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Lieven
Publiés aux éditions des Syrtes

Pendant l’été 1812, Napoléon, le maître de l’Europe, envahit la Russie avec la plus grande armée jamais vue, convaincu qu’il allait tout balayer devant lui. Mais moins de deux ans plus tard, son empire s’était effondré, et la Russie avait triomphé. Cet ouvrage est le premier à analyser en profondeur le rôle crucial joué par la Russie dans les guerres napoléoniennes, en faisant revivre avec une maîtrise sans précédent le combat entre les deux empires. Exhumant le gisement inexploité des archives militaires russes, Dominic Lieven vient contrecarrer, par le biais d’une démarche scientifique rigoureuse et de documents inédits, les interprétations communément admises d’une histoire qui s’était arrêtée à Borodino. 

Si tout semble avoir été dit sur cette campagne, Dominic Lieven nous convainc qu’il n’en est rien. Il aborde en effet la question sous un angle inédit, à partir des sources de l’histoire militaire russe, dont l’étude est restée à ce jour quasiment inexploitée.
L’approche française a mis l’accent sur Napoléon et la Bérézina, tandis que le mythe tolstoïen défendait l’idée selon laquelle la victoire de la Russie avait été avant tout celle du peuple. Lieven prend ses distances avec ces interprétations et prend en compte le point de vue russe. Il insiste sur la force de la légende dans l’historiographie traditionnelle, qui a occulté une réalité historique pourtant de première importance. À l’idée, communément admise, que le rude hiver russe a eu raison de l’armée de Napoléon, Lieven oppose une réalité bien différente : dès 1810, les généraux russes ont anticipé le conflit en élaborant plusieurs stratégies, parfois contradictoires et en organisant une armée éloignée de l’image d’un simple rassemblement de paysans désorganisés. Il en découle une vision panoramique de l’événement, appréhendé dans sa totalité et sous tous ses aspects. De plus, il ne se limite pas à l’année 1812 mais souligne l’importance de la campagne de 1813-1814. D’autre part, en étudiant l’économie de guerre de la Russie pendant cette période, il donne également à comprendre le fonctionnement de cette société agraire illettrée et sous-encadrée, tenue par une aristocratie terrienne et militaire qui, certes, rêve en français, mais gère en allemand et gouverne en russe.
Cet ouvrage de référence est un modèle en matière d’études historiques par la richesse du matériau et la rigueur de la démonstration. Mais il est aussi traversé par un souffle narratif qui montre que les exigences scientifiques du chercheur s’accommodent d’une belle plume.
   

La Fin de l’Empire des Tsars, un ouvrage qui renverse les perspectives. Et si l’histoire dramatique de la Russie au XXème siècle – le coup d’État bolchevique, la guerre civile, deux famines et le goulag – n’était que la conséquence du rassemblement général des troupes russes le 30 juillet 1914 ? Et si l’Ukraine joua un rôle de tout premier plan dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale ?

Dominic Lieven, historien britannique de renommée mondiale, raconte dans ce livre magistral quel fut le rôle de la Russie dans la descente vers 1914. Armé d’un impressionnant corpus de sources inédites, il étudie à la loupe la machine infernale qui aboutit au conflit. Il donne ainsi la parole à de nombreux protagonistes. Depuis les journalistes et les intellectuels « faiseurs d’opinion » jusqu’aux ministres et, bien sûr, au tsar Nicolas II.

Avec Lieven, l’histoire diplomatique russe s’enrichit enfin des fameuses « forces profondes », chères au grand historien des relations internationales qu’était Pierre Renouvin. Mais le récit de Dominic Lieven n’est pas uniquement centré sur la Russie. Sa grande originalité est d’inscrire ce pays dans un contexte beaucoup plus vaste. Un contexte qui s’apparente à un véritable bras de fer entre empires et nationalismes fin XIXe – début XXe siècle. Riche en comparaisons stimulantes et en hypothèses osées, cet ouvrage est donc appelé à devenir une référence non seulement pour comprendre les origines de la Première Guerre Mondiale, mais aussi pour repenser l’histoire européenne – notre histoire.