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première guerre mondiale
Publiés aux éditions des Syrtes
Traduit du russe et préfacé par Luba Jurgenson

Le 25 juillet 1920, Nelly Ptachkina tombait dans la cascade du Dard, au pied du Mont-Blanc. Elle avait dix-sept ans et laissait un journal, édité ensuite par sa mère, dans les années 1920. Joseph Kessel en publia des extraits dans ses Souvenirs d’un commissaire rouge.

Le Journal (1918-1920) recouvre la chronologie de la guerre civile depuis son déclenchement jusqu’au début des conflits russo-polonais, qui entraîneront la guerre soviéto-polonaise. Mue essentiellement par la nécessité d’une introspection liée à la construction de sa personnalité, Nelly Ptachkina fait de ses notes de véritables « rapports » sur son état intérieur face à ces complexes bouleversements historiques. Elle ignore alors – mais plus pour très longtemps – que vivre et s’observer, pour elle, sera synonyme de se penser comme témoin historique.

D’une maturité peu commune et d’une indépendance d’esprit absolue, Nelly, dont la personnalité est peu à peu façonnée par la présence constante de la mort et la perspective de la destruction du monde qui était le sien, reste cependant attachée à une Russie dont elle n’a pas encore compris ni accepté la disparition. Mais, face aux pogroms qui déchirent l’Ukraine et à l’explosion de la violence, l’émigration devient salut, même si c’est le cœur lourd qu’elle se sépare des paysages de son enfance. Images vues comme à travers le trou de la serrure, de façon parcellaire, fragmentée, floue. C’est ainsi que la révolution et la guerre civile apparaissent à un individu isolé, aux familles jetées dans la tourmente et, à plus forte raison, à une adolescente pensant son devenir dans un monde déstructuré. 

Direction et appareil critique de Loïc Damilaville Préface d’Alexandre Jevakhoff
Le nom du général Broussilov reste attaché à la grande offensive russe de l’été 1916 qui porte son nom, ultime victoire de l’Armée impériale avant les révolutions de février et d’octobre 1917 qui emportèrent le régime et conduisirent la Russie à sortir de la guerre mondiale. Très populaire, il est l’un des généraux favorables à l’abdication de Nicolas II. En 1929 il publie des Mémoires couvrant la période 1914-1917, consacrés à la guerre et aux débuts de la révolution. À la fin, il fait allusion à une seconde partie qui devait toucher aux événements postérieurs. Mais cette suite n’avait jamais été publiée. Conservé à Prague avant la Seconde Guerre mondiale puis « confisqué » par les Soviétiques en 1945, le manuscrit original complet aurait pu être perdu à jamais s’il n’avait été fortuitement confié au général français Albert Niessel par la veuve du général Broussilov. De son propre chef, Niessel en avait effectué une traduction intégrale mais madame Broussilov exigea qu’il la tienne secrète au moins jusqu’en 1950. Cette pièce historique fut léguée au Service historique de la Défense à Paris par les héritiers du général Niessel après la mort de celui-ci, en 1955. C’est cette traduction qui est proposée au lecteur dans le présent volume, reprenant l’intégralité du manuscrit Broussilov ainsi que la période 1914-1917 déjà publiée en 1929.
Un éclairage nouveau
Le témoignage du général Broussilov sur les années 1917-1925 apporte un éclairage radicalement nouveau sur son parcours personnel au milieu du tumulte révolutionnaire. Broussilov se décrit comme un adversaire résolu du régime soviétique tout en n’épargnant pas ses critiques aux Blancs. Il attaque ouvertement Lénine, ce qui pousse Staline à « effacer » toute trace de Broussilov. Faisant revivre une époque troublée et méconnue par de multiples détails qui sont pour lui d’une brûlante actualité, le général lègue son manuscrit aux futures générations russes, confiant dans le fait que le régime bolchevique aura une vie éphémère. Un appareil critique rédigé par l’historien Loïc Damilaville a été ajouté à la traduction d’Albert Niessel, afin de permettre au lecteur de s’orienter parmi les personnages et les événements évoqués au fil du récit. Au travers de ce témoignage exceptionnel de l’un des principaux acteurs russes de la guerre mondiale, c’est toute une époque qui revit, des dernières décennies du régime tsariste jusqu’aux débuts douloureux de l’ère soviétique.  
Dans De l’aigle impérial au drapeau rouge, roman-fleuve publié en 1921, Krasnov s’empare de l’histoire de la Russie de Nicolas II jusqu’à la fin de la dynastie des Romanov : guerre du Japon, Première Guerre mondiale, révolutions de Février et d’Octobre et la guerre civile. Cette grande saga raconte, à travers le destin du personnage central, Alexandre Sabline, celui d’un empire en voie de décomposition. Mêlant fiction et réalité, l’auteur, également acteur des événements, nous fait côtoyer les grandes figures de l’histoire russe de cette époque : Nicolas II et son épouse Alexandra, Raspoutine, Lénine, Trostki… et bien d’autres, qui, grâce à une intrigue habilement menée parsemée de coups de théâtre, des descriptions minutieuses et des dialogues finement ciselés font revivre les dernières années de l’autocratie russe.