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communisme
Publiés aux éditions des Syrtes
La reconstitution de la mémoire et la parole donnée aux oubliés sont au coeur des Dévastés. C’est un roman choral aux portraits poignants de femmes ordinaires devant un événement extraordinaire : la terrible épuration qui suit l’arrivée au pouvoir des communistes, en 1944, et ses stigmates. Trois femmes se retrouvent, un froid matin de février 1945, au bord de la fosse commune dans laquelle ont été jetés les corps des hommes qu’elles aimaient, et dont les destins se sont croisés dans une même cellule. Comme tant d’autres, ils ont été torturés, condamnés et sommairement exécutés, emportés par la rage révolutionnaire. Des décennies après, l’image de la fosse du cimetière de Sofia, où la neige tombe sans la recouvrir de sa blancheur continue de hanter les esprits… Les biographies familiales s’entrelacent dans une prose intense. Les trois femmes sont dépassées par la tragédie du meurtre de leurs époux, la destruction soudaine de leur vie et de leur bonheur. Au-delà des figures masculines assassinées qui émergent à travers leurs récits, la douleur, dans ce livre, est un personnage central. Elle jaillit des phrases et parvient, de façon à la fois étrange et subtile, à alarmer et à réconforter, peut-être même à guérir. Les Dévastés est un portrait de l’élite intellectuelle bulgare broyée par la terreur. Mais c’est aussi celui d’une société dans laquelle la tragédie est longtemps tue au point de devenir un douloureux secret. Sans pathos aucun, Théodora Dimova parvient à l’émotion pure et à une véritable empathie. Son style subtil et direct ainsi que la sobriété de l’écriture, en font une évocation empreinte d’humanité.
Également disponible en version numérique
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Mères (2019) Adriana (2008)
Adriana Dimova Bulgarie transmission confession
Adriana raconte l’histoire d’une femme née dans une famille riche avant le communisme, qui blasée et cruelle, se joue des cœurs; et tout cela finit forcément mal. La rencontre avec Ioura, au soir de sa vie, sera pour elle une catharsis. Entre Adriana et la jeune femme qui l’écoute, naît une amitié et une grande affection. Grâce à cette complicité, Adriana parviendra à se regarder en face et à atteindre un état de légèreté, tandis que Ioura trouvera le bonheur. Dans une langue poétique, Théodora Dimova entraîne le lecteur dans une longue confession sans complaisance, laissant le lecteur bouleversé. Mais cette confession interroge aussi sur le sens de la transmission. Sous la plume de Dimova, Adriana devient un personnage hypnotique et mythique, digne des grandes légendes romantiques de la Mitteleuropa.  
 
Cette corde qui m’attache à la terre renferme tout un univers, celui d’un village moldave à l’époque soviétique, qui tient dans les paumes d’une petite fille.
Le monde que cette enfant découvre ne lui plaît pas du tout, ce qui la pousse à vouloir s’en échapper à tout prix. Tout ce qu’elle fait a donc pour but de préparer son départ pour le grand monde, celui de ses rêves : rédaction et distribution de billets amoureux en échange de quelques kopecks, vente de bouteilles de vin avec ajout d’une petite taxe pour ses économies… Son univers est peuplé de personnages fascinants tels que tante Muza, oncle Ștefan (qui a le regard de celui qui a fait la guerre), la vieille Dochia (la guérisseuse qui guérit les chagrins des autres avant de soigner le sien), nana Raia (la bibliothécaire dont toute la famille a été envoyée en Sibérie). La voix solaire et tempétueuse de la petite fille nous accompagne au fil des pages, et Lorina Bălteanu retranscrit admirablement la solitude, les angoisses et les réflexions obsessionnelles, à la fois naïves et matures de cette enfant. Un très beau roman d’apprentissage sur l’enfance, le passage à l’adolescence, la relation à la famille et à la communauté. Mais Cette corde qui m’attache à la terre est surtout un livre d’une grande sensibilité, qui porte en lui une petite musique profonde, drôle, délicate, inoubliable. Également disponible en livre numérique.
Syrtes aristocratie extermination Russie révolution
  Le Monde d’avant, les derniers jours de l’aristocratie russe raconte par le menu détail l’histoire des « perdants » de la révolution russe. En effet, le destin de la noblesse, c’est-à-dire la destruction de cette classe sociale (environ 2 millions de personnes) est l’un des aspects ignorés de la révolution bolchevique et l’une de ses tragédies. C’est ce manque qu’a souhaité combler l’historien américain Douglas Smith.Cette destruction préfigure celle d’autres groupes sociaux en Russie au cours des années suivantes. On découvre donc comment l’élite russe a été privée de ses biens et presque entièrement détruite au cours de la période comprise entre 1917 et la Seconde Guerre mondiale : la révolution de Février, le coup d’État bolchevique, la guerre civile, la nouvelle politique économique (NEP) et l’ère stalinienne. L’historien a choisi comme fil conducteur la vie des familles Cheremetiev et Golitsyne sur plusieurs générations, car leur expérience et leurs manières de réagir aux événements sont représentatives de ce qu’ont vécu les nobles dans leur majorité. Les deux familles appartenaient à la frange la plus élevée de la noblesse, l’aristocratie ; l’une et l’autre avaient un passé ancien et respecté ; toutes deux ont terriblement souffert pendant la révolution et ont été divisées, certains de leurs membres quittant définitivement la Russie. Smith décrit des opinions parfois divergentes au sein même de ces familles concernant l’état de la société et de la politique russes, ainsi que la nécessité – ou le caractère inévitable – de la révolution.  Ces deux familles ont par ailleurs laissé une masse considérable de lettres, de journaux personnels, de livres de souvenirs inédits qui constituent les sources indispensables pour raconter cette histoire d’une manière complète, exacte et irréfutable.
Aussi disponible en livre électronique