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Transition
Publiés aux éditions des Syrtes
Préface de Stéphane Courtois

À sa sortie en Allemagne en 1987, ce livre a eu l’effet d’une bombe idéologique. Le nazisme, explique Nolte, doit avant tout être replacé dans le contexte d’une « guerre civile » inaugurée par Lénine en 1917, provoquant un séisme qui faillit emporter l’Europe jusqu’à la défaite d’Hitler en 1945. Par un mimétisme paradoxal, les régimes fasciste et nazi empruntèrent en effet au communisme ses méthodes pour mieux le combattre. Il existerait donc un « nœud causal » entre la révolution bolchevique et la naissance des fascismes. Nolte cherche à comprendre pourquoi la réaction antibolchevique d’Hitler a trouvé dans le mythe de la race l’unique réponse à l’internationalisme soviétique.

Le Soleil des morts est épuisé, mais il est réédité en format Poche
Traduit du russe par Denis Roche Préface de Thomas Mann et postface de René Guerra
Ecrit en 1923, ce texte relate le dernier séjour des Chméliov en Crimée. Ce lieu de vacances paradisiaque transformé en spectacle apocalyptique par la terreur rouge, suivie d’une famine dévastatrice. Bouleversant hommage à la Russie martyrisée, d’une authentique poésie, cet ouvrage est sans nul doute l’un des chefs-d’oeuvre de la littérature russe.

La vérité du « Soleil des morts » est telle qu’elle déborde le cadre de la littérature. – Alexandre Soljenitsyne

Traduit du russe par Wilfrid Lerat Préface de Georges Sokoloff

Né quelques mois après Staline, l’historien et journaliste Sergueï Melgounov, socialiste russe modéré, refuse d’émigrer en octobre 1917. Il n’en sera pas moins expulsé de son pays cinq ans plus tard. Les bolcheviks ne lui ont en effet pas pardonné son intraitable refus des méthodes inhumaines avec l’aide desquelles ils se sont maintenus au pouvoir.

Melgounov, qui fréquente les groupes clandestins de la résistance anticommuniste, dénonce la politique de terreur instaurée dans le pays. Cet engagement lui vaudra vingt-trois perquisitions, cinq arrestations, les interrogatoires de la Tcheka, la prison, la condamnation à mort et, pour finir, le bannissement. Pour évoquer les horreurs de la guerre civile et du « communisme militaire », Melgounov ne s’en tient pas au terme « atroce ». Il explicite le mot, comme on défroisse une page pour en étaler l’insoutenable contenu. La valeur de ses propos est d’autant plus précieuse qu’il fait parler les victimes et leurs bourreaux, grâce notamment aux nombreux documents et récits qu’il a pu recueillir. En ce sens, son témoignage préfigure celui de Soljenitsyne sur le goulag.

L’Ombre du mur est une « géographie personnelle » et littéraire de ce mur tombé, vécue et écrite par douze écrivains venus de l’Europe de l’Est.

Le « cercle » de Velibor Colic, Bosniaque; « l’étonnement infini » de Bessa Myftiu, Albanaise; le « lieu de la croisée des chemins » du roumain Norman Manea; la « mesure du temps » de l’allemand Lutz Seiler; les « portes de l’enfer » de Luan Starova, Macédonien; les « anges échafaudés » du Hongrois László Garaczi; les « transitions » de Théodora Dimova: pour eux comme pour bien d’autres, le mur de Berlin est une ombre qui continue de les hanter.

Contributions de Jacques Sapir, Viktor Ivanter, Alexandre Nekipelov et Dmitri Kouvaline Publié sous la direction de Jacques Sapir

Cet ouvrage rassemble les textes de quatre économistes, trois Russes et un Français, directement engagés dans l’histoire tumultueuse qu’a été la transition russe. Il a pour ambition de présenter au lecteur une synthèse des vingt dernières années, afin d’identifier les défis auxquels la Russie se trouve aujourd’hui confrontée et ses atouts pour les relever. Mais l’expérience russe nous tend aussi un miroir sur notre futur mouvementé. Car ce livre éclaire non seulement le devenir de la Russie, appelée à devenir un acteur majeur entre l’Europe et l’Asie, mais aussi celui de nos économies occidentales.

Il est nécessaire d’espérer pour entreprendre. Penseurs et bâtisseurs

Certains hommes sont porteurs d’une ferveur communicative. Penseurs et bâtisseurs: tels furent, parmi d’autres, Jean Monnet, Raymond Aron, Louise Weiss ou Laurent Schwartz. Des personnalités exceptionnelles dont les parcours démontrent un profond sens de l’Histoire ainsi que la fécondité du rapport entre la pensée et l’action.

S’appuyant sur ces figures exemplaires, Thierry de Montbrial décrypte les enjeux politiques et culturels du XXème siècle et se projette dans le siècle suivant. « Il est nécessaire d’espérer pour entreprendre ». Cette certitude, reflet de son itinéraire intellectuel et de son expérience internationale, l’auteur l’applique notamment à la construction européenne, le projet selon lui le plus ambitieux du siècle passé et qui préfigure le monde à venir. Récusant l’idée de fossé infranchissable, Thierry de Montbrial réinterprète les notions de culture ou d’identité et propose une vaste réflexion sur l’aventure humaine.

Traduit de l’anglais et annoté par Andreï Kozovoï

La Fin de l’Empire des Tsars, un ouvrage qui renverse les perspectives. Et si l’histoire dramatique de la Russie au XXème siècle – le coup d’État bolchevique, la guerre civile, deux famines et le goulag – n’était que la conséquence du rassemblement général des troupes russes le 30 juillet 1914 ? Et si l’Ukraine joua un rôle de tout premier plan dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale ?

Dominic Lieven, historien britannique de renommée mondiale, raconte dans ce livre magistral quel fut le rôle de la Russie dans la descente vers 1914. Armé d’un impressionnant corpus de sources inédites, il étudie à la loupe la machine infernale qui aboutit au conflit. Il donne ainsi la parole à de nombreux protagonistes. Depuis les journalistes et les intellectuels « faiseurs d’opinion » jusqu’aux ministres et, bien sûr, au tsar Nicolas II.

Avec Lieven, l’histoire diplomatique russe s’enrichit enfin des fameuses « forces profondes », chères au grand historien des relations internationales qu’était Pierre Renouvin. Mais le récit de Dominic Lieven n’est pas uniquement centré sur la Russie. Sa grande originalité est d’inscrire ce pays dans un contexte beaucoup plus vaste. Un contexte qui s’apparente à un véritable bras de fer entre empires et nationalismes fin XIXe – début XXe siècle. Riche en comparaisons stimulantes et en hypothèses osées, cet ouvrage est donc appelé à devenir une référence non seulement pour comprendre les origines de la Première Guerre Mondiale, mais aussi pour repenser l’histoire européenne – notre histoire.

 
Du même auteur aux Éditions des Syrtes:

La Russie contre Napoléon (2012)

 
Préface de Michel Onfray

La provocation est l’essence de la modernité. Les révolutions qui ont accouché du monde moderne ont marqué les étapes d’une décadence d’autant plus inexorable qu’elle a pris le visage du progrès. Le principe totalitaire est  donc aussi universel que la présence en chacun de nous du « tiers inclus ». A savoir l’espionnage des âmes exercé par un pouvoir inquisiteur qui s’installe à l’intérieur même des consciences. Ce principe tire son origine de la promesse du Christ de ne jamais quitter ses disciples.

Prenant appui sur l’affaire Azef, emblème de la provocation à la veille de la Première Guerre mondiale, déconstruisant un faux antisémitisme pour décrypter le mécanisme d’une intoxication de masse, guidé par Vassili Rozanov qui a posé les jalons de la « théologie de la provocation » en la mettant lui-même en pratique pour mieux en dénoncer les tenants et les aboutissants, Gérard Conio chemine à travers les grands bouleversements intellectuels de la culture russe pour dénoncer une vérité occultée: l’essence de la provocation est dans l’inversion des valeurs. Et les catastrophes qui ne cessent d’ébranler le monde au nom de la démocratie et des « droits humains » sont la meilleure preuve de cette mystification. Phénomène qui s’appuie sur les grands sentiments pour nous fermer les yeux sur des vérités que nous refusons de voir.

Entretiens avec Gérard Conio: cliquez ici.