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Dinu PILLAT

Dinu Pillat (1921-1975) fait partie de la génération d’écrivains roumains dont la carrière a été brisée par l’instauration du régime communiste. Homme de lettres, critique littéraire, il est l’auteur de plusieurs textes remarqués à l’époque. Citons Journal d’un adolescent (1941), Étrange jeunesse (1943), La Mort quotidienne (1946), réédités seulement dans les années 2000. Le manuscrit ayant été perdu, En attendant l’heure d’après n’a jamais été publié de son vivant.
En 1959, il est en effet arrêté et inculpé dans l’un des plus retentissants procès d’intellectuels et condamné à vingt-cinq ans de travaux forcés. Libéré en 1964, il fera l’objet de nombreuses autres purges politiques.

 

Publiés aux éditions des Syrtes
Traduit du roumain par Marily le Nir

L’histoire du roman En attendant l’heure d’après est sans doute la plus bouleversante de la littérature roumaine. Commencé en 1943, il est achevé en 1955 et, en 1959, Dinu Pillat est arrêté, accusé de faire l’apologie des légionnaires, mouvement d’extrême-droite, qui a semé la terreur entre les deux-guerres en Roumanie. Confisqué à l’époque, le manuscrit a été découvert en 2010, et publié aussitôt.

L’auteur reconstitue en séquences quasi cinématographiques l’intimité de deux générations. Les parents d’un côté, accomplis socialement mais enlisés dans un confort léthargique. Et de l’autre les enfants, exaltés, les poings levés vers une société bourgeoise endormie. Aventuriers, intellectuels raffinés, anarchistes, parvenus, manipulés ou conscients de leurs actes, les adolescents veulent changer leur monde et se vouer à un idéal. Mais ils sont happés par l’idéologie destructrice des messagers. Ils perdent leur identité et leurs repères, et plongent dans la violence absurde et la trahison.