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Martin SMAUS

Martin Šmaus est né à Jihlava, au sud-est de Prague, en 1965. Après des études d’électrotechnique, il s’installe à Odry na Novojičínsku, où il vit avec son épouse et leurs deux enfants. Il travaille actuellement comme technicien hospitalier.
Petite, allume un feu… est son premier roman, récompensé dès sa sortie en 2005 par le prix du Club du livre ; il sera ensuite lauréat du prix Magnesia Litera, dans la catégorie « Découverte de l’année ». En choisissant pour héros un Tzigane et sa famille, Martin Šmaus ose aborder, dans un style qui lui est propre, une réalité sociale qui dérange et nous offre ainsi un roman unique en son genre dans la littérature contemporaine.

Publié aux éditions des Syrtes 
Petite, allume un feu… (2009)

Publiés aux éditions des Syrtes

Au dire de Martin Smaus, cette histoire puise sa source dans son émerveillement face au monde des Tziganes et sa fascination pour des gens qui n’ont pas encore oublié qu’eux aussi ont jadis été enfants, et qui arrivent encore à chercher et à rêver. Mais elle devient universelle face aux êtres marginaux qu’elle dépeint, tant elle saisit la profondeur de leur âme.

L’histoire tragique d’Andrejko, arraché à son hameau et plongé dans le monde des voleurs à Prague, se double, en filigrane, de celle de son peuple. Les Dunka vivent au gré des changements politiques. Ils fuient les nazis puis les Russes. Déplacés de force, ils paient un lourd tribut à l’Histoire dans leur propre chair. Devenu voleur hors pair, Andrejko connaît l’injustice et la haine des gadjé, parfois aussi celle des siens. Il passe de Prague à Plzeň, de la maison de correction à la prison. Lorsqu’il ne se réfugie pas dans sa campagne natale avec sa jolie cousine. Il tente de s’adapter à la société, de retrouver ses racines tziganes, de placer certaines valeurs morales au-dessus de l’argent. Mais il finit seul et le lecteur est aussi libre que lui d’imaginer la suite… 

Petite, allume un feu… est un éloge du sentiment de liberté, une célébration de la quête, à travers l’expérience de la découverte tout comme de la perte. C’est aussi un hymne d’amour au romani chib. Cette langue chargée d’émotion et de violence, émaillée de tout l’imaginaire des croyances populaires. Le destin d’Andrejko porte en lui le sublime et le tragique, dans une prose qui ne saurait laisser indifférent, tant par son réalisme que par sa poésie profonde.

Petite, allume un feu… retrace la vie du jeune Tzigane Andrejko, ballotté par l’Histoire et la misère, arraché à son village, survivant entre vols, prisons, foyers et pertes. L’histoire individuelle et familiale se double, en filigrane, de celle du XXe siècle, au gré des grands événements tragiques (Seconde Guerre mondiale, chute du communisme, partition de la Tchécoslovaquie) rapportés du point de vue des Tziganes. Errant entre Prague, Plzeň, Andrejko tente de s’adapter, de retrouver ses racines, mais finit seul, laissant la fin ouverte à l’imagination du lecteur. Ce roman est un hommage à la liberté, à la quête de soi, et une déclaration d’amour à la langue romani, alliant réalisme, poésie et émotion, entre sublime et tragique.

Finaliste du prix Wepler–Fondation La Poste, 2009.