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Nouveautés
Publiés aux éditions des Syrtes
Les éditions des Syrtes lancent une nouvelle collection de livres de poche
Pour donner une deuxième vie à nos titres anciens ou épuisés, une collection de poche semblait tomber sous le sens. Nous en sommes déjà à treize titres. A vos lectures! La vie de l’archiprêtre Avvakum par lui-même Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre, de Camil Petrescu La Terreur rouge en Russie (1918-1924), de Sergueï Melgounov Nina Schenk von Stauffenberg, un portrait, de Konstanze von Schultess Journal (1867), d’Anna Dostoïevski Poltava, suivi du Cavalier de bronze, d’Alexandre Pouchkine Le baron Ungern, khan des steppes, de Leonid Youzefovitch En escarpins dans les neiges de Sibérie, de Sandra Kalniete À la conquête du Caucase, Eric Hoesli Mères, Théodora Dimova Le Maître d’armes, Alexandre Dumas Correspondance (1922-1936), Marina Tsvetaeva et Boris Pasternak

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Le bonheur ou la liberté ? La « question maudite » de Dostoïevski et les paradis artificiels du numérique
Sapienza et Abe ont été collègues au sein d’organisations internationales, puis elle a tout quitté pour partir en Afrique. Lui a voulu la revoir avant de goûter une paisible retraite. Au cours de cette entrevue, ils déroulent ensemble le film des évolutions récentes du monde. Sapienza s’insurge violemment contre la destruction de modes de vie et de pensée anciens, dénonce l’individualisme de nos sociétés, déplore l’hypocrisie des Occidentaux face à la misère et critique leur vision stéréotypée des Africains. Plus modéré, Abe estime que les valeurs de la vieille Europe auxquelles il a cru, méritent encore d’être défendues. Pour montrer à Abe qu’un autre monde est possible, Sapienza lui narre la « légende du Grand Zack ». Elle y met en scène deux hommes que tout oppose : le Grand Zack, entrepreneur à succès ayant révolutionné l’usage d’internet, plus jeune milliardaire du monde, face à Rückengel, homme abandonné de tous, militant pour une vie sans écrans et contre la corruption des puissants. Le Grand Zack se heurte aux contestations de cet homme qui dérange et ne peut le supporter. Il se doit de le convertir à son projet d’un monde totalement connecté. Rückengel dont les propos à contre-courant sont perçus comme une menace par la majorité bien-pensante, est envoyé dans une prison de haute sécurité. C’est là qu’a lieu leur confrontation. Guy Mettan revient, dans ce texte énergique, à la question posée par Dostoïevski dans son « Grand Inquisiteur » : l’homme sera-t-il capable de choisir la liberté qui le contraint à être responsable de ses actes ou préférera-t-il une vie aliénée, soumise aux lois de quelques-uns, mais heureuse car exempte de décisions. Transposée au XXIe siècle, la question devient : voulons-nous vraiment de « l’avenir radieux » que prétend imposer le Grand Zack ? Le Grand Zack est le deuxième ouvrage de la série « Questions maudites », collection de textes de penseurs de toutes origines, dont les interrogations, même anciennes, se révèlent d’actualité en nos temps de doute profond. Cette collection est placée sous le double signe des éditions des Syrtes et des éditions L’Inventaire.
Bulgarie au début du XXe siècle, une société pétrie de traditions, de superstitions et de conventions ancestrales. La jeune Miriam, fantasque, indépendante, un peu sorcière, aime Ahmed envers et contre tout. Elle décide de vivre avec lui, puis de le suivre à Istanbul au risque d’en payer le prix fort. Miriam doit se battre à chaque instant pour garder sa liberté : celle d’être une enfant libre et s’épanouir comme elle l’entend, puis comme femme, comme amoureuse et épouser qui elle entend – un homme aussi libre qu’elle –, enfin, comme mère. Mais, rattrapée par les préjugés, elle est confrontée à un choix impossible.
L’histoire racontée par Maria Kassimova-Moisset est celle de sa grand-mère et de son père, telle qu’elle lui a été racontée, telle qu’elle s’en souvient. La narration, qui s’attarde tour à tour sur les différents personnages, est entrecoupée par des dialogues dans lesquels l’autrice interpelle et questionne leurs actes. Créant ainsi un pont avec le lecteur du XXIe siècle.
L’écriture, sans pathos, dépeint avec sensibilité, empathie et poésie les détails du quotidien, regarde avec attention les visages, à la recherche de ce que l’on ne peut exprimer avec des mots. Rhapsodie balkanique est un roman poignant et universel sur les ravages de l’intolérance et l’arbitraire des choix. Un roman sur une femme qui incarne une génération désireuse de s’émanciper.
Également disponible en livre numérique
Innocence et Châtiment d’Ivo Andrić réunit six nouvelles qui explorent avec une sensibilité rare les thèmes de l’enfance, de la culpabilité et de la faute injustement subie, thèmes chers à Ivo Andrić. L’innocent – au sens propre comme au sens figuré, car qui mieux qu’un enfant symbolise l’innocence ? – se trouve désemparé, angoissé devant la faute qu’il n’a pas commise mais dont il lui faut néanmoins endosser la responsabilité : devant le mal qui l’agresse, devant la mort qui pèse sur lui de toute son écrasante présence et qui, en dernier lieu, apparaît comme l’unique issue d’une situation inextricable. Chacune des nouvelles met en scène un enfant encore pur, naïf, confronté à la peur, aux difficultés, aux cauchemars, à la violence aussi. Un événement va le transformer, souvent le durcir, le culpabiliser. Il s’agit de ces « incidents minimes, invisibles et néanmoins funestes qui brisent ces petits d’hommes que nous nommons des enfants, et que nos aînés, tout à leurs propres soucis, vivent sans problème, ou même sans s’en rendre compte ». Chaque mot est juste, pesé, et rend admirablement les angoisses, les pensées intimes de ces enfants malmenés par la vie ou dans l’incompréhension du monde des adultes. Écrites entre 1946 et 1960, ces nouvelles montrent la finesse d’Andrić dans l’art du portrait et la suggestion, et annoncent l’importance qu’il accordera toute sa vie à la responsabilité humaine, à l’ambiguïté morale et à la frontière trouble entre innocence et faute. Comme souvent chez Andrić, la dimension psychologique et la précision ethnographique s’allient à une réflexion sur la fragilité des individus face aux forces collectives.

EN LIBRAIRIE LE 22 MAI

L’higoumène Éphrem (1928-2019) fut l’un des disciples du célèbre Joseph l’Hésychaste, canonisé en 2020. Il eut un grand rayonnement spirituel comme supérieur du monastère de Philothéou au Mont Athos (1973-1991), mais ce rayonnement manifesta tout son éclat quand il créa en peu de temps dix-huit monastères aux États-Unis et au Canada, où il apporta une aide à de nombreux moines, mais aussi à de nombreuses personnes vivant dans le monde que ses charismes attiraient. Les Conseils spirituels, qui ont connu en Grèce et aux États-Unis de nombreuses éditions et dont on trouvera ici une anthologie, reflètent la formation reçue de saint Joseph l’Hésychaste, mais aussi l’expérience personnelle de haut niveau du Père Éphrem. Dans son enseignement, celui-ci se montre rigoureux et exigeant. Mais on peut voir que dans ses lettres, où il se révèle le plus, il témoigne d’une grande compassion envers ses correspondants et s’associe facilement à eux avec humilité quand il s’agit d’évoquer leurs faiblesses et leurs besoins. C’est ce qui contribue à rendre ces lettres particulièrement touchantes. Le Père Éphrem s’adresse souvent à des moines ou à des moniales, mais les laïcs trouveront facilement dans ses propos des conseils qu’ils pourront appliquer avec profit.

EN LIBRAIRIE LE 22 MAI

Tengis, jeune Mongol qui vient de vivre une peine de cœur, apprend la soudaine réapparition du plus grand esprit de l’île d’Olkhon du lac Baïkal, en Sibérie voisine. Il décide alors de quitter la Mongolie et d’aller voir par lui-même. Sur place, il fait la connaissance de Khagdai, vieux chaman bouriate qui semble lire dans ses pensées. Incertain quant à son avenir et troublé par la puissance spirituelle des lieux, Tengis accepte de devenir l’assistant du chaman et commence à pénétrer les secrets du monde des esprits…Quête initiatique sur fond de magie, fresque historique de la Bouriatie contemporaine, plongée dans l’univers des chamans bouriates… La Légende du chaman a marqué toute une génération de lecteurs en Mongolie et a été récompensé du prestigieux prix de la Plume d’or en 2010.