Ce roman d’András Hevesi met en scène Goeorges, un jeune Hongrois arrivé à Paris en 1924 pour achever ses études. Il découvre alors la ville avec des yeux neufs et une certaine innocence. C’est dans la capitale cosmopolite des lendemains de la Grande Guerre qu’il va faire son éducation sentimentale et intellectuelle. Parti en quête de cette indéfinissable ambiance française qui semble lui échapper, deux personnages vont bouleverser sa vie. Turauskas, tourmenté et marginal, ainsi que Méla, belle étudiante dont il veut faire sa femme sans vraiment la désirer…
Printemps mortel relate les amours tragiques d’un jeune Hongrois du début du siècle. Ardent et romantique, il s’éprend d’Edit, fille d’un général de l’armée. Se croyant trahi, il se livre alors au démon du jeu en dilapidant sa fortune. Mais alors qu’il renoue avec l’espoir et le bonheur de vivre, nés d’une nouvelle rencontre et d’un mariage imminent, une lettre d’Edit vient tout bouleverser.
Voici livrées, dans ce bref roman de Lajos Zilahy, les passions violentes, les extases et le désespoir à la veille de l’effondrement de l’Empire austro-hongrois. La détresse et la mélancolie du héros sont aussi celles d’un peuple qui regarde son âge d’or s’éloigner derrière lui.
Fin du XIXe siècle, Budapest est plongée dans la brume d’hiver. Que vient donc chercher Szomjas, le vieil homme nostalgique, en revenant sur les lieux de sa jeunesse aux Sept Hiboux ? Pourquoi Józsiás, l’écrivain de trente ans en quête de notoriété, doit-il affronter tant d’obstacles dans ses projets littéraires et dans sa vie amoureuse ? Que peuvent enfin bien se dire ces deux personnages ? Krúdy nous fait revivre cette « fin de siècle » où se heurtent les générations et leurs idéaux.
Tel le Danube « en marche », le roman nous réserve des surprises. Le courant d’abord léger, malicieux, nous entraîne peu à peu dans les profondeurs de l’âme, les contradictions des personnages complexes et attachants, la tragédie, mais aussi l’amour passionné omniprésent. Les femmes ensuite – Leonóra, Zsófia, Áldáska –, vrais ressorts de ses héros, « mènent le monde ».
Gyula Krúdy, avec l’oeil véritable d’un cinéaste, nous offre des tableaux d’hiver envoûtants, propices au rêve et aux visions. Guidé par le désir d’aventure, il nous conduit dans les rues aux noms imagés, donne vie à leurs quartiers, révèle les odeurs, dévoile ses mets préférés.
Elemér Tábory, jeune homme bien né et brillant, mène une vie rêvée et prometteuse dans le domaine familial. Mais lorsqu’il s’endort, il laisse place à son alter ego, un misérable apprenti charpentier. Des sensations de déjà vu, des bribes de souvenirs sont les seuls signes de conscience de l’autre. Pourtant, au fil du récit, ces personnalités se rapprochent tant que la vie devient insoutenable, sans issue possible. Ainsi en va-t-il du calife des Mille et Une Nuits transformé en cigogne, qui a oublié la formule magique à prononcer pour redevenir un homme.
L’éternelle histoire du double prend ici une tournure psychopathologique et sociale dans la Hongrie post-impériale, afin d’interroger la morale, le bien et le mal. Paru en 1916, Calife-Cigogne est un roman d’une profonde perspicacité psychologique et d’une maîtrise littéraire frappante.
Mihály Babits (1883-1941) est une figure majeure de la littérature hongroise, poète, romancier et traducteur de grands auteurs européens. Également essayiste accompli, il a écrit une monumentale Histoire de la littérature européenne (1936). Référence de toute une génération, son œuvre n’a cessé de se renouveler.