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Napoléon
Publiés aux éditions des Syrtes
OUVRAGE ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.

En 1826, la France est ruinée par les campagnes napoléoniennes et la Russie apparaît comme un pays de cocagne. En quête de gloire et de fortune, Grisier, un maître d’armes français part donc pour Saint-Pétersbourg. Après un voyage éprouvant, il se lie d’amitié avec Louise Dupuis, une modiste française expatriée, ainsi que son amant le comte Alexis Vaninkoff, jeune lieutenant dans les chevaliers gardes de l’empereur.

A la mort de l’empereur Alexandre, des conspirateurs, avec lesquels le comte Alexis s’est laissé entraîner par désoeuvrement, profitent du trouble faisant suite à la renonciation à la couronne de Constantin au profit de Nicolas, son jeune frère, pour essayer d’instaurer une république. Cependant, mal préparé, ce complot appelé la conspiration des décembristes, est un échec. Tous les protagonistes sont arrêtés et le comte Alexis est condamné à l’exil perpétuel en Sibérie. S’ensuivent des ennuis inattendus pour notre maître d’armes.

À la croisée de ces destinées, périls et prouesses, complots abjects et intrigues amoureuses se succèdent sous la plume d’Alexandre Dumas. Ce roman est l’un des premiers de l’écrivain, mais l’on reconnaît déjà son style si palpitant.

 
EN RÉIMPRESSION.

Eduard von Löwenstern, alors aide de camp du général de Pahlen, commence la rédaction de ses Mémoires en 1814. Elles sont une description minutieuse de l’Europe du début du XIXe siècle et un exposé militaire de premier ordre. Grâce à l’incontestable talent de conteur de l’auteur, ils donnent une forte impression d’authenticité morale. La passion de Löwenstern pour le métier des armes s’exprime avec force, mais les descriptions crues des atrocités de la guerre ne sont pas moins sincères et portent le sceau d’une vérité sans masque ; authentique également, la morgue exagérée que lui donnait son rang et qu’expliquent l’époque et les conditions dans lesquelles il vivait. Ce document est aussi et surtout un étonnant récit d’aventures vécues par un personnage haut en couleur et en panache, amateur de femmes et de duels.

Pendant l’été 1812, Napoléon, le maître de l’Europe, envahit la Russie avec la plus grande armée jamais vue, convaincu qu’il allait tout balayer devant lui. Mais moins de deux ans plus tard, son empire s’était effondré, et la Russie avait triomphé. Cet ouvrage est le premier à analyser en profondeur le rôle crucial joué par la Russie dans les guerres napoléoniennes, en faisant revivre avec une maîtrise sans précédent le combat entre les deux empires. Exhumant le gisement inexploité des archives militaires russes, Dominic Lieven vient contrecarrer, par le biais d’une démarche scientifique rigoureuse et de documents inédits, les interprétations communément admises d’une histoire qui s’était arrêtée à Borodino. 

Si tout semble avoir été dit sur cette campagne, Dominic Lieven nous convainc qu’il n’en est rien. Il aborde en effet la question sous un angle inédit, à partir des sources de l’histoire militaire russe, dont l’étude est restée à ce jour quasiment inexploitée.
L’approche française a mis l’accent sur Napoléon et la Bérézina, tandis que le mythe tolstoïen défendait l’idée selon laquelle la victoire de la Russie avait été avant tout celle du peuple. Lieven prend ses distances avec ces interprétations et prend en compte le point de vue russe. Il insiste sur la force de la légende dans l’historiographie traditionnelle, qui a occulté une réalité historique pourtant de première importance. À l’idée, communément admise, que le rude hiver russe a eu raison de l’armée de Napoléon, Lieven oppose une réalité bien différente : dès 1810, les généraux russes ont anticipé le conflit en élaborant plusieurs stratégies, parfois contradictoires et en organisant une armée éloignée de l’image d’un simple rassemblement de paysans désorganisés. Il en découle une vision panoramique de l’événement, appréhendé dans sa totalité et sous tous ses aspects. De plus, il ne se limite pas à l’année 1812 mais souligne l’importance de la campagne de 1813-1814. D’autre part, en étudiant l’économie de guerre de la Russie pendant cette période, il donne également à comprendre le fonctionnement de cette société agraire illettrée et sous-encadrée, tenue par une aristocratie terrienne et militaire qui, certes, rêve en français, mais gère en allemand et gouverne en russe.
Cet ouvrage de référence est un modèle en matière d’études historiques par la richesse du matériau et la rigueur de la démonstration. Mais il est aussi traversé par un souffle narratif qui montre que les exigences scientifiques du chercheur s’accommodent d’une belle plume.