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émigration blanche
Publiés aux éditions des Syrtes

Le général Koutiepov (1882-1930) occupe dans la mémoire de l’émigration russe blanche une place bien à lui, à la fois unique et presque banale. Simplicité, rigueur morale, courage, intelligence immédiate des situations et des faits concrets, autorité naturelle, constance, honnêteté scrupuleuse, amour viscéral du peuple russe, fidélité aux valeurs éternelles de la Russie… Sa personnalité semble aussi largement se retrouver dans le type caractéristique de l’officier russe. Amoureux d’une patrie idéale, il est en fait proche de son peuple et de ses hommes. Ce général est prêt à servir son pays avec simplicité et abnégation. La grande littérature russe, depuis Pouchkine, fourmille d’ailleurs de personnages qui rappellent Koutiepov.

L’un des agents soviétiques qui avaient participé à son enlèvement en janvier 1930 lui a d’ailleurs rendu un bel hommage en affirmant qu’il était le « principal générateur d’idées et le chef incontesté des officiers de l’émigration, surtout des plus jeunes. C’était une idole pour la jeune génération des officiers blancs ».

Nicolas Ross, spécialiste de l’histoire russe, fait ainsi revivre sous sa plume cette figure incontournable d’une période charnière de la Russie.

OUVRAGE ÉPUISÉ.
Au nord de Caen, sur la rive élevée de l’Orne, se dresse fièrement une petite église russe toute blanche, avec sa coupole bleue surmontée d’une croix à huit branches. C’est Saint-Serge de Colombelles, l’une des nombreuses églises orthodoxes fondées en France par les Russes ayant fui la terreur bolchevique et qui travaillaient dans les grandes entreprises industrielles de province. Consacrée en 1927, elle fut durant une quarantaine d’années le sanctuaire d’une importante communauté d’émigrés russes, pour la plupart ouvriers de la Société métallurgique de Normandie (la SMN), logeant dans les cités ouvrières de la région. Jusqu’aux années 1950, ils vécurent en vase clos en organisant une vie sociale active et variée. Cependant, leurs enfants s’assimilaient rapidement et restaient rarement fidèles aux valeurs spirituelles et culturelles de leurs aînés. Dans le respect de la tradition liturgique russe, les offices à l’église de Colombelles, désormais sous le double patronage de saint Serge de Radonège et de saint Vigor de Bayeux, se déroulent en français, langue naturelle d’une communauté devenue multiethnique. Mais c’est avant tout l’histoire particulière des Russes de Colombelles, avec ses joies et ses peines, ses conflits et ses réconciliations, que tente de raconter ce livre. L’église, bâtie de leurs mains et ornée par leurs soins, reste, de nos jours encore, le témoignage majeur de leur existence en exil.

Syrtes aristocratie extermination Russie révolution
  Le Monde d’avant, les derniers jours de l’aristocratie russe raconte par le menu détail l’histoire des « perdants » de la révolution russe. En effet, le destin de la noblesse, c’est-à-dire la destruction de cette classe sociale (environ 2 millions de personnes) est l’un des aspects ignorés de la révolution bolchevique et l’une de ses tragédies. C’est ce manque qu’a souhaité combler l’historien américain Douglas Smith.Cette destruction préfigure celle d’autres groupes sociaux en Russie au cours des années suivantes. On découvre donc comment l’élite russe a été privée de ses biens et presque entièrement détruite au cours de la période comprise entre 1917 et la Seconde Guerre mondiale : la révolution de Février, le coup d’État bolchevique, la guerre civile, la nouvelle politique économique (NEP) et l’ère stalinienne. L’historien a choisi comme fil conducteur la vie des familles Cheremetiev et Golitsyne sur plusieurs générations, car leur expérience et leurs manières de réagir aux événements sont représentatives de ce qu’ont vécu les nobles dans leur majorité. Les deux familles appartenaient à la frange la plus élevée de la noblesse, l’aristocratie ; l’une et l’autre avaient un passé ancien et respecté ; toutes deux ont terriblement souffert pendant la révolution et ont été divisées, certains de leurs membres quittant définitivement la Russie. Smith décrit des opinions parfois divergentes au sein même de ces familles concernant l’état de la société et de la politique russes, ainsi que la nécessité – ou le caractère inévitable – de la révolution.  Ces deux familles ont par ailleurs laissé une masse considérable de lettres, de journaux personnels, de livres de souvenirs inédits qui constituent les sources indispensables pour raconter cette histoire d’une manière complète, exacte et irréfutable.
Aussi disponible en livre électronique