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Serge ANDOLENKO

Le général Serge Andolenko (1907-1973), d’origine russe et issu d’une famille à la longue tradition militaire, a fait carrière dans l’armée française où il fut nommé général de brigade de l’armée de Terre. Il a été décoré notamment du titre de commandeur de la Légion d’honneur, du Nicham Iftikar, du Ouissam Alaouite et de la Bronze star Medal.
Passionné d’histoire en général et d’histoire militaire en particulier, le général Serge Andolenko a écrit plusieurs ouvrages sur l’armée française comme sur l’armée impériale russe.

 

Publiés aux éditions des Syrtes
EN RÉIMPRESSION.
Préface de Dominic Lieven

Qui était le généralissime Alexandre Souvorov (1729-1800)? Le barbare qui a massacré les citoyens de Varsovie en 1794? L’extravagant énergumène dont les excentricités frappaient l’imaginaire des Européens? Le sauvage guerrier qui mit en déroute les armées ottomane et française? La réalité est plus subtile.

Cultivé, lettré, armé de connaissances de la littérature classique, d’une volonté de fer, Souvorov a permis la renaissance de l’armée de Pierre-le-Grand. Son génie tenait en ces trois principes: le coup d’œil, la rapidité et le choc. Aussi, son Art de vaincre, résumé de sa science militaire, étonnait ses contemporains. Ses décisions imprévisibles et, à première vue, funestes lui ont pourtant valu ses victoires. Il livra soixante-trois batailles, et les remporta toutes.

Mais son originalité et sa modernité tiennent en ce que pour lui, à une époque où les soldats n’étaient que chair à canon, l’homme représentait sa préoccupation première. Education, formation, humanité, hygiène sont les qualités qu’il exige de la troupe. Le soldat est son frère, à qui il s’adresse dans son langage qui, tout comme son comportement désintéressé et fantasque, étonnera et offusquera les généraux issus de la noblesse européenne.

Le livre du général Serge Andolenko, solidement documenté, relate la vie, les idées et l’héritage d’un des plus célèbres meneurs d’hommes de l’histoire, génie militaire qui contribua à la renaissance de la Russie.

 
ÉPUISÉ
Préface de Dominic Lieven
« Si la France n’a pas été effacée de la carte de l’Europe, c’est avant tout à la Russie que nous le devons», déclare le Maréchal Foch à la fin de la Première Guerre mondiale. Qui s’en souvient aujourd’hui ?
Nicolas II décrète en juillet 1914 une mobilisation générale et engage sept millions d’hommes aux côtés de la France. Son armée est une des meilleures et attaque le front est, affolant l’état-major allemand qui déplace des troupes du front ouest en renfort (permettant le « miracle » de la Marne et de ses taxis).
L’industrie russe, à la traîne de l’industrie allemande, compense par de très lourdes pertes humaines son infériorité en équipements. Les soldats récupèrent les armes de leurs camarades morts, les combats se poursuivent à la baïonnette, au couteau, et même à mains nues. Cette hécatombe permet malgré tout d’affaiblir les Allemands, qui proposent une paix séparée à Nicolas II : elle est rejetée et la boucherie se poursuit.
En 1916, à Verdun commence l’offensive de la Somme, le front est est alors relativement épargné. Les Russes en profitent pour s’approvisionner et s’équiper, puis lancent deux offensives décisives en Bessarabie et dans le Caucase. L’espoir revient enfin pour les Alliés.
Mais arrivent 1917 et l’abdication de Nicolas II. Les soldats qui avaient combattu pour la Patrie, Dieu et le Tsar sont perdus. Le gouvernement provisoire proclame sa volonté de poursuivre la guerre, tout en donnant des ordres incohérents. L’armée est détruite de l’intérieur. Pour l’auteur, « la révolution n’est pas une conséquence d’une prétendue défaite militaire ; la révolution serait plutôt la cause première de la destruction de l’armée ».
Alors que les commémorations du 11 novembre 2016 ont rendu un hommage historique aux soldats russes, morts aux côtés des soldats français, l’ouvrage de Serge Andolenko tente de soigner une amnésie générale en démontrant le rôle oublié de la Russie impériale pendant la Première Guerre mondiale.