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Alexandre SPIRIDOVITCH

Le général A. I. Spiridovitch, fils d’un capitaine du corps spécial des gardes-frontières, naît en 1873 dans la petite ville de Kem, sur la côte de la mer Blanche. Il fait ses études au corps des cadets du comte Araktcheïev, à Nijni-Novgorod, puis à l’école militaire Pavlovskoie, à Petersbourg. À sa sortie de l’école militaire, en 1893, il sert durant sept ans dans l’infanterie puis suit des cours spéciaux, entre au Corps des Gendarmes et est mis à la disposition du chef de la police, le général D. Trepov, à Moscou.
Là, il s’initie aux recherches politiques sous la direction du fameux Zoubatov, chef de la section de l’Okhrana de Moscou. En 1902, il est nommé chef de la section de l’Okhrana de Kiev. Cette ville était alors le principal centre d’activité de l’organisation de combat du parti socialiste-révolutionnaire. C’est de Kiev que le fondateur et le dictateur de l’organisation, Grigori Guerchouni, dirigeait le mouvement terroriste, et c’est dans les environs de Kiev que se cachait fréquemment la grand’mère de la révolution, Catherine Brechko-Brechkovskaïa. Après de longues recherches, la section de l’Okhrana de Kiev réussit à arrêter Guerchouni. En récompense, A. I. Spiridovitch, qui n’avait alors que vingt-neuf ans, est nommé lieutenant-colonel. En mai 1905, blessé à Kiev de plusieurs balles de browning par le social-démocrate bolchevik Pierre Roudenko, il doit abandonner son service et se rendre pour quelques mois à l’étranger.
Quand A. I. Spiridovitch rentre à Petersbourg en 1905, la première révolution bat son plein. C’est alors que le nouveau commandant du Palais, le général D. Trepov, voulant donner la meilleure organisation possible au service de sûreté de l’empereur, lui offre le poste nouvellement créé de chef de la sûreté secrète de Nicolas II. A. I. Spiridovitch, qui est successivement nommé colonel puis général-major, remplit ces fonctions pendant dix ans et demi, jusqu’en août 1916.
Maurice Paléologue, ancien ambassadeur de France à Petrograd, décrit ainsi dans ses mémoires le rôle de A. I. Spiridovitch : « Le général Spiridovitch est responsable de la vie des deux souverains. Il est chargé de connaître à fond l’organisation, les desseins, les entreprises, les complots, toute la vie audacieuse et clandestine des partis subversifs ; à cet effet, Spiridovitch reçoit communication de tous les renseignements recueillis par le département de la police et par l’Okhrana. »

 

Publiés aux éditions des Syrtes
EN RÉIMPRESSION.

Mage, guérisseur, homme de Dieu, ou imposteur, intrigant et espion ? Un siècle après sa mort, Grigori Efimovitch Raspoutine (1863-1916) ne cesse d’intriguer les historiens et le large public. Sa personnalité peu commune et son rôle supposé dans la chute de l’empire russe ont inspiré romanciers et dramaturges. On lui a en effet souvent attribué un rôle qui n’était pas le sien. La culture populaire en a fait un « moine fou », un « hypnotiseur » qui a précipité la Russie dans l’horreur de la guerre civile. Les bolcheviks le tenaient pour le symbole pouvoir tsariste corrompu. Mais qu’en est-il en vérité ? L’ouvrage du général Spiridovitch plonge au coeur des événements qui ont conduit à l’assassinat de Raspoutine. L’auteur a en effet instruit l’affaire depuis le début, rassemblant les pièces du puzzle, interrogeant tous les protagonistes, les proches du « starets » comme ses ennemis les plus acharnés, faisant de son enquête méticuleuse un véritable roman.

Cet ouvrage, le plus complet et le plus proche des événements tels qu’ils se sont passés, écrit par le chef de la sûreté secrète de Nicolas II, permet au lecteur de comprendre « l’incroyable aventure de ce simple moujik sibérien qui réussit à capter la confiance des souverains russes et à la garder, malgré toutes les attaques, jusqu’à son assassinat par le prince Ioussoupov » (M. Bénouville).