze ans et demi lorsque, le 14 juin 1941, elle et ses parents sont emmenés. Son grand-père Janis est séparé des siens dès leur arrivée en Russie ; il mourra dans l’enfer des camps. La famille de son père Aivars connaîtra le même sort quelques années plus tard. Sandra est rentrée dans son pays en 1957. Elle n’avait que cinq ans mais jamais elle n’a oublié le regard de sa mère quand celle-ci a pu à nouveau fouler et sentir le sol letton. En escarpins dans les neiges de Sibérie raconte l’histoire bouleversante de sa famille. Et, à travers elle, celle de tout un peuple qui ne retrouvera sa liberté qu’en 1991, au prix d’énormes pertes humaines et de souffrances imposées par cinquante années d’occupation soviétique.  
Ce roman constitue le premier volet d’une tétralogie intitulée Il a joué même pour les larrons, achevée en 2002, où l’auteur décrit la vie de son village en Voïvodine, au travers du quotidien de plusieurs familles sur plusieurs générations, de 1898 jusqu’au milieu du XXe siècle. Avec Le Soldat à la fleur (publié en 1973), on est à la veille de la Première Guerre mondiale. Szenttamás, village agricole, vit au rythme des saisons, du dur labeur sur les terres. Les pauvres y côtoient les mieux lotis, les populations allemandes, hongroises et serbes cohabitent tant bien que mal, la violence n’est jamais très loin. István, adolescent hongrois, rêveur, veut échapper à ce monde rural et laid, auquel il paraît destiné. Il gagne sa vie en jouant de la cithare dans les bals. Se réfugiant dans le silence de la terrasse surélevée du calvaire d’où il peut observer la vie des autres, il découvre sur l’une des peintures de la Passion, un soldat romain singulier, arborant une fleur jaune brodée sur son uniforme, étonnamment détaché de la brutalité de la scène. Son expression heureuse et insolite soutient et obsède István. Il veut découvrir la raison de ce bonheur qui, comme chez les autres personnages du tableau, miroir du village, est inexistant chez ses habitants. Rézi, jeune fille allemande rebelle, et Gilike, petit porcher rêveur, l’aident dans sa quête, tout comme, à sa façon, Adám Török, le mauvais garçon insoumis. L’espace étriqué du village contraste avec la nostalgie d’István pour les grands espaces libres parcourus par ses ancêtres bergers nomades, ou encore le rêve de certains de partir pour les contrées lointaines d’Amérique. Mais la déflagration mondiale vient bouleverser cet univers. Le pouvoir a changé, István revient de la guerre, blessé, l’adolescent rêveur est devenu adulte et trouve la paix en épousant Rézi. La vie reprend. Mais avec le recul de l’Histoire, cette fin idyllique n’est-elle pas illusoire ? Le soldat à la fleur est désormais bien loin. Et pour István, convaincu d’être servi par la chance, le passage à l’âge adulte va s’accomplir dans la tourmente et changer bien des choses pour lui-même et ses proches. Nándor Gion sait construire des scènes fortes, notamment celle du téméraire Adám Török qui tient tête au cocher armé d’un fouet, celle des enfants misérables tenus en laisse chez eux comme des animaux, ou encore les deux parties de cartes pipées teintées de vanité ou de sadisme.
Également disponible en version numérique
Publié d’abord dans des revues littéraires en 2003 et 2004, Pathologies a été connu du grand public publié sur Internet. Il a été et salué à l’unanimité par plusieurs vétérans de la guerre, ainsi que par la critique littéraire, avant même sa parution sous forme de livre. Le personnage principal, Egor Tachevski, réserviste pendant le conflit tchétchène, évoque troispériodes de sa vie : sa participation à la guerre, son amour pour Dacha dans le monde « civil »et son enfance. Ces deux dernières lui servent de bouclier contre les horreurs de la guerre au sujet de laquelle il ne se fait pas d’illusions : c’est une injustice, une boucherie où s’il ne tue pas le premier il sera tué à son tour. L’auteur décrit la relation sulfureuse de Egor et Dacha et la vie des soldats russes dans leur QG à Groznyï. Séquence par séquence, les deux parties du roman se déroulent parallèlement. Les soldats russes s’installent tranquillement dans l’école, prennent leurs marques, découvrent la ville. Quelques missions sont effectuées sans trop de difficultés. Mais le premier coup tiré engendre une riposte, le premier camarade tué est vengé par l’exécution de Tchétchènes. C’est un engrenage. Pendant que la violence va crescendo, la jalousie est omniprésente dans la relation de Egor et de Dacha.  
 
Avec deux nouvelles inéditesLe Péché de Zakhar Prilepine est une gourmandise littéraire. Visiblement, il s’est fait une joie de rassembler dans ce recueil les textes dans lesquels il pouvait s’arrêter davantage sur le héros de sa prose : un jeune trentenaire, plein de force et de volonté de vivre en proie avec la réalité russe. Défini par son auteur comme « un roman en nouvelles », Le Péché tourne autour d’un même axe : le personnage de Zakhar. Les onze nouvelles et l’ensemble de vingt-trois poèmes qui le constituent sont autant de fragments de la vie du héros. Ils se succèdent, non dans un ordre chronologique, mais dans celui qu’impose la mémoire. Celle-ci se plait à donner de la force et de la brillance à de menus faits de notre vie, en apparence insignifiants, et épars dans le temps. Tour à tour adolescent en vacances à la campagne, chez ses grands-parents, où il éprouve ses premiers émois sexuels pour sa jeune cousine, maman d’un petit garçon de trois ans, puis videur dans une boîte de nuit, joyeux fossoyeur dans un cimetière, qui se soûle gaiement avec ses compagnons après les enterrements, toujours il promène un regard tendre, étonné,émerveillé et plein d’humour sur le monde. Et sur cette Russie tant aimée, bien que tout y soit glacé et que les saisons y aient toujours un goût de neige. Cette Russie souvent dure, brutale, intolérable, qui le fait souffrir mais pour laquelle il ne cesse de se battre.
Le point de départ de la réflexion de Jean-Claude Larchet est le constat de la dégradation écologique alarmante ces dernières années, et d’un échec croissant dans la mise en œuvre des mesures environnementales. La réponse à ces problèmes urgents n’est pas seulement d’ordre politique ou économique. Elle est fondamentalement d’ordre spirituel et moral. Et la théologie et la spiritualité doivent s’attaquer aux racines du problème écologique. La crise écologique est ainsi étroitement liée à notre vision du cosmos et à notre mode de relation avec la nature. Entretenant un lien fort avec la nature, création de Dieu, les différentes confessions chrétiennes se sont associées à ce mouvement pour la protéger. Elles y font entendre leurs voix et y acquièrent le statut d’autorités morales. C’est dans une perspective spirituelle et religieuse que se situent aussi les positions écologiques de l’Église orthodoxe. Mais sur la base d’une cosmologie et d’une pratique spirituelle élaborées au cours des siècles, qui lui confèrent en la matière un certain droit d’aînesse. Elle peut ainsi apporter dans le cadre de la crise actuelle des principes qui guident la réflexion et l’action de tous ceux qui cherchent à sauver la nature. La synthèse de ces deux domaines permet de donner à la réflexion écologique la dimension spirituelle pertinente qu’exige son traitement en profondeur tant sur le plan théorique (théologique, cosmologique et anthropologique) que pratique, éthique et ascétique.  
Avant-propos Lev Mnoukhine  Postface Hélène Henri, Caroline Bérenger et Elena Korkina
Avec les Grands poèmes en édition bilingue, Véronique Lossky a désormais achevé l’oeuvre de sa vie consacrée à Marina Tsvetaeva. La poétesse russe du XXe siècle est connue en France par la totalité de sa poésie lyrique. Née à Moscou à la fin du XIXe siècle, Marina Tsvetaeva commence à écrire des poésies à sept ans. Elle a été séduite assez tôt par une forme poétique longue ; non pas ses petites pièces de plusieurs quatrains exprimant une situation émotionnelle donnée, mais des œuvres poétiques beaucoup plus amples, de plusieurs centaines, voire de milliers de vers. L’ouvrage contient vingt-et-un longs poèmes: les grands poèmes épiques, les contes d’inspiration folkloriques et les œuvres inachevées. Les grands poèmes correspondent à des étapes importantes de la biographie de Tsvetaeva, mais la transposition poétique est substantielle. Le Magicien est le premier grand poème narratif de Tsvetaeva, composé au printemps 1914. Resté inédit de son vivant, il a été publié une première fois à Paris en 1976. Le Poème de la Montagne et le Poème de la Fin sont les seuls grands poèmes d’amour, inspirés d’une passion réellement vécue par Tsvetaeva à Prague. L’élément ludique quant à lui est très présent dans Envoyé de la mer dédié à Pasternak et l’on peut s’étonner en le lisant de savoir que Tsvetaeva prétendait ne pas aimer la mer qu’elle considérait comme un grand espace perdu pour les promenades. La mer occupe aussi une place de choix dans La Princesse-Amazone. Mais il s’agit bien sûr de la mer – élément de la nature mythique ou transfigurée et non des plages qu’elle a souvent fréquentées. Dans l’œuvre poétique intégrale de Tsvetaeva, pour le moment, l’énigme qui reste est bien Le Poème sur la famille du Tsar, perdu lors du retour en URSS de Marina Tsvetaeva, dont il ne subsiste que des fragments. « Il me semble que du point de vue de la nouveauté d’inspiration mais aussi pour bien d’autres motifs, les grands poèmes ouvrent des perspectives riches pour pénétrer dans l’univers poétique de Tsvetaeva, ils montrent que l’on peut lire toujours davantage et creuser toujours plus loin… » Véronique Lossky

Cette anthologie rassemble des textes de l’Écriture ainsi que de Pères et de spirituels orthodoxes de toutes les époques qui nous permettent de comprendre ce qu’étaient idéalement, au paradis des origines, les relations de l’homme avec les animaux. Car sur les règles éthiques qui doivent régir les relations de l’homme avec les animaux, le christianisme a beaucoup à nous dire à travers les réflexions cosmologiques, anthropologiques, théologiques qu’il a développées au cours de son histoire.
Les témoignages de ses saints anciens et contemporains peuvent également expliquer pourquoi les relations entre les hommes et les animaux se sont ensuite dégradées, et ce que les animaux – des plus familiers aux plus sauvages – peuvent nous apprendre sur la nature, sur nous-même. De même, cela permet de comprendre comment les saints ont réussi à retrouver avec les animaux desrelations non seulement pacifiées, mais familières et amicales, les traitant – mais sans idolâtrie –avec respect et amour, retrouvant ainsi la condition paradisiaque où les rapports de l’homme avec la nature étaient parfaitement harmonieux. Cet ensemble de textes est accompagné par une riche iconographie orthodoxe, ancienne, pro- venant aussi bien des monastères orthodoxes grecs, russes, roumains ou siciliens que des œuvres contemporaines.